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Décision

GE.2016.0138

CDAP - GE.2016.0138 - 2017-06-09 - A._____, B._____/Municipalité de Lausanne, POLICE CANTONALE DU COMMERCE

9 juin 2017Français31 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A.

La société B.________ (la société) est inscrite au Registre du commerce

du canton de Vaud depuis le 15 janvier 2010. Son siège est à ********; elle est

active dans l'exploitation de café-restaurant, hôtel et discothèque. A.________

en est l'administrateur unique avec la signature individuelle. La société

exploite une discothèque et un restaurant à l'enseigne ********, dans un immeuble

sis à la rue ********, à ********. En date du 13 avril 2016, le

Département de l'économie et du sport (le département ou DES) a octroyé à la société

une licence d'exploitation pour une discothèque avec restauration (********),

annulant la licence ******** échue le 29 février 2016, valable du 1er

mars 2016 au 31 août 2018. Cette licence prévoit une capacité de 41 personnes

pour le restaurant et de 64 personnes pour la discothèque, les deux parties étant

séparées par une cloison mobile qui doit être fermée lors de la diffusion de la

musique. La diffusion de la musique dans la partie restaurant est autorisée

uniquement comme musique de fond, c'est-à-dire avec un niveau sonore moyen de

75 dB (A). L'autorisation d'exercer a été délivrée à A.________ et l'autorisation

d'exploiter à la société.

B.

La société et A.________ avaient déposé en mai 2012 une demande de

permis de construire en vue de réaliser des transformations intérieures de

l’établissement pour augmenter sa capacité d’accueil de 105 personnes à plus de

300 personnes. La Direction de l’énergie (DIREN) avait toutefois refusé en date

du 9 juillet 2014 de délivrer l’autorisation spéciale requise au motif que le

projet contrevenait aux dispositions du règlement d’application de la loi sur

l’énergie concernant les installations de ventilation du bâtiment (adaptation

du récupérateur de chaleur de la ventilation). Le 18 août 2015, la Municipalité

de Lausanne (ci-après: la Municipalité) avait refusé le permis de construire et

le recours formé contre cette décision auprès de la Cour de droit administratif

et public du Tribunal cantonal (ci-après: le tribunal ou la CDAP) avait

finalement été retiré; la décision de classement rendue le 29 juin 2016 par le

juge instructeur de la CDAP constatait que le recours formé contre la décision

refusant l’autorisation de transformer l’établissement "n’aurait très

probablement pas pu être admis" (dossier AC.2015.0266).

C.

Le 30 novembre 2014, la Police communale a constaté un dépassement de la

capacité d’accueil de l’établissement de 177 % (291 personnes au lieu de 105). En

date du 8 février 2015, A.________ a été dénoncé en raison d'un dépassement de

425 % de la capacité d’accueil (336 personnes au lieu des 64 admises); pour ces

derniers faits, il a été condamné par ordonnance pénale du 29 avril 2015 à une

amende de 5'000 fr., réduite à 4'000 fr. par décision sur opposition du 18

janvier 2016. Le Préfet de ******** a retenu que dans la mesure où une

procédure était en cours pour augmenter la capacité de l'établissement et que les

problèmes à régler touchaient avant tout la ventilation, il y avait lieu de

réduire l'amende. Il a néanmoins considéré que le maintien de la sanction s'imposait

dès lors que l'intéressé était en situation de récidive.

D.

En date du 2 mars 2015, la Municipalité a averti l'intéressé qu'elle pourrait

prononcer à son encontre un refus d'octroi des heures de prolongation après

03h00. Le 20 juillet 2015, elle lui a notifié un avertissement valable jusqu'au

15 juillet 2016 suite aux dénonciations des 30 novembre 2014 et 8 février 2015

pour non-respect de la capacité de l'établissement. L’avertissement est formulé

dans les termes suivants:

"Si de nouveaux manquements

devaient être constatés, nous nous verrions dans l’obligation de refuser les

prolongations d’horaires après 03h00, selon l’article 6 du règlement municipal

sur les établissement et les manifestations (RME) et de demander au Département

de l’économie et du sport, police cantonale du commerce, de prendre d’autres

mesures administratives."

Cet avertissement est entré en force sans avoir été

contesté.

E.

Le 30 octobre 2015, la police est intervenue à deux reprises à la rue ********

à la suite de plaintes du voisinage pour troubles de l'ordre public. Elle a

constaté la présence d'environ 80-100 personnes devant le bâtiment ainsi que

dans le passage couvert menant aux ascenseurs pour accéder à la discothèque. A.________

s'est montré réceptif et coopérant avec les forces de l'ordre. Alors qu'elle

venait de quitter les lieux, la police a été requise pour une nouvelle

intervention sur la terrasse du même immeuble en raison de problèmes de

nuisance. Le 9 juin 2016, A.________ a été condamné sur opposition par le

Tribunal de police de l'arrondissement de ******** à une amende de 300 fr. pour

infraction au règlement municipal sur les établissements et les manifestations.

Il a en revanche été libéré du chef d'accusation s'agissant de la seconde

intervention qui concernait une fête privée se déroulant dans le même immeuble.

En date du 12 mars 2016, la police municipale de ********

a observé un dépassement de la capacité d'accueil de 70.7 % dans le restaurant (70

personnes au lieu des 41 admises) à 23h15. Par ailleurs, la licence dont il

bénéficiait à cette date, valable du 1er avril 2015 au 29

février 2016 (********), était échue. La police a rédigé un rapport le 15 mars

2016. A.________ n'a pas reconnu les faits et a prétendu avoir dénoncé sa

licence qu'il estimait erronée. Selon lui, l'établissement devrait pouvoir

accueillir 105 personnes au total. Il a été condamné par ordonnance pénale du

Préfet de ******** du 19 avril 2016 à une amende de 800 francs.

F.

Le 29 avril 2016, la Police cantonale du commerce (PCC) a avisé A.________,

en sa qualité d'administrateur de la société B.________, qu'elle entendait

prononcer à son encontre une mesure administrative. Elle lui a imparti un délai

au 20 mai 2016 pour qu'il se détermine à cet effet. A la même date, l'intéressé

a exposé que le 12 mars 2016 à 23h15, les clients étaient répartis entre le

restaurant et la discothèque et il a contesté toute infraction de surcapacité.

Le 19 juillet 2016, A.________ a demandé à la PCC

d'émettre une nouvelle licence d'exploitation précisant que l'enseigne ********

concernait la discothèque, la partie restaurant s'appelant ********. Il a par

ailleurs précisé que les deux parties de l'établissement étaient uniquement séparées

par une cloison mobile et que la capacité d'accueil de l'établissement de 105 personnes

devait être reconnue. En annexe, il a produit la synthèse CAMAC du 14 septembre

2015 spécifiant que du point de vue de la protection incendie, la capacité

d'accueil totale s'élevait à 540 personnes et que, compte tenu de la surface

des lieux (1'000 m2), la capacité d'accueil actuelle de 105 personnes

était excessivement basse.

Le 16 août 2016, la PCC a informé A.________ que le

changement d'enseigne pouvait être requis auprès de la police du commerce de ********

et que tant qu'il n'aurait pas obtenu de nouvelle décision, il devrait se

conformer à ce que prévoyait la licence actuelle, c'est-à-dire une capacité de

41 personnes au restaurant et 64 personnes sur le "dancefloor".

Pour le surplus, la procédure relative à la surcapacité a été suspendue jusqu'à

ce que la décision du Préfet relative aux faits du 12 mars 2016 devienne

définitive et exécutoire. Dans l'intervalle, A.________ a été intimé de retirer

les tables et les chaises de la partie restaurant qui allaient au-delà de la

capacité actuelle de 41 personnes.

Par décision du 11 août 2016, annulée et remplacée

par décision du 15 août 2016, la municipalité a refusé toute demande de

prolongation d'horaire au-delà de 03h00 pendant deux week-ends consécutifs

suite aux événements du 30 octobre 2015 et du 12 mars 2016.

G.

Le 15 septembre 2016, A.________ (ci-après: le recourant) et B.________

(ci‑après: la recourante) ont recouru contre la décision du 15 août 2016

précitée auprès de la CDAP, en concluant principalement à son annulation et à

ce qu'aucune sanction ne soit prononcée ensuite des événements du 30 octobre

2015 et du 12 mars 2016. Subsidiairement, ils demandent que l'avertissement du

20 juillet 2015 soit prolongé de trois mois, jusqu'au 15 octobre 2016.

Les recourants invoquent leur liberté économique et se

plaignent du fait que la sanction leur causerait un tort considérable. Par

ailleurs, ils estiment que la surcapacité ‑ qu'ils contestent - ne

constitue pas un motif prévu par la loi permettant d'interdire la prolongation

de l'heure d'ouverture de l'établissement.

Le 7 décembre 2016, la PCC s'en est remise à justice;

la Municipalité a conclu au rejet du recours dans sa réponse du 16 décembre

2016, en estimant avoir fait preuve de clémence à l'égard des recourants.

Les recourants ont déposé un mémoire complémentaire

le 20 février 2017. Ils ont produit une ordonnance pénale du Préfet de ********

datée du 13 janvier 2017, qui réduit l'amende infligée le 19 avril 2016 au

recourant à 300 francs. L'autorité a retenu que la configuration particulière

des lieux rendait difficile le respect des capacités figurant dans la licence,

qu'il s'agisse de la capacité globale ou de celle de chacun des secteurs, et

que les infrastructures de sécurité, notamment incendie, étaient suffisantes

pour accueillir un plus grand nombre de personnes que celui figurant dans la

licence, de sorte que les situations de surcapacité ne mettaient pas en danger

la clientèle. Le Préfet a également relevé que le recourant a entamé des

démarches afin d'obtenir une augmentation de la capacité et que les problèmes

qui restent à régler concernent notamment la ventilation.

Le recourant a également produit une copie de

l'opposition qu'il a formée le 26 janvier 2017 à l'encontre de l'ordonnance

du 13 janvier 2017.

La Municipalité s'est déterminée sur le mémoire

complémentaire en date du 10 avril 2017.

Considérants

1.

Le recours est déposé en temps utile auprès de l'autorité compétente, et

il satisfait aux conditions formelles de recevabilité de l’art. 79 de la loi

vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; RSV

173.

), applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD, de sorte qu'il y a lieu

d'entrer en matière sur le fond.

2.

Dans un premier temps, il convient de déterminer si l'établissement a

accueilli plus de personnes que ce qu'autorise la licence.

a) Il est reproché aux recourants "une nouvelle

infraction [la quatrième] pour non respect de la capacité de

l'établissement" pendant la période probatoire de l'avertissement

notifié le 20 juillet 2015, valable jusqu'au 15 juillet 2016. Il ressort du

rapport de police du 15 mars 2016 que le 12 mars 2016 à 23h15, la salle du

restaurant contenait 70 personnes au lieu des 41 admises par la licence, ce qui

représente un dépassement de 70.7 %. Il est précisé que "les clients

venant dans notre direction [ndlr: des policiers] n'étaient pas

comptabilisés, ce qui laisse une marge d'erreur favorable pour les exploitants.

Nous avons pris le chiffre le plus bas" (p. 2). La licence ********

prévoit une capacité de 41 personnes pour le restaurant et de 64 personnes

pour la discothèque, les deux parties étant séparées par une cloison mobile qui

doit être fermée lors de la diffusion de la musique.

b) Les recourants contestent que les personnes

comptabilisées étaient uniquement dans le restaurant et prétendent que la

cloison mobile était ouverte, ce qui fait une capacité d'accueil totale de 105

personnes.

c) Cette interprétation ne peut être retenue car le

rapport de police du 15 mars 2016 précise que "la salle du restaurant

était bien occupée". Il en découle que les agents de police ont

distingué entre la partie discothèque et la partie du restaurant. Cette

appréciation est corroborée par les heures d'ouverture de la discothèque ********,

de 22h00 à 03h00. Compte tenu des heures d'ouverture de la partie "dancing"

et de la réserve contenue dans la licence imposant la fermeture de la cloison

mobile lors de la diffusion de la musique, il ne fait aucun doute qu'à 23h15,

le restaurant était cloisonné. Il convient ainsi d'admettre que les 70 personnes

comptabilisées étaient bien dans le restaurant. Il y a donc eu un dépassement

de la capacité limitée à 41 personnes, contrairement aux allégations des

recourants.

A noter encore que si le Préfet de ******** a

récemment réduit l'amende infligée, en la faisant passer de 800 fr. à 300 fr.

au motif que "les situations de surcapacité ne mettent pas en danger la

clientèle", il n'en demeure pas moins qu'il a retenu l'existence d'une

situation de surcapacité et considéré que le maintien de la sanction

s'imposait.

3.

Les recourants contestent la sanction de refus de prolongation des

heures d'ouverture de leur établissement pendant deux week-ends de suite,

estimant qu'elle n'est pas prévue par la loi.

a) L'activité administrative de l'Etat doit se

fonder sur une base légale en vertu du principe de la légalité: il doit exister

une base légale au sens matériel dans la mesure où le principe de la réserve de

la loi veut que le droit auquel l'Etat s'est soumis soit formulé sous la forme

de règles générales et abstraites qui soient suffisamment précises quant à leur

contenu; et une base légale formelle dans la mesure où toutes les dispositions

importantes qui fixent les règles de droit doivent être adoptées sous la forme

d'une loi au sens propre (J. Dubey/J.-B. Zufferey, Droit administratif général,

Bâle 2014, § 512).

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral,

l'exigence de précision de la norme découle du principe général de la légalité,

mais aussi de la sécurité du droit et de l'égalité devant la loi (ATF 109 Ia 273 consid.

4d p. 282, et les réf. cit.; ATF 117 Ia 341 consid.

5a p. 346). L'exigence de la densité normative n'est toutefois pas absolue, car

on ne saurait exiger du législateur qu'il renonce totalement à recourir à des

notions générales, comportant une part nécessaire d'interprétation. Cela tient

en premier lieu à la nature générale et abstraite inhérente à toute règle de

droit, et à la nécessité qui en découle de laisser aux autorités d'application

une certaine marge de manœuvre lors de la concrétisation de la norme. Pour

déterminer quel degré de précision on est en droit d'exiger de la loi, il faut

tenir compte du cercle de ses destinataires, et de la gravité des atteintes

qu'elle autorise aux droits fondamentaux (ATF 109 Ia 273

précité). Une atteinte grave exige en principe une base légale formelle, claire

et précise, alors que les atteintes plus légères peuvent, par le biais d'une

délégation législative, figurer dans des actes de niveau inférieur à la loi, ou

trouver leur fondement dans une clause générale (ATF 123 I 112

consid. 7a; 122 I 360 consid. 5b/bb, et les arrêts cités).

Le principe de la légalité commande entre autre une

prévisibilité suffisante et adéquate des règles de droit à appliquer. Cela

étant, l'exigence de prévisibilité de la loi n'est pas absolue. Le législateur

ne peut pas renoncer à utiliser des normes générales ou vagues, dont

l'interprétation et l'application doivent être laissées à la pratique. Le degré

de précision nécessaire n'est pas fixé de manière abstraite; il dépend de la

pluralité des états de fait, de la complexité de la norme, de l'intensité de

l'atteinte aux droits constitutionnels et de l'appréciation que l'on ne peut

faire objectivement qu'au moment où se présente un cas concret d'application

(ATF 131 II 13 consid. 6.5.1).

b)aa) Conformément à l'art. 22 de la loi vaudoise du

26.

mars 2002 sur les auberges et les débits de boissons (LADB; RSV 935.31), les

communes sont compétentes pour réglementer les horaires d'exploitation des

établissements et le cas échéant pour imposer des restrictions d'horaire visant

à assurer l'ordre et la tranquillité publics, ainsi que la salubrité publique (TF

2C_881/2013 du 18 février 2014 consid. 4.5.4; arrêts CDAP GE.2013.0090 du 29

juin 2015 consid. 2a; GE.2014.0017 du 4 juillet 2014 consid. 7; GE.2012.0210 du

26.

août 2013 consid. 4a). L'art. 22 LADB prévoit expressément la possibilité,

pour les communes, d'effectuer des distinctions selon les types

d'établissements et selon les différents quartiers (arrêt CDAP GE.2013.0090 du

26.

juin 2015 consid. 2a et les réf. cit.; cf. également l'art. 2 al. 2

let. c de la loi vaudoise du 28 février 1956 sur les communes [LC; RSV 175.11]

concernant les mesures propres à assurer l'ordre et la tranquillité publics,

ainsi que la salubrité publique; sur cette problématique, voir l'arrêt CDAP GE.2008.0181

du 28 décembre 2009 consid. 2d; cf. TF 1A.240/2005 du 9 mars 2007

consid. 4.5.1 et 4.5.3; arrêt CDAP AC.2008.0322 du 28 décembre 2009).

Se fondant sur la délégation de compétence qui lui a

été octroyée pour établir les dispositions réglementaires nécessaires en

matière d'établissements publics prévue à l'art. 117 du Règlement général de

police du 27 novembre 2011 de la Commune de Lausanne (ci-après: le RGP), la Municipalité

a adopté, le 21 mars 2013, le Règlement municipal sur les établissements et les

manifestations (RME). L'art. 5 al. 1 RME limite les heures de police ordinaires

des établissements de nuit de "17h00 à 03h00". L'art. 6 al. 1

RME permet une ouverture prolongée des établissements de nuit de "03h00

à 05h00" moyennant le paiement d'une taxe selon un tarif arrêté par la

Municipalité et pour autant qu'ils respectent les prescriptions fédérales,

cantonales et communales relatives à l'exploitation des établissements ainsi

que les conditions posées par les articles 9 et 22 RME. Quant à l'art. 9 RME,

dont l'intitulé se réfère aux "restrictions d'horaire", il

prévoit que la direction peut imposer un horaire d'ouverture plus restrictif

que celui correspondant aux heures de police notamment: lorsque l'exploitation

de l'établissement est susceptible de provoquer des inconvénients appréciables

dans les secteurs où l'habitat est prépondérant (art. 77 du règlement communal

du 26 juin 2006 sur le plan général d'affectation - RPGA) (let. a); lorsque

l'ordre public, la tranquillité publique ou la sécurité publique sont menacés,

notamment lorsque les exigences fixées à l'art. 22 du présent règlement ne sont

pas remplies (let. b); lorsque des incivilités ou des problèmes de propreté de

la voie publique existent dans les abords immédiats de l'établissement définis

dans le périmètre de conciliation fixé par la direction (let. c); lorsque l'établissement

est en retard dans le paiement des taxes auxquelles il est assujetti en vertu

de la législation en matière d'auberges et de débits de boissons ou dans le

paiement d'autres contributions publiques (let. d).

L'art. 77 RPGA prévoit pour sa part que lorsque les

établissements publics et ceux qui y sont assimilés sont susceptibles de

provoquer des inconvénients appréciables dans les secteurs où l'habitat est

prépondérant, la municipalité peut imposer des restrictions d'usage ou les

interdire.

bb) La Municipalité a émis des directives en matière

de refus d'octroi des heures de prolongation pour les établissements de nuit du

13.

février 2014 (ci-après: les directives). Elles prévoient notamment des

paliers d'intervention: lors de la première dénonciation, les règles sont

rappelées au titulaire de la licence; lors de la seconde, la Municipalité peut

renoncer à prononcer une décision de refus d'octroi de prolongation ou

prononcer un avertissement; enfin, à la troisième, elle peut, outre les deux

alternatives précédentes, rendre une décision de refus de prolongation

d'horaire (cf. directives ch. 4). Selon le chiffre 4.4 desdites directives, le

non-respect de la capacité d'accueil constitue une infraction de degré 1

susceptible d'un refus de prolongation de quatre week-ends au plus.

Le 29 novembre 2012, la Municipalité a adopté le

préavis n° 2012/58, dans lequel elle envisage une série de mesures pour

préciser les conditions d’exploitation des établissement de nuit, fixer l’heure

de police et les possibles heures de prolongation, ainsi que les conditions

auxquelles ceux-ci peuvent obtenir des prolongations d’horaire. Dans ce

préavis, la Municipalité a retenu quatre quartiers du centre-ville comme étant

à habitat prépondérant et devant faire l’objet de mesures d’assainissement,

dans la mesure où les établissements qui y sont déjà existants génèrent des

inconvénients appréciables, notamment compte tenu de leur nombre, de leur type

et de leur fréquentation. Il s’agit du haut de la rue Marterey (y compris le

nord de la rue Langallerie et l’hôtel/café-restaurant de l’Ours), le quartier

de la Cité, la place du Tunnel et le périmètre rectangulaire formé par les rues

de l’Ale, de la Tour, Neuve et Saint-Roch (cf. ch. 6.3 du préavis, Axe n° 3).

c) La jurisprudence a déjà confirmé que le RME

constituait une base légale suffisante pour refuser de prolonger les horaires

d'ouverture des établissements de nuit (arrêts CDAP GE.2015.0131 du 5 septembre

2016.

consid. 4b; GE.2013.0163 du 29 juillet 2015 consid. 3b/bb et les réf. cit.).

Il convient de déterminer si les directives de la Municipalité le sont

également.

La densité normative n'est pas absolue et les

autorités disposent d'une certaine marge d'appréciation dans l'application des

normes de droit. S'agissant des directives, elles ont pour but d'assurer

l'application uniforme de certaines dispositions légales (ATF 140 II 88). En

l'occurrence, les directives de la Municipalité sont des règles d'application

du règlement communal, qui concrétisent d'une façon convaincante les dispositions

légales applicables. En effet, l'art. 6 RME prévoit la délivrance d'une

autorisation d'ouverture prolongée moyennant le paiement d'une taxe et le

respect des prescriptions fédérales, cantonales et communales ainsi que le

respect des art. 9 et 22. A contrario, dite autorisation est

refusée en cas de non-respect de ces conditions (art. 6 al. 2 RME). L'une

d'elle est le maintien de la sécurité publique (art. 9 al. 1 let. b et art. 22

RME). Le dépassement de la capacité autorisée de personnes implique une mise en

danger de la sécurité et ou de la salubrité publique, quoi qu'en disent les

recourants (cf. § 10 du mémoire complémentaire); il n'appartient pas

au tribunal d'examiner si la capacité autorisée est justifiée, cette décision

(la licence) étant entrée en force. C'est ainsi à juste titre que la Municipalité

a prévu que le respect de la capacité d'accueil relève d'un aspect sécuritaire

dont la violation constitue une infraction de premier degré, susceptible d'une

sanction.

En outre, les recourants devaient s'attendre à

recevoir une telle sanction puisqu'ils avaient d'ores et déjà reçu un

avertissement les menaçant de refus de prolongation des horaires pendant un

temps déterminé (cf. courrier de la Municipalité du 2 mars 2015;

déterminations de la Municipalité du 16 décembre 2016 p. 5). Par ailleurs, ils

auraient pu et dû contester les sanctions précédentes qui sont entrées en

force. Le principe de la prévisibilité est donc respecté.

Il convient encore de préciser que le cercle de

destinataires de ces directives est retreint et que les sanctions aux

infractions prévues est une légère atteinte aux droits fondamentaux; elles

prévoient en effet une sanction maximale de refus de prolongation de quatre

week-ends au plus, sur 52 dans l'année. Ces règles peuvent donc figurer dans

des actes de rang inférieur.

La Municipalité ayant agi dans le cadre de sa marge

d'appréciation, il y a lieu d'admettre que la base légale était suffisante pour

prononcer la sanction litigieuse. Le grief est rejeté.

4.

Les recourants estiment que la sanction litigieuse est contraire à la

liberté économique puisqu'elle leur cause un dommage considérable.

a) La liberté économique est garantie (art. 27 al. 1

Cst., 26 al. 1 Cst./VD). Invocable tant par les personnes physiques que

morales, elle protège toute activité économique privée, exercée à titre

professionnel et tendant à la production d'un gain ou d'un revenu (art. 26 al.

2.

Cst./VD; ATF 138 I 378 consid. 6.1 p. 384/385; 137 I 167 consid. 3.1 p.

172; 135 I 130 consid. 4.2 p. 135; TF 2C_881/2013 du 18 février 2014 consid. 4.2;

4C_2/2013 du 10 juillet 2013 consid. 3.1), en particulier l'exploitation

d'établissements publics (arrêt CDAP GE.2012.0210 du 26 août 2013 consid. 3 et

les réf. cit.). Elle comprend notamment le libre choix de la profession, le

libre accès à une activité économique lucrative privée et son libre exercice

(art. 27 al. 2 Cst.). En tant qu'elle impose aux recourants le respect d'heures

d'ouverture pour l'exploitation de son établissement, la mesure litigieuse

porte atteinte à leur liberté économique garantie par les art. 27 al. 1 Cst. et

26.

al. 1 Cst./VD (ATF 137 I 167 consid. 3.1 p. 172; TF 2C_881/2013 du 18 février

2014.

consid. 4.2;2C_1017/2011 du 8 mai 2012 consid. 5.1). La liberté

économique n'est toutefois pas absolue, et il faut donc examiner si la

restriction en cause remplit les conditions de l'art. 36 Cst. Selon cette

disposition, toute restriction d'un droit fondamental doit être fondée sur une

base légale qui doit être de rang législatif en cas de restriction grave (al.

1), justifiée par un intérêt public ou par la protection d'un droit fondamental

d'autrui (al. 2) et, selon le principe de la proportionnalité, se limiter à ce

qui est nécessaire et adéquat à la réalisation des buts d'intérêt public

poursuivis (al. 3), sans violer l'essence du droit en question (al. 4; cf.

aussi ATF 136 I 1 consid. 5.1 p. 12; 131 I 223 consid. 4.1 p. 230/231; 130 I 26

consid. 4.5 p. 42/43, et les arrêts cités). Les mesures restreignant l'activité

économique peuvent viser à protéger l'ordre, la santé, la moralité et la

sécurité publics, ainsi que la bonne foi en affaires (ATF 136 I 197

consid. 4.4.1 p. 204; 131 I 223 consid. 4.2 p. 231; 125 I 322 consid. 3a

p. 326, 335 consid. 2a p. 337, et les arrêts cités).

b) En l'occurrence, la décision de l'autorité

intimée refuse la prolongation des horaires de fermeture de 03h00 à 05h00

pendant deux week-ends de suite; elle porte donc atteinte à la liberté

économique. Il convient dès lors de vérifier si les conditions de l'art. 36

Cst. sont réunies.

5.

a) Comme on l'a vu, les restrictions graves à une liberté nécessitent

une réglementation expresse dans une loi au sens formel. Lorsque la restriction

d'un droit fondamental n'est pas grave, la base légale sur laquelle se fonde

celle-ci ne doit pas nécessairement être prévue par une loi, mais peut se

trouver dans des actes de rang inférieur ou dans une clause générale. Savoir si

une restriction à un droit fondamental est grave s'apprécie en fonction de

critères objectifs (TF 2C_956/2016 du 7 avril 2017consid. 4.2.1 et les réf.

cit.).

b) En l'espèce, il faut reconnaître que la mesure

attaquée risque de conduire à une diminution du chiffre d'affaires des

recourants. Pour autant, elle ne porte pas une atteinte grave à leur liberté

économique, puisqu'elle ne concerne que deux week-ends sur 52 et qu'elle ne les

empêche pas d'exploiter leur établissement. Elle se fonde en outre sur l'art.

22.

LADB et les art. 9 RME et 77 RPGA; or, ces dispositions règlementaires

constituent déjà une base légale suffisante pour refuser toute prolongation des

heures d'ouverture aux établissements de nuit situés dans les quartiers où l'habitat

est prépondérant (pour une appréciation identique, cf. arrêt CDAP GE.2015.0131

du 5 septembre 2016 consid. 4b).a)

6.

a) Sous l'angle de l'intérêt public, sont autorisées les mesures de

police ou de politique sociale, de même que les mesures dictées par la

réalisation d'autres intérêts publics, à l'exclusion notamment des mesures de

politique économique (ATF 137 I 167 consid. 3.6). Il est admis que les cantons,

respectivement les communes, sont autorisés à prendre des mesures en matière

d'heures de fermeture dans un but de tranquillité publique et de manière à

garantir à la population des plages de repos, le législateur cantonal ou

communal jouissant à cet égard d'un large pouvoir d'appréciation (TF 2C_881/2013

du 18 février 2014 consid. 4.6 et les réf. cit.; arrêt GE.2014.0017 précité

consid. 8).

b) L'exploitation du restaurant et de la discothèque

a été soumise, lors de l'octroi de la licence en avril 2016, à des conditions

claires tenant en particulier au nombre limité de personnes dans chacun des

locaux: 41 personnes admises dans le restaurant et 64 personnes dans la

discothèque. Les recourants n'ont pas respecté ces conditions à plusieurs

reprises, notamment en novembre 2014 où un dépassement de 177 % a été constaté,

en février 2015 (425 %) et en mars 2015 (70.7 %). Il n'appartient pas au

tribunal de céans d'examiner le bien-fondé de ces mesures de limitation et leur

dépassement constitue une mise en danger que l'autorité intimée souhaite

éviter. Il y a donc un véritable intérêt public à sanctionner les recourants

qui ont manifesté à plusieurs reprises une réticence à respecter les

injonctions auxquelles ils sont soumis, nonobstant les différents avertissements

déjà reçus. Les atteintes répétées à l'ordre public l'emportent sur la balance

de l'intérêt privé des recourants de nature économique.

7.

Reste dès lors à vérifier que la décision prise par l'autorité intimée

respecte le principe de la proportionnalité.

a) Selon ce principe, énoncé à l'art. 5 Cst., une

mesure restrictive doit être apte à produire les résultats escomptés (règle de

l’aptitude) et ceux-ci ne doivent pas pouvoir être atteints par une mesure

moins incisive (règle de la nécessité); ce principe proscrit enfin toute

restriction allant au-delà du but visé: il exige un rapport raisonnable entre

ce but et les intérêts publics ou privés compromis (proportionnalité au sens

étroit, impliquant une pesée des intérêts en présence - ATF 140 I 2 consid.

9.2

; 139 I 180 consid. 2.6.1; 138 II 346 consid. 9.2 et les réf. cit.).

b) En guise de sanctions à des mises en danger de

l'ordre, de la sécurité et de la salubrité publics, la LADB permet la fermeture

temporaire ou définitive des établissements, le retrait des autorisations

d'exercer ou d'exploiter pour une durée maximale de cinq ans, l'interdiction

temporaire ou définitive de vendre et de servir des boissons alcooliques ou

l'avertissement en cas d'infraction de peu de gravité (art. 59 ss LADB). Le RME

prévoit le retrait ou le non renouvellement des autorisations lorsque les

conditions d'octroi ne sont plus réalisées, ou un avertissement (art. 29 RME).

Quant aux directives, elles mettent en place un système graduel de sanctions

selon la gravité de l'infraction et l'état de récidive: un rappel des règles doit

d'abord être prononcé, puis un avertissement peut être notifié lors de la

seconde dénonciation. La troisième dénonciation peut ensuite donner lieu à un

avertissement ou à une décision de refus de prolongation.

Le système légal prévoit ainsi un large panel de

sanctions tenant compte de l'insistance avec laquelle les personnes concernées

persistent à ne pas respecter la loi. En l'occurrence, les recourants ont été

dénoncés en décembre 2014 pour une surcapacité de 177 %, puis en février 2015

pour une surcapacité de 425 %, et un avertissement leur a été notifié le 20

juillet 2015 valable jusqu'au 15 juillet 2016. Dans le délai de probation, deux

nouvelles infractions ont été commises: une atteinte à l'ordre public dans les

abords immédiats de l'établissement en octobre 2015 et un nouveau dépassement

de la capacité en mars 2016. Un refus de prolongation de l'horaire au-delà de 03h00

deux week-ends consécutifs leur a été notifié.

Cette décision apparaît proportionnée au but visé:

nonobstant l'avertissement qui leur avait été notifié en 2015, les recourants

n'ont pris aucune disposition pour se conformer aux conditions auxquelles la

licence d'exploitation est subordonnée. Ils se plaignent qu'il "est

déjà extrêmement difficile d'exploiter d'une façon économiquement lucrative le

très grand établissement public ici en cause avec une capacité réduite à 105

personnes", que "si des limitations d'horaires viennent

s'ajouter, le dommage est considérable" et que dès lors, la sanction

est disporortionnée (cf. § 31 du mémoire de recours). Les recourants perdent de

vue que cette sanction est la conséquence directe de la violation des

conditions de la licence et de l'avertissement précité, qu'ils auraient pu

éviter. Il y a également lieu de constater que la Municpalité a déjà fait

preuve de tolérance à leur égard puisqu'elle a attendu la quatrième

dénonciation pour agir, quand bien même les directives qu'elle a émises prévoient

que lors de la troisième dénonciation, elle peut renoncer à prononcer une

décision de refus d'octroi de prolongation, prononcer un avertissement ou

rendre une décision de refus de prolongation d'horaire (directives ch. 4). Par

ailleurs, selon le chiffre 4.4 desdites directives, le non-respect de la capacité

d'accueil constitue une infraction de degré 1 susceptible d'un refus de

prolongation de quatre week-ends au plus, quoi qu'en disent les recourants (cf.

§ 8 du mémoire complémentaire). Ainsi, une sanction plus sévère s'impose

puisqu'un nouveau rappel aurait été vain compte tenu des agissements des

recourants. C'est donc à juste titre que la Municipalité s'est montrée plus

rigoureuse.

Par ailleurs, la mesure infligée n'atteint pas les maximas,

c'est-à-dire le refus de prolongation pendant quatre week-ends consécutifs ou

le retrait pur et simple de la licence. La légère restriction litigieuse est

donc conforme au principe de la proportionnalité.

8.

Les recourants se plaignent d'une inégalité de traitement à l'égard de

leurs concurrents, en expliquant que "la grande majorité des

discothèques ******** obtiennent sans aucune difficulté les autorisations de

prolongation des horaires".

a) Une décision viole le principe de l'égalité de

traitement consacré à l'art. 8 al. 1 Cst. lorsqu'elle établit des

distinctions juridiques qui ne se justifient par aucun motif raisonnable au

regard de la situation de fait à réglementer ou qu'elle omet de faire des

distinctions qui s'imposent au vu des circonstances, c'est-à-dire lorsque ce

qui est semblable n'est pas traité de manière identique et ce qui est

dissemblable ne l'est pas de manière différente (ATF 137 I 58 consid. 4.4; 136

I 297 consid. 6.1; 134 I 23 consid. 9.1). Les situations comparées ne doivent

pas nécessairement être identiques en tous points, mais leur similitude doit

être établie en ce qui concerne les éléments de fait pertinents pour la

décision à prendre (ATF 129 I 113 consid. 5.1; 125 I 1 consid. 2b/aa; 123 I 1

consid. 6a). Sur le principe, le fait d'opérer des distinctions dans les

horaires de fermeture des établissements publics selon leur localisation est admissible

(TF 2C_881/2013 du 18 février 2014 consid. 8).

b) Les recourants évoquent ce grief sans l'étayer et

sans procéder à une comparaison minutieuse des concurrents desquels ils se

sentent lésés. Cela étant, on rappelle que les directives prévoient que chaque

décision est prise sur la base de la situation concrète de l'établissement,

appréciée de manière spécifique, en fonction de sa gravité ou de ses

conséquences (ch. 2). Chaque décision est donc prise en fonction notamment des

infractions commises et de la situation géographique des établissements. En

l'occurrence, les recourants perdent de vue que la sanction infligée résulte

d'un manque de discipline face aux contraintes imposées pour l'exploitation de

leur établissement. S'ils s'y étaient conformés et s'ils avaient pris acte de

l'avertissement qui leur avait été notifié, ils ne se seraient pas vu infliger

cette interdiction. Le grief est donc rejeté.

9.

Il suit de ce qui précède que le recours doit être rejeté et la décision

attaquée confirmée. Un émolument est mis à la charge des recourants, qui

succombent (art. 49 al. 1 LPA-VD). Il n'y a pas matière à allocation de

dépens.

Par

ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision de la Municipalité de Lausanne du 15 août 2016 est

confirmée.

III.

Un émolument de 3'000 (trois mille) francs est mis à la charge des

recourants, solidairement entre eux.

IV.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le

9.

juin 2017

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit

public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur

le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire

à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans

une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de

preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte

attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent

être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il

en va de même de la décision attaquée.