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Décision

GE.2025.0050

CDAP - GE.2025.0050 - 2025-05-21 - A._____/Département de l'enseignement et de la formation professionnelle (DEF), B.__, C._____

21 mai 2025Français15 min

I.

Source vd.ch

TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

Arrêt du 21 mai 2025

Composition

Mme Danièle Revey, présidente; M. Fernand Briguet et M. Jean-Etienne

Ducret, assesseurs; Mme Lea Rochat Pittet, greffière.

Recourante

A.________, à ********,

Autorité intimée

Département de l'enseignement et de

la formation professionnelle (DEF), à Lausanne,

Autorités concernées

1.

Etablissement primaire et secondaire

d'********, à ********,

2.

Etablissement secondaire de ********,

à ********.

Objet

Affaires scolaires et universitaires

Recours A.________ c/ décision du Département de

l'enseignement et de la formation professionnelle (DEF) du 16 janvier

2025 (enclassement de B.________).

Vu les faits suivants:

A.

B.________, né le ******** 2011 et fils de A.________, effectue

actuellement sa 9e année Harmos, en voie prégymnasiale, auprès de

l'établissement primaire et secondaire d'******** (Collège ********).

Jusqu'au 1er novembre 2024, les précités

étaient domiciliés au Chemin ********, à ********. A compter de cette date, ils

se sont établis au Chemin ********, à ********.

B.

Le 2 décembre 2024, A.________ a déposé une demande auprès de

l'établissement primaire et secondaire d'********, tendant à ce que son fils B.________

poursuive sa scolarité dans cet établissement jusqu'à la fin du troisième

cycle, à savoir jusqu'à et y compris sa 11e année. Dans la lettre

qui accompagnait le formulaire de demande, datée du 8 novembre 2024, elle indiquait

craindre qu'un changement d'établissement ne bouleverse le développement

personnel et scolaire de son fils.

La demande de A.________ a été préavisée

négativement par les directeurs des deux établissements concernés, ainsi que

par les autorités communales compétentes.

Par décision du 16 janvier 2025, le Département de

l'enseignement et de la formation professionnelle a informé A.________ que B.________

pourrait terminer sa 9e année Harmos à ********, mais que, dès la

rentrée scolaire 2025-2026, il devrait rejoindre son établissement scolaire de

domicile à ******** (Collège ********).

C.

Le 13 février 2025, A.________ (ci-après: la recourante) a déféré cette

décision devant la Direction générale de l'enseignement obligatoire (ci-après:

la DGEO), concluant en substance à sa réforme en ce sens que B.________ soit

autorisé à terminer sa scolarité obligatoire (9e, 10e et

11e années Harmos) dans l'établissement primaire et secondaire d'********.

Le 21 février 2025, le recours a été transmis à la

Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: la CDAP

ou la Cour) comme objet de sa compétence.

Le 20 mars 2025, le Département de l'enseignement et

de la formation professionnelle, par son secrétariat général (ci-après: le DEF

ou l'autorité intimée) a déposé sa réponse au recours et produit son dossier.

Invitée à se déterminer sur la réponse, la

recourante n'a pas procédé dans le délai imparti.

Considérant en droit:

1.

La décision attaquée, qui refuse l'enclassement d'un élève dans un

établissement situé sur le territoire d'une autre commune que son lieu de

domicile, est fondée sur la loi du 7 juin 2011 sur l’enseignement obligatoire

(LEO; BLV 400.02; cf. art. 63 al. 1 LEO). Elle peut faire l’objet d’un recours

devant la CDAP en application des art. 141 et suivants LEO et des art. 92 et

suivants de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD;

BLV 173.36).

Déposé dans le délai de trente jours fixé par l’art.

95 LPA-VD, auprès d'une autorité qui l'a transmis à l'autorité compétente (art.

7 al. 1 LPA-VD), le recours est intervenu en temps utile. Il respecte au

surplus les conditions formelles énoncées à l’art. 79 LPA-VD (par renvoi de

l'art. 99 LPA-VD). Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

Dans la mesure où la décision entreprise accorde le droit au fils de la

recourante de terminer sa 9e année dans l'établissement d'********,

l'objet du litige porte exclusivement sur le refus d'octroyer une dérogation à

la zone de recrutement des élèves pour la suite de sa scolarité, soit pour ses

10e et 11e années.

a) aa) Aux termes de l'art. 62 de la Constitution

fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101),

l'instruction publique est du ressort des cantons (al. 1); les cantons

pourvoient à un enseignement de base suffisant ouvert à tous les enfants; cet

enseignement est obligatoire et placé sous la direction ou la surveillance des

autorités publiques; il est gratuit dans les écoles publiques (al. 2). Le droit

fondamental à un enseignement de base, consacré à l'art. 19 Cst., confère à ses

titulaires une prétention à une prestation positive de l'Etat; cette prestation

n'est toutefois due, en principe, qu'au lieu de domicile de l'élève (CDAP GE.2023.0178

du 11 décembre 2023 consid. 3a/aa; GE.2023.0065 du 21 juin 2023).

bb) L'art. 63 LEO consacre le principe de

territorialité comme base de l'organisation scolaire cantonale, en prévoyant ce

qui suit:

"1

En principe, les élèves sont scolarisés dans l'établissement correspondant à

l'aire de recrutement du lieu de domicile ou à défaut de résidence de leurs

parents.

2 Les dispositions

relatives au lieu de scolarisation de l'élève priment sur les dispositions de

la loi du 20 juin 2006 sur l'accueil de jour des enfants.

3 Pour les élèves qui

fréquentent les classes de raccordement ou de rattrapage, une école

spécialisée, des structures socio-éducatives, ou un projet Sport-Art-Etudes, le

règlement peut prévoir des exceptions au lieu de scolarisation [...].

4

Les accords intercantonaux sont réservés."

Sous le titre "Dérogations à l’aire de

recrutement à la demande des parents", l'art. 64 LEO dispose:

"1Le département peut, à titre

exceptionnel, accorder des dérogations, notamment en cas de changement de

domicile, de manière à permettre à l’élève de terminer l’année scolaire dans la

classe où il l’a commencée, ou en raison d’autres circonstances particulières

qu’il apprécie."

La scolarisation au lieu du domicile a pour but

d’organiser la répartition des élèves de façon globale sans avoir à traiter un

grand nombre de cas individuellement, de favoriser l’intégration de l’enfant au

lieu de son domicile et d’éviter les transports inutiles; ce principe relève

d’un intérêt public prépondérant (GE.2023.0178 du 11

décembre 2023 consid. 3a/aa; GE.2023.0120 du 3 août 2023 consid. 2b).

S’agissant de la possibilité de déroger à cette

règle selon l’art. 64 LEO, la jurisprudence (p. ex. GE.2023.0120 du 3 août 2023

consid. 2a) rappelle tout d'abord que la dérogation ou l'autorisation

exceptionnelle se justifie par le souci d’éviter une mise en œuvre de la norme

générale qui, par une trop grande rigidité, irait dans des circonstances

particulières à l’encontre d’un intérêt public légitime ou frapperait des

intérêts privés trop lourdement par rapport à la fin visée. L'octroi d'une

dérogation ne doit pas se faire en nombre tel que la norme générale à laquelle

il est fait exception soit vidée de son contenu. La dérogation suppose une

situation exceptionnelle et ne saurait devenir la règle, à défaut de quoi

l'autorité compétente se substituerait au législateur par le biais de sa

pratique dérogatoire. Les dispositions exceptionnelles ne doivent être

interprétées ni restrictivement ni extensivement, mais selon leur sens et leur

but dans le cadre de la réglementation générale (ATF 141 V 674 consid. 2.2; 130

V 222 consid. 2.2; 118 Ia 175 consid. 2d; 114 V 298 consid. 3e). Dans tous les

cas, la dérogation doit servir la loi ou, à tout le moins, les objectifs

recherchés par celle-ci: l'autorisation exceptionnelle doit permettre d'adopter

une solution reflétant l'intention présumée du législateur s'il avait été

confronté au cas particulier. Le but que poursuit la loi peut à cet égard être

considéré comme d’une importance manifeste, auquel cas l’octroi de dérogations

ne se fera qu’avec une grande réserve, surtout lorsqu’il y a lieu de craindre

qu’une décision aurait valeur de précédent pour de nombreuses situations

analogues (GE.2023.0120 du 3 août 2023 consid. 2a; GE.2020.0074 du 23 juillet

2020 consid. 3c).

Lors des travaux préparatoires qui ont conduit à

l'adoption, en 1989, de l'art. 14 al. 1 de la loi scolaire du 12 juin 1984 (LS;

BLV 400.01), dans sa dernière version, similaire à celle de l'art. 64 LEO

applicable, il a été relevé que personne ne contestait le bien-fondé des

dispositions concernant les demandes de dérogation pour les élèves ayant

déménagé en cours d'année scolaire (Exposé des motifs et projet de loi

modifiant la LS, BGC septembre 1989, p. 952 ss). En revanche, des craintes ont

été émises pour les dérogations accordées durablement, non pas pour finir une

année scolaire, mais pour en recommencer une, voire une suivante encore. En

réponse à ces remarques, il a été rappelé que le département avait toujours eu

une politique restrictive dans le domaine de ces transferts ou changements de

domicile et que cette politique allait être poursuivie, le but de l'art. 14 LS

n'étant nullement de désorganiser les classes (EMPL, BGC septembre 1989, p. 952

ss; cf. GE.2023.0065 du 21 juin 2023 consid. 2b/cc).

cc) Selon la jurisprudence, le changement de

domicile en cours d'année scolaire – motif mentionné à l'art. 64 LEO – ne

constitue qu'un exemple de situation pouvant donner lieu à une dérogation. Le

but du législateur est d'éviter de perturber l'équilibre scolaire et

psychologique d'un enfant en lui imposant de fréquenter – quelles que soient

les circonstances – l'école de la commune de domicile ou de résidence de ses

parents. Ainsi, si l'élève est confronté à des événements de nature à perturber

son équilibre, par exemple un changement de domicile en cours d'année scolaire

ou un problème médico-pédagogique reconnu, le département peut faire une

exception et admettre qu'un enfant suive la classe dans une autre commune que

celle de son domicile. En revanche, les inconvénients liés à une modification

du trajet pour se rendre à l'école ne constituent en principe pas un motif

suffisant pour justifier une dérogation. Par ailleurs, le fait que l'élève

ressente une certaine anxiété à la perspective de devoir s'intégrer dans un

nouvel établissement et se faire de nouveaux camarades n'est pas non plus – en

l'absence de raisons particulières – un motif suffisant (GE.2023.0065 du 21

juin 2023 consid. 2b/dd; GE.2022.0145 du 25 août 2022 consid. 2b;

GE.2020.0112 du 12 août 2020 consid. 2c).

dd) L'art. 64 LEO confère un très large pouvoir

d'appréciation au département cantonal. Le tribunal s'en tient à un contrôle en

légalité de la décision attaquée; il ne peut substituer sa propre appréciation

à celle de cette autorité et doit bien plutôt se contenter d'apprécier si elle

est restée dans les limites d’une pesée consciencieuse de tous les intérêts à

prendre en considération. Le tribunal doit donc seulement se limiter à vérifier

que l’autorité intimée n’ait pas omis de tenir compte d’intérêts importants ou

encore qu'elle ne les ait pas appréciés de manière erronée (GE.2023.0120 du 3

août 2023 consid. 2b; GE.2021.0247 du 13 avril 2022 consid. 1d).

b) En l'espèce, en premier lieu, la recourante fait

valoir dans sa demande de dérogation que malgré le déménagement, son fils a

continué à se rendre dans l'établissement d'********, où il apprécie le lien

avec ses professeurs et où il développe de belles relations avec ses amis

d'école et ceux du quartier. Elle craint ainsi qu'un changement d'établissement

scolaire ne bouleverse le développement personnel et scolaire de son fils, en

particulier dans le contexte du troisième et dernier cycle de l'école obligatoire,

qui revêt une grande importance pour accéder aux formations professionnelles et

gymnasiales. En second lieu, dans le cadre du présent recours, la recourante se

prévaut de son état de santé actuel, qui lui cause une importante fatigue et nécessite

un suivi psychiatrique à raison d'une séance toutes les trois semaines ainsi

qu'un besoin de repos quotidien. Cet état de santé imposerait une prise en

charge de B.________ par un tiers pendant plusieurs jours de la semaine, de

manière à soulager la recourante et à lui permettre, selon ses mots, d'avancer

dans son processus de guérison. La recourante précise qu'une telle prise en

charge serait possible actuellement, puisque son fils se rend chaque semaine,

du lundi matin au mercredi midi chez une amie à elle à ********. Sans qu'elle

ne l'indique expressément, on comprend qu'en cas de changement d'établissement l'amie

de la recourante ne pourrait plus accueillir B.________. Par ailleurs, le père

de B.________, qui habite ********, ne serait pas non plus en mesure

d'accueillir l'enfant pendant la semaine.

Il n'est pas contesté que le changement d'école

impliquera, d'une part, pour B.________, un effort d'adaptation à son nouvel

environnement scolaire et relationnel, ainsi que, d'autre part, un

réaménagement de sa prise en charge. Il est également vrai que ces changements

interviennent pendant un cycle scolaire important qui précède l'entrée en

formation professionnelle ou gymnasiale. Cela étant, les craintes élevées par

la recourante en lien avec la séparation de son fils de ses camarades et

enseignants actuels, et en lien avec sa bonne intégration dans son nouvel

établissement, si on peut les comprendre, sont inhérentes à tout changement

d'école. Sa situation n'est ainsi pas fondamentalement différente de celle de

tout enfant – et de tout parent – qui appréhende un changement d'établissement

scolaire à la suite d'un déménagement, même en tenant compte du fait que B.________

se trouve dans son troisième cycle; on ne se trouve donc pas dans une situation

si exceptionnelle qu'elle justifierait de s'écarter du principe de

territorialité. Par ailleurs, comme l'a retenu l'autorité intimée, il est

important de permettre à B.________, qui est aujourd'hui âgé de plus de treize

ans, de rencontrer de nouveaux camarades, d'agrandir son réseau social et de

s'intégrer sur son lieu de résidence (cf. ég. GE.2023.0065 du 21 juin 2023

consid. 3b; GE.2018.0094 du 8 août 2018 consid. 2). La distance entre son

domicile actuel et le futur établissement est en outre inférieure à celle entre

son précédent logement et l'établissement d'******** (environ 16 minutes à pied

au lieu de 30 minutes à pied selon Google maps); B.________ bénéficiera

ainsi de plus de temps pour se faire de nouveaux camarades et pour pratiquer ses

loisirs et ses activités sociales. Enfin, comme le relève l'autorité intimée,

les communes d'******** et ******** sont limitrophes, de sorte que B.________

pourra continuer d'entretenir des liens avec les amis de l'établissement d'********

et de son ancien quartier.

Quant à l'argument relatif à la prise en charge de B.________,

en lien avec l'état de santé de sa mère, il y a tout d'abord lieu de relever

que le certificat médical daté du 10 février 2025 produit par la

recourante atteste uniquement d'un suivi par une psychiatre-psychothérapeute à

raison de toutes les trois semaines. Il n'en résulte pas que la recourante ne

soit pas en mesure de prendre en charge son fils pendant plusieurs jours de la

semaine, comme elle l'invoque. Même à supposer que ce soit le cas, la recourante

dispose d'encore plusieurs mois avant que B.________, qui sera alors âgé de

près de 14 ans, ne change d'établissement scolaire pour adapter sa prise en

charge en fonction des possibilités offertes par le futur collège et la

nouvelle commune de résidence. En fonction du lieu où réside l'amie de la

recourante chez qui se rend B.________ en début de semaine – élément dont la

Cour n'a pas connaissance – la possibilité qu'il continue de s'y rendre, le cas

échéant dans l'attente d'une nouvelle solution de garde, pourrait en outre être

envisagée. Dans ces circonstances, la nécessité de réorganisation liée au

changement de lieu de scolarisation de B.________ n'est quoi qu'il en soit pas

à ce point exceptionnelle qu'elle commanderait de s'écarter du principe de la

territorialité.

c) Il s'ensuit qu'aujourd'hui, la situation du fils

de la recourante n'apparaît pas à ce point particulière qu'elle commanderait de

s'écarter du principe de la territorialité. L'autorité intimée n'a ainsi pas

abusé de son très large pouvoir d'appréciation en retenant, dans la décision

entreprise, ainsi que dans sa réponse du 20 mars 2025, que les motifs invoqués

par la recourante, tant dans sa demande que dans son recours, ne justifient pas

qu'il soit dérogé au principe selon lequel les élèves doivent être scolarisés

dans l'établissement correspondant à l'aire de recrutement du lieu de domicile

de leurs parents (art. 63 al. 1 LEO).

3.

Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être

rejeté et la décision attaquée être confirmée. Succombant, la recourante supportera

les frais judiciaires et n'a pas droit à des dépens (art. 49, 55, 91 et 99

LPA-VD).

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

Faits

I.

Le recours est rejeté.

Considérants

II.

La décision du Département de l'enseignement et de la formation

professionnelle du 16 janvier 2025 est confirmée.

III.

Les frais judiciaires, arrêtés à 800 (huit cents) francs, sont mis à la

charge de A.________.

IV.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 21 mai 2025

La présidente: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux participants à la

procédure.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000

Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des

articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS

173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss

LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.