PE.2002.0547
TA - PE.2002.0547 - 2003-07-21 - c/SPOP
21 juillet 2003Français9 min
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N° affaire:
PE.2002.0547
Autorité:, Date décision:
TA, 21.07.2003
Juge:
DH
Greffier:
Publication (revue juridique):
Ref. TF:
Nom des parties contenant:
c/SPOP
ÉTUDIANT
OLE-32
OLE-32-c
Résumé contenant:
La recourante n'a pas respecté son plan d'études et obtenu dans l'intervalle son diplôme de français. Refus de prolongation de l'autorisation de séjour confirmé.
CANTON DE VAUD
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
Arrêt
du 21 juillet 2003
sur le recours interjeté le 24 décembre 2002
par A.________, née le 6 juillet 1970, de nationalité chinoise,
représentée dans la présente cause par l'avocat Pierre-Alain Killias, Case
postale 3648, 1002 Lausanne,
contre
la décision du Service de la population
(ci-après SPOP) du 3 décembre 2002, refusant de lui prolonger son autorisation
de séjour pour études.
* * * * * * * * * * * * * * * *
Composition
de la section: M. Jean-Claude
de Haller, président; Mme Dina Charif Feller et M. M. Philippe Ogay,
assesseurs.
Faits
A. La recourante
A.________, née en 1970, de nationalité chinoise, a suivi sa scolarité à
Shanghai, avant de faire, toujours en Chine, des études de sciences économiques
terminées par un diplôme de gestionnaire en 1993.
B. En octobre 1999, la
recourante a décidé de venir en Suisse apprendre le français, avec pour
objectif de passer le diplôme de langue de l'Alliance Française en décembre
2000. Selon la lettre de motivation annexée au questionnaire de l'Association
vaudoise des écoles privées, elle envisageait ensuite de faire des études dans
le domaine de l'hôtellerie.
C. Le 8 décembre 1999, la
police des étrangers du canton de Vaud a autorisé la délivrance d'un visa
permettant un séjour temporaire pour études auprès de l'Institut Le 1.********
SA à Lausanne, d'une durée d'une année. Au bénéfice de ce visa, l'intéressée est
entrée en Suisse le 2 mars 2000 et a obtenu une autorisation de séjour à
l'année pour études (permis B), valable jusqu'au 1er mars 2001.
D. Ayant échoué aux examens
d'entrée de l'école de Français Moderne (session du 23 octobre 2000), et
désireuse de se préparer pour ces mêmes examens de la session d'octobre 2001,
la recourante a obtenu une prolongation de son autorisation de séjour lui
permettant de continuer à suivre les cours de l'Institut Le 1.******** jusqu'au
28 septembre 2001. Cette autorisation a été une nouvelle fois prolongée à fin
2001, avec échéance au 30 juin 2002, toujours en vue de la préparation du
diplôme de langue de l'Alliance Française. Entre-temps, la recourante avait
tenté de passer des examens d'admission auprès de l'EPFL, sans succès.
E. Le 27 juin 2002, la
recourante a demandé une prolongation de son autorisation jusqu'au 30 septembre
2002, aux motifs que cela devait lui permettre de se présenter à un examen
d'entrée à l'Université de Genève. En fait, l'intéressée a déposé une demande d'immatriculation
pour le semestre d'hiver 2002/2003 auprès de l'Université de Neuchâtel, pour
suivre des études à l'Institut de langue et civilisation françaises. Elle a
présenté une nouvelle demande de prolongation de son autorisation de séjour à
cette fin, en indiquant qu'elle préférait rester domiciliée à Lausanne (lettre
du 4 novembre 2002).
F. Par décision du 3
décembre 2002, le SPOP a refusé l'autorisation sollicitée et invité
l'intéressée à quitter le territoire vaudois dans le délai d'un mois. C'est
contre cette décision qu'est dirigé le présent recours, déposé le 24 décembre
2002. L'effet suspensif a été ordonné (décision du 16 janvier 2003), et le SPOP
s'est déterminé en date du 29 janvier 2003, concluant au rejet du pourvoi. La
recourante a encore déposé des observations complémentaires en date du 31 mars
2003. La recourante a finalement produit le 28 mai 2003, le certificat d'études
de français pratique (2ème degré) obtenu de l'Ecole Internationale de l'Alliance
Française en avril 2003.
Le tribunal a ensuite
statué sans autre mesure d'instruction après en avoir informé les parties.
et considère en droit :
1. Déposé en temps utile
et selon les formes légales par l'étranger directement intéressé à l'obtention
de l'autorisation sollicitée, le recours est recevable à la forme. Il est
dirigé contre une décision refusant de prolonger une nouvelle fois
l'autorisation de séjour pour études obtenue au début de l'année 2000. La
recourante conclut à l'annulation de cette décision et au renvoi du dossier à
l'autorité intimée. Subsidiairement, elle sollicite un délai d'environ trois
mois pour quitter le territoire suisse.
Considérants
2.
A forme de l'art. 32
OLE, la délivrance d'une autorisation de séjour pour études est subordonnée à différentes
conditions, notamment au respect du programme des études présenté par
l'étranger (litt. c). La décision attaquée est fondée essentiellement sur le
défaut de cette condition, l'autorité intimée considérant que la longueur des
études, d'une part, les échecs aux examens, d'autre part, enfin diverses
tentatives de s'inscrire dans des universités, démontraient que les objectifs
de la recourante n'étaient plus simplement d'obtenir le diplôme de langue de
l'Alliance Française. Est également relevé dans la motivation de la décision
attaquée l'âge de la recourante.
Cette dernière fait
valoir de son côté qu'elle n'a pas abandonné l'objectif de poursuivre des
études de gestion hôtelière, dûment annoncées lors du dépôt de sa demande
initiale en 1999, et elle fait grief à l'autorité intimée d'avoir adopté un
comportement contradictoire, contraire aux règles de la bonne foi.
En l'espèce, il faut
constater qu'effectivement la recourante a indiqué, lorsqu'elle a demandé son
autorisation en 1999, qu'elle était intéressée dans le futur à faire des études
dans le domaine de la gestion hôtelière. Elle a toutefois mentionné qu'il
s'agissait pour elle d'abord et avant tout d'acquérir de bonnes connaissances
du français, et a bien précisé qu'il s'agissait à cette fin d'effectuer des
études d'une année en Suisse en 2000 (voir la lettre du 11 octobre 1999).
Le tribunal ne peut
que constater que la recourante, si elle a finalement obtenu (mais au printemps
2003, soit avec plus de deux ans de retard sur le programme prévu) le diplôme
de langue française qu'elle recherchait, son parcours d'étudiante n'est pas
resté dans le cadre annoncé. On peut certes comprendre que des échecs soient
venus perturber le programme initialement fixé, dans la mesure où il n'est
certainement pas aisé pour une personne de langue maternelle chinoise
d'atteindre en français le niveau requis pour l'obtention du diplôme de
l'Alliance Française (mais la recourante a obtenu sans difficulté les
prolongations d'autorisation nécessaires). En revanche, on ne comprend pas ce
que viennent faire dans un tel plan d'études des démarches tendant à s'inscrire
à l'EPFL, à l'Université de Genève ou encore à celles de Neuchâtel, démarches
sortant totalement du cadre initialement prévu, puisqu'elles n'étaient destinées
ni à l'obtention du diplôme de l'Alliance française, ni à suivre une école
hôtelière. Ces tentatives visaient probablement un objectif professionnel
différent, soit l'enseignement du français en Chine, comme on croit le déduire
des observations du 31 mars 2003 de la recourante. Si tel est bien le cas, on
ne peut qu'observer que cet objectif serait en contradiction avec celui qui a
été indiqué à peine deux mois plus tard, le 28 mai 2003, et qui en revient à
l'obtention d'un diplôme de gestion hôtelière. Dans ces conditions, on doit
admettre que le SPOP était fondé à considérer que la condition de l'art. 32
litt. c OLE n'était plus respecté lorsqu'il a pris sa décision, en décembre
2002.
3.
De toute manière, la
question est aujourd'hui dépassée en raison de la suite des événements. La
recourante a obtenu le diplôme de langue qu'elle recherchait, de sorte que le
but recherché au moment où elle a déposé et obtenu son autorisation de séjour
pour études est atteint. Si elle entend maintenant concrétiser son projet
d'études hôtelières, elle doit le faire en présentant une demande en bonne et
due forme qui permet de vérifier la réalisation des autres conditions de l'art.
32.
OLE (disposer de connaissances linguistiques suffisantes n'est qu'une des
conditions posées). En tout état de cause, il ne s'agit plus d'effectuer des
études à l'Université de Neuchâtel, comme la recourante l'a allégué lors de sa
dernière demande de prolongation d'autorisation de séjour, à l'origine de la
décision attaquée. On peut remarquer d'ailleurs en passant qu'il appartiendrait
normalement aux autorités de police des étrangers du canton de Neuchâtel de
statuer sur une telle demande.
4.
Les considérants qui
précèdent conduisent au rejet du recours sans qu'il soit nécessaire d'examiner
le problème de l'âge de la recourante, également invoqué par l'autorité intimée
dans sa décision. Tout au plus le Tribunal administratif peut-il faire
remarquer que la jurisprudence a nuancé le principe voulant que les
autorisations de séjour pour études soient réservées en priorité aux étudiants
jeunes, lorsqu'il s'agit d'étrangers suivant les cours d'une école privée, et
lorsqu'il s'agit de formation complémentaire (par exemple PE 1999/0210 du 10
septembre 1999 ou PE 2000/0256 du 4 août 2000). Vu l'issue du recours, les
frais d'instruction doivent être mis à la charge de la recourante déboutée qui
n'a pas droit à des dépens (art. 55 LJPA).
Dispositif
Par ces motifs
le Tribunal administratif
arrête:
I. Le recours est
rejeté.
II. La décision du
3 décembre 2002 du Service de la population refusant de prolonger
l'autorisation de séjour pour études de la recourante est confirmée, le délai
de départ imparti étant reporté au 31 août 2003.
III. Un émolument
judiciaire de 500 (cinq cents) francs est mis à la charge de la recourante.
IV. Il n'est pas
alloué de dépens.
ip/Lausanne, le 21 juillet 2003
Le
président:
Le présent arrêt est notifié :
- à la recourante, par l'intermédiaire de son conseil Me
Pierre-Alain Killias, case postale 3648, 1002 Lausanne, sous pli
lettre-signature;
- au SPOP;
- à l'Office fédéral de l'immigration, de l'intégration et de
l'émigration, IMES, Section Suisse Romande, Canton de Vaud, Quellenweg 9, 3003
Berne-Wabern.
Annexe pour le SPOP : son dossier en retour