Lexipedia

Décision

PE.2003.0122

TA - PE.2003.0122 - 2003-10-13 - c/SPOP

13 octobre 2003Français10 min

Source vd.ch

Faits

vu les faits suivants :

A. X._________ est entré

en Suisse le 6 octobre 2002 au bénéfice d'un visa l'autorisant à séjourner

trente jours en Suisse.

Le 7 novembre 2002, il

a sollicité l'autorisation de prolonger son séjour dans le canton de Vaud

jusqu'à la fin du mois de janvier 2003. Sa tante Y.________ est aussi

intervenue auprès des autorités en sa faveur. X._________ s'est annoncé auprès

de la commune de Lausanne le 25 novembre 2002.

B. Par décision du 5 mars

2003, le SPOP a refusé la délivrance d'une autorisation de séjour en faveur

d'X._________ et lui a imparti un délai de départ immédiat pour les motifs

suivants :

"(...)

Compte tenu:

• que Monsieur X.________ a sollicité l'octroi d'une

autorisation de séjour en déposant un rapport d'arrivée le 25 novembre 2002,

• qu'en son article 1er, lettre a, l'OLE vise à "assurer

un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse et celui de la

population étrangère résidante",

• qu'en outre, le but du séjour initialement prévu par

l'intéressé était le tourisme ou la visite d'une durée limitée à 1 mois,

• qu'il est par conséquent lié par le but de ce séjour,

• que d'autre part, nous relevons que l'intéressé a séjourné

sans autorisation depuis le 5 novembre 2002, échéance de son visa touristique.

Il ne peut dès lors

prétendre à l'octroi d'une autorisation de séjour sous quelque forme que ce

soit, en application des articles 4 et 16 LSEE, 10 alinéa 3 RLSEE et de la

directive fédérale 222.1.

Un délai de

départ immédiat dès notification de la présente lui est imparti pour quitter

notre territoire.

(...)".

C. Recourant le 14 avril

2003 contre le refus du SPOP, X._________ conclut à l'octroi d'une autorisation

de séjour annuelle pour études. Le recourant s'est acquitté d'une avance de

frais de 500 francs.

Par décision incidente

du 24 avril 2003, le recourant a été autorisé à poursuivre son séjour et ses

études dans le canton de Vaud pendant la durée de la procédure cantonale de

recours.

Dans ses

déterminations du 1er mai 2003, l'autorité intimée conclut au rejet du recours.

Le 25 mai 2003,

X._________ a exposé qu'il allait débuter des études de français à l'Université

de Lausanne le 7 juillet 2003 et qu'il poursuivrait celles-ci à l'Institut

Richelieu à raison de vingt heures par semaine dès le 30 septembre 2003

jusqu'au 4 juillet 2004. A cette occasion, il a sollicité un délai

supplémentaire de 15 jours pour se déterminer. Le 13 juin 2003, le SPOP a

maintenu ses conclusions. Le 18 juin 2003, le juge instructeur a imparti au

recourant un délai échéant au 30 juin 2003 pour compléter sa procédure. Le 30

juin 2003, le recourant a déposé des observations complémentaires. Le 1er

juillet 2003, l'instruction du recours a été close.

D. Agissant par

l'intermédiaire de l'avocat Kart, le recourant a sollicité le 15 juillet 2003

auprès du SPOP la délivrance d'une autorisation de séjour en application de

l'art. 31 OLE, subsidiairement 32 OLE, invitant à cette occasion le SPOP à

statuer sur cette requête.

Le 17 juillet 2003, le

SPOP a transmis la correspondance d'X._________ au Tribunal administratif comme

objet de sa compétence.

Le 25 juillet 2003,

X._________ a réitéré auprès du SPOP sa demande tendant à ce qu'il soit statué

sur sa requête.

Le 29 juillet 2003, le

SPOP lui a répondu qu'il transmettait son courrier au Tribunal administratif

comme objet de sa compétence au motif qu'il n'avait pas à entrer en matière sur

des faits ou des éléments juridiques nouveaux tant que l'instance de recours

était saisie en raison de l'effet dévolutif complet du recours. A cette

occasion, le SPOP a considéré que l'inscription du recourant à l'Université de

Lausanne puis auprès de l'Institut Richelieu était sans influence sur les

motifs du refus et ne changeait rien à l'appréciation du cas. Sur le fond, le

SPOP a indiqué par économie de procédure que le recourant ne remplissait pas

les conditions pour l'obtention d'un permis de séjour pour études.

et considère en droit :

1. Il faut d'abord

constater que les conclusions initiales de la demande du recourant tendaient à

l'octroi de l'autorisation de séjourner en Suisse jusqu'à la fin du mois de

janvier 2003. Lorsque l'autorité intimée a statué le 5 mars 2003, les

conclusions du recourant étaient donc devenues sans objet par l'écoulement du

temps. L'autorité intimée a néanmoins considéré que l'intéressé sollicitait

implicitement la délivrance d'une autorisation de séjour, ce qu'elle a refusé

au motif que le recourant ne pouvait prétendre à l'octroi d'une autorisation de

séjour sous quelque forme que soit.

Dans son acte de

recours du 14 avril 2003, le recourant conclut à l'octroi d'une autorisation de

séjour pour études. Alors que l'instruction était close, le recourant est

intervenu auprès du SPOP en vue que celui-ci statue formellement sur l'octroi

d'un tel permis. Le SPOP a alors considéré qu'il était dessaisi de l'affaire,

en particulier de la compétence de statuer en raison de l'effet dévolutif du

recours, indiquant néanmoins sur le fond que le recourant ne remplissait de

toute manière pas les conditions pour l'obtention d'un permis de séjour pour

études, sans toutefois rendre de décision formelle indiquant les voies et délai

de recours.

Considérants

2.

Sur le plan procédural,

il faut constater que l'art. 52 al. 2 LJPA autorise l'autorité intimée pendant

la procédure de recours à rapporter ou modifier sa décision. Il résulte donc de

cette disposition que l'autorité de première instance ne perd pas la compétence

de statuer pendant la procédure de recours sur les prétentions du recourant. Le

recours n'a donc pas un effet dévolutif complet (Knapp, Précis de

l'administration N° 1085 ss).

En l'occurrence,

l'autorité intimée n'a pas usé de la faculté que lui réserve l'art. 52 al. 2

LJPA, se contentant de transmettre les écritures du recourant à l'autorité de

céans. Dans la mesure où l'autorité intimée a refusé le 5 mars 2003 au

recourant la délivrance d'une autorisation de séjour sous quelque forme que ce

soit, on doit considérer que l'autorité intimée avait déjà implicitement statué

aussi sur la possibilité pour le recourant d'obtenir par exemple une

autorisation de séjour pour études. Il faut considérer dès lors les conclusions

du recourant ne dépassent pas l'objet du litige qui est défini par l'objet du

recours, les conclusions du recours et les motifs de celui-ci (ATF 117 Ib 414

consid. 1d p. 417/418)

3.

Dans le cas présent, le

recourant a sollicité la possibilité de prolonger son séjour en Suisse sitôt

après l'échéance de son visa.

Force en l'espèce est

de constater que l'intéressé n'a pas respecté les termes de son visa qui

pourtant le lient, en vertu de l'art. 11 al. 3 de l'Ordonnance concernant

l'entrée et la déclaration d'arrivée des étrangers du 14 janvier 1998. Cette

règle est reprise à l'art. 10 al. 3 du Règlement d'exécution de la loi sur le

séjour et l'établissement des étrangers du 1er mars 1949, aux termes duquel les

obligations assumées par l'étranger au cours de la procédure d'autorisation et

ses déclarations, en particulier sur les motifs de son séjour, le lient à

l'égal des conditions imposées par l'autorité.

Les conclusions du

recourant se heurtent déjà à la teneur des dispositions précitées.

Les directives de

l'Office fédéral de l'immigration, intégration et émigration en Suisse (IMES)

précisent à leur chiffre 223.1 (état février 2003, 2e version remaniée), qu'en

principe, aucune autorisation de séjour ne sera accordée à l'étranger qui n'est

pas muni d'un visa. Cela est en particulier valable lorsque le visa a été

délivré en application de l'art. 11, al. 1 OEArr (tourisme, visites, entretiens

d'affaires, etc.), et que l'étranger souhaite changer le but de son séjour. Les

dérogations à cette règle sont toutefois possibles dans des situations

particulières, notamment en faveur d'étranger possédant un droit à une

autorisation de séjour (art. 7 et 17 LSEE).

En l'espèce, le

recourant n'a pas droit à la délivrance d'une autorisation de séjour et on ne

voit pas quelles circonstances exceptionnelles justifieraient qu'il soit

autorisé à changer le but de son séjour en Suisse. Cette rigueur se comprend aisément

si l'on rappelle que la Suisse mène une politique restrictive en matière de

séjour des étrangers pour assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la

population suisse et celui de la population étrangère résidante, ainsi que pour

améliorer la situation du marché du travail et assurer un équilibre optimal en

matière d'emploi (art. 16 LSEE, 1er OLE). S'il suffisait d'entrer en Suisse

comme touriste ou visiteur et de requérir ensuite une autorisation de séjour

pour un autre motif, le contrôle à l'immigration perdrait tout son sens et

viderait de sa substance l'exigence de visa. En conséquence le recourant ne

peut pas être autorisé à présenter une demande d'autorisation de séjour et doit

quitter la Suisse (à titre d'exemple, voir TA, arrêt PE 2002/0012 du 26 mars

2002). Cela dispense le tribunal d'examiner si toutes les conditions posées par

les art. 31 ou 32 OLE sont remplies. Il suffit de constater qu'en tout cas la

sortie de Suisse n'est actuellement pas garantie (art. 31 lit. g; art. 32 lit.

f), le recourant ayant démontré qu'il ne se soumettait pas aux conditions qui

lui étaient imposées.

3.

Les considérants qui

précèdent conduisent au rejet du recours aux frais du recourant qui succombe.

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I. Le recours est

rejeté.

II. La décision

rendue le 5 mars 2003 par le SPOP est confirmée.

III. Un émolument

de justice de 500 (cinq cents) francs est mis à la charge du recourant, cette

somme étant compensée avec son dépôt de garantie.

ip/Lausanne, le 13 octobre 2003

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est notifié :

- au recourant, par l'intermédiaire de l'avocat

François Kart, à Lausanne, sous pli lettre-signature;

- au SPOP;

- à l'Office fédéral de l'immigration, de

l'intégration et de l'émigration, IMES, Section Suisse Romande, Canton de Vaud,

Quellenweg 9, 3003 Berne-Wabern.

Annexe pour le SPOP : son dossier en

retour.

TA - PE.2003.0122 - 2003-10-13 - c/SPOP | Lexipedia