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Décision

PE.2004.0146

TA - PE.2004.0146 - 2005-03-15 - c/Service de la population (SPOP)

15 mars 2005Français18 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A.

X.________ est entrée en Suisse le 28 mars 1999, afin de

trouver un emploi et de vivre auprès de son fiancé, X.________, de nationalité

suisse. Le couple s'est marié le 17 avril 1999, à Orbe. Le 3 décembre 1999, une

séparation a été annoncée au Contrôle des habitants et bureau des étrangers de

Lausanne.

B.

Le 24 janvier 2000, X.________ a indiqué au SPOP que son

épouse avait conclu un « mariage de papier ». Le même jour, la Police

municipale de la Ville d’Orbe a établi un rapport de renseignement dont on

extrait le passage suivant :

« (…).

Monsieur X.________ a rencontré sa

future épouse dans le courant du mois de février 1999, par le biais d’une

association appelée « 2.******** à 3.********.

Après deux mois de vie commune, le

couple s’est marié le 17 avril 1999 à Orbe. Peu après Z.________ a déclaré à

son mari qu’elle ne se plaisait pas à Orbe et le couple a quitté cette localité

le 30 avril 1999, afin de s’établir à 1.********. Relevant que, toujours selon

les dires de Monsieur X.________, la sœur de sa conjointe, soit Madame A.________,

est propriétaire de ce logement.

Précisons que Monsieur X.________

avait conservé son appartement en notre localité.

A 1.********, le couple B.______________

aurait vécu en cet endroit pendant environ six mois, soit jusqu’au 11 octobre

1999, date à laquelle une dispute a éclaté. En effet, selon les propos de celui

qui nous occupe, son épouse était trop dépensière et elle avait un train de vie

incompatible avec leur revenu. Relevons qu’au cours de cette querelle, la

Police de Lausanne est intervenue, afin de calmer les esprits.

Monsieur X.________ a ajouté qu’il

lui semblait que sa conjointe ne s’était mariée que pour obtenir un permis

d’établissement. Il a encore ajouté qu’avant sa rencontre avec sa future

compagne, celle-ci aurait tenté de convoler en justes noces avec Monsieur B._________,

domicilié à 4.********.

Contacté, ce dernier a déclaré

qu’il avait également eu une relation avec Madame X.________, mais qu’il

n’avait pas donné suite, car il lui semblait que cette personne ne cherchait à

se marier que pour pouvoir rester en Suisse.

Monsieur X.________ nous a fait

part de son intention de divorcer. Relevant que l’intéressé n’est pas contraint

de verser une pension au profit de son épouse. De plus, aucune mesure de

protection de l’union conjugale n’a été prononcée et nul enfant n’est né de

leur union. »

La Police de la Ville de Lausanne a également établi

un rapport de renseignements en date du 24 février 2000, dont on extrait le passage

suivant :

« (…).

Nous précisons que le couple Y.________est

voué à l’échec. En effet, Monsieur Y.________a choisi son épouse par une agence

de rencontre avec des demoiselles provenant de la Roumanie, il y a six mois. Il

nous a dit que Madame X.________vivait au-dessus de ses moyens et tentait

chaque fois de lui soutirer de l’argent. Quant à l’intéressée, elle nous a

expliqué qu’elle s’était mariée avec Monsieur Y.________ principalement en vue

de l’obtention d’un passeport suisse. Il semble que Monsieur Y.________a

visiblement quelques problèmes psychiques. Il est actuellement en traitement chez

un médecin à ce sujet. Il n’a pu nous préciser le nom du docteur.

A la suite de cette intervention,

ces époux ont été dénoncés à l’art. 30 du REGP. Hormis cela, le comportement de

l’intéressée n’a pas donné lieu à des plaintes.

Madame X.________ ne donne pas

satisfaction à son employeur actuel. Elle n’a, semble-t-il, pas envie

d’apprendre son travail et s’énerve très vite. Par ailleurs, elle a des manques

dans sa caisse et accuse ses collègues de vol, ce qui provoque une très

mauvaise ambiance au sein de l’équipe. Si elle persiste ainsi, son patron la

licenciera.

Le nom de l’intéressée est inconnu

des offices des poursuites de notre ville. A la Commission d’impôt, elle est

taxée, pour l’année 1999, sur un revenu et une fortune nuls.

Précisons que lors de notre

entretien, nous avons vraiment eu l’impression que Madame X.________souhaitait

un mari suisse, si possible jeune, beau, et riche, afin de pouvoir vivre dans

notre pays.

(…). »

La Police municipale de la Ville d’Orbe a établi un

rapport de renseignements complémentaire en date du 18 décembre 2003, dont on

extrait le passage suivant :

« (…).

Au sujet de votre demande

concernant l’existence ou non d’indice de mariage de complaisance, nous sommes

en mesure de vous informer de ceci : Monsieur Y.________a déclaré

regretter ce mariage, et a même ajouté qu’il ne s’agissait pas franchement d’un

mariage d’amour, mais qu’il s’était un peu senti, à l’époque, obligé d’épouser

cette personne. En effet, l’intéressé a ressenti une pression de la part de la

sœur de sa future épouse, ce qui l’a précipité à se marier.

Toutefois, après discussion avec

Monsieur Y.________et sur la base d’un sentiment intime, nous ne pensons pas

avoir à faire à un homme qui remplit les critères de la personne qui a conclu

un mariage de complaisance.

Sur ces mêmes bases, nous ne

pensons pas nous trouver devant une situation abusive quant à la durée de la

séparation et de non volonté des deux parties de reprendre la vie commune. Nous

ne croyons pas que cette situation a pour but de permettre à la personne de

nationalité roumaine d’obtenir le renouvellement de ses conditions de séjour,

mais bien plutôt que Monsieur Y.________, de nature simple, ne connaît pas bien

la procédure pour mettre fin à cette union, et ne dispose de surcroît pas des

ressources financières suffisantes pour y arriver.

(…) ».

Il résulte enfin d’un rapport de renseignements

établi par la Police de la Ville de Lausanne en date du 19 décembre 2003, ce

qui suit :

« (…).

Le 11 octobre 1999, Madame X.________a

été dénoncée à l’art. 30 du Règlement général de police pour une altercation

avec son époux. Son dernier employeur déclare que la susnommée a travaillé avec

sérieux, mais a dû la licencier, car elle n’était pas assez autonome.

Interrogés, les voisins de Madame X.________déclarent

que l’intéressée vit seule. Depuis qu’ils sont séparés, ils l’ont vue en

compagnie de son époux une fois au milieu du mois de décembre, mais jamais

auparavant.

Notons que lors de notre

entretien, la susnommée nous a donné l’impression de s’être documentée afin

d’utiliser toutes les possibilités qui lui sont offertes pour rester dans notre

pays, sans faire ménage commun avec son époux.

(…) ».

C.

Par décision du 20 février 2004, le SPOP a révoqué

l’autorisation de séjour de X.________ aux motifs qu’elle avait obtenu une

autorisation de séjour suite à son mariage le 17 avril 1999 avec un

ressortissant suisse, que le couple s'était séparé après six mois de vie

commune, qu’aucun enfant n'était issu de cette union, qu’il ressortait d’une

enquête que X.________ ne souhaitait plus reprendre la vie commune, mais divorcer

d’ici le printemps 2004, que X.________ avait admis en partie avoir épousé son

époux pour pouvoir obtenir une autorisation de séjour et que l’une des raisons

de ne pas vouloir divorcer était de ne pas perdre dite autorisation, que

l’intéressée entretenait une relation extraconjugale, qu’ainsi son mariage était

vidé de toute substance et que l’invoquer pour obtenir la prolongation de son

autorisation de séjour était constitutif d’un abus de droit au sens de la

jurisprudence du Tribunal fédéral.

X.________ a recouru contre cette décision de

révocation par acte du 16 mars 2004, par l’intermédiaire de l’avocat Jacques

Ballenegger. Elle soutient pour l’essentiel qu’elle et son mari n’envisagent

absolument pas de divorcer, qu’ils vont à nouveau avoir un domicile commun à

une nouvelle adresse dans quelques semaines, qu’elle n’a pas noué une relation

extra conjugale, qu’elle n’a pas épousé X.________ pour obtenir une

autorisation de séjour, qu’elle suit depuis le 21 octobre 2002 une formation à

l’école d’ingénieurs du canton de Vaud qui doit durer jusqu’au début 2005,

qu’elle n’a plus de proche famille ou d’attache en Roumanie, ses parents étant

en effet décédés et sa sœur habitant dans notre pays. X.________ conclut à

l’annulation de la décision attaquée et au renouvellement de son autorisation

de séjour.

Par décision incidente du 26 mars 2004, le juge

instructeur a autorisé la recourante à poursuivre son séjour et son activité

dans le canton de Vaud jusqu’à ce que la procédure de recours cantonale soit

terminée.

D.

Le SPOP a déposé ses déterminations en date du 29 avril

2004. Après avoir développé ses arguments, il conclut au rejet du recours.

X.________ a pour sa part déposé des observations

complémentaires en date du 1er juin 2004, au terme desquelles elle

confirme les conclusions formulées dans son recours du 16 mars 2004.

Le SPOP a encore déposé des déterminations

complémentaires en date du 2 septembre 2004 et la recourante en date du 19

octobre 2004.

E.

Le Tribunal a tenu audience en date du 9 février 2005. Les

déclarations des parties ainsi que celles de X.________, entendu comme témoin,

seront reprises, en tant que de besoin, dans les considérants en droit.

F.

Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérants

1.

Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la loi du 18 décembre 1989

sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après: LJPA), le

Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les

recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque

aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître.

Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les

décisions du Service de la Population et de l'Office cantonal de la

main-d'oeuvre et du placement rendues en matière de police des étrangers.

2.

Selon l’art. 31 LJPA, le recours s’exerce dans les 20

jours à compter de la communication de la décision attaquée. En l’espèce, le

recours a été déposé en temps utile et satisfait par ailleurs aux conditions

formelles énoncées à l’art. 31 al. 2 et 3 LJPA. En outre, la recourante, en

tant que destinataire de la décision attaquée, a manifestement qualité pour

agir au sens de l’art. 37 al. 1 LJPA, de sorte qu’il y a lieu d’entrer en

matière sur le fond.

3.

Le recours du 16 mars 2004 tend à l’annulation de la

décision attaquée et au renouvellement de l’autorisation de séjour de la

recourante. Toutefois, lors de l’audience du 9 février 2005, Me Ballenegger a

précisé les conclusions de son recours au terme de sa plaidoirie en ce sens

qu’un permis C soit octroyé à la recourante.

On pourrait se demander à titre liminaire si une

telle conclusion est recevable dans la présente espèce. En effet, en vertu du

principe de l’unité de la procédure, l’autorité de recours supérieure ne peut

statuer que sur des points que l’autorité inférieure a déjà examinés (cf. arrêt

TA du 27 septembre 2004 PE.2004/0077). En l’occurrence, le SPOP a révoqué

l’autorisation de séjour de la recourante sans statuer sur l’éventuel octroi

d’un permis C. Le Tribunal examinera malgré tout cette question, étant donné

qu'en révoquant l’autorisation de séjour de X.________, l’autorité intimée a

implicitement refusé de lui octroyer une autorisation d’établissement.

4.

Selon l'art. 7 al. 1er de la loi sur le

séjour et l'établissement des étrangers du 26 mars 1931 (LSEE), le conjoint

étranger d'un ressortissant suisse a droit à l'octroi et à la prolongation de

l'autorisation de séjour. Après un séjour régulier et ininterrompu de cinq ans,

il a droit à l'autorisation d'établissement. Ce droit s'éteint lorsqu'il existe

un motif d'expulsion.

Aux termes de l'alinéa 2 de cette disposition, ce

droit n'existe pas lorsque le mariage a été contracté dans le but d'éluder les

dispositions sur le séjour et l'établissement des étrangers et notamment celles

sur la limitation du nombre des étrangers.

Le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 LSEE peut être

constitutif d'un abus de droit même en l'absence d'un mariage contracté dans le

but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des étrangers,

au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE. Selon le Tribunal fédéral, l'existence d'un

éventuel abus de droit doit être appréciée dans chaque cas particulier et avec

retenue, seul l'abus manifeste pouvant être pris en considération. Un tel abus

ne peut en particulier être déduit du simple fait que les époux ne vivent plus

ensemble puisque le législateur a volontairement renoncé à faire dépendre le

droit à une autorisation de séjour de la vie commune. Le législateur voulait en

effet éviter que l'époux étranger ne soit soumis à l'arbitraire du conjoint

suisse. En particulier, il n'est pas admissible qu'un conjoint étranger se

fasse renvoyer du seul fait que son partenaire suisse obtienne la séparation

effective ou juridique du couple. Il ne faut pas non plus que le conjoint

étranger, par peur d'un renvoi, soit empêché de demander lui-même la séparation

au juge. Pour admettre l'existence d'un abus de droit, il ne suffit pas non

plus qu'une procédure de divorce soit entamée, le droit à l'octroi ou à la

prolongation d'une autorisation de séjour subsiste en effet tant que le divorce

n'a pas été prononcé, car les droits du conjoint étranger ne doivent pas être

compromis dans le cas d'une telle procédure. Enfin, on ne saurait uniquement

reprocher à des époux de vivre séparés et de ne pas envisager le divorce.

Toutefois, il y abus de droit lorsque le conjoint étranger invoque un mariage

n'existant plus que formellement dans le seul but d'obtenir une autorisation de

séjour, car ce but n'est pas protégé par l'art. 7 LSEE (ATF 121 II 97 consid.

4a).

5.

En l’espèce, les époux Y.________, qui se

sont mariés le 17 avril 1999, se sont séparés le 11 octobre 1999. Ils n’ont d'un

commun accord pas repris la vie commune depuis lors, ce qui a été confirmé en

audience par X.________. Il apparaît ainsi que l’union conjugale n’est plus

vécue depuis plus de cinq ans et l'on ne voit au dossier aucun élément permettant

de penser que les époux Y.________auraient pu se rapprocher et résoudre leurs

difficultés au cours de cette période. La recourante a d’ailleurs elle-même

affirmé lors de l’audience qu'elle s’était satisfaite du mode de vie qui avait

été décidé d’entente avec son mari. Aussi, force est de constater que le

mariage, qui n’est plus réellement vécu depuis la séparation de 1999, était

manifestement vidé de toute substance bien avant l’écoulement du délai de cinq

ans (qui devait parvenir à échéance le 17 avril 2004), posé par l’art. 7 al. 1

LSEE. La recourante commet dès lors un abus de droit à s’en prévaloir pour

obtenir un permis d’établissement (cf. dans le même sens arrêt TF du 22 juillet

2004.

268/2004/svc). A cet égard, le fait que X.________ ait renoncé à engager

formellement une action en divorce en raison du coût d’une telle procédure ne

change rien au fait que le mariage s’est limité bien avant l’échéance du délai

de cinq ans à un lien, certes non conflictuel - à quelques exceptions près -,

mais néanmoins purement formel (cf. à ce propos ch. 623.13 des directives de

l’Office fédéral des migrations, anciennement IMES, ci-après: ODM, état janvier

2004). A cet égard, les quelques loisirs partagés par les époux ne sauraient

masquer l’absence de lien conjugal profond et réellement vécu.

6.

Reste à examiner

si la recourante peut prétendre au renouvellement de son autorisation de

séjour, en dépit d’un abus de droit à se prévaloir de cette union.

Les directives de l’ODM (ch. 654) prévoient ce qui

suit :

« (…)

Dans certains cas, notamment pour

éviter des situations d’extrême rigueur, l’autorisation de séjour peut être

renouvelée après le divorce (conjoint d’un citoyen suisse, ch. 652) ou la

dissolution de la communauté conjugale (conjoint étranger d’un étranger, ch.

653). Les autorités statuent librement dans le cadre des prescriptions légales

et des traités conclus avec l’étranger (art. 4 LSE).

Les circonstances suivantes seront

déterminantes : la durée du séjour, les liens personnels avec la Suisse

(notamment les conséquences d’un refus pour les enfants), la situation

professionnelle, la situation économique et sur le marché du travail, le

comportement et le degré d’intégration. Sont également à prendre en

considération les circonstances qui ont conduit à la dissolution du lien

matrimonial ou à la cessation de la vie commune. S’il est établi qu’on ne peut

plus exiger du conjoint, admis dans le cadre du regroupement familial, de

maintenir la relation conjugale, notamment parce qu’il a été maltraité, il

importe d’en tenir compte dans la prise de décision et d’éviter des situations

de rigueur.

(…) »

En l’occurrence, la recourante réside en Suisse

depuis le 28 mars 1999, soit depuis près de 6 ans. La durée de ce séjour peut

être qualifiée de moyenne. L'on observe toutefois qu'au cours de cette période,

la recourante a occupé différents emplois, généralement à la satisfaction de

ses employeurs. Elle a en parallèle achevé avec succès une formation à l’école

d’ingénieurs du canton de Vaud (EIVD), formation couronnée par la délivrance d'un

diplôme d’ingénieur HES. Au bénéfice de ce diplôme, elle a reçu deux offres de

travail dans notre pays. Force est ainsi de constater chez la recourante une assimilation

profonde non seulement à nos us et coutumes, mais également d'ordre

socio-professionnel. Le tribunal relève à cet égard que l’intéressée parle

couramment le français, ce qui dénote également un bon degré d'intégration. L'on

ajoutera enfin que, s'agissant des attaches personnelles, la recourante affirme

n'avoir plus d'attache en Roumanie, son pays natal, ses parents étant décédés

et sa sœur habitant dans notre pays. En outre, son comportement en général est

exempt de tout reproche.

En définitive, les circonstances de la présente

espèce militent en faveur du renouvellement des conditions de séjour de la

recourante. Il n'y a en fin de compte que la brève durée de l'union conjugale

qui pourrait faire obstacle à un tel renouvellement. Cependant, mise en balance

avec les autres éléments favorables décrits ci-dessus, cette circonstance ne

saurait à elle seule conduire au renvoi de la recourante.

7.

Il résulte des considérants qui précèdent

que le SPOP a excédé son pouvoir d’appréciation en révoquant l’autorisation de

séjour de la recourante. La décision entreprise doit donc être annulée et

l'autorisation de séjour délivrée à la recourante renouvelée. L'intéressée

ayant conclu à l'octroi d'une autorisation d'établissement, le recours ne sera,

dans cette mesure, que partiellement admis. En outre, vu l’issue du pourvoi,

les frais du présent arrêt seront laissés à la charge de l’Etat, l’avance

opérée par la recourante lui étant restituée. Enfin, obtenant partiellement

gain de cause et ayant procédé par l’intermédiaire d’un mandataire

professionnel, la recourante a droit à des dépens réduits (art. 55 al. 1 LJPA).

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.

Le recours est partiellement admis.

II.

La décision du SPOP du 20 février 2004 est annulée.

III.

L’autorisation de séjour délivrée en faveur de X.________,

ressortissante roumaine née le 26 octobre 1969, sera renouvelée par le SPOP.

IV.

Les frais du présent arrêt sont laissés à la charge de

l’Etat, l’avance opérée par la recourante, par 500 (cinq cents) francs, lui

étant restituée.

V.

L’Etat de Vaud, par le SPOP, versera à la recourante un

montant de 700 (sept cents) francs à titre de dépens.

fg/Lausanne, le 15 mars 2005

Le président: Le

greffier:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente

jours dès sa notification, d'un recours de droit administratif au Tribunal

fédéral. Le recours s'exerce conformément aux art. 103 ss de la loi fédérale

d'organisation judiciaire (RS 173.110)