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Décision

PE.2005.0345

TA - PE.2005.0345 - 2006-02-10 - X /Service de la population (SPOP)

10 février 2006Français8 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

Le 9 septembre 2003, X.________, née le 2.********,

ressortissante du Cameroun tout comme son frère Z.________, ont déposé une

demande de visa afin d’obtenir une autorisation par voie de regroupement

familial leur permettant de vivre auprès de leur mère. Cette requête a été

rejetée par décision du SPOP du 19 mai 2004.

B.

Le 26 août 2004, Y.________ a déposé une nouvelle demande

tendant à obtenir pour sa fille X.________ la délivrance d’une autorisation de

séjour afin d’effectuer des études d’infirmière à l’HES-S2. Dans le cas de

l’instruction de cette requête, le SPOP a invité X.________ à présenter une

demande de visa pour entrer en Suisse, d’une part, et solliciter des

renseignements complémentaires sur la situation familiale d’autre part.

Par décision du 30 mai 2005, le SPOP a refusé

d’autoriser X.________ à entrer en Suisse, respectivement de lui délivrer une

autorisation de séjour pour études, aux motifs suivants :

« - que Mademoiselle X.________ souhaite

entreprendre des études d’infirmière auprès de la HECV (Haute école cantonale

vaudoise de la santé) de 3.******** pour la prochaine rentrée académique ;

-

qu’il apparaît, que son entretien en Suisse durant ses

études sera assuré par sa mère (Y.________) qui réside en Suisse ;

-

que par surplus, après consultation de son dossier,

nous avons constaté qu’elle avait fait une demande de regroupement familial en

date du 19 mai 2004 qui a été refusée ;

-

que de plus, une demande de regroupement familial

en faveur du frère aîné de la prénommée, a également été refusée en date du 19

mai 2004 ;

-

qu’il apparaît dès lors que le but principal de sa

demande est de vivre auprès de sa mère et que nous sommes en présence d’un regroupement

familial déguisé ;

-

qu’au vu des éléments ci-dessus, la sortie de

Suisse n’est pas suffisamment assurée en vertu de l’article 32 let. f

OLE ;

-

qu’une autorisation de séjour pour études ne doit

pas permettre d’éluder les conditions légales en matière de regroupement

familial ;

-

que dès lors, notre Service n’est pas disposé à lui

délivrer une autorisation ».

Cette décision a été notifiée le 20 juin 2005.

C.

Par acte de son conseil du 8 juillet 2005, X.________ et

sa mère ont déclaré recourir contre la décision du SPOP, en concluant à ce

qu’une autorisation de séjour pour études soit délivrée à celles-ci. Un

bordereau de pièces a été joint au pourvoi.

Le recours n’a pas été muni d’un effet suspensif.

Aux termes de ses déterminations du 30 août 2005, le

SPOP a conclu au rejet du recours.

Toujours représentées par la conseillère juridique

Béatrice de Courten, X.________ et sa mère Y.________ ont adressé au juge

instructeur leurs ultimes observations, le 3 octobre 2005.

D.

Les arguments des parties seront repris ci-après dans la

mesure utile.

Le Tribunal administratif a statué par voie de

circulation.

Considérants

1.

Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la loi du 18 décembre 1989

sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après LJPA), le

Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les

recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque

aucune autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître.

Il est ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les

décisions du Service de la population et de l'Office cantonal de la

main-d'oeuvre et du placement rendues en matière de police des étrangers.

2.

En dehors des cas où une disposition légale prévoit

expressément le contrôle de l'opportunité d'une décision, le Tribunal

administratif n'exerce qu'un contrôle en légalité, c'est-à-dire examine si la

décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire

expresse, ou relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation (art. 36

litt. a et c LJPA). La loi fédérale sur le séjour et l'établissement des

étrangers du 26 mars 1931 (ci-après LSEE) ne prévoyant aucune disposition

étendant le pouvoir de contrôle de l'autorité de recours à l'inopportunité, ce

grief ne saurait donc être examiné par le tribunal de céans.

Conformément à la jurisprudence, il y a abus du

pouvoir d'appréciation lorsqu'une autorité, usant des compétences qui lui sont

dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou

étrangères au but des dispositions applicables, ou encore lorsqu'elle statue en

violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction

de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité

(cf. sur tous ces points, ATF 110 V 365 cons. 3b in fine; ATF 108 Ib 205 cons.

4a).

3.

Aux termes de l'art. 1 LSEE, tout étranger a le droit de

résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de

séjour ou d'établissement. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité statue librement,

dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur

l'octroi de l'autorisation de séjour. Pour les autorisations, les autorités

doivent tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays, ainsi que du degré

de surpopulation étrangère (art. 16 LSEE). Ainsi, les ressortissants étrangers

ne bénéficient en règle générale d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation

de séjour et de travail, sous réserve de dispositions contraires résultant des

traités internationaux ou de la loi.

4.

En vertu de l’article 32 OLE, une autorisation de séjour

peut être accordée à un étudiant étranger qui désire entreprendre des études en

Suisse lorsque :

a. le requérant vient seul en Suisse ;

b. il veut fréquenter une université ou un autre institut

d’enseignement supérieur ;

c. le programme des études est fixé ;

d. la direction de l’établissement atteste par écrit que

le requérant est apte à fréquenter l’école et qu’il dispose de connaissances

linguistiques suffisantes pour suivre l’enseignement ;

e. le requérant prouve qu’il dispose des moyens financiers

nécessaires et ( ?);

f. la sortie de Suisse à la fin du séjour d’études

paraît assurée.

Les conditions énumérées ci-dessus sont cumulatives. En

l’espèce, on constate que la recourante s’était déjà vu refuser une

autorisation d’entrer en Suisse, avec son frère Z.________ au mois de mai 2004.

A la suite de ce refus, par l’intermédiaire de sa mère, elle a sollicité une

demande d’autorisation de séjour pour entreprendre des études d’infirmière. Or,

ce faisant, la recourante ne respecterait pas la première condition posée

(lettre a) par l’article 32 OLE, c'est-à-dire qu’elle se rendrait en Suisse non

pas seule, mais bien pour y rejoindre sa mère.

A cela s’ajoute que la sortie de notre pays à

l’issue des études est pour le moins douteuse (article 32 litt. f OLE). Il

résulte en effet du dossier que la recourante cherche par tous les moyens à se

rendre en Suisse. Or, la délivrance d’une autorisation de séjour pour études ne

doit pas être le moyen de contourner les dispositions applicables au

regroupement familial (article 38 et 39 OLE), ce que recherche manifestement la

recourante.

5.

Au vu de ce qui précède, il apparaît que le recours est

mal fondé. La décision entreprise doit dès lors être confirmée. Vu l’issue du

recours, un émolument judiciaire sera mis à la charge de la recourante qui,

pour le même motif, n’a pas droit à l’allocation de dépens.

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision du Service de la population du 30 mai 2005 est

confirmée.

III.

Un émolument de procédure de 500 (cinq cents) francs

est mis à la charge de la recourante, montant compensé par le dépôt de garantie

versé.

IV.

Il n’est pas alloué de dépens.

dl/Lausanne, le 10 février 2006

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Le présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente

jours dès sa notification, d'un recours de droit administratif au Tribunal

fédéral. Le recours s'exerce conformément aux art. 103 ss de la loi fédérale

d'organisation judiciaire (RS 173.110)