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Décision

PE.2007.0100

TA - PE.2007.0100 - 2007-05-31 - A. X._____, B. X.__, C. X.__ Y.__, D. Z.__ X._____/Service de la population (SPOP)

31 mai 2007Français21 min

Source vd.ch

Faits

I.

Par décision du 2 février 2007, le SPOP a refusé les

autorisations sollicitées en faveur de A. X.________, B. X.________ et C.

X.________ Y.________, en retenant les motifs suivants :

« - les intéressés sont entrés en Suisse en date

du 1er février 2006 dépourvus de visa et se sont annoncés auprès de

leur commune de domicile qu’en novembre 2006, ils ont commis ainsi des

infractions aux prescriptions en matière de police des étrangers ;

- la mère séjourne en Suisse depuis septembre 2001 et

n’a jamais présenté de demande avant ;

- ils ont toujours vécu dans leur pays

d’origine ;

- ils y ont accompli toute leur scolarité ;

- en conséquence, ils conservent des attaches fortes

avec leur patrie, ce d’autant plus que leur père ainsi que leur grande sœur y

séjournent toujours ;

- âgés respectivement de 15, 16 et 18 ans, ils sont en

âge de prendre une activité lucrative ;

- en outre on relève que la mère et les enfants ne

vivent pas ensemble ;

- on estime ainsi que le centre des intérêts des

intéressés demeure au Brésil ;

- dès lors, ces demandes apparaissent plutôt motivées

par des raisons économiques. »

J.

A. X.________, B. X.________ et C. X.________ Y.________

tous deux représentés par leur mère D. Z.________ X.________, sous la plume de

leur conseil, ont recouru contre cette décision le 27 février 2007, en

concluant à l’octroi d’une autorisation de séjour par regroupement familial en

leur faveur. A l’appui du recours, il est invoqué que le père des enfants a fait

savoir – lors de leurs vacances en Suisse - qu’il refusait de les reprendre et décidé

de transférer la garde à leur mère. Les enfants n’auraient pas conservé de

fortes attaches avec leur pays d’origine, ni avec les autres membres de la

famille. De plus, leur mère et son mari seraient en mesure d’accueillir les

enfants, scolarisés dans le canton, dans leur logement à 2********.

K.

Le SPOP s’est déterminé le 2 avril 2007 sur le recours.

L.

La mère des recourants a déposé un mémoire complémentaire

le 2 mai 2007. S’agissant des raisons pour lesquelles elle a tardé dans sa

demande de regroupement familial, elle explique d’une part qu’« il fallait

d’abord qu’elle obtienne l’accord de son ex-mari, ce qui n’était pas

évident », d’autre part qu’ « elle tenait à être stable en

Suisse, parler le français et avoir un appartement adéquat pour loger ses

enfants ». Elle conteste notamment le fait que son ex-mari ait entretenu

une relation prépondérante avec ses enfants et elle prétend que sa demande ne

constitue pas un regroupement familial motivé par des raisons économiques.

M.

A la requête du tribunal, un document du Contrôle des

habitants de 1******** lui a été transmis en date du 11 mai 2007 ; ledit

document atteste que A. X.________, B. X.________ et C. X.________ Y.________

sont arrivés le 1er février 2006 dans la commune de 1******** et

qu’ils y résident actuellement, aucune date de départ n’étant indiquée.

Un document du Contrôle des habitants de Lausanne a également

été transmis au tribunal en date du 11 mai 2007 ; ce document atteste que D.

Z.________ X.________ est arrivée à Lausanne le 10 septembre 2001 et qu’elle y

réside depuis lors avec son conjoint E.________ ; aucune date de départ ne

figure sur ce document.

Considérants

1.

Aux termes de l'art. 4 al. 1 de la loi du 18 décembre 1989

sur la juridiction et la procédure administratives (ci-après : LJPA), le

Tribunal administratif connaît en dernière instance cantonale de tous les

recours contre les décisions administratives cantonales ou communales lorsque aucune

autre autorité n'est expressément désignée par la loi pour en connaître. Il est

ainsi compétent pour statuer sur les recours interjetés contre les décisions du

Service de la population et de l'Office cantonal de la main-d'oeuvre et du

placement rendues en matière de police des étrangers.

2.

Selon l'art. 31 LJPA, le recours s'exerce dans les 20

jours à compter de la communication de la décision attaquée. En l'espèce, le

recours a été déposé en temps utile de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière

sur le fond.

3.

En dehors des cas où une disposition légale prévoit

expressément le contrôle de l'opportunité d'une décision, le Tribunal

administratif n'exerce qu'un contrôle en légalité, c'est-à-dire examine si la

décision entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire

expresse, ou relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation (art. 36

litt. a et c LJPA). La loi fédérale sur le séjour et l'établissement des

étrangers du 26 mars 1931 (ci-après : LSEE) ne prévoyant aucune

disposition étendant le pouvoir de contrôle de l'autorité de recours à

l'inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné par le tribunal de

céans.

Conformément à la jurisprudence, il y a abus du

pouvoir d'appréciation lorsqu'une autorité, usant des compétences qui lui sont

dévolues par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou

étrangères au but des dispositions applicables, ou encore lorsqu'elle statue en

violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction

de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité

(cf. sur tous ces points, ATF 110 V 365 consid. 3b in fine; ATF 108 Ib 205

consid. 4a).

4.

L’art. 1a LSEE prévoit que tout étranger a le droit de

résider sur le territoire suisse s'il est au bénéfice d'une autorisation de

séjour ou d'établissement, ou si, selon la présente loi, il n'a pas besoin

d'une telle autorisation. Selon l'art. 4 LSEE, l'autorité statue librement,

dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec l'étranger, sur

l'octroi de l'autorisation de séjour. Pour les autorisations, les autorités doivent

tenir compte des intérêts moraux et économiques du pays, ainsi que du degré de

surpopulation étrangère (art. 16 LSEE). Ainsi, les ressortissants étrangers ne

bénéficient d'aucun droit à l'obtention d'une autorisation de séjour et de

travail, sous réserve de dispositions contraires résultant de la loi ou des

accords internationaux.

En l’espèce, l’art. 3 de l'Annexe I de

l'Accord du 21 juin 1999 sur la libre circulation des personnes (ALCP) n’est

pas applicable dès lors que le membre de la famille pour lequel le regroupement

familial est demandé n’a pas la nationalité d'un Etat membre ni ne réside déjà

légalement dans un Etat membre (ATF 130 II 1 ; pour un développement, voir

arrêt TA PE.2005.477 du 22 février 2006). En revanche, l’éventuel droit

des recourants à une autorisation de séjour doit s’examiner à la lumière des

dispositions du droit interne, soit de l’art. 17 al. 2 3ème phrase

LSEE.

5.

a) Aux termes de l’art. 17 al. 2 3ème phrase

LSEE, les enfants célibataires de moins de dix-huit ans ont le droit d’être

inclus dans l’autorisation d’établissement de leurs parents aussi longtemps

qu’ils vivent auprès d’eux. A certaines conditions, la jurisprudence du

Tribunal fédéral admet toutefois également son application par analogie aux

parents séparés, divorcés ou veufs dont l’un d’eux, établi en Suisse depuis

plusieurs années, veut faire venir après coup auprès de lui ses enfants restés

au pays qui ont été entre-temps confiés à l’autre parent ou à des proches (ATF

2A.316/2006 du 19 décembre 2006 ; cf. ATF 129 II 11 consid. 3 ; 125

II 585 consid. 2a ; ATF 118 Ib 153 consid. 2b).

b) Quand les parents sont séparés ou divorcés, celui

d'entre eux qui a librement décidé de s'installer en Suisse ne peut se

prévaloir du droit d'y faire venir ultérieurement son enfant que lorsqu'il a

maintenu avec lui une relation familiale prépondérante en dépit de la

séparation, ou que des changements sérieux de circonstances, par exemple une

modification des possibilités de prise en charge éducative, rendent nécessaire

la venue de l'enfant (ATF 129 II 11 consid. 3.1.3,

249.

consid. 2.1; 126 II 329 consid.

3b; 124 II 361 consid. 3a). Ainsi,

une relation familiale prépondérante entre l'enfant et le parent vivant en

Suisse peut être reconnue lorsque ce dernier a, entre autres éléments, assumé

de manière effective pendant toute la période de son absence la responsabilité principale

de l'éducation de l'enfant, en intervenant à distance de manière décisive pour

régler l'existence de celui-ci dans les grandes lignes, au point de reléguer

l'autre parent à l'arrière-plan (cf. par exemple arrêt TF non publié 2A.581/2004 du 14 février 2004). L'importance et la preuve des

motifs visant à justifier le regroupement familial ultérieur d'un enfant de

parents séparés ou divorcés doivent être soumises à des exigences élevées, et

ce d'autant plus que l'enfant sera âgé (ATF 124 II 361 consid.

4c; voir aussi ATF 129 II 249 consid.

2.

). En particulier, lorsqu'un parent ayant vécu de nombreuses années séparé

de son enfant établi à l'étranger, requiert sa venue peu de temps avant les

dix-huit ans de celui-ci, on doit soupçonner que le but visé n'est pas

d'assurer la vie familiale commune, conformément à l'objectif poursuivi par

l'art. 17 al. 2 3ème phrase LSEE, mais bien d'obtenir de manière plus simple

une autorisation d'établissement, ce qui constituerait un abus de droit. Dans

ces circonstances, une autorisation d'établissement ne peut être exceptionnellement

octroyée que lorsque de bonnes raisons expliquent que le parent et l'enfant ne

se retrouvent en Suisse qu'après des années de séparation, de tels motifs

devant en outre résulter des circonstances de l'espèce (ATF 129 II 249 consid.

2.

; 125 II 585 consid.

2a; 119 Ib 81 consid. 3a; 115 Ib 97 consid.

3a).

c) Récemment, le Tribunal fédéral a maintenu et

explicité sa jurisprudence. Il a notamment précisé que le nombre d’années que

l’enfant a vécues à l’étranger et la force des attaches familiales, sociales et

culturelles qu’il s’y est créées, de même que l’intensité de ses liens avec

l’autre parent établi en Suisse, son âge, son niveau scolaire ou encore ses

connaissances linguistiques, sont des éléments primordiaux dans la pesée des

intérêts. Un soudain déplacement de son cadre de vie peut en effet constituer

un véritable déracinement pour lui et s’accompagner de grandes difficultés

d’intégration dans son nouveau pays d’accueil. De plus, une longue durée de

séparation d’avec son parent établi en Suisse a normalement pour effet de

distendre ses liens affectifs avec ce dernier, en même temps que de resserrer

ces mêmes liens avec le parent et/ou les proches qui ont pris soin de lui à

l’étranger, dans une mesure pouvant rendre délicat un changement de sa prise en

charge éducative. Pour apprécier l’intensité des liens affectifs avec le parent

établi en Suisse, il faut notamment tenir compte du temps que l’enfant et le

parent concernés ont passé ensemble avant d’être séparés, et examiner dans quelle

mesure ce parent a concrètement réussi depuis lors à maintenir avec son enfant

des relations privilégiées malgré la distance et l’écoulement du temps, en

particulier s’il a eu des contacts réguliers avec lui (au moyen de visites,

d’appels téléphoniques, de lettres,…), s’il a gardé la haute main sur son

éducation et s’il a subvenu à son entretien (arrêt du 19 décembre 2006

précité ; ATF 2A.405/2006 du 18 décembre 2006). D’une manière générale,

plus un enfant a vécu longtemps à l’étranger et se trouve à un âge proche de la

majorité, plus les motifs justifiant le déplacement de son centre de vie

doivent apparaître impérieux et solidement étayés (ATF 2A.405/2006 du 18

décembre 2006). C’est pourquoi il faut continuer autant que possible à

privilégier la venue en Suisse de jeunes enfants, mieux à même de s’adapter à

un nouvel environnement (familial, social, éducatif, linguistique, scolaire,…)

que des adolescents ou des enfants proches de l’adolescence (ATF 2A.316/2006 du

19.

décembre 2006). Il y a également lieu, dans la pesée des intérêts, de

prendre en considération les raisons qui ont conduit le parent établi en Suisse

à différer le regroupement familial, ainsi que sa situation personnelle et

familiale et ses possibilités concrètes de prise en charge de l’enfant (arrêts

du 18 et 19 décembre 2006 précités).

d) Les restrictions dont fait l’objet l’art. 17 al.

2.

3ème phrase LSEE lorsqu’il concerne des parents séparés ou

divorcés, s’appliquent également par analogie à l’art. 8 CEDH. En effet, si

cette disposition peut faire obstacle, dans certaines circonstances, à une

mesure d’éloignement qui empêche ou rend très difficile le maintien de la vie

familiale, elle n’octroie en revanche pas de droit absolu à l’entrée ou au

séjour en Suisse de membres de la famille (ATF 125 II 633 consid. 3a ; 124

II 361 consid. 3a).

6.

a) A titre liminaire, il faut noter que la mère des

recourants a été dénoncée par le Service du Contrôle des Habitants, Bureau des

Enquêtes à Lausanne, pour avoir enfreint les prescriptions en matière de police

des étrangers au début de son séjour en Suisse ; elle a par conséquent été

condamnée par le préfet du district de Lausanne à une amende de 670 fr. Elle a

également été l’objet d’une enquête menée par la police cantonale au mois de

janvier 2006 puisqu’elle était soupçonnée d’avoir contracté un mariage de

complaisance et falsifié la date d’échéance de son passeport. Ces éléments,

sans toutefois emporter conviction, constituent des indices permettant de

douter de la crédibilité des déclarations de la mère des recourants.

b) Il faut aussi relever que les recourants, entrés

le 1er février 2006 en Suisse, sont demeurés dans notre pays sans

être au bénéfice d’un visa valable et donc sans droit sur le territoire suisse depuis

le 1er mai 2006. Or, le tribunal de céans a déjà confirmé que la

violation des prescriptions applicables en matière de visa était de nature à

justifier le refus de toute autorisation de séjour (voir par exemple arrêt TA

PE.2002.0414 du 8 mai 2003 et les références citées). Il ne serait dès lors pas

exclu de refuser l’autorisation de séjour des intéressés pour ce seul motif.

c) Dans le cas présent, la mère des recourants estime

en substance que les conditions à l’octroi d’une autorisation de séjour par

regroupement familial sont remplies.

En l’espèce, il n’est pas contesté que les enfants ont

été éduqués par leur père dans leur pays d’origine dès 2001, soit dès l’âge de

13.

ans pour A. X.________, 11 ans pour B. X.________ et 10 ans pour C.

X.________ Y.________. En effet, lors du divorce prononcé en juillet 2001, la

garde des enfants a été confiée au père qui s’est donc chargé de ses enfants

jusqu’à leur arrivée en Suisse en 2006. Ils ont donc vécu loin de leur mère

pendant quelque cinq ans avant leur venue dans notre pays. De plus, il résulte

du dossier que dès 1997, date à laquelle la mère des recourants aurait

rencontré son mari actuel, ressortissant suisse, celle-ci séjournait

régulièrement en Suisse en qualité de touriste avant de venir y vivre en vue de

son mariage prononcé en décembre 2001. Ainsi, la mère des recourants quittait

régulièrement sa famille dès 1997 pour venir en Suisse ; lors de ses

séjours, elle laissait probablement son ex-mari s’occuper de leurs enfants

alors âgés de 9 ans, 7 ans et 6 ans. Ainsi, dès ce moment et jusqu’en 2006, on

peut en déduire que le père assumait la responsabilité principale de

l’éducation des enfants. Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de reconnaître

le caractère prépondérant de la relation familiale entre la mère et ses enfants

ou du moins pas au point de reléguer leur père à l’arrière-plan, l’intéressée

se contentant d’affirmer de manière très générale qu’elle a assumé à distance la

responsabilité de l’éducation des enfants.

Par ailleurs, on ne s’explique pas les motifs pour

lesquels la mère des recourants a attendu le 18 août 2006 - les enfants étant

âgés respectivement de 17 ans et 11 mois, 15 ans et 8 mois et 14 ans et 9 mois

- pour déposer une demande d’autorisation en leur faveur. Il est indiqué dans le

mémoire de recours, pour expliquer la tardiveté de la requête, que le père

refusait de reprendre ses enfants dans leur pays d’origine et qu’il avait décidé

de faire transférer leur garde. Or, dans son mémoire complémentaire, la mère

des recourants l’explique par le fait qu’elle a mis du temps à obtenir l’accord

de son ex-mari et qu’elle voulait avoir un logement adéquat pour héberger ses

enfants. Ces déclarations pour le moins contradictoires ne sont pas

convaincantes. En effet, elle expose dans un premier temps, sous la plume de

son conseil, que le père ne veut plus se charger de ses enfants et qu’il a fait

en sorte de transférer la garde. Dans un second temps, elle explique qu’elle a

mis du temps à obtenir l’accord de son ex-mari et qu’elle attendait d’avoir une

situation stable et un logement pour héberger ses enfants. A cet égard, il

résulte du dossier que les enfants vivent actuellement à 1******** chez un ami

qui les héberge depuis leur arrivée en Suisse, alors que leur mère réside à 2********

depuis le 1er février 2007 sans être toutefois inscrite dans cette

commune. Enfin, la recourante pouvait en réalité se prévaloir d'un droit

proprement dit au regroupement familial déjà dès 2001, dès lors que, selon la

jurisprudence, le conjoint étranger du titulaire d'une autorisation

d'établissement a un droit de présence assuré en Suisse, qui lui permet

d'invoquer l'art. 8 CEDH notamment pour faire venir ses enfants (cf. ATF 130 II

281.

consid. 3.1; 126 II 377 consid. 2b; Alain Wurzburger, La jurisprudence

récente du Tribunal fédéral en matière de police des étrangers, RDAF 1997 I p.

267.

ss, spéc. p. 285). A la lumière de ces éléments, la mère des recourants ne

démontre pas que de bonnes raisons expliquent qu'elle ait attendu environ cinq

ans avant de requérir la venue de ses enfants. Dans ces conditions, et même si

les liens se sont intensifiés ces derniers mois, on ne saurait retenir que

l’intéressée aurait entretenu avec ses enfants une relation prépondérante au

sens précité.

On relèvera encore que les enfants ont maintenant

respectivement 18 ans et 9 mois, 16 ans et 5 mois et 15 ans et demi. Ils ont

passé toute leur enfance, soit jusqu’en 2006, entourés de leur père et de leur

grande sœur dans leur pays d'origine. Ils ont dès lors tissé avec leur pays

d’origine des attaches familiales, sociales et culturelles importantes. Dans

ces circonstances, on peut douter que leur séjour en Suisse réponde à leur

besoin. A cela s'ajoute qu’il n’y a pas de raison qu’ils ne bénéficient pas du

soutien financier de leur mère à distance, ce qui est loin d'être négligeable.

d) Pour le surplus, le tribunal considère que le

dossier est complet et qu’il peut juger en l’état, sans requérir la production

d’un second mémoire complémentaire rédigé par le conseil des recourants. Ainsi,

compte tenu de l'ensemble des circonstances, l'autorité intimée n'a ni excédé,

ni abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant de délivrer les autorisations

d’établissement sollicitées.

7.

Il résulte des considérants qui précèdent que le recours

doit être rejeté et la décision entreprise confirmée. Vu l'issue du pourvoi,

les frais du présent arrêt seront mis à la charge des recourants qui succombent

et qui, pour les mêmes raisons, n'ont pas droit à des dépens.

Enfin, un nouveau délai de départ sera désormais, et

sauf exception, fixé par l'autorité intimée. En sa qualité d'autorité

d'exécution des arrêts du tribunal, le SPOP est en effet mieux à même d'apprécier

toutes les circonstances du cas d'espèce, tant dans la fixation du délai de

départ que dans le contrôle du respect de ce dernier.

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision du Service de la population du 2 février 2007

est confirmée.

III.

Le Service de la population impartira un nouveau délai de

départ à A. X.________ née le 22 août 1988, B. X.________ née le 16 décembre

1990 et C. X.________ Y.________ né le 19 novembre 1991, ressortissants du

Brésil.

IV.

Les frais du présent arrêt arrêtés à 500 (cinq cents)

francs sont mis à la charge des recourants.

V.

Il n’est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 31 mai 2007

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint ainsi qu'à l'ODM.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit

public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur

le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire

à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans

une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de

preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte

attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent

être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il

en va de même de la décision attaquée.