PE.2008.0482
CDAP - PE.2008.0482 - 2009-09-09 - X.________/Service de la population (SPOP)
9 septembre 2009Français20 min
Source vd.ch
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N° affaire:
PE.2008.0482
Autorité:, Date décision:
CDAP, 09.09.2009
Juge:
PJ
Greffier:
MRU
Publication (revue juridique):
Ref. TF:
Nom des parties contenant:
X.________/Service de la population (SPOP)
MÉNAGE COMMUN
REGROUPEMENT FAMILIAL
LEI-42
LEI-49
LEI-50-1
Résumé contenant:
Requérant d'asile débouté ayant épousé une ressortissante suisse-algérienne dont il est séparé après 9 mois de vie commune. Pas de ménage commun (art. 42 LEtr), ni de circonstances justifiant un domicile séparé (art. 49 LEtr). Pas davantage de persistance du droit de rester en Suisse après dissolution de la famille, l'union conjugale n'ayant pas duré au moins trois ans (art. 50 al.1er let. a LEtr) et le séjour en Suisse ne s'imposant pas pour des raisons personnelles majeures (art. 50 al.1 let. b LEtr). Refus de renouvellement confirmé et recours rejeté.
TRIBUNAL CANTONAL
COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC
Arrêt du 9 septembre 2009
Composition
M. Pierre Journot, président; MM. Guy Dutoit et Jean-Claude Favre, assesseurs. Mme Rouiller,
greffière.
Recourant
A.X.________, à 1.********, représenté par Claude PASCHOUD, Cabinet de conseils
juridiques, à Lausanne,
Autorité intimée
Service de la
population (SPOP), à Lausanne
Objet
Refus de renouveler
Recours A.X.________ c/ décision du
Service de la population (SPOP) du 21 novembre 2008 lui refusant la
prolongation de son autorisation de séjour
Faits
Vu les faits suivants
A.
A.X.________, ressortissant algérien, né en
1966, est entré en Suisse le 2 septembre 2002. Le même jour, il a déposé une
demande d’asile, laquelle a été définitivement rejetée par décision du 14
février 2003. Le 19 février 2003, l’Office fédéral des réfugiés lui a imparti
un délai échéant le 11 avril 2003 pour quitter notre pays. Il est entré au centre
FAREAS le 9 août 2004 mais le 28 novembre 2005, la FAREAS a signalé au SPOP
qu'il avait disparu.
B.
Par la suite, la police des étrangers du canton de
Vaud a délivré à A.X.________ (alors enregistré comme étant A.Y.________),
assisté par la FAREAS, un livret N pour requérant d’asile. Ledit livret,
régulièrement renouvelé - la dernière fois jusqu’au 1er décembre
2006 - , indiquait que le renvoi de l'intéressé était en suspens. Il précisait en
outre que l’intéressé n’était pas autorisé à travailler. Or il ressort d’un
rapport du mois de juin 2005 établi par le Contrôle des chantiers et de la
construction dans le canton de Vaud, que durant les mois de juillet, août et
novembre 2004, l’intéressé a travaillé sans autorisation pour le compte de
l’entreprise Z.________ S.A. à 1.******** et dès le 8 juin 2005, pour
l’entreprise B.________ & C.________ S.A. à 2.********. Ayant été dénoncé
par la FAREAS pour avoir négligé de déclarer les revenus réalisés auprès
d’Z.________S.A., A.X.________ a été condamné par le Préfet de 1.******** à
payer une amende de 100 fr. plus 30 fr. de frais (prononcé du 11 avril 2006).
C.
Convoqué pour un plan de vol fixé au 31 juillet
2006, l'intéressé s'y est soustrait en invoquant un projet de mariage. De fait,
le 25 août 2006, il a épousé D.E.________, de nationalités suisse et
algérienne, née le 13 janvier 1959, mère de trois enfants nés d’un précédent
mariage. A la suite de son mariage, l’intéressé a été mis au bénéfice d’une
autorisation de séjour au titre du regroupement familial (livret B, délivré le
24 octobre 2006).
Le 13 juin 2007, les époux se sont
séparés à l’amiable. L’annonce de cette séparation a été faite le 18 juin 2007
au Contrôle des habitants de la ville de 1.********.
Le 6 décembre 2007, le SPOP a décidé
de renouveler temporairement l’autorisation de séjour de l’intéressé, car des
mesures d’instruction devaient être entreprises.
Une enquête administrative a été menée
par la Police judiciaire de la ville de 1.********, enquête au cours de
laquelle les époux ont été interrogés au sujet des circonstances de leur
rencontre et des raisons de leur mariage, ainsi que sur la situation du couple
(procès-verbaux des 18 et 29 janvier 2008).
- Des
réponses fournies par l’épouse, il est ressorti que la séparation avait eu lieu
en raison de l’inactivité du mari, qui était en outre très possessif, fermé
d’esprit, et faisant sans cesse des reproches. D.X.________ a précisé que
c’était A.________, son époux, qui l’avait demandée en mariage et ce avec
insistance. Elle avait finalement accepté cette demande sans l’accord de ses
enfants car il était gentil et lui avait fait de nombreuses promesses. Enfin,
la prénommée a aussi indiqué qu’elle avait l’intention de demander le divorce,
que le renvoi de son époux à l’étranger ne serait pas préjudiciable à sa
famille, et qu’aucun enfant n’était né de sa relation avec A.X.________.
- Interrogé
à son tour, A.X.________ a précisé que la séparation avait eu lieu parce que sa
femme n’avait « pas la même mentalité » que lui. Il a, en
outre, expliqué que son épouse lui reprochait de ne pas travailler et de ne pas
faire assez d’efforts pour trouver un emploi. Après avoir confirmé les réponses
apportées par D.X.________ au sujet de ses relations avec les enfants de
celle-ci, il a précisé qu’il n’avait pas de famille en Suisse, que toute sa
famille était en Algérie, et qu’il connaissait quelques Suisses, mais n’avait
pas de vie sociale dans notre pays. Il a ajouté qu’il exécutait quelques
missions temporaires, tout en espérant obtenir un travail fixe à mi-temps chez F.________,
à 3.********, entreprise avec laquelle il était en pourparlers.
D.
Le 29 mai 2007, A.X.________
a été engagé comme nettoyeur par la société F.________, à 3.********.
E.
Le 28 avril 2008, l’intéressé a requis la
prolongation de son permis B en se prévalant du contrat de travail qu’il venait
de signer et en précisant ce qui suit au sujet de ses rapports avec son
épouse :
« (…) Suite a
votre demande, je veut juste vous informer que je suis ni séparé ni divorcé
judiciairement, et je n’ai pas une procédure vis-à-vis de ce cas par contre je
suis juste séparé du corps avec mon épouse et a l’amiable a cause du travaille,
et pour le moment j’ai trouver un travaille et j’ai commencer déjà de
travailler et on a bien régler le problème et va être ensemble dans quelques
jours. Donc la ya pas de séparation judiciaire et ya pas une procédure pour un
divorce et j’espère bien que j’ai bien répondu a votre demande (…). (sic) ».
F.
Par ordonnance du 18 juin 2008, le juge
d’instruction de l’arrondissement de 1.******** a condamné l’intéressé à une
peine pénale pour violation grave des règles de la circulation routière.
Le 1er septembre 2008,
le SPOP a informé l'intéressé de son intention de refuser de renouveler
l’autorisation de séjour sollicitée, au motif que l’intéressé s’était marié
avec une ressortissante suisse le 25 août 2006, mais vivait séparé depuis le
mois de juin 2007.
Le 21 septembre 2008, se
déterminant au sujet de ce refus, l’intéressé a donné au SPOP les informations
suivantes :
« (…) J’ai bien reçu votre lettre datant du 01 Septembre 2008 et par
l’occasion je tiens à vous informer que ma femme et moi avons décidé de nous
remettre ensemble, sachant que la raison de notre séparation été dus à mon
interruption de travail par contre à l’heure actuelle j’ai une très bonne
situation car je travail avec une grande société « F.________ » dans le domaine
de service d’entretien et de nettoyage, il est à signaler que je suis engagé
pour une durée indéterminée chose qui me permet de faire face à toutes mes
obligations et responsabilités. De ce qui précède j’ai l’honneur de vous
informer que je me suis arrangé avec ma femme et que nous allons se présenté
auprès de la commune de 1.******** afin d’annuler notre décision de séparation
et partager une vie commune de nouveau (…). (sic)».
G.
Par décision du 21 novembre 2008, notifiée le 24
novembre suivant, le SPOP a refusé d’accorder la prolongation de l’autorisation
de séjour sollicitée. A l’appui de sa décision, il a relevé que le couple
n’avait fait ménage commun que durant quelques mois, que la vie commune n’avait
pas repris, que l’épouse souhaitait déposer une demande de divorce, qu’aucun
enfant n’était issu de leur union, et que le requérant n’avait ni qualification
professionnelle particulière, ni attache spéciale avec la Suisse.
H.
En temps utile, le 15 décembre 2008, l’intéressé,
par l’intermédiaire de son nouveau mandataire, le Cabinet de conseils
juridiques Claude Paschoud, s’est pourvu contre la décision précitée. Il a tout
d’abord fait valoir qu’il gagnait dignement sa vie et a produit ses fiches de
salaire. Il a ensuite relevé qu’aucune demande de divorce n’avait été déposée, que
son épouse était rentière AI et qu’elle avait quitté le foyer familial pour des
raisons financières. En outre, au sujet de la reprise possible de la vie
commune, il a précisé ce qui suit :
« (…) Il est
vraisemblable que l’épouse acceptera de reprendre la vie commune, pour autant
qu’on lui démontre que son mari peut lui offrir, chaque mois, prélevé de son
salaire, le montant exact correspondant à la diminution des prestations
complémentaires qui interviendrait parce qu’elle partagerait son logement avec
son mari. (…) ».
A titre principal, il a conclu à
l’admission de son recours, à l’annulation de la décision attaquée et à ce que
son autorisation de séjour soit prolongée de deux ans. A titre subsidiaire, il
a requis le renvoi de son dossier à l’intimé pour nouvelle décision après
complément d’enquête « sur la situation matrimoniale réelle et sur les
intentions de l’épouse ». Pour le surplus, il a requis l’effet
suspensif.
I.
Par décision incidente du 18 décembre 2008, le
juge instructeur a accordé l’effet suspensif au recours.
J.
En réponse du 27 janvier 2009, le SPOP a conclu
au rejet du recours en confirmant ses motifs. Il a également relevé que le
mariage était vidé de sa substance et que le recourant avait des liens plus
forts avec son pays d’origine (l’Algérie) qu’avec la Suisse. Pour le surplus,
sa détermination était rédigée en ces termes :
« ( …) les
conjoints ont vécu ensemble un peu plus de neuf mois, (…) depuis une année et demie,
ils vivent séparés, et ils n’ont pas tenté de reprendre la vie commune à ce
jour. Au vu des éléments précités, (…) l’exigence de la vie commune prévue à
l’article 42 alinéa 1 LEtr précité, (…) n’est plus remplie. Partant, (…) A.X.________
ne peut se prévaloir d’aucun droit à la prolongation de son autorisation de
séjour au titre du regroupement familial. (…). Notons enfin qu’engagé dès le
mois de mai 2007 en qualité de nettoyeur auprès de l’entreprise F.________ SA à
3.********, le recourant ne saurait se prévaloir ni d’une intégration
professionnelle exceptionnelle, ni de qualifications particulièrement élevées.
Il appert en outre qu’aucun enfant n’est issu de son mariage, et que toute sa
famille réside en Algérie. Dans ces conditions, il sied d’admettre qu’un retour
en Algérie, pays dans lequel le recourant a vécu la majeure partie de son
existence, peut lui être imposé, et ce d’autant qu’il y conserve des attaches
familiales, culturelles et sociales. (…). »
K.
Répliquant le 26 février 2009, le recourant a
confirmé ses motifs et ses conclusions.
L.
Le SPOP a renoncé à dupliquer.
M.
Le tribunal a statué par voie de circulation.
Considérants
1.
La demande de renouvellement de l’autorisation
de séjour qui a conduit à la décision attaquée a été déposée le 28 avril 2008. La présente cause est donc régie par la loi fédérale du 16 décembre
2005.
sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), entrée en vigueur le 1er
janvier 2008 (art. 126 al.1er LEtr, a contrario).
2.
a) D'après l'art. 42 al. 1 LEtr, le conjoint
d'un ressortissant suisse (…) a droit à l'octroi d'une autorisation de séjour
et à la prolongation de sa durée de validité à condition de vivre en ménage
commun avec lui.
L'art. 49 LEtr prévoit cependant
une exception à cette exigence du ménage commun lorsque la communauté familiale
est maintenue et que des raisons majeures justifiant l'existence de domiciles
séparés peuvent être invoquées. Aux termes de l'art. 76 de l'ordonnance du 24
octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité
lucrative (OASA; RS 142.201), cette exception peut résulter de raisons majeures
dues, notamment, à des obligations professionnelles ou à une séparation
provisoire en raison de problèmes familiaux importants (voir également la circulaire
de l’Office fédéral des migrations (ODM) I. ch. 6.1.5 et ch 6.9 et ATF
2C_720/2008 du 14 janvier 2009, consid. 3).
b) En l’espèce, le recourant ne
cohabite plus avec sa femme depuis le mois de juin 2007 et la communauté
conjugale n'est pas maintenue. A cet égard, il ressort des indications fournies
par les époux lors de l’enquête administrative effectuée par la Police
judiciaire de la ville de 1.******** en janvier 2008, qu’après avoir vécu
ensemble pendant un peu plus de neuf mois, les conjoints se sont séparés et
vivent ainsi depuis une année et demie. A ce jour, ils n’ont toujours pas
repris la vie commune. Interpellé, A.X.________ a expliqué que la vie commune
avait pris fin à cause de problèmes financiers et en raison d’une différence de
« mentalité » qui divisait les conjoints. Par
conséquent, l’intéressé ne peut ni se prévaloir d'un droit à une autorisation
de séjour sur la base de l'art. 42 al. 1 LEtr, ni de circonstances justifiant
l’existence de domiciles séparés au sens de l’art. 49 LEtr.
Il reste à examiner si, nonobstant
cette situation, le recourant peut prétendre au renouvellement de son
autorisation de séjour.
3.
a) Selon l'art. 50 al. 1 LEtr, après la
dissolution de la famille, le droit du conjoint à l'octroi d'une autorisation
de séjour et à la prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 42
LEtr subsiste lorsque l'union conjugale a duré au moins trois ans et que
l'intégration est réussie (let. a) ou lorsque la poursuite du séjour en Suisse
s'impose pour des raisons personnelles majeures (let. b). Par union conjugale
au sens de l’art. 50 LEtr, il faut entendre le mariage au sens que lui donne le
droit civil (art. 159 ss du Code civil suisse du 10 décembre 1907; RS 210), à
l’exclusion de toute cohabitation avant le mariage (cf. arrêt PE.2008.0302 du
17.
novembre 2008, consid. 1b).
En l’espèce, l'union conjugale n'a
pas duré trois ans puisque le recourant s’est marié le 25 août 2006. En outre,
l’intégration dans notre pays ne peut pas être considérée comme étant réussie.
Il ressort, en effet, des déclarations de A.X.________ et des pièces qu’il a
produites que celui-ci n’est dans notre pays que depuis la fin de l’année 2002,
qu’il connaît quelques autochtones mais n’a pas de vie sociale, enfin que sa
vie professionnelle et sa situation financière ne se sont stabilisées que
depuis peu de temps. Dans ces conditions, l’intéressé ne peut déduire aucun
droit de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr.
b) Il sied encore de se demander
si A.X.________ peut se prévaloir de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. et invoquer
des raisons personnelles pour justifier la poursuite de son séjour en Suisse. Des
raisons personnelles majeures au sens de cette disposition sont notamment
données lorsque le conjoint est victime de violences conjugales et que la
réintégration sociale dans le pays de provenance semble fortement compromise
(art. 50 al. 2 LEtr et 77 al. 2 OASA). Aucune de ces conditions n'est remplie. Il n’est pas davantage démontré qu’un retour dans son pays d’origine mettrait
le recourant particulièrement en danger. A ce sujet, il apparaît au contraire
que l’intéressé a des liens importants avec l’Algérie où vit toute sa famille.
Ces liens sont d’ailleurs plus étroits que ceux qu’il a noués avec la Suisse où
il est peu intégré, où il a commis des infractions, et où il n’a ni vie
sociale, ni attaches particulières, aucun enfant n’étant issu du mariage conclu
avec une de nos compatriotes. Le fait que le recourant exerce en Suisse une
activité professionnelle depuis le mois de mai 2007 et qu’il soit depuis peu
autonome financièrement ne change rien à cette appréciation (cf. supra). Ainsi,
sur les plans personnel, économique et social, il n’est
pas déraisonnable d’exiger du recourant qu’il aille vivre dans son pays
d’origine afin d’y demeurer et les réquisits de l’art. 50 al.1 let. a et b LEtr
ne sont pas non plus réunis.
Par surabondance, il a apparaît
même que le recourant invoque abusivement son mariage avec une ressortissante
suisse, ce pour éluder les dispositions de la LEtr, comme on va le voir
ci-après.
4.
a) Aux termes de l’art. 51 al. 1 LEtr, les
droits prévus à l’art. 42 LEtr s’éteignent s’ils sont invoqués abusivement
notamment pour éluder les dispositions de la présente loi sur l’admission et le
séjour ou ses dispositions d’exécution (let. a) ou s’il existe des motifs de
révocation selon l’art. 63 LEtr, comme c’est le cas lorsque l’étranger ou une
personne dont il a la charge dépend durablement et dans une large mesure de
l’aide sociale (art. 63 al. 1 let. c LEtr).
Le ch. 6.14 de la circulaire I de
l’Office fédéral des migrations (ODM), qui précise l’art. 51 al.1 let.a LEtr, a
le contenu suivant (cf. p. 19) :
Extinction des droits en cas d’abus de
droit
Les droits prévus
aux art. 42, 43, 48 et 50 LEtr s’éteignent lorsqu’ils sont invoqués
abusivement, notamment pour éluder les dispositions de la LEtr ou ses dispositions
d’exécution (art. 51, al. 1, let. a, et al. 2, let. a, LEtr).
Il y a abus de
droit lorsqu’une institution juridique est utilisée pour réaliser des intérêts
contraires à son but et que cette institution juridique ne veut pas protéger
(ATF 121 I 367 ss ; 110 Ib 332 ss).
S’agissant du
regroupement familial, il y a abus de droit notamment lorsque les personnes
intéressées font valoir un mariage existant alors que la communauté conjugale a
été abandonnée ou que le mariage a été conclu dans le seul but d’éluder les
dispositions sur l’admission. Il en va de même lorsque la demande concerne des
enfants qui vont avoir 18 ans sous peu et dont la venue ne s’explique que par
des motifs économiques (activité lucrative, apprentissage, etc.).
Les principes
développés par le Tribunal fédéral en matière d’abus de droit s’appliquent
également à la LEtr.
Dans un arrêt PE.2009.0057 du 23
mars 2009, consid.1, l’autorité de céans a précisé ce qui suit :
Dès son entrée en
vigueur, le 1er janvier 2008, la LEtr a abrogé la loi fédérale du 26 mars 1931
sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE). Selon la jurisprudence
relative à l’art. 7 al. 2 LSEE, applicable par analogie au nouveau droit, seul
un abus manifeste peut être pris en considération au regard de l’art. 51 al. 1
let. a LEtr. Son existence éventuelle doit être appréciée au regard de chaque
cas particulier et avec retenue (ATF 131 II 265 consid. 4.2 p. 267; 121 II 97
consid. 4 p. 103/104). N’est pas à lui seul déterminant le fait qu’une
procédure de divorce soit engagée ou que les époux vivent séparés et
n’envisagent pas le divorce; il y a en revanche abus de droit lorsque le
conjoint étranger invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le
seul but d'obtenir ou de conserver une autorisation de séjour (ATF 131 II 265
consid. 4.2 p. 267; 127 II 49 consid. 5a p. 56; 121 II 97 consid. 4b p. 104).
Tel est notamment le cas lorsque l'union conjugale est rompue définitivement,
c'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus d'espoir de réconciliation; les causes et les
motifs de la rupture ne jouent pas de rôle (ATF 130 II 113 consid. 4.2 p. 117;
128.
II 145 consid. 2 p. 151/152; 127 II 49 consid. 5 p. 56ss). Des indices
clairs doivent démontrer que la poursuite de la vie conjugale n'est plus
envisagée, sans aucune perspective à cet égard (ATF 130 II 113 consid. 10.2 p.
135; 128 II 145 consid. 2.2. et 2.3 p. 151/152, et les arrêts cités).
b) Dans le cas particulier, certains
éléments laissent à penser que le recourant s’est marié essentiellement dans le
but d’obtenir le droit de s’installer en Suisse, s’agissant d’un demandeur
d’asile débouté auquel un ultime délai avait été imparti pour quitter notre
pays, comme cela ressort du contenu des échanges intervenus avec le SPOP au
cours du mois de juillet 2006. Une telle appréciation est également corroborée
par les indications fournies par l’épouse de l’intéressé à la Police judiciaire
de la ville de 1.******** lors de l’enquête administrative du mois de janvier
2008.
Il apparaît, en effet, que D.X.________ avait accepté le mariage, sans en
parler à ses enfants, parce que le recourant le lui demandait avec insistance
et en faisant de nombreuses promesses. Quoi qu’il en soit, les époux X.________
n’ont fait ménage commun que d’août 2006 à juin 2007, soit pendant moins d’une
année. Il vivent maintenant séparés depuis près de deux ans. Dans ce contexte,
quand bien même aucune procédure de divorce n’est concrètement engagée,
l’épouse n’a manifesté aucune intention concrète de reprendre la vie commune,
et ce, contrairement aux allégations du recourant. Elle a, en outre, l’intention
de divorcer, comme le démontrent les déclarations qu’elle a faites au cours de
l’enquête administrative précitée. D.X.________ a ainsi clairement laissé entendre
que la séparation devait se prolonger, ce qui s’est d’ailleurs confirmé dans
les faits.
c) Dans ces conditions, il est
abusif de se prévaloir d’un tel mariage pour obtenir la prolongation de
l’autorisation de séjour.
5.
Au vu des considérants qui précèdent, le recours
doit être rejeté et la décision de l’autorité intimée maintenue, sans qu’il
soit nécessaire d’examiner les motifs de révocation selon 63 LEtr exposés
ci-dessus.
6.
Le recourant, qui succombe, est tenu de
supporter les frais du recours (art. 49 LPA-VD), et n’a pas droit à des dépens.
Dispositif
Par ces motifs,
la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal
arrête:
I.
Le recours est rejeté.
II.
La décision du SPOP du 21 novembre 2008 est
maintenue.
III.
Un émolument de 500 (cinq cents) francs est mis
à la charge du recourant.
IV.
Il n’est pas alloué de dépens.
Lausanne, le 9 septembre 2009
Le président: La
greffière:
Le présent arrêt est communiqué aux
destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'ODM.
Il peut faire l'objet, dans les trente
jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en
matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du
17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours
constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.