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Décision

PE.2013.0258

CDAP - PE.2013.0258 - 2013-11-25 - A. X._____ Y._____/Service de la population (SPOP)

25 novembre 2013Français9 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

A. X.________, ressortissante algérienne née le

7 juillet 1973, est entrée illégalement en Suisse le 5 juillet 2007, en

provenance de Nancy (France). Elle s'est installée à 1********, chez B. Y.________,

né le 9 février 1940, citoyen italien au bénéfice d'une autorisation d'établissement

en Suisse, et l'a épousé le 7 janvier 2008. Le 8 juillet 2008, elle a obtenu

une autorisation de séjour par regroupement familial. Le 3 novembre 2011, le

SPOP a révoqué l'autorisation de séjour de celle-ci et prononcé son renvoi de

Suisse. Par arrêt du 16 juillet 2012, le Tribunal cantonal a rejeté le recours

formé par A. X.________ Y.________ contre la décision rendue le 3 novembre

2011, qu’il a confirmée (cause PE.2012.0015). Par arrêt du 25 janvier 2013, le

Tribunal fédéral a rejeté le recours en matière de droit public formé contre

l’arrêt du 16 juillet 2012, et déclaré le recours constitutionnel subsidiaire

irrecevable (cause 2C_880/2012).

B.

Le 23 avril 2013, A. X.________ Y.________ a

demandé la reconsidération de la décision du 3 novembre 2011. Le 29 mai 2013,

le SPOP a déclaré la demande de réexamen irrecevable, et l’a rejetée pour le

surplus. A. X.________ Y.________ a recouru contre cette décision dont elle

demande principalement l’annulation, avec l’octroi d’une autorisation de

séjour, respectivement la prolongation de celle-ci. A titre subsidiaire, la

recourante demande à ce que la cause soit renvoyée au SPOP pour complément

d’instruction. Le SPOP propose le rejet du recours. Invitée à répliquer, la

recourante a maintenu ses conclusions.

C.

Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérants

1.

a) L’autorité est tenue de

se saisir d'une demande de nouvel examen lorsque les circonstances se sont

modifiées dans une mesure notable depuis la première décision ou lorsque le

requérant invoque des faits et des moyens de preuve importants qu'il ne

connaissait pas lors de la première décision, ou dont il ne pouvait pas se

prévaloir ou n'avait pas de raison de se prévaloir à l'époque (ATF 136 II 177

consid. 2.1 p. 181; 129 V 200 consid. 1.1 p. 202; 120 Ib 42 consid. 2b p.

46/47, et les arrêts cités). Les demandes de réexamen

ne sauraient toutefois servir à remettre continuellement en discussion des

décisions entrées en force (ATF 136 II 177 consid. 2.1 p. 181; 120 Ib 42

consid. 2b p. 46/47, et les arrêts cités).

b)

Ces principes sont rappelés à l'art. 64 al. 2 de la loi sur la procédure

administrative du 28 octobre 2008 (LPA-VD; RSV 173.36), dont la teneur est la

suivante:

"Art. 64

Principes

1.

Une partie peut demander à l'autorité

de réexaminer sa décision.

2.

L'autorité entre en matière sur la

demande:

a. si

l'état de fait à la base de la décision s'est modifié dans une mesure notable

depuis lors, ou

b. si

le requérant invoque des faits ou des moyens de preuve importants qu'il ne

pouvait pas connaître lors de la première décision ou dont il ne pouvait pas ou

n'avait pas de raison de se prévaloir à cette époque, ou

c. si

la première décision a été influencée par un crime ou un délit."

c) L’hypothèse envisagée par la

recourante est celle de l'art. 64 al. 2 let. a LPA-VD.

Elle vise à prendre en compte un

changement de circonstances ou de droit et à adapter en conséquence une

décision administrative correcte à l'origine. L'autorité de chose décidée

attachée à la décision administrative entrée en force se fondant uniquement sur

la situation de fait et de droit au moment où elle a été rendue, il ne s'agit

dans ce cas non pas tant d'une révision au sens procédural du terme que d'une

adaptation aux circonstances nouvelles. Le requérant doit donc invoquer des

faits qui se sont réalisés après le prononcé de la décision attaquée

("vrais novas"), plus précisément après l'ultime délai dans lequel,

suivant la procédure applicable, ils pouvaient encore être invoqués. L’art. 64

al. 2 let. a LPA-VD ne concerne que les décisions aux effets durables, ce qui

est le cas, comme en l'espèce, de celle réglementant le statut d'une personne

au regard des règles de police des étrangers (cf., en dernier lieu, arrêt

PE.2013.0142 du 17 octobre 2013, consid. 2). De plus, les faits nouveaux invoqués doivent

être importants, c'est-à-dire de nature à entraîner une modification de l'état

de fait à la base de la décision et, ainsi, une décision plus favorable au

requérant; autrement dit, ils doivent être susceptibles d'influencer l'issue de

la procédure.

d) Dans l’affaire qui a donné lieu au

prononcé de l’arrêt du 16 juillet 2012 dans la cause précédente PE.2012.0015,

la question à trancher portait sur le point de savoir si la recourante formait

avec son mari une véritable communauté conjugale, au sens de l’art. 3 ch. 1 de

l’Annexe I de l’Accord entre la Communauté européenne et ses Etats membres,

d’une part, et la Confédération suisse, d’autre part, sur la libre circulation

des personnes, conclu le 21 juin 1999 (ALCP ; RS 0.142.112.681) et de

l’art. 43 al. 1 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers –

LEtr, RS 142.40). Le Tribunal cantonal, après avoir entendu la recourante et

son mari le 14 juin 2012, avait conclu que ceux-ci n’avaient jamais fait ménage

commun, l’une vivant à 2********, l’autre à 1********.

e) A l’appui de sa demande de réexamen

du 23 avril 2013, la recourante a invoqué le fait que son mari tenait à ce

qu’elle reste auprès de lui, que les propos de son mari avaient été déformés

lors de l’audience du 14 juin 2012, qu’il devait être prochainement opéré de la

hanche, qu’elle était remarquablement intégrée en Suisse, qu’il souffrait d’une

grave addiction au jeu, et qu’elle espérait trouver un emploi dans le canton de

Vaud. Aucun des motifs ainsi allégués ne constitue un fait nouveau au sens de

l’art. 64 al. 2 let. a LPA-VD. En particulier, ils ne sont pas de nature à

démontrer que l’appréciation faite par le Tribunal cantonal dans son arrêt du

16.

juillet 2012 (confirmée par le Tribunal fédéral) reposait sur des bases

erronées. On peut même se demander si la demande de réexamen, comme elle est

présentée, ne confirme pas que les époux continuent de vivre séparément,

notamment lorsque la recourante affirme rechercher un emploi dans le canton de

Vaud. Quoi qu’il en soit, la décision du SPOP déclarant irrecevable la demande

de réexamen échappe à toute critique.

f) A l’appui du recours, la recourante

reprend l’argumentation déjà développée dans la précédente procédure, à savoir

que nonobstant leur éloignement géographique, elle-même et son mari formeraient

un véritable couple. Or, là n’est pas la question. L’art. 43 al. 1 LEtr fait

dépendre le droit à l’autorisation de séjour, pour le conjoint étranger du

titulaire de l’autorisation d’établissement, comme en l’espèce, du ménage

commun. Les éléments que fait valoir la recourante dans la demande du 23 avril

2013.

et dans le recours ne portent pas sur ce point, central pour trancher le

cas.

2.

La recourante demande son audition personnelle,

et celle de son mari, ainsi que celle de M. C. Z.________, médecin psychiatre,

et de divers témoins. Les déclarations que ces personnes pourraient faire ne

concernent pas l’objet du litige, tel qu’il vient d’être défini. Le Tribunal,

par une appréciation anticipée de ces moyens de preuve (cf. ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376; 134 I 140 consid. 5.3

p. 148; 131 I 153 consid. 3 p. 157; 130 II 425 consid. 2.1 p.

429, et les arrêts cités), tient ces mesures pour superflues.

3.

Le recours doit ainsi être rejeté, et la décision

attaquée confirmée. Les frais sont mis à la charge de la recourante; il n’y a

pas lieu d’allouer des dépens (art. 49, 52, 55 et 56 de la loi du 28 octobre

2008.

sur la procédure administrative – LPA-VD, RSV

173.

).

Dispositif

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision rendue le 29 mai 2013 par le Service

de la population est confirmée.

III.

Un émolument de 500 (cinq cents) francs est mis

à la charge de la recourante.

IV.

Il n’est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 25 novembre 2013

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux

destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'ODM.

Il peut faire l'objet, dans les trente

jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière

de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin

2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel

subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le

mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs

doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces

invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant

qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision

attaquée.