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Décision

PE.2014.0291

CDAP - PE.2014.0291 - 2014-10-20 - A. X._____, B. X.__, C. X.__, D. X._____/Service de la population (SPOP)

20 octobre 2014Français18 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

A. X.________, ressortissant turc né le 9 avril

1966, est entré en Suisse le 18 septembre 1981.

Le 17 juillet 1997, A. X.________

s'est marié avec B. X.________, ressortissante turque née le 15 mai 1972. B. X.________

est entrée en Suisse le 27 octobre 1997. Deux enfants sont nés à Lausanne de l'union

de A. et B. X.________, C. née le 16 février 1999 et D. né le 11 juillet 2004.

Les époux et leurs enfants ont obtenu une autorisation de séjour puis une

autorisation d'établissement.

B.

En raison de difficultés conjugales, B. X.________

a quitté la Suisse le 30 septembre 2007 avec ses deux enfants et s'est établie

en Turquie.

C.

Le 23 août 2013, A. X.________ a déposé auprès

du consulat de Suisse en Turquie une demande de regroupement familial en faveur

de son épouse et de ses deux enfants.

Par courrier du 13 mars 2014, le

SPOP a informé B. X.________ du fait qu'il envisageait de refuser la demande de

regroupement familial. Un délai au 13 mai 2014 lui était imparti pour se

déterminer. B. X.________ s'est déterminée le 8 avril 2014. A. X.________ en a

fait de même le 19 mai 2014.

D.

Par décision du 18 juin 2014, le SPOP a refusé

de délivrer à B. X.________ et à ses enfants C. et D. des autorisations

d'entrée, respectivement de séjour. Il faisait valoir que les conditions de

réadmission au sens des art. 30 al. 1 let. k de la loi fédérale du 16 décembre

2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20) et 49 et 50 de l'ordonnance du 24

octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité

lucrative (OASA, RS 142.201) n'étaient pas remplies, qu'on était en présence

d'un regroupement familial tardif dès lors que les délais résultant des art. 47

et 126 LEtr n'avaient pas été respectés et qu'aucune raison familiale majeure

au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr n'apparaissait à la lecture du dossier.

E.

Par acte du 21 juillet 2014, B., A., C. et D. X.________

ont déposé un recours auprès du Tribunal cantonal contre la décision du SPOP du

18 juin 2014. Ils concluent à l'octroi d'une autorisation de séjour à B. X.________

et à ses deux enfants C. et D.

Par courrier du 18 août 2014, le

SPOP a indiqué que les arguments invoqués n'étaient pas de nature à modifier sa

décision, laquelle était par conséquent maintenue. Le 10 septembre 2014, le

juge instructeur a interpellé les recourants au sujet des activités professionnelles

exercées par B. X.________ lors de son séjour en Suisse, du niveau actuel de

maîtrise du français des deux enfants et des difficultés auxquelles ils

pourraient être confrontés en cas de scolarisation en Suisse. Par courrier du 1er

octobre 2014, le mandataire des recourants a expliqué que B. X.________ n'avait

pas travaillé lors de son séjour en suisse dès lors qu'elle s'occupait des

enfants et que B. X.________ et les deux enfants avaient repris des cours de

français à Istanbul depuis le 1er septembre 2014.

Considérants

1.

a) Selon l’art. 43 al. 1 LEtr, le conjoint

étranger du titulaire d’une autorisation d’établissement ainsi que ses enfants

célibataires étrangers de moins de 18 ans ont droit à l’octroi d’une

autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité, à

condition de vivre en ménage commun avec lui.

Selon l’art. 51 al. 2 let. b

LEtr, les droits prévus à l’art. 43 s’éteignent s’il existe des motifs de

révocation au sens de l’art. 62 LEtr.

L'art. 47 al. 1 LEtr prescrit que

le regroupement familial doit être demandé dans les cinq ans. Pour les enfants

de plus de 12 ans, le regroupement doit intervenir dans un délai de 12 mois.

L'art. 47 al. 3 LEtr précise que les délais commencent à courir pour les

membres de la famille des ressortissants suisses visés à l'art. 42 al. 1 au

moment de leur entrée en Suisse ou de l'établissement du lien familial (let. a)

et, pour les membres de la famille d'étrangers, lors de l'octroi de

l'autorisation de séjour ou d'établissement ou lors de l'établissement du lien

familial (let. b). Aux termes de l'art. 47 al. 4 LEtr, passé ce délai, le

regroupement familial différé n'est autorisé que pour des raisons familiales

majeures. En vertu de l'art. 126 al. 3 LEtr toutefois, les délais prévus à l'art.

47.

al. 1 LEtr ne commencent à courir qu'à l'entrée en vigueur de la LEtr, le 1er

janvier 2008, dans la mesure où l'entrée en Suisse ou l'établissement du lien

familial sont antérieurs à cette date. L'art. 47 LEtr, qui institue des délais

pour demander le regroupement familial, est issu de l'art. 46 du projet. La

seconde phrase de l'alinéa 1, qui prévoit un délai de douze mois pour demander

le regroupement avec des enfants de plus de douze ans, a été ajoutée par les

Chambres fédérales. Il en va de même de la seconde phrase de l'alinéa 3, aux

termes de laquelle les enfants de plus de quatorze ans sont entendus si

nécessaire. L'idée du législateur, en introduisant ces délais, était de

favoriser la venue en Suisse des enfants le plus tôt possible, dans le but de

faciliter leur intégration. En suivant une formation scolaire suffisamment

longue dans notre pays, ils acquièrent en effet les aptitudes linguistiques

indispensables à leur intégration. Les délais en question doivent en outre

éviter que des demandes de regroupement familial soient déposées de manière

abusive, en faveur d'enfants qui sont sur le point d'atteindre l'âge de

travailler (v. FF 2002 p. 3511, ch. 1.3.7.7).

b) En l'occurrence, dès lors que

l'on se trouve en présence d'une demande visant au regroupement d'une famille

qui a vécu pendant près de 10 ans en Suisse, pays où les deux enfants sont nés,

on peut se demander si l'application stricte des délais de l'art. 47 LEtr, qui

visent à faciliter l'intégration en Suisse de personnes ayant vécu jusqu'alors

à l'étranger, se justifie. S'agissant de B. X.________, les recourants relèvent

également, non sans une certaine pertinence, qu'il suffirait aux époux de

divorcer et de se remarier pour refaire repartir un délai de cinq ans.

Finalement, dès lors que le recours doit de toute manière être admis en

application des art. 8 de la Convention européenne de

sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre

1950.

(CEDH; RS 0.101) et 47 al 4 LEtr, la question de

savoir si les délais de l'art. 47 LEtr s'appliquent souffre de demeurer

indécise. De même, souffre de demeurer indécise la question de savoir si, comme

le soutiennent les recourants, le Conseil fédéral a prévu une limitation qui va

au-delà de ce que prévoit l'art. 30 al. 1 let. k LEtr en introduisant à l'art.

49.

al. 1 let. b OASA le principe selon lequel l'ancien titulaire d'une

autorisation d'établissement ne peut plus obtenir sa réadmission en Suisse en

application de cette disposition lorsqu'il a quitté la Suisse depuis plus de

deux ans.

2.

a) Un étranger peut,

selon les circonstances, se prévaloir de l'art. 8 § 1 CEDH

pour s'opposer à l'éventuelle séparation de sa famille.

Encore faut-il, pour pouvoir invoquer cette disposition, que la relation entre

l'étranger et une personne de sa famille ayant le droit de résider durablement

en Suisse soit étroite et effective (ATF 129 II 193 consid.

5.3

). D'après la jurisprudence, les relations familiales qui peuvent fonder,

en vertu de l'art. 8 § 1 CEDH, un droit à une autorisation de police des

étrangers sont avant tout les rapports entre époux ainsi qu'entre parents et

enfants mineurs vivant ensemble (ATF 135 I 143 consid. 1.3.2; 129 II 11 consid.

2; 127 II 60; 120 Ib 257 consid. 1d;

ATF 2C_190/2011 du 23 novembre 2011).

L'art. 8 CEDH n'octroie pas de

droit absolu à l'entrée ou au séjour en Suisse de membres de la famille d'une

personne ayant le droit de séjourner durablement dans ce pays. Une ingérence

dans l’exercice de ce droit est possible selon l’art. 8 § 2 CEDH, pour autant

qu’elle soit prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une

société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté

publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la

prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la

morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. La question de

savoir si, dans un cas d’espèce, les autorités de police des étrangers sont

tenues d’accorder une autorisation de séjour fondée sur l’art. 8 CEDH doit être

résolue sur la base d’une pesée de tous les intérêts privés et publics en

présence (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; 135 I 143, consid. 2.1 p. 147; 134

II 10 consid. 4.1 p. 22 et la réf. cit.). Le refus de l'autorisation de

séjour, respectivement sa révocation, ne se justifie que si la pesée des

intérêts à effectuer dans le cas d'espèce fait apparaître la mesure

comme proportionnée aux circonstances (ATF 135 II 377 consid.

4.3

p. 381).

b)

aa) Dans un arrêt récent (PE. 2014.0176 du 12 août 2014), le tribunal cantonal

a examiné un refus d'autoriser le regroupement d'une épouse et de ses deux

enfants avec leur mari et père qui vivait en Suisse depuis 1995 et disposait

d'une autorisation d'établissement depuis le mois de février 2000. Les deux

enfants, âgés de 16 et 15 ans, et leur mère avaient toujours vécu au Kosovo.

Examinant la demande de regroupement familial au regard de la pesée des

intérêts exigée par l'art. 8 CEDH, le tribunal a relevé que la famille avait un intérêt privé important à pouvoir

vivre ensemble en Suisse, le mari et père y étant installé depuis de nombreuses

années. A cela s'opposait toutefois le fait que ce dernier avait choisi de

vivre séparé de sa famille en Suisse pendant plus de quinze ans et que ce

n'était qu'à l'approche de la majorité de ses enfants qu'il avait sollicité le

regroupement familial en faveur de ceux-ci et de son épouse, qui avaient toujours

vécu au Kosovo et y avaient tissé des attaches familiales, sociales et

culturelles importantes. La venue en Suisse des enfants des recourants était

ainsi susceptible de provoquer chez eux un grand déracinement. Par ailleurs,

même s'ils pouvaient compter sur l'aide de leur père, les difficultés

d'intégration des enfants, qui ne parlaient pas le français, seraient

importantes. Leur venue dans le pays où résidait leur père n'apparaissait dès

lors pas dans leur intérêt supérieur au sens de la convention

du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant (CDE; RS 0.107), le maintien de la situation actuelle devant être privilégié. Rien

n'empêchait en outre le père de rejoindre son épouse et leurs enfants au

Kosovo, pays dont il était lui-même ressortissant. On pouvait attendre d'eux

qu'ils vivent leur vie familiale au Kosovo.

bb) Le cas d'espèce se distingue du

cas décrit ci-dessus à plusieurs égards. On relève tout d'abord que les époux

ont vécu ensemble en Suisse pendant 10 ans, entre 1997 et 2007. S'agissant des

enfants, l'aînée C. est née en Suisse et y a vécu jusqu'à l'âge de 8 ans et demi,

ce qui implique qu'elle a en tout cas suivi en Suisse ses quatre premières

années de scolarité obligatoire. Sa réintégration en Suisse, notamment en ce

qui concerne sa scolarité, ne devrait dès lors pas se heurter à des problèmes

insurmontables. Les recourants expliquent par ailleurs dans leur pourvoi que C.

souffre de la séparation de ses parents et qu'elle espère retrouver tant son

père que son lieu de vie et de scolarisation premier. La situation du cadet D.

est un peu plus délicate dès lors qu'il a quitté la Suisse à l'âge de trois ans

et qu'il n'y a par conséquent pas été scolarisé. Cela étant, compte tenu de son

âge et du fait qu'il n'est pas encore entré dans l'adolescence, son

réintégration en Suisse et sa scolarisation ne devraient également pas se

heurter à des problèmes insurmontables. Les recourants expliquent au demeurant

que D. souffre également de la séparation de ses parents.

Pour ce qui est de la pesée des

intérêts, on peut encore relever que l'autorité intimée ne prétend pas que des

motifs de comportement (délits) ou des motifs économiques (risques que la

famille doive recourir à l'aide sociale) s'opposeraient au regroupement

familial. Partant, aucun intérêt public ou privé ne s'oppose à l'intérêt des

recourants à pouvoir vivre ensemble une vie de famille en Suisse, qui s'avère

ainsi prépondérant. Il résulte ainsi de la pesée des intérêts en présence que les

recourants peuvent prétendre à l'octroi d'une autorisation de séjour fondée sur

l’art. 8 CEDH.

3.

Aux termes de l'art. 4

al. 4 LEtr, si les délais prévus à l'alinéa 1 de cette disposition n'ont pas

été respectés, le regroupement familial différé n'est autorisé que pour des

raisons familiales majeures.

a) Les raisons familiales majeures

au sens de l'art. 47 al. 4 LEtr peuvent être invoquées, selon l'art. 75 OASA,

lorsque le bien de l'enfant ne peut être garanti que par un regroupement

familial en Suisse. C'est notamment le cas lorsque des enfants se trouveraient

livrés à eux-mêmes dans leur pays d'origine (par exemple en cas de décès ou de

maladie de la personne qui en a la charge, ATF 126 II 329). C'est l'intérêt de

l'enfant et non les intérêts économiques (prise d'une activité lucrative en

Suisse) qui prime (Message concernant la loi sur les étrangers, FF 2002 3549).

Dans la plupart des cas, la

question des raisons familiales majeures au sens de l'art. 47 al. 4 LETR se

pose en relation avec une demande de regroupement familial partiel, soit dans

l'hypothèse ou les parents ne vivent pas ensemble et où un enfant demande une

autorisation pour vivre avec son parent domicilié en Suisse, l'enfant ayant

vécu jusque-là avec son autre parent à l'étranger (ou avec d'autres membres de

sa famille comme les grands-parents). Généralement, on applique dans ce cas les

principes dégagés par la jurisprudence rendue en application de la loi fédérale

du 26 mars 1931 sur le séjour et l'établissement des étrangers (LSEE) en cas de

regroupement familial partiel. Selon la jurisprudence

rendue sous l'empire de la LSEE, le regroupement familial partiel différé est

soumis à des conditions strictes. La reconnaissance d'un droit au regroupement

familial suppose alors qu'un changement important de circonstances, notamment

d'ordre familial, se soit produit, telle qu'une modification des possibilités

de la prise en charge éducative à l'étranger (ATF 130 II 1 consid. 2 p. 3; 124

II 361 consid. 3a p. 366). Lorsque le regroupement familial est demandé en

raison de changements importants des circonstances à l'étranger, notamment dans

les rapports de l'enfant avec le parent qui en avait la charge, il convient

d'examiner s'il existe des solutions alternatives, permettant à l'enfant de

rester où il vit; cette exigence est d'autant plus importante pour les

adolescents (ATF 133 II 6 consid. 3.1.2 p. 11; cf. aussi arrêts 2A.737/2005 du

19.

janvier 2007 et 2A.405/2006 du 18 décembre 2006). D'une manière générale,

plus le jeune a vécu longtemps à l'étranger et se trouve à un âge proche de la

majorité, plus les motifs propres à justifier le déplacement de son centre de

vie doivent apparaître sérieux et solidement étayés. Le regroupement familial

partiel suppose également de tenir compte de l'intérêt supérieur de l'enfant,

comme l'exige l'art. 3 par. 1 CDE. Enfin, les raisons familiales majeures pour

le regroupement familial ultérieur doivent être interprétées d'une manière

conforme au droit fondamental au respect de la vie familiale (art. 13 de la Constitution

fédérale du 18 avril 1999 [Cst.; RS 101] et 8 CEDH).

b) En l'espèce, la situation doit

être distinguée de celle du regroupement familial partiel puisque le recours a

pour objet une démarche tendant à permettre le regroupement en Suisse de toute

une famille et non pas le regroupement avec son parent en Suisse d'un enfant

ayant vécu jusque-là avec son autre parent à l'étranger. Dans ce contexte, le

tribunal estime que le regroupement répond à des raisons familiales majeures au

sens de l'art. 47 al. 4 LEtr. Il est en effet manifestement dans les intérêts

des enfants de pouvoir vivre avec leurs deux parents dans une famille réunie,

ce d'autant plus que la famille a déjà vécu ensemble et que le regroupement

s'effectue dans le pays où cette vie commune a eu lieu et où les enfants sont

nés et ont passé les premières années de leur vie. Sachant que les enfants

disent souffrir de la séparation de leurs parents, on peut admettre qu'on se

trouve dans l'hypothèse où leur bien ne peut être garanti que par un

regroupement familial en Suisse. A cet égard, on relèvera que, dès lors que A. X.________ vit en Suisse depuis 1981 et

qu'il dispose d'un emploi, il serait disproportionné d'exiger de lui qu'il

quitte la Suisse pour que le regroupement familiale s'effectue en Turquie.

c) A cela s'ajoute que les raisons

familiales majeures pour le regroupement familial ultérieur doivent être

interprétées d'une manière conforme au droit fondamental au respect de la vie

familiale (art. 13 Cst. et 8 CEDH). Or, comme on l'a vu ci-dessus, le

regroupement familial s'impose également en l'espèce au regard des principes

résultant de l'art. 8 CEDH.

4.

Il résulte de ce qui

précède que le recours doit être admis, la décision attaquée annulée et

renvoyée à l’autorité intimée pour qu'elle délivre une autorisation de séjour à

B., C. et D. X.________. Vu le sort de la cause, il se justifie de statuer sans

frais (49 al. 1 et 52 al. 1 LPA-VD). Les recourants, qui ont procédé avec

l'assistance d'un mandataire professionnel, ont en outre droit à des dépens

(art. 55 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).

Dispositif

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est admis.

II.

La décision du Service de la population du 18

juin 2014 est annulée et renvoyée à ce service pour nouvelle décision au sens

des considérants.

III.

Le présent arrêt est rendu sans frais.

IV.

Une indemnité de 1'000 (mille) francs, à payer à

titre de dépens aux recourants A. X.________, B. X.________, C. X.________ et D.

X.________, solidairement entre eux, est mise à la charge de l'Etat de Vaud

(par le Service de la population).

Lausanne, le 20 octobre 2014

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux

destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'ODM.

Il peut faire l'objet, dans les trente

jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en

matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du

17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours

constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.