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Décision

PE.2024.0106

CDAP - PE.2024.0106 - 2024-07-24 - A.________/Service de la population (SPOP)

24 juillet 2024Français21 min

I.

Source vd.ch

TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

Arrêt du 24 juillet 2024

Composition

M. Raphaël Gani, président;

M. Pascal Langone et

M. Alain Thévenaz, juges; M. Jérôme Sieber, greffier.

Recourant

A.________, à

********, représenté par Mansour CHEEMA, avocat à Genève,

Autorité intimée

Service de la population (SPOP),

à Lausanne

Objet

Recours A.________ c/ décision sur opposition du Service

de la population (SPOP) du 31 mai 2024 refusant de lui octroyer une

autorisation de séjour et prononçant son renvoi de Suisse

Vu les faits suivants:

A.

A.________ (ci-après: le recourant) est né le ******** 1986. Il est de

nationalité française. Il est venu régulièrement travailler en Suisse depuis à

tout le moins 2008, selon ses dires. Ne figurent cependant au dossier qu'une

première annonce d'arrivée le 21 janvier 2019, puis une autre annonce le 1er

mai 2020. Suite à cette dernière entrée, le recourant avait annoncé son départ

de Suisse le 30 novembre 2020.

En date du 28 octobre 2023, le recourant est – à

nouveau – entré en Suisse. Il a sollicité une autorisation de séjour avec

activité lucrative le 23 janvier 2024 en annonçant son arrivée au Bureau des

étrangers de ********. Il travaille en qualité de maître d'hôtel dans

l'établissement de restauration des ********. En remplissant et signant le

formulaire d'annonce d'arrivée, il a indiqué ne pas avoir fait l'objet de

condamnation en Suisse ou à l'étranger.

Dans le cadre de

l'examen de son dossier par le Service de la population (ci-après: SPOP), il

est apparu que le recourant avait fait l'objet des condamnations suivantes en France

et en Suisse :

-

Par jugement rendu le 16 mars 2015 par le Tribunal correctionnel

de Tours, il a été condamné pour port sans motif légitime d'arme blanche ou

incapacitante de catégorie D, à une amende de 150 euros;

-

Par jugement rendu le 6 mai 2015 par le Tribunal correctionnel de

Tours, il a été condamné pour violence sur une personne dépositaire de

l'autorité publique sans incapacité, rébellion et outrage à une personne

dépositaire de l'autorité publique, à une peine de 4 mois d'emprisonnement;

-

Par ordonnance rendue le 7 avril 2020 par le Ministère

public/Parquet régional de Neuchâtel, il a été condamné pour violence ou menace

contre les autorités ou les fonctionnaires à une peine pécuniaire de 40

jours-amende et à une amende de 500 francs;

-

Par ordonnance rendue le 27 avril 2020 par le Ministère public/

Parquet régional de Neuchâtel, il a été condamné pour violation des règles de

la circulation au sens de la LCR, injure et violence ou menace contre les

autorités ou les fonctionnaires à une peine pécuniaire de 40 jours-amende et à

une amende de 500 francs;

-

Par ordonnance rendue le 30 novembre 2020 par le Ministère public

du canton de Fribourg, il a été condamné pour violation grave des règles de la

circulation au sens de la LCR, à une peine pécuniaire de 90 jours-amende et à

une amende de 500 francs;

-

Par jugement rendu le 8 mars 2021 par le Tribunal correctionnel

de Tours, il a été condamné pour violence aggravée par deux circonstances

suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours (récidive) et violence avec usage ou

menace d'une arme sans incapacité (récidive), à une peine de 10 mois

d'emprisonnement ;

-

Par jugement rendu le 20 décembre 2021 par le Tribunal

correctionnel de Tours, il a été condamné pour violence par une personne en

état d'ivresse manifeste suivie d'incapacité supérieure à 8 jours (récidive) et

violence par une personne en état d'ivresse manifeste sans incapacité

(récidive), à une peine d'emprisonnement de 3 ans, dont un an avec sursis

probatoire pendant 2 ans.

Par courrier du 4 mars 2024, le SPOP lui a ainsi

fait part de son intention de lui refuser l'octroi d'une autorisation de séjour

pour l'exercice d'une activité lucrative, et de prononcer son renvoi de Suisse

pour des raisons d'ordre et de sécurité publics.

Par courrier réponse du 15 mars 2024, le recourant a

confirmé avoir omis de déclarer les condamnations pénales dont il avait fait

l'objet lors de son annonce d'arrivée, "par honte des faits commis".

B.

Par décision du 11 avril 2024, le SPOP a refusé d'octroyer une

autorisation de séjour et prononcé le renvoi de Suisse du recourant. Par

opposition formée le 10 mai 2024, ce dernier a contesté cette décision

invoquant en substance son activité professionnelle en Suisse à la satisfaction

de son employeur, avoir changé son comportement et affirmant ne pas constituer

une menace pour l'ordre public.

Le SPOP a maintenu sa position par décision sur

opposition du 31 mai 2024 refusant l'octroi d'une autorisation de séjour

UE/AELE et prononçant son renvoi de Suisse.

C.

Le recourant a déféré cette dernière décision devant la Cour de droit

administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) concluant en substance à ce

que la décision attaquée soit annulée et à l'octroi d'une autorisation de

séjour. Le 3 juillet 2024, le SPOP a transmis son dossier. Les parties ont été

averties par correspondance du 8 juillet 2024 que le Tribunal se réservait la

possibilité de procéder par la voie simplifiée sans échange d'écriture.

Considérant en droit:

1.

La décision attaquée est une décision sur opposition rendue en

application de l'art. 34a de la loi du 18 décembre 2007 d'application dans le

Canton de Vaud de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LVLEI;

BLV 142.11); elle n'est pas susceptible de recours auprès d'une autre autorité

si bien que le recours au Tribunal cantonal est ouvert (art. 92 de la loi du 28

octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]). Déposé dans

le délai légal par le destinataire de la décision attaquée, le recours

satisfait pour le surplus aux exigences formelles prévues par la loi (art. 79

et 95 LPA-VD, applicables par renvoi de l'art. 99 LPA-VD).

2.

Le litige porte sur le refus de l'autorité intimée d'octroyer une

autorisation de séjour UE/AELE avec activité lucrative en faveur du recourant,

ressortissant français, au motif qu'il représenterait une menace actuelle et

réelle pour l'ordre et la sécurité publics compte tenu des différentes

condamnations dont il a fait l'objet et du fait qu'il n'a pas déclaré ces

condamnations lors de sa demande d'autorisation.

Le recourant a requis à titre de mesure

d'instruction son audition personnelle, requête sur laquelle il y a lieu de

statuer à titre préalable. Le droit d'être entendu garanti par les art. 29 al.

2 Cst. et 27 al. 2 Cst-VD comprend notamment le droit pour l'intéressé de

s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise

touchant sa situation juridique. Devant la CDAP, la procédure est en principe

écrite (art. 27 al. 1 LPA- VD). L'autorité établit les faits d'office (art. 28

al. 1 LPA-VD). Selon l'art. 29 LPA-VD, elle peut recourir à différents moyens

de preuve, tels que l'audition des parties (al. 1 let. a), les renseignements

fournis par les parties, des autorités ou des tiers (al. 1 let. e) ou encore

les témoignages (al. 1 let. f). Aux termes de l'art. 34 LPA-VD, les parties

participent à l'administration des preuves (al. 1) et peuvent notamment

présenter des offres de preuve (al. 2 let. d). L'autorité n'est toutefois pas

liée par les offres de preuve formulées par les parties (art. 28 al. 2 LPA-VD;

cf. ég. art. 34 al. 3 LPA-VD, dont il résulte que l'autorité doit administrer

les preuves requises "si ces moyens n'apparaissent pas d'emblée dénués de

pertinence"); de jurisprudence constante en effet, le droit d'être entendu

n'empêche pas l'autorité de mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves

administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une

manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont

encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener

à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; TF 1C_68/2019 du 18

octobre 2019 consid. 2.1; CDAP PE.2019.0034 du 9 décembre 2019 consid. 2a).

Dans le cas d’espèce, la CDAP ne voit pas quels

éléments déterminants pour l’issue du litige – qui n’auraient pas pu être

exposés par écrit – l’audition du recourant serait susceptible d’apporter; la

cour considère au contraire que cette audition ne serait pas de nature à

modifier la conviction qu’elle s’est forgée sur la base des pièces au dossier.

Il sied en outre de relever que le recourant a déjà pu faire valoir son droit

d'être entendu par correspondance du 15 mars 2024, puis dans le cadre de son

opposition, puis enfin dans la présente procédure. Il a transmis plusieurs

attestations écrites sur sa situation professionnelle. Dans la mesure où la

situation du recourant fait l'objet d'une documentation abondante au dossier,

il n'y a pas lieu de procéder à son audition dans le cadre de la présente procédure.

La réquisition doit ainsi être rejetée.

3.

a) De nationalité française, le recourant peut se prévaloir des

dispositions de l'ALCP.

b) La loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les

étrangers et l'intégration (LEI; RS 142.20) n'est applicable aux ressortissants

des Etats membres de la Communauté européenne, aux membres de leur famille et

aux travailleurs détachés par un employeur ayant son siège ou son domicile dans

un de ces Etats, qu’à titre subsidiaire, à savoir seulement lorsque la LEI

prévoit un statut juridique plus favorable et dans la mesure où I‘ALCP et ses

protocoles n‘en disposent pas autrement (art. 2 LEI et Message relatif à l‘approbation

des accords sectoriels entre la Suisse et la Communauté européenne, in FF 1999

p. 5440 et ss).

L’ALCP confère au recourant – ressortissant français

– le droit de séjourner en Suisse et d'obtenir une autorisation de séjour

UE/AELE en qualité de travailleur salarié, dans la mesure où il est au bénéfice

d'un contrat de travail en Suisse depuis le 28 octobre 2023 (cf. art. 4 ALCP et

art. 6 Annexe I). Il peut donc se prévaloir des dispositions de l’ALCP.

c) Comme l'ensemble des droits octroyés par l'ALCP, le

droit de séjourner en Suisse pour y exercer une activité lucrative ne peut être

limité que par des mesures d'ordre ou de sécurité publics, au sens de l'art. 5 al. 1 de l'Annexe I de l'ALCP (cf. ATF 139 II 121 consid.

5.3 p. 125 s.). Conformément à la jurisprudence rendue en rapport avec l'art. 5

de l'Annexe I de l'ALCP, les limites posées au principe de la libre circulation

des personnes doivent s'interpréter de manière restrictive. Ainsi, le recours

par une autorité nationale à la notion d'"ordre public" pour

restreindre cette liberté suppose, en dehors du trouble de l'ordre social que

constitue toute infraction à la loi, l'existence d'une menace réelle et d'une

certaine gravité affectant un intérêt fondamental de la société (ATF 139 II 121

consid. 5.3; ATF 136 II 5 consid. 4.2 p. 20; TF 2C_238/2012 du 30 juillet 2012

consid. 2.3). La seule existence d'antécédents pénaux ne permet donc pas de

conclure (automatiquement) que l'étranger constitue une menace suffisamment

grave pour l'ordre et la sécurité publics. Il faut procéder à une appréciation

spécifique du cas, portée sous l'angle des intérêts inhérents à la sauvegarde

de l'ordre public, qui ne coïncide pas obligatoirement avec les appréciations à

l'origine des condamnations pénales. Autrement dit, ces dernières ne sont

déterminantes que si les circonstances les entourant laissent apparaître

l'existence d'une menace actuelle et réelle et d'une certaine gravité pour

l'ordre public (cf. ATF 136 II 5 consid. 4.2 p. 20; ATF 134 II 10 consid. 4.3

p. 24). Il n'est pas nécessaire d'établir avec certitude que l'étranger

commettra d'autres infractions à l'avenir pour prendre une mesure d'éloignement

à son encontre; inversement, ce serait aller trop loin que d'exiger que le

risque de récidive soit nul pour que l'on renonce à une telle mesure. En

réalité, ce risque ne doit pas être admis trop facilement et il faut l'apprécier

en fonction de l'ensemble des circonstances du cas, en particulier au regard de

la nature et de l'importance du bien juridique menacé, ainsi que de la gravité

de l'atteinte qui pourrait y être portée. L'évaluation de ce risque sera

d'autant plus rigoureuse que le bien juridique menacé est important (ATF 139 II 121 consid. 5.3; ATF 136 II 5 consid. 4.2 p. 20; ATF 130 II 493 consid. 3.3 p.

499 s. et les références). A cet égard, le Tribunal fédéral se montre

particulièrement rigoureux, en lien avec l'art. 5 de l'Annexe I de l'ALCP, et

dans le cadre de la LEI (cf. ATF 139 I 16 consid. 2.1; TF 2C_516/2012 du 17

octobre 2012 consid. 2.1), en présence d'infractions à la législation fédérale

sur les stupéfiants, d'actes de violence criminelle et d'infractions contre

l'intégrité sexuelle (cf. ATF 139 II 121 consid.

5.3 p. 125 s.; 137 II 297 consid. 3.3

p. 303 s.; TF 2C_365/2017 du 7 décembre 2017 consid. 5.1). La gravité

qualifiée de l'atteinte peut également être réalisée en cas de violation

répétée, grave et sans scrupule de la sécurité et de l'ordre publics par des

comportements relevant du droit pénal et montrant que l'étranger n'a ni la

volonté ni la capacité de respecter à l'avenir le droit (ATF 137 II 297 consid.

3.3 p. 303 s.; TF 2C_182/2017 du 30 mai 2017 consid. 6.2; TF 2C_373/2012

consid. 3.2, 2C_862/2012 du 12 mars 2013 consid. 3).

En soi, des délits – même fiscaux

– commis à l'étranger sont de nature à justifier des mesures d'ordre public au

sens de l'art. 5 de l'Annexe I de l'ALCP, même si, en

Suisse, les peines prévues à cet effet sont principalement d'ordre pécuniaire

et ont un caractère administratif plus marqué que dans d'autres Etats (ATF 134

II 25 consid. 4.3.1 p. 29).

d) En droit interne, lorsque les conditions pour

l'octroi d'une autorisation de séjour sont remplies, mais qu'un ou plusieurs

motifs de révocation selon l'art. 62 LEI sont également donnés, respectivement

que des mesures d'ordre ou de sécurité publics s'opposent à un séjour selon les

art. 5 de l'Annexe I de l'ALCP ou 8 par. 2 de la Convention du 4 novembre 1950

de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH; RS

0.101), il faut procéder à une pesée des intérêts publics et privés. Tant en

application de l'ALCP que des art. 5 al. 2 et 36 de la Constitution fédérale de

la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), 96 LEI et 8 par. 2

CEDH, la mesure d'éloignement doit apparaître comme proportionnée aux

circonstances. A cet égard, il faut prendre en considération, outre la gravité

de la faute, la situation personnelle de l'étranger et de sa famille, leur

degré d'intégration, la durée de leur séjour en Suisse ainsi que les

inconvénients que lui et sa famille devraient subir si la mesure litigieuse

était appliquée (ATF 139 II 121 consid. 6.5.1; 135 II 377 consid. 4.3). En

cas d'actes pénaux graves et de récidive, respectivement en cas de délinquance

persistante, il existe en général un intérêt public important à mettre un terme

à la présence de l'étranger en Suisse dans la mesure où ce type de comportement

porte atteinte à la sécurité et à l'ordre publics (ATF 137 II 233; 130 II 176 consid.

4.4.2; TF 2C_839/2011 du 28 février 2012 consid. 2.3; arrêt PE.2017.0380

du 19 juin 2018 consid. 2f).

e) Contrairement à ce qui prévaut en droit suisse

(cf. art. 62 al. 1 let. a LEI), le seul fait de faire de fausses déclarations

ne constitue pas une cause de révocation – respectivement de refus – de

l'autorisation de séjour sous l'angle de l'ALCP. Une telle attitude peut

toutefois, selon le contexte, être prise en compte dans l'évaluation du

comportement personnel de l'intéressé. L'impact d'une fausse déclaration dépend

de ce que la personne a voulu cacher; suivant les circonstances, la

dissimulation ainsi effectuée peut être considérée comme un indice en faveur de

l'existence d'une menace actuelle et réelle pour l'ordre public (TF 2C_908/2010

du 7 avril 2011 consid. 4.3; CDAP PE.2021.0017 du 12 novembre 2021

consid. 2g; PE.2011.0076 du 22 novembre 2011 consid. 3a in fine).

4.

a) En l'espèce, le recourant a été condamné à de nombreuses reprises

depuis 2015 pour des faits de violence et de violence contre les autorités ou

les fonctionnaires. Les extraits de ses casiers judiciaires suisse et français

sont à cet égard éloquents. Outre les condamnations citées ci-avant, le

recourant avait déjà occupé les services de police à plusieurs reprises pour

des faits de violence, même si aucune condamnation n'a finalement été prononcée

contre ce dernier, notamment à raison de retrait des plaintes pénales déposées.

En dernier lieu, le recourant a en outre été condamné en 2021 encore à une

peine d'emprisonnement ferme de trois ans pour violence et violence aggravée.

Il a alors été tenu compte du caractère récidiviste du recourant. Cette

propension à la violence résulte également d'autres pièces du dossier, comme

l'ordonnance pénale rendue par la Ministère public, parquet régional de

Neuchâtel le 27 avril 2020, où l'on lit que le recourant s'en est pris à des

agents de sécurité publique qui lui demandait de se légitimer, les injuriant,

les menaçant physiquement et verbalement malgré le fait qu'il était seul contre

quatre agents. Des faits similaires résultent également du rapport de

dénonciation au dossier pour des faits qui se sont déroulés à Morges le 5

septembre 2020, le recourant refusant dans un premier temps de s'arrêter pour

un contrôle de police, puis injuriant le policier chargé de ce contrôle, pour

enfin, le surlendemain tentant de marchander l'établissement du rapport

d'infraction avec le policier, le menaçant encore à cette dernière occasion de

problèmes s'il n'obtempérait pas.

On en retiendra un comportement gravement délictueux

ayant amené à de nombreuses reprises le recourant à commettre des infractions

violentes, tant en Suisse qu'en France, ainsi qu'un manque de respect

caractérisé envers les fonctionnaires de police. La lourde peine

d'emprisonnement, pour trois ans, en 2021 devra aussi être prise en compte.

b) Si, comme on l'a vu, en lien avec l'ALCP, le fait

de faire de fausses déclarations, comme l'a du reste admis le recourant, ne

conduit pas automatiquement au refus d'une autorisation de séjour, la

jurisprudence a néanmoins admis que cela participait à la pesée des intérêts et

devait être pris en compte en fonction de ce que la personne avait voulu

cacher. En l'occurrence, le recourant n'a pas seulement caché ses condamnations

antérieures lors de sa dernière annonce d'arrivée. En effet, les demandes d'autorisation

qu'il a signées le 22 mai 2019 et le 11 mai 2020, soit déjà avant la demande

actuellement litigieuse, mentionnent toutes les deux qu'il n'a pas fait l'objet

d'une condamnation en Suisse ni à l'étranger. Ce faisant, le recourant avait

donc déjà antérieurement menti sur ses condamnations sachant probablement que

cela conduirait le SPOP à lui refuser une autorisation de séjour. A ce stade,

force est de constater que le recourant avait donc déjà dans le passé fait

plusieurs fausses déclarations lors de l'obtention d'une autorisation de

séjour, ce qu'il y a lieu de prendre en considération dans le cadre de la pesée

des intérêts en présence.

Surtout, ces fausses déclarations antérieures

battent en brèche les allégations du recourant selon lesquelles il aurait omis

de déclarer ces condamnations lorsqu'il a rempli le formulaire le 23 janvier

2024 pour la demande présentement litigieuse au motif qu'il avait honte de son

passé délictueux et qu'il avait désormais "tiré un trait sur son

passé" (recours, p. 11). La Cour ne saurait suivre le recourant à cet

égard. Il ne saurait expliquer en ayant déjà menti depuis 2019 dans son

formulaire d'annonce que cet ultime mensonge serait celui qui prouverait avoir

modifié son comportement délictueux. On y verra bien plus le manque de

considération du recourant pour l'autorité.

Ainsi, dans le cadre de la pesée des intérêts en

présence, il y a lieu de retenir défavorablement à l'encontre du recourant ses

multiples fausses déclarations dans le cadre des formulaires d'annonce d'arrivée

en Suisse.

c) Au surplus, le recourant n'est pas marié et n'a

pas d'enfant en Suisse. Il ne peut pas non plus se prévaloir d'un long séjour

dans ce pays. Rien ne le lie donc à la Suisse, si ce n'est son activité

lucrative qu'il paraît exercer à la satisfaction de son employeur et de ses

collègues, selon les attestations figurant au dossier. Dans son recours, il

mentionne une relation amoureuse avec une Suissesse sans toutefois la nommer,

ni donner d'autres indications à son égard. Il invoque également être suivi par

un psychologue pour l'aider dans sa démarche de vie meilleure. Là encore, il ne

précise ni ne démontre quel suivi psychologique aurait concrètement été mis en

place, ni s'il a été maintenu à ce jour. Il ne pouvait échapper au recourant,

assisté d'un mandataire professionnel, que la procédure est essentiellement

écrite (cf. également supra consid. 2) et qu'il convenait de produire de

tels éléments dans le cadre de l'échange des écritures devant la Cour de céans.

Tels qu'évoqués dans la correspondance du recourant du 15 mars 2024, ces

allégations ne suffisent pas pour établir que le recourant a véritablement pris

des mesures pour modifier son comportement au quotidien et réduire la

dangerosité qu'il a démontrée encore dans un passé récent.

d) Au terme de cette pesée des intérêts, la Cour

doit confirmer le refus prononcé par l'autorité intimée d'octroyer une

autorisation de séjour UE/AELE au recourant. Il apparaît en effet clairement

que ce dernier constitue une menace en raison de son comportement personnel.

Les importantes condamnations pénales qui l'ont visé dans le passé et les faits

commis par le recourant encore entre 2020 et 2021 laissent apparaître

l'existence d'une menace actuelle pour l'ordre public. Il s'agissait au surplus

de délits portant une grave atteinte à des biens juridiquement protégés

importants. Ces condamnations démontrent en outre une propension très

importante à la récidive permettant d'admettre que le recourant n'avait,

lorsqu'il a à nouveau commis ces infractions, pas tiré de leçons de ses

condamnations pénales antérieures. En annonçant à nouveau son arrivée en Suisse

au moyen de fausses déclarations en janvier 2024, alors qu'il avait déjà

auparavant caché ce passé criminel, le recourant ne démontre aucunement avoir

modifié son comportement. Le fait que depuis son arrivée en 2024 il n'ait pas

commis d'infraction, les attaches en Suisse et le suivi psychologique allégués

mais non prouvés ne peuvent clairement pas contrebalancer les autres éléments

du dossier et ne permettent en particulier pas d'admettre qu'il ne commettra

pas d'autres infractions.

Compte tenu de ces éléments, la décision attaquée

n’apparaît pas comme étant contraire au principe de la proportionnalité. C’est

par conséquent à juste titre que l’autorité intimée a refusé d'octroyer une

autorisation de séjour au recourant et a enjoint à ce dernier de quitter la

Suisse.

Il appartiendra à l'autorité intimée de fixer un

nouveau délai de départ au recourant.

5.

Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la

confirmation de la décision attaquée. Le sort du recours commande que le

recourant en supporte les frais (cf. art. 49 al. 1, 51 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).

Pour le même motif, l’allocation de dépens n’entre pas en ligne de compte (cf. art.

55 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

Faits

I.

Le recours est rejeté.

Considérants

II.

La décision sur opposition du Service de la population du 31 mai 2024

est confirmée.

III.

Un émolument judiciaire de 600 (six cents) francs est mis à la charge du

recourant.

IV.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 24 juillet 2024

Le

président: Le

greffier:

Le présent arrêt est communiqué aux parties à la

procédure, ainsi qu'au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000

Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des

articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS

173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss

LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.