PE.2025.0040
CDAP - PE.2025.0040 - 2025-07-11 - A.________/Service de la population (SPOP)
11 juillet 2025Français21 min
de séjour et frontalières UE/AELE peuvent être révoquées ou ne pas être prolongées,
Source vd.ch
TRIBUNAL CANTONAL
COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC
Arrêt du 11 juillet 2025
Composition
Mme Marie-Pierre Bernel, présidente; Mme Danièle Revey, juge; M.
Guy Dutoit, assesseur; Mme Shayna Häusler, greffière.
Recourant
A.________ à ********,
Autorité intimée
Service de la population (SPOP),
à Lausanne.
Objet
Révocation
Recours A.________ c/ décision du Service de la population
(SPOP) du 12 février 2025 prononçant son renvoi de Suisse.
Vu les faits suivants:
A.
A.________, né le ******** 1978, est ressortissant du Maroc.
Le 26 avril 2018, à ******** au Maroc, il a épousé B.________,
ressortissante française titulaire d'une autorisation de séjour en Suisse.
Aucun enfant n'est issu de leur union.
En 2019, le couple s'est installé en France.
Le 25 novembre 2020, A.________ a déposé auprès d'une
représentation suisse en France une demande de visa de long séjour en Suisse,
en vue d'un regroupement familial avec son épouse.
A.________ est entré en Suisse le 21 janvier 2021. Il
s'est installé à ******** avec son épouse.
Le 28 janvier 2021, A.________ a été mis au bénéfice
d'une autorisation de séjour UE/AELE au titre du regroupement familial valable
jusqu'au 4 novembre 2025.
Le 1er juin 2021, A.________ a conclu un
contrat de travail avec C.________ SA, à ********, en qualité d'opérateur
de production à temps plein.
Début août 2023, A.________ et B.________ se sont
séparés.
Le 26 septembre 2023, A.________ a emménagé seul à ********.
B.
Le 29 février 2024, le Service de la population (ci-après: le SPOP),
informé du fait qu'A.________ et B.________ étaient séparés depuis le 4 août
2023, a requis de la Police cantonale vaudoise une audition des précités
concernant leur situation de couple, les circonstances de leur séparation et
leur situation personnelle respective.
Les 13 et 27 mai 2024, la Police cantonale vaudoise
a procédé à l'audition des précités.
Le 17 septembre 2024, le SPOP a informé A.________ qu'il
avait l'intention de révoquer son autorisation de séjour et de prononcer son
renvoi de Suisse au motif que son union conjugale en Suisse avait duré moins de
trois ans et que le précité ne pouvait se prévaloir de raisons personnelles
majeures.
Le 15 novembre 2024, assisté de son avocat, A.________
s'est déterminé sur le préavis du SPOP. Il a exposé que, même si des démarches
en vue d'un règlement amiable de son divorce avaient été entreprises, il était
toujours marié, le prononcé du divorce n'étant vraisemblablement pas imminent.
Il a ajouté que la reprise de la vie commune avec B.________ ne pouvait être
définitivement exclue en l'état, la situation étant provisoire et les époux
étant toujours en réflexion sur la suite à donner à leur mariage. Il s'est
encore prévalu de son intégration professionnelle et personnelle en Suisse.
C.
Par décision du 6 janvier 2025, le SPOP a révoqué l'autorisation de
séjour UE/AELE d'A.________ et prononcé son renvoi de Suisse. Il a retenu que,
compte tenu de la durée de la séparation, le mariage d'A.________ était vidé de
sa substance. Il a ajouté que le précité ne pouvait se prévaloir de l'art. 50 al.
1 et 2 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers et
l'intégration (LEI; RS 142.20), la vie commune avec B.________ ayant duré moins
de trois ans en Suisse et aucune raison personnelle majeure ne pouvant justifier
la poursuite de son séjour en Suisse. Il a enfin relevé qu'aucun obstacle au
retour dans le pays de provenance n'ayant été démontré, l'exécution du renvoi
du précité était possible, licite et raisonnablement exigible.
Par acte du 30 janvier 2025, A.________ a formé
opposition contre cette décision. Il s'est prévalu de son intégration en
Suisse, exposant qu'il travaillait chez C.________ SA depuis le 1er
juin 2021, plus précisément à titre d'opérateur qualité depuis juillet 2024 à
la suite d'une promotion, qu'il avait obtenu un CFC d'opérateur de machines
automatisées en juin 2024, qu'il payait ses impôts sans retard, qu'il ne
bénéficiait pas de l'aide sociale, que son casier judiciaire était vierge,
qu'il était engagé auprès des citoyens en qualité de pompier volontaire auprès
du détachement d'appui (DAP) de ******** depuis janvier 2024, qu'il donnait
régulièrement son sang lors des collectes organisées par la Croix-Rouge, qu'il
était ancré dans la vie communautaire et qu'il entretenait des relations
professionnelles et personnelles solides dans sa région. A l'appui, il a produit
un certificat de travail intermédiaire de son employeur ainsi qu'une
attestation du Service de Défense Incendie et de Secours (SDIS) de ********. Il
a ajouté que sa présence en Suisse était essentielle pour assurer le
financement des soins médicaux de sa mère résidant au Maroc. Il a produit un
certificat médical établi par la Clinique internationale de Tanger attestant
des affections médicales dont sa mère souffrait et des extraits des transferts
d'argent effectués entre 2021 et 2024 en faveur de sa mère. Il a encore relevé
qu'un retour dans son pays d'origine lui provoquerait un choc considérable dès
lors qu'il perdrait son emploi, privant ainsi sa mère de ses soins médicaux,
tandis qu'elle n'avait aucun réseau de soutien au Maroc qui pourrait prendre le
relais. Il a ainsi fait valoir que des raisons personnelles majeures au sens de
l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI étaient réalisées. Il s'est également
prévalu des art. 8 de la Convention de
sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du
4 novembre 1950 (CEDH; RS 0.101) et 13 al. 2 de la Constitution
fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101) au motif que la révocation de son autorisation de séjour
exposerait sa mère à un préjudice irréversible en la privant des soins médicaux
dont elle dépendait.
Par décision sur opposition du 12 février 2025, le
SPOP a rejeté l'opposition formée par A.________ et confirmé sa décision du 6
janvier 2025. Il a maintenu qu'A.________ ne pouvait se prévaloir de l'art. 50
al. 1 ou 2 LEI, excluant ainsi également le cas d'extrême gravité au sens de
l'art. 30 al. 1 let. b LEI. Il a précisé qu'aucune reprise de la vie commune
n'ayant été envisagée depuis la séparation du couple au mois d'août 2023, A.________
ne pouvait plus se prévaloir de l'art. 3 Annexe I de l’accord conclu le 21 juin
1999 entre la Confédération suisse, d’une part, et la Communauté européenne et
ses Etats membres, d’autre part, sur la libre circulation des personnes (ALCP;
RS 0.142.112.681) sous peine de commettre un abus de droit.
D.
Par acte daté du 30 janvier 2025 et reçu le 7 mars 2025, A.________
(ci-après: le recourant) a recouru contre cette décision devant la Cour de
droit administratif et public du Tribunal cantonal (ci-après: la CDAP),
concluant à son annulation. Il se plaint d'une violation des art. 50 al. 1
let. b et al. 2 LEI, 8 CEDH et 13 al. 2 Cst. A l'appui de son
recours, il a soulevé les mêmes arguments que dans son opposition du 30 janvier
2025.
Dans sa réponse du 22 avril 2025, le SPOP (ci-après:
l'autorité intimée) a indiqué que les arguments invoqués par le recourant
n'étaient pas de nature à modifier sa décision, laquelle était par conséquent
maintenue.
Considérant en droit:
1.
La décision attaquée est une décision sur opposition rendue en
application de l’art. 34a de la loi du 18 décembre 2007 d'application dans
le Canton de Vaud de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LVLEI;
BLV 142.11). Elle n’est pas susceptible de recours auprès d’une autre autorité,
si bien que le recours au Tribunal cantonal est ouvert conformément aux art. 92
ss de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA‑VD;
BLV 173.36). Déposé dans le délai légal par le destinataire de la décision
attaquée (art. 95 LPA-VD), le recours satisfait de plus aux exigences formelles
prévues par la loi (art. 75, 79 et 99 LPA-VD), si bien qu’il y a lieu
d’entrer en matière sur le fond.
2.
La décision attaquée refuse de renouveler l'autorisation de séjour du
recourant, marié et vivant séparé d'une ressortissante française, du fait que
l'union conjugale n'a pas atteint la durée minimale de trois ans exigée et que
la poursuite du séjour en Suisse ne s'impose pas pour des raisons personnelles
majeures.
a) La LEI s'applique aux étrangers dans la mesure où
leur statut juridique n'est pas réglé par d'autres dispositions du droit
fédéral ou par des traités internationaux conclus par la Suisse (art. 2 al. 1
LEI). Elle n'est applicable aux ressortissants des Etats membres de l'Union
européenne (UE) et aux membres de leur famille, notamment, que dans la mesure
où l'ALCP n'en dispose pas autrement ou lorsque la loi prévoit des dispositions
plus favorables (art. 2 al. 2 LEI).
Le recourant, originaire du Maroc, soit d'un Etat
tiers, a été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour UE/AELE par
regroupement familial à la suite de son mariage avec une ressortissante française
titulaire d'une autorisation de séjour en Suisse. Il convient ainsi tout
d'abord d'examiner s'il peut se prévaloir d'un droit de séjour en Suisse fondé
sur les dispositions de l'ALCP.
b) Le conjoint d'une personne ressortissant d'une
partie contractante ayant un droit de séjour et ses descendants ont le droit de
s'installer avec elle (art. 7 let. d ALCP et art. 3 par. 1 et 2 Annexe I ALCP).
Il y a cependant abus de droit à invoquer l'art. 3 par. 1 Annexe
Faits
I ALCP lorsque le lien conjugal est vidé de toute substance et que la demande
de regroupement familial vise seulement à obtenir une autorisation de séjour
pour l'époux du travailleur communautaire (ATF 144 II 1 consid. 3.1;
CDAP PE.2021.0090 du 11 octobre 2021 consid. 4a et les références).
En vertu de l'art. 23 al. 1 de l'ordonnance fédérale du 22 mai 2002 sur
l'introduction progressive de la libre circulation des personnes entre, d'une
part, la Confédération suisse et, d'autre part, l'Union européenne et ses Etats
membres, ainsi qu'entre les Etats membres de l'Association européenne de
libre-échange (OLCP; RS 142.203), les autorisations de séjour de courte durée,
de séjour et frontalières UE/AELE peuvent être révoquées ou ne pas être prolongées,
si les conditions requises pour leur délivrance ne sont plus remplies.
c) En l'espèce, le recourant et son épouse vivent
séparés depuis le mois d'août 2023. La reprise de la vie conjugale n'est
pas intervenue depuis lors. Il ressort du dossier que les époux ont même
entrepris des démarches en vue d'un règlement amiable de leur divorce. Il faut
ainsi admettre que l'union conjugale est rompue de manière définitive et que le
mariage n'existe plus que formellement, avec pour conséquence que le droit de
séjour du recourant en vertu de l'ALCP s'est éteint. Dès lors, la question de savoir
si le recourant peut prétendre au maintien de son autorisation de séjour s'apprécie
à l'aune du droit interne, soit de la LEI et de ses ordonnances d'application.
3.
a) Selon l'art. 50 al. 1 let. a LEI, après dissolution de
la famille, le droit du conjoint à une autorisation de séjour et à la
prolongation de sa durée de validité en vertu de l'art. 44 LEI subsiste si
l'union conjugale a duré au moins trois ans et si les critères
d'intégration définis à l'art. 58a
LEI sont remplis. Ces deux conditions
sont cumulatives (ATF 140 II 289 consid. 3.5.3; 136 II 113
consid. 3.3.3; TF 2C_706/2020 du 14 janvier 2021 consid. 4.1;
2C_87/2014 du 27 octobre 2014 consid. 4.1).
Selon la jurisprudence, la période minimale de trois
ans de l'union conjugale commence à courir dès le début de la cohabitation
effective des époux en Suisse et s'achève au moment où ceux-ci cessent de faire
ménage commun. La limite de trois ans est absolue et s'applique même s'il ne
manque que quelques jours pour atteindre la durée exigée (ATF 137 II 345
consid. 3.1.1; 136 II 113 consid. 3.2 et 3.4). Seules les années de mariage et
non de concubinage sont pertinentes (ATF 140 II 345 consid. 4.1).
b) En l'espèce, les époux se sont mariés le 26 avril
2018 au Maroc et ont emménagé en Suisse en janvier 2021. Ils ont fait ménage
commun jusqu'au mois d'août 2023. La vie commune n'a donc pas atteint la
durée absolue et minimale de trois ans exigée, ce qui n'est au demeurant pas
contesté par le recourant. Par conséquent, l'application de l'art. 50 al. 1
let. a LEI est exclue, sans qu'il soit nécessaire d'examiner si les critères
d'intégration de l'art. 58a LEI sont remplis.
4.
Sur le fond, le recourant soutient que la révocation de son autorisation
de séjour au motif que l'union conjugale a duré moins de trois ans, alors
qu'elle a duré deux ans et sept mois, soit presque le seuil requis, procèderait
d'une violation du principe de la bonne foi dès lors qu'il croyait en la
pérennité de son permis de séjour.
a) Le droit à la protection de la bonne foi (art. 9
Cst.) peut selon les circonstances, mais à des conditions strictes, conférer un
droit à l'autorisation. Tel est le cas notamment si l'étranger s'est fondé sur
des renseignements erronés de l'autorité compétente et a pris en conséquence des
dispositions irréversibles (ATF 126 II 377 consid. 3a
p. 387; TF 2C_840/2014 du 4 mars 2015 consid. 5.1; 2C_126/2007 du 18 juin 2007
consid. 2.7 et les références).
b) Le recourant ne peut se prévaloir de la
protection de sa bonne foi pour justifier que son autorisation de séjour ne
soit pas révoquée malgré une durée de son union conjugale inférieure à trois
ans. En effet, l'autorité intimée ne lui a donné aucun renseignement contraire
qui aurait pu le laisser croire que son autorisation de séjour perdurerait dans
de telles conditions. A cela s'ajoute que le fait de rester en Suisse ne peut
pas être considéré comme une disposition irréversible et qu'une rupture de
l'union conjugale devrait être comprise comme un motif potentiel de révocation
de l'autorisation de séjour dans la mesure où celle-ci a été octroyée dans un
premier temps en raison du mariage avec une détentrice d'une autorisation de
séjour en Suisse, par regroupement familial.
Par conséquent, le grief de la violation du principe
de la bonne foi doit être rejeté.
5.
Le recourant invoque l'existence de raisons personnelles majeures au
sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEI pour prétendre à la prolongation de son
autorisation de séjour. Il se prévaut, d'une part, de son intégration
professionnelle et personnelle en Suisse et, d'autre part, de l'état de santé
de sa mère, résidant au Maroc, laquelle serait financièrement dépendante de son
fils.
a) L'art. 50 al. 1 let. b LEI permet au conjoint
étranger de demeurer en Suisse après la dissolution de l'union conjugale,
lorsque la poursuite de son séjour s'impose pour des raisons personnelles
majeures. Selon l'art. 50 al. 2 LEI, les raisons personnelles majeures visées à
l'al. 1 let. b sont notamment données lorsque le conjoint est victime de
violence conjugale, que le mariage a été conclu en violation de la libre
volonté d'un des époux ou que la réintégration sociale dans le pays de
provenance semble fortement compromise. En ce qui concerne ce dernier motif, la
question n'est pas de savoir s'il est plus facile pour la personne concernée de
vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner si, en cas de retour dans le pays
d'origine, les conditions de la réintégration sociale, au regard de la
situation personnelle, professionnelle et familiale de l'étranger, seraient
gravement compromises (ATF 139 II 393 consid.
6; 137 II 345 consid.
3.2.3).
Une raison personnelle majeure donnant droit à
Considérants
l’octroi et au renouvellement d’une autorisation de séjour peut également
résulter d’autres circonstances. Ainsi, les critères énumérés à l’art. 31 al. 1
OASA, relatif aux cas individuels d’extrême gravité, peuvent à cet égard jouer
un rôle important, même si, pris isolément, ils ne sauraient fonder un cas
individuel d’une extrême gravité. Cette disposition comprend une liste
exemplative des critères à prendre en considération pour juger de l’existence
d’un cas individuel d’une extrême gravité, soit actuellement l’intégration, sur
la base des critères d’intégration définis à l’art. 58a al. 1 LEI, la situation
familiale, la situation financière, la durée de présence en Suisse, l’état de
santé et les possibilités de réintégration dans l’Etat de provenance. A cet
égard, le fait qu’un étranger ait séjourné en Suisse pendant une assez longue
période, qu'il s'y soit bien intégré, socialement et professionnellement, et
que son comportement n'ait pas fait l'objet de plaintes ne suffit pas, à lui
seul, à constituer un cas personnel d'extrême gravité au sens de l’art. 30 al.
1.
let. b LEI; il faut encore que la relation du requérant avec la Suisse soit
si étroite qu'on ne puisse pas exiger qu'il aille vivre dans un autre pays,
notamment dans son pays d'origine (ATF 130 II 39; TF 2A.679/2006 du
9.
février 2007). Il convient en outre de tenir compte des circonstances
qui ont conduit à la dissolution du mariage (ATF 137 II 1 consid. 4.1).
b) En l'espèce, le recourant peut se prévaloir d'un
comportement irréprochable et d'une intégration réussie en Suisse dès lors
qu'il parle le français, qu'il exerce une activité lucrative stable, qu'il n'a
jamais bénéficié de prestations de l'aide sociale et qu'il est investi dans la
vie locale en tant que pompier bénévole et donneur de sang. Toutefois, force
est de constater que le recourant a vécu la grande majorité de sa vie au Maroc,
à savoir plus précisément 40 ans, qu'il parle la langue de ce pays où
réside par ailleurs encore sa mère, avec laquelle il entretient une relation
étroite. A l'inverse, son séjour légal en Suisse a été bref dans la mesure où
il n'a duré que quatre ans et demi. Le recourant n'a pas d'enfant. En outre, même
s'il allègue être intégré dans la vie communautaire et entretenir de solides
relations professionnelles et personnelles dans sa région, on ne saurait
considérer que le recourant ait créé avec la Suisse des attaches à ce point
étroites qu'il serait devenu étranger à son pays d'origine et que l'on ne
puisse exiger de lui qu'il retourne y vivre. Il est encore à relever que le
recourant pourra mettre son expérience professionnelle et sa formation acquises
en Suisse au bénéfice de son pays de provenance. Ainsi, au regard de l'ensemble
des circonstances, il n'apparaît pas que la réintégration du recourant au Maroc
serait fortement compromise.
Le recourant allègue encore que la stabilité
financière qu'il a acquise en Suisse lui permettrait de subvenir aux besoins,
notamment médicaux, de sa mère atteinte dans sa santé. En cas de renvoi
entraînant la perte de son emploi, il soutient que sa mère serait plongée dans
une précarité extrême et que l'état de santé de celle-ci s'aggraverait. Le
séjour du recourant en Suisse ne saurait s’imposer sous cet angle. En effet, la
mère du recourant réside au Maroc et ne pourrait pas bénéficier d’un droit de
résider en Suisse. L’argument relève ainsi d’un cas de rigueur "indirect"
qui n’est pas protégé par la loi, la santé précaire invoquée étant celle de la
mère du recourant et non celle du recourant lui-même. Certes, avec un salaire
nécessairement moindre, il sera plus délicat pour le recourant de financer les
soins médicaux de sa mère. Sa situation ne sera cependant pas plus défavorable
que celle de compatriotes restés au pays. Au surplus, compte tenu de la formation
acquise en Suisse, le recourant devrait parvenir à se réintégrer sur le marché
du travail marocain et être en mesure de participer au soutien de sa mère
depuis son pays d'origine, la proximité géographique pouvant au demeurant faciliter
ledit soutien.
Partant, le recourant ne peut pas se prévaloir de
raisons personnelles majeures au sens des art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEI Ce
grief doit ainsi être rejeté.
6.
La Cour se contentera de relever pour le reste, à toutes fins utiles,
que le recourant ne peut pas davantage se prévaloir d'un cas individuel
d'extrême gravité au sens de l'art. 30 al. 1 let. b LEI; il peut être renvoyé à
ce propos aux considérations qui précèdent sous l'angle de l'art. 50 al. 1 let.
b LEI (cf. supra consid. 5).
7.
Le recourant invoque enfin la protection de sa vie familiale en se
référant aux art. 8 CEDH et 13 Cst. Il fait valoir que son renvoi au Maroc
exposerait sa mère à un préjudice irréversible dès lors qu'elle dépendrait des
revenus de son fils pour avoir accès à ses soins médicaux.
a) Sous l'angle du respect de la vie familiale, un
étranger peut, selon les circonstances, se prévaloir de l'art. 8 par. 1 CEDH (et
de l'art. 13 Cst.) pour s'opposer à l'éventuelle séparation de sa famille, pour
autant qu'il entretienne une relation étroite et effective avec une personne de
sa famille ayant le droit de résider durablement en Suisse, ce qui suppose
qu'elle ait la nationalité suisse, qu'elle soit au bénéfice d'une autorisation
d'établissement ou d'un droit certain à une autorisation de séjour (ATF 146 I 185 consid. 6.1; 139 I 330 consid. 2.1; 135 I 143 consid. 1.3.1; 130 II
281.
consid. 3.1; 129 II 193 consid. 5.3.1).
Quant au droit au respect de la vie privée garanti
par l'art. 8 CEDH, il dépend fondamentalement de la durée de la résidence en
Suisse de l'étranger. Lorsque le requérant réside légalement dans le pays
depuis plus de dix ans, il y a lieu de présumer que les liens sociaux qu'il a
développés avec notre pays sont à ce point étroits qu'un refus de
renouvellement d'autorisation de séjour, respectivement la révocation de
celle-ci ne peut être prononcés que pour des motifs sérieux. Le droit au
respect de la vie privée garanti par l'art. 8 par. 1 CEDH peut s'imposer
même sans séjour légal de dix ans si la personne étrangère concernée entretient
des relations privées de nature professionnelle ou sociale particulièrement
intenses en Suisse, allant au-delà d'une intégration normale (ATF 149 I 207
consid. 5.3.2; 144 I 266 consid. 3.8 et 3.9).
b) En l'espèce, sous l'angle de la protection de la
vie familiale dont le recourant se prévaut en lien avec sa mère, il est à
relever que cette dernière ne réside pas en Suisse mais au Maroc et qu'elle ne dispose
au surplus pas d'un droit de résider en Suisse. Dans ces conditions, le
recourant ne peut pas invoquer un droit manifeste à une autorisation de séjour
fondée sur la protection de la vie familiale garantie par l'art. 8 CEDH. Il n'y
a donc pas lieu d'examiner l'état de dépendance allégué par le recourant.
En outre, à juste titre, le recourant ne se prévaut
pas de la protection de sa vie privée dès lors qu'il ne peut se prévaloir d'un
séjour légal de dix ans en Suisse.
Partant, le grief est rejeté.
8.
Enfin, il y a également lieu de confirmer la décision attaquée dans la
mesure où elle prononce le renvoi de Suisse du recourant. En effet, ce dernier
ne se prévaut d'aucune autre circonstance qui pourrait s'opposer à son retour
au Maroc de sorte qu'il y a lieu de considérer que l'exécution de son renvoi
est possible, licite et raisonnablement exigible.
9.
Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la
confirmation de la décision attaquée. Le délai de départ imparti au recourant
étant échu, il convient de lui fixer un nouveau délai.
Le recourant, qui succombe, supportera les frais
judiciaires (art. 49, 91 et 99 LPA‑VD). L’émolument judiciaire est
arrêté à 600 fr. (art. 4 al. 1 du tarif des frais judiciaires et des dépens en
matière administrative [TFJDA; BLV 173.36.5.1]). Il n'y a pas lieu d'allouer
des dépens (art. 55 al. 1 a contrario, 91 et 99 LPA-VD).
Dispositif
Par ces motifs
la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal
arrête:
I.
Le recours est rejeté.
II.
La décision sur opposition rendue le 12 février 2025 par le Service de
la population est confirmée, un nouveau délai de départ au 1er
septembre 2025 étant imparti à A.________ pour quitter la Suisse.
III.
Les frais de justice, par 600 (six cents) francs, sont mis à la charge
d'A.________.
IV.
Il n'est pas alloué de dépens.
Lausanne, le 11 juillet 2025
La présidente: La greffière:
Le présent arrêt est communiqué aux participants à la
procédure, ainsi qu'au secrétariat d'Etat aux migrations (SEM).
Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa
notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000
Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des
articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS
173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss
LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,
indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.
Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.
Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,
pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la
décision attaquée.