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Décision

PS.2005.0048

TA - PS.2005.0048 - 2005-06-15 - X/Caisse de chômage de la CVCI, Office régional de placement de Pully

15 juin 2005Français8 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

a) En 2001, A.________, né en 1954, se trouvait au

chômage.

b) Pour sortir de ce statut, l'intéressé indique

avoir accepté un emploi à Berne, auprès de X.________ en qualité d'expert en production

documentaire (voir l'acte d'engagement du 5 avril 2001).

c) Dans le cadre d'un protocole d'accord passé le 9

septembre 2004 avec son employeur, A.________ a accepté de démissionner de son

poste avec effet au 31 octobre suivant.

d) On retire de l'attestation d'employeur remplie par

X.________ que le dernier salaire mensuel versé s'élevait à 8'386 fr.70 (sans

13ème salaire; l'attestation souligne cependant qu'il s'agit d'un

salaire non soumis à l'AVS, X.________ constituant une institution spécialisée

des Nations Unies, non soumise au droit suisse sur ce point).

On notera également que c'est apparemment parce que A.________

a accepté de donner sa démission que son employeur a, de son côté, consenti à

lui verser une indemnité équivalente à neuf salaires mensuels pour cessation de

service (voir protocole d'accord précité, au chiffre 2).

B.

a) A.________ s'est alors inscrit à nouveau auprès de

l'assurance-chômage et il a déposé une demande d'indemnité le 3 décembre 2004

auprès de la Caisse vaudoise de chômage de la Chambre du commerce et de

l'industrie (ci-après : la caisse).

b) Ayant constaté que l'intéressé (et son employeur)

n'avaient versé aucune cotisation d'assurance, la caisse lui a refusé, par

décision du 17 janvier 2005, tout droit aux indemnités de chômage. Elle a

confirmé le 9 février 2005 cette solution dans sa décision sur opposition.

c) Par acte daté du 28 février, mais confié à la

Poste le 1er mars 2005 seulement, soit néanmoins en temps utile, A.________

a recouru au Tribunal administratif contre la décision précitée, en demandant

implicitement à être mis au bénéfice des indemnités de chômage. Dans sa réponse

au recours du 9 mars 2005, la caisse propose le rejet de celui-ci. Elle

souligne que l'intéressé aurait pu adhérer soit à l'AVS/AI/APG/AC, soit à

l'assurance-chômage uniquement sur une base volontaire, mais que l'intéressé

n'a pas fait usage de cette faculté .

Considérants

1.

a) A teneur de l'art. 8 de la loi du 25 juin 1982 sur

l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité (ci-après

: LACI; RS 837.0), le droit aux indemnités est subordonné à diverses

conditions; l'intéressé doit en particulier remplir les conditions relatives à

la période de cotisation ou en être libéré (al. 1 lettre e). A cet égard,

l'assuré doit avoir exercé, durant douze mois au moins (cela pendant le

délai-cadre de deux ans précédant le délai-cadre d'indemnisation, art. 9 LACI),

une activité soumise à cotisations. En l'occurrence, il est constant que le

recourant ne remplit pas cette condition (ni d'ailleurs celles évoquées à

l'art. 13 al. 2 LACI).

Cependant, certaines personnes sont libérées des

conditions relatives à la période de cotisation; il s'agit notamment des

Suisses de retour au pays après un séjour de plus d'un an dans un pays non-membre

de la Communauté européenne ou de l'Association européenne de libre-échange

(CE; AELE), à condition qu'elles justifient de l'exercice d'une activité

salariée à l'étranger (art. 14 al. 3 LACI).

b) En substance, le recourant n'ignore pas qu'il ne

se trouve pas dans la situation visée à l'art. 14 al. 3 LACI; il fait cependant

valoir que les organisations internationales, dans la mesure où elles bénéficient

d'un régime d'extraterritorialité en Suisse, devraient pouvoir être assimilées à

un pays étranger (hors CE et AELE).

2.

a) Dans un ATF 112 V 51, le Tribunal fédéral des

assurances a adopté un raisonnement qui présente certaines analogies avec celui

que soutient le recourant. Toutefois cet arrêt concernait l'hypothèse d'un

fonctionnaire ayant travaillé pour l'Organisation des nations unies pour

l'alimentation et l'agriculture en 1982 et 1983, soit avant le 1er

janvier 1984, date de l'entrée en vigueur de la LACI; or, durant la période en

question, les fonctionnaires internationaux n'avaient pas la faculté de s'affilier

à l'assurance-chômage suisse, même à titre facultatif. Dans cette

configuration, l'arrêt précité a estimé pouvoir assimiler cet ancien

fonctionnaire international à un Suisse de retour de l'étranger et il l'a mis

au bénéfice de l'art. 14 al. 3 LACI, mettant ainsi la priorité sur la volonté

du législateur relative à la généralisation de l'assurance-chômage obligatoire

(v. d'ailleurs sur ce point FF 1980 III, 567).

b) Par la suite, la jurisprudence du Tribunal

fédéral des assurances a encore posé le principe selon lequel les

fonctionnaires suisses d'organisations internationales devaient obligatoirement

être affiliés à l'assurance-chômage suisse (voir à cet égard ATF 117 V 1 et ATF

120.

V 401).

Cependant, les organisations internationales ont

protesté contre cette solution, estimant qu'elle portait atteinte à leur statut

d'extraterritorialité. Sensible à ces interventions, le Conseil fédéral a

engagé des négociations avec les organisations internationales et notamment

avec l'Union postale universelle; cela a débouché notamment sur un échange de

lettres des 26 octobre et 2 novembre 1994 conclu entre la Confédération et

l'Union précitée, ratifié par l'Assemblée fédérale le 4 mars 1996 (RO 1997 609;

l'échange de lettres précité est reproduit au RO 1997 626).

En substance, le régime négocié avec les

organisations internationales prévoit que les fonctionnaires de nationalité

suisse de ces organisations ne sont plus considérés par la Suisse comme étant

assurés obligatoirement à l'assurance-vieillesse et survivants (AVS), à

l'assurance-invalidité (AI), à l'assurance pour perte de gain (APG) et à

l'assurance-chômage (AC), pour autant qu'ils soient affiliés à un système de

prévoyance prévu par l'organisation internationale en question. Ces

fonctionnaires ont en revanche la possibilité d'adhérer, sur une base

volontaire, soit à l'AVS/AI/APG/AC soit à l'AC seule, étant entendu qu'une

telle affiliation individuelle n'entraîne aucune contribution financière

obligatoire de la part de l'organisation internationale; les assurés (à titre

facultatif) paient des cotisations calculées sur la rémunération versée par

l'organisation, selon les taux prévus pour les salariés dont l'employeur n'est

pas tenu de cotiser (voir l'échange de lettres précité, ainsi que le message du

Conseil fédéral, FF 1995 IV 749 ss, spéc. p. 752 s.). Par ailleurs, il résulte

du système mis en place que le fait, pour un fonctionnaire suisse d'une

organisation internationale, de ne plus être assuré, implique la perte de tout

droit à des prestations de l'AI et en principe de l'AC (FF, ibidem p. 753).

3.

Le recourant, qui en avait la possibilité, n'a jamais

adhéré à titre facultatif aux assurances sociales suisses, ni en particulier à

l'assurance-chômage. La caisse intimée suggère que l'intéressé aurait dû mettre

à profit le fait que les revenus qu'il retirait de son activité auprès de X.________

étaient exonérés d'impôt pour financer une couverture d'assurance. Pour sa

part, le recourant se borne à faire valoir qu'une assurance facultative aurait

été trop chère pour lui.

Quoi qu'il en soit de ces remarques et de la rigueur

qui peut en résulter pour le recourant, il reste que ce dernier, faute d'avoir

adhéré à titre facultatif à l'assurance-chômage suisse, ne saurait réclamer

aujourd'hui des prestations de cette assurance.

4.

Les considérations qui précèdent conduisent ainsi au rejet

du recours et à la confirmation de la décision attaquée. Le présent arrêt sera

néanmoins rendu sans frais (art. 61 lettre a LPGA).

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision rendue sur opposition le 9 février 2005 par la

Caisse de chômage de la CVCI est maintenue.

III.

Il n'est pas prélevé d'émolument.

Lausanne, le 15 juin 2005

Le

président:

Le présent arrêt est

communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

La présente décision peut

faire l'objet, dans les trente jours suivant sa communication, d'un recours au

Tribunal fédéral des assurances, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne. Le recours

s'exerce par acte écrit, déposé en trois exemplaires, indiquant :

a) quelle

décision le recourant désire obtenir en lieu et place de la présente décision;

b) pour

quels motifs le recourant s'estime en droit d'obtenir cette autre décision;

c) quels moyens de preuve le

recourant invoque à l'appui de ses motifs.

La présente décision et l'enveloppe dans laquelle elle a

été expédiée, ainsi que les pièces invoquées comme moyens de preuve,

lorsqu'elles se trouvent en mains du recourant, seront jointes au recours.