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Décision

PS.2008.0007

CDAP - PS.2008.0007 - 2009-01-27 - A.X./Bureau de recouvrement et d'avances de pensions alimentaires, Centre social régional de Cossonay- Orbe-La Vallée

27 janvier 2009Français10 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

La recourante, A.X.________, est la mère de trois

enfants : B.X.________ et C.X.________, nés d'un premier mariage,

respectivement le 8 mai 1984 et le 21 août 1986, et D.X.________, né le 6 août

1998. Depuis juillet 2003, elle s'est vue allouer des avances sur pensions

alimentaires pour l'entretien de son Fils D.X.________.

En juin 2006, elle a annoncé au Bureau

de recouvrement et d'avances de pensions alimentaires (BRAPA) le départ de sa

fille pour Oxford (Grande-Bretagne), ainsi que l'entrée de son fils B.X.________

à l'université. Le 12 décembre 2006, le BRAPA a adapté ses avances, compte tenu

du fait que A.X.________ avait débuté une activité lucrative en novembre 2006.

Les 11 septembre et 26 novembre 2007, la recourante a été invitée à renseigner

le BRAPA sur les revenus réalisés par ses deux aînés. De la correspondance qui

s'en est suivi et des documents produits il est ressorti que B.X.________

exerçait une activité lucrative depuis septembre 2006, que C.X.________ (logée

chez sa mère) avait commencé à exercer une activité lucrative en avril 2007 et

que la recourante n'exerçait plus d'activité lucrative depuis mai 2007.

B.

Le 11 décembre 2007, le BRAPA a établi un décompte,

mois par mois, des revenus cumulés de A.X.________ et de ses enfants pour les

mois de septembre 2006 à juillet 2007, avec l'indication des normes applicables

à un adulte et trois enfants, respectivement à un adulte et deux enfants

suivant la situation familiale en cours. Ce décompte fixe les avances

mensuelles dues d'octobre 2006 à août 2007. Par décision du 14 décembre 2007,

fondée sur ce décompte, le BRAPA a requis le remboursement d'un montant de

3'678 fr. correspondant aux avances allouées à tort pour les mois d'octobre

2006 à mars 2007. Le décompte du 11 décembre 2007 et la décision du 14 décembre

2007 ont été notifiés par le même courrier à l'intéressée.

C.

Contre ces deux décisions, A.X.________ a interjeté

recours le

16 janvier 2008 (date du timbre postal).

Sur réquisition du juge instructeur,

la recourante a complété son recours le

29 janvier 2008. En bref, la recourante expose ne pas comprendre pourquoi le

décompte du 11 décembre 2007 se réfère aux normes applicables à un adulte et

tantôt trois, tantôt deux enfants et pourquoi il est opéré une déduction

forfaitaire de 500 fr. pour B.X.________ dans le calcul du revenu déterminant

de certains mois seulement.

Dans sa réponse du 3 avril 2008, le

BRAPA a conclu au rejet du recours et au maintien de sa décision.

Le Centre social régional de

Cossonay-Orbe-La Vallée (CSR) a renoncé à déposer des observations.

La recourante n'a pas produit de

mémoire complémentaire, ni requis de mesures d'instruction supplémentaires dans

le délai qui lui avait été imparti pour ce faire.

Interpellé par le juge instructeur, le

BRAPA s'est expliqué le 29 juillet 2008 sur divers critères relatifs aux

montants retenus pour effectuer le décompte du 11 décembre 2007.

Considérants

1.

Déposé dans le délai de trente jours fixé à l'art.

19.

de la loi du 10 février 2004 sur le recouvrement et les avances sur pensions

alimentaires (LRAPA; RSV 850.36), le recours est intervenu en temps utile. Complété

par la recourante dans le délai imparti par le juge instructeur, le recours est

au surplus recevable en la forme.

2.

L'art. 5 LRAPA prévoit que des avances peuvent être

allouées à la personne qui n'a pas obtenu le paiement de tout ou partie des

pensions qui lui sont dues. Il faut toutefois, à teneur de l'art. 9 LRAPA, que

cette personne se trouve dans une "situation économique difficile",

ce qui n'est le cas, selon les art. 1 et 4 du règlement d'application de la

LRAPA (RLRAPA; RSV 850.36.1), que lorsque son "revenu mensuel global

net" ne dépasse pas certaines limites. Selon l'art. 8 RLRAPA, "le

montant des avances allouées représente la différence entre les limites maximum

de revenu et le revenu mensuel net global du requérant". Cependant, un

montant maximum d'avances est consenti mensuellement en fonction de la

composition familiale, soit notamment 1'585 fr. pour un adulte et deux enfants

et 2'030 fr. pour un adulte et trois enfants (art. 7 al. 1 RLRAPA).

Les limites de revenu maximum s'élèvent

notamment à 4'560 fr. pour un adulte et deux enfant et à 4'851 fr. pour un

adulte et trois enfants (art. 4 RLRAPA). Selon l'art. 5 al. 1 RLRAPA, dans sa

teneur en vigueur jusqu'au 31 août 2007, le revenu mensuel global net

déterminant le droit aux avances comprend notamment le revenu net provenant

d'une activité professionnelle du requérant, de son conjoint ou de son

partenaire enregistré après déduction des charges sociales usuelles (ch. 1),

les revenus nets des enfants mineurs ou majeurs encore à charge après déduction

d'un montant forfaitaire de 500 fr. (ch. 2), les sommes reçues en vertu d'une

obligation d'entretien du droit de la famille ou de la législation sur le

partenariat enregistré (ch. 4), une contribution, à part égale, aux frais fixes

du ménage (notamment: loyer, charges, électricité, taxes TV et téléphone),

proportionnelle au nombre des débiteurs au sens de l'art. 328 du Code civil

suisse, faisant ménage commun avec le requérant (ch. 8).

3.

En l'espèce, la recourante ne conteste pas les

montants retenus par l'autorité intimée à titre de revenus d'une activité

lucrative exercée par les divers membres de la famille. Ces données ont

d'ailleurs été fournies par la recourante elle-même et ont été reprises par le

BRAPA. Elle ne conteste pas non plus les calculs effectués par le BRAPA pour

fixer la limite de revenu mensuel net suffisant à couvrir les frais d'études et

d'entretien d'un étudiant (1'770 fr.), ni le montant correspondant à la

participation aux frais fixes de la famille (1'345 fr.). La recourante se borne

essentiellement à critiquer le décompte du 11 décembre 2007, qui lui paraît

partiellement incompréhensible et incohérent. Ses griefs sont examinés un à un

ci-après :

a) L'autorité intimée a considéré que

la recourante avait, en principe, trois enfants à charge, soit B.X.________, C.X.________

et D.X.________. C.X.________ était à la charge de sa mère lorsqu'elle étudiait

en Grande-Bretagne, car sa mère était tenue de pourvoir à son entretien. De

sorte que, durant tout le séjour de C.X.________ à Oxford, le BRAPA l'a incluse

dans le nombre des enfants à charge et a ajouté au revenu mensuel déterminant

la contribution d'entretien versée par le père de C.X.________ pour sa fille.

C'est pourquoi, à titre d'exemple, ce sont les normes correspondant à un adulte

et trois enfants qui ont été appliquées par le BRAPA au mois de septembre 2006,

alors que C.X.________ étudiait à Oxford ce mois-là.

b) Concernant les revenus mensuels nets

d'une activité lucrative perçus par B.X.________ et C.X.________ (les mentions "salaire

brut de base" figurant sur le décompte du 11 décembre 2007 sont erronées,

le BRAPA ayant effectivement retenus les salaires nets), l'autorité intimée les

a ajoutés au revenu mensuel déterminant, sous déduction d'un montant

forfaitaire mensuel de 500 fr., ceci pour autant qu'ils ne dépassaient pas la

limite de 1'770 fr. Tant que B.X.________ ou C.X.________ réalisaient un

salaire mensuel net inférieur à 1'770 fr., le BRAPA les a considérés comme

étant à charge de la recourante et les a inclus dans le nombre des enfants à

charge.

c) Lorsque B.X.________ ou C.X.________

réalisaient un salaire mensuel net dépassant 1'770 fr. (montant mensuel suffisant

à couvrir les frais d'études et d'entretien d'un étudiant selon les calculs du

BRAPA et qui couvre les frais d'études et d'entretien pour B.X.________ et C.X.________

mentionnés par la recourante dans son mémoire complémentaire), l'autorité

intimée les a considérés comme financièrement indépendants, c'est-à-dire comme

n'étant plus à charge de leur mère, et n'a plus ajouté leur revenu mensuel net

au revenu mensuel déterminant, mais a pris en compte une participation aux

frais fixes de la famille, fixée à 1'345 fr. et calculée comme suit :

½ loyer mensuel 1'125.00

½ frais mensuels d'électricité 166.85

½ frais mensuels de téléphone, etc. 53.50

___________

Total 1'345.35

Dans ces circonstances, le BRAPA a

appliqué les normes correspondant à un adulte et deux enfants. Il convient de

relever ici qu'entre septembre 2006 et juillet 2007, B.X.________ et C.X.________

n'ont jamais perçu un salaire mensuel net dépassant 1'770 fr. ensemble le même

mois. Si tel avait été le cas, B.X.________ et C.X.________ auraient participé

chacun pour un tiers aux frais fixes de la famille et les normes applicables

auraient été celles correspondant à un adulte et un enfant.

Il apparaît dès lors que le décompte

effectué par le BRAPA le 11 décembre 2007 n'est pas plus critiquable que le

décompte du 14 décembre 2007 concernant les montants perçus à tort. Le recours

doit ainsi être rejeté.

4.

La recourante conserve la possibilité de déposer

une demande de remise, demande qui s'exerce aux conditions de l'art. 13 al. 3

LRAPA.

Dispositif

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

Les décisions du Bureau de recouvrement et d'avances

de pensions alimentaires des 11 décembre 2007 et 14 décembre 2007 sont

confirmées.

III.

Il n'est pas perçu d'émolument de justice ni alloué

de dépens.

Lausanne, le 27

janvier 2009

Le président: La

greffière:

Le présent

arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente

jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Cours de droit

social, Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne). Le recours en matière de droit

public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur

le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire

à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours

doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les

motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer

succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme

moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient

en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.