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Décision

PS.2022.0048

CDAP - PS.2022.0048 - 2023-02-10 - A.________/Agence d'Assurances Sociales Centre régional de décision PC FAM

10 février 2023Français17 min

I.

Source vd.ch

TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

Arrêt du 10 février 2023

Composition

Mme Mihaela Amoos Piguet, présidente; M. Guy Dutoit et

M. Marcel-David Yersin, assesseurs; M. Quentin Ambrosini, greffier.

Recourante

A.________ à ********

Autorité intimée

Agence d'Assurances

Sociales Centre régional de décision PC Familles

Grand-Lausanne,

à Lausanne.

Objet

aide sociale

Recours A.________ c/ décision sur réclamation du Centre

régional de décision PC Familles Grand-Lausanne du 11 juillet 2022

(confirmation du refus d'une demande de remise).

Vu les faits suivants:

A.

A.________, née le ******** 1980, est au bénéfice des prestations

complémentaires pour familles (ci-après: PCFam) depuis le 1er

juillet 2017. Par décision du 19 décembre 2018, il lui a été octroyé une PCFam

mensuelle de 1'232.- fr. dès le 1er janvier 2019.

B.

Le 6 décembre 2019, l'Agence d'Assurances Sociales, Centre régional de

décision PC Familles Grand-Lausanne (ci-après: l'AAS) a initié la révision

annuelle du dossier de l'intéressée, en lui demandant de fournir des données

actualisées sur sa situation économique. Dans ce cadre, A.________ a transmis,

en janvier 2020, les documents suivants:

- deux

contrats de travail établis les 9 août et 27 septembre 2019, aux termes

desquels elle a été engagée par l'Etat de Vaud en qualité de maîtresse

stagiaire de disciplines académiques à Bussigny, pour une durée allant du 1er

août 2019 au 31 juillet 2020, avec des taux d'occupation respectifs de 8% et de

48%;

- un

contrat de travail établi le 11 octobre 2019, aux termes duquel A.________ a

été engagée par l'Etat de Vaud en qualité de maîtresse stagiaire de disciplines

académiques à Prilly, pour une durée allant du 1er octobre 2019 au 7

février 2020, avec un taux d'occupation de 16%.

Selon ses allégations, A.________ aurait, en

novembre 2019, personnellement remis ces documents au guichet de l'AAS afin de

lui faire part de la modification de sa situation économique.

Les 16 février et 7 avril 2020, A.________ a encore

produit d'autres documents permettant d'établir, dans le cadre de son dossier

PCFam, sa situation financière et économique. Il en ressort que, de février à

juin 2020, elle a été engagée à temps partiel auprès de la société ********.

C.

En juin 2020, l'AAS a rendu plusieurs décisions, parmi lesquelles:

- décision

de suppression du droit aux PCFam no 2020-1289787, pour la période

du 1er août 2019 au 31 décembre 2019. Cette décision retient en

substance qu'après la prise en compte de la nouvelle activité professionnelle

(auprès de l'Etat de Vaud) de A.________, le droit aux PCFam ne peut plus être

reconnu. Les prestations déjà versées pour les mois d'août à décembre 2019 – cinq

mois à 1'232.- fr., soit 6'160.- fr. – doivent par conséquent être remboursées.

- décision

de suppression du droit aux PCFam no 2020-1289784, pour la période

du 1er janvier 2020 au 31 mai 2020. Cette décision retient en

substance qu'après la prise en compte des nouvelles activités professionnelles

(auprès de l'Etat de Vaud et de ********) de A.________, le droit aux PCFam ne

peut plus être reconnu. Les prestations déjà versées pour les mois de janvier à

mai 2020 – cinq mois à 1'232.- fr., soit 6'160.- fr. – doivent par conséquent

être remboursées.

- décision

de restitution, établissant le décompte des prestations touchées en trop (6'160

+ 6'160 = 12'320.- fr.), à verser à la Caisse cantonale vaudoise de

compensation dans les trente jours.

D.

Par courrier du 15 juillet 2020, A.________ a contesté la décision de

restitution des PCFam et demandé la remise du montant réclamé.

Par décision sur réclamation du 5 mai 2021, l'AAS a

confirmé la suppression du droit aux PCFam de A.________ avec effet rétroactif

au 1er août 2019 et la restitution d'un montant de 12'320.- fr. à

titre de prestations indûment perçues. En substance, l'AAS a retenu que

l'intéressée n'avait pas annoncé spontanément les modifications dans sa

situation personnelle et financière et qu'elle avait attendu la révision

annuelle de son dossier pour ce faire. Elle a en outre estimé que A.________

n'avait pas démontré qu'elle avait transmis, en novembre 2019, ses nouveaux

contrats de travail auprès de l'Etat de Vaud.

L'intéressée a saisi la Cour de droit administratif

et public (CDAP) du Tribunal cantonal d'un recours à l'encontre de cette

décision. Par arrêt PS.2021.0046 du 25 juin 2021, la CDAP a prononcé

l'irrecevabilité dudit recours. La décision sur réclamation du 5 mai 2021, les

décisions nos 2020-1289787 et 2020-1289784 et la décision de

restitution sont entrées en force (cf. supra consid. C.).

E.

Statuant le 8 juillet 2021 sur la demande de remise du 15 juillet 2020, l'AAS

a estimé que les conditions auxquelles est subordonnée la remise de

l'obligation de restituer le montant réclamé n'étaient pas réalisées. Elle a

par conséquent refusé la remise de la somme de 12'320.- francs.

F.

Par courrier du 17 juillet 2021, A.________ a déposé une réclamation à

l'encontre de la décision du 8 juillet 2021 (datée par erreur du 20 juillet

2020). Elle fait valoir que, en novembre 2019, elle a personnellement remis les

documents et les justificatifs relatifs à sa nouvelle situation professionnelle

au guichet de l'AAS, se prévalant de sa bonne foi.

Par décision sur réclamation du 11 juillet 2022,

l'AAS a rejeté la réclamation et confirmé la décision de refus de remise

prononcée le 8 juillet 2021. En substance, l'AAS a retenu que A.________

n'avait pas annoncé les changements dans sa situation financière, en violation

de son obligation de renseigner l'autorité. Elle a ainsi estimé que

l'intéressée n'était pas de bonne foi, de sorte qu'une remise du montant de

12'320.- fr. ne se justifiait pas.

Par courrier du 19 juillet 2022, A.________ a fait

savoir à l'AAS qu'elle avait l'intention de recourir à l'encontre de la

décision sur réclamation, soulignant "[s]a grande frustration face [au]

refus de considérer [s]a bonne foi dans le processus de transmission des

documents en lien avec les changements dans [s]es activités salariales

en 2019". Elle a également fait part de sa situation familiale et

financière compliquée, une procédure civile de séparation d'avec son époux B.________,

dont elle payerait les dettes, ayant été lancée dans l'intervalle. Elle a enfin

produit plusieurs documents (fiscaux, judiciaires, et relatifs à son emploi du

temps et à sa situation personnelle) et factures.

G.

Le 3 août 2022, A.________ a saisi la CDAP d'un recours à l'encontre de

la décision sur réclamation du 11 juillet 2022, demandant son annulation. En

substance, elle se prévaut de sa bonne foi, alléguant qu'elle a communiqué les

documents relatifs à sa nouvelle situation économique en temps utile, en les

amenant personnellement au guichet de l'AAS en novembre 2019, ce qu'elle admet

ne pas être en mesure de prouver. Elle invoque également, d'une part, sa

situation financière et personnelle compliquée, en particulier dans la mesure

où elle assume seule les charges de sa famille, et, d'autre part, les

contraintes liées à son emploi du temps, s'agissant de la formation et des

différentes activités salariées qu'elle mène en parallèle.

L'AAS s'est déterminée sur le recours le 27

septembre 2022, concluant à son rejet et à la confirmation de la décision

attaquée.

La recourante a répliqué le 17 octobre 2022 en

maintenant ses conclusions. En substance, elle réitère sa bonne foi,

reconnaissant néanmoins une "erreur dans la rapidité de transmission

des documents", qu'elle justifie par sa "mauvaise

compréhension des délais", sa surcharge de travail liée à sa formation

et à ses différentes activités salariées, ainsi que le "nombre de

documents à transmettre".

Considérant en droit:

1.

Rendue sur la base de la loi vaudoise du 23 novembre 2010 sur les

prestations complémentaires cantonales pour familles et les prestations

cantonales de la rente-pont (LPCFam; BLV 850.053), la décision sur réclamation

attaquée est susceptible de recours au Tribunal cantonal (cf. art. 30 al. 4

LPCFam). Les dispositions de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la

procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36) s'appliquent au surplus (cf. art.

30 al. 5 LPCFam).

Déposé en temps utile (art. 95 LPA-VD), le recours

satisfait en outre aux autres conditions formelles de recevabilité (art. 79

LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu

d'entrer en matière sur le fond.

2.

La recourante conteste le refus de l'autorité intimée de lui accorder la

remise du montant de 12'320.- fr. que, par décision entrée en force, elle a été

astreinte à restituer à titre de prestations indûment perçues. La recourante se

prévaut en particulier de sa bonne foi dans la communication des modifications

de sa situation professionnelle.

a) Il convient de rappeler, à titre liminaire, le

cadre légal à l'aune duquel doit être jugée la présente cause.

aa) L'obligation de renseigner est régie par les

art. 22 ss LPCFam et 44 ss du règlement d'application du 17 août 2011 de la

LPCFam (RLPCFam; BLV 850.053.1), les dispositions de la loi fédérale du 6

octobre 2020 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA; RS

830.1) s'appliquent en outre par analogie (cf. art. 22 LPCFam). L'art. 22a

LPCFam prévoit que la personne qui sollicite une prestation financière ou qui

en bénéficie déjà fournit des renseignements complets sur sa situation

personnelle et financière (al. 1) et signale sans retard tout changement de sa situation

pouvant entraîner la réduction ou la suppression de ladite prestation (al. 4).

L'art. 44 RLPCFam précise de même que chaque bénéficiaire doit communiquer sans

retard au Centre régional de décision (CRD) tout changement dans la situation

personnelle ou matérielle de nature à modifier le montant des prestations

allouées ou à justifier leur suppression (al. 1). Le CRD peut en tout temps

exiger de l'ayant droit qu'il fournisse par écrit les renseignements justifiant

de l'octroi, du maintien ou de la modification de son droit, notamment sur sa

situation familiale et professionnelle (al. 2 1ère phr.). À défaut,

et après avertissement, le CRD peut statuer en l'état du dossier. Lorsque le

bénéficiaire omet, refuse de fournir ou tarde à remettre les renseignements ou

documents demandés dans le délai imparti, il peut retenir que le droit aux

prestations n'est plus établi (al. 3).

L'art. 28 LPCFam prévoit que les PCFam perçues

indûment doivent être restituées (al. 1). La restitution ne peut être exigée

lorsque le bénéficiaire était de bonne foi et qu'elle le mettrait dans une

situation difficile (al. 2). L'obligation de restituer se prescrit par dix ans

à compter du jour où la dernière prestation a été versée (al. 4 1ère

phr.).

Dans le domaine des assurances sociales, l'art. 25

al. 1 LPGA, qui est une disposition similaire à l'art. 28 al. 2 LPCFam, est

libellé comme il suit:

"Les prestations indûment

touchées doivent être restituées. La restitution ne peut être exigée lorsque

l'intéressé était de bonne foi et qu'elle le mettrait dans une situation

difficile".

bb) Selon la jurisprudence relative à l'art. 25 al.

1 LPGA, qui peut être appliquée par analogie en matière d'aide sociale (CDAP

PS.2022.0014 du 5 juillet 2022 consid. 4e), l'ignorance, par le bénéficiaire des

prestations, du fait qu'il n'avait pas droit aux prestations ne suffit pas pour

admettre sa bonne foi. Il faut bien plutôt que le requérant ne se soit rendu

coupable, non seulement d'aucune intention malicieuse, mais aussi d'aucune

négligence grave. Il y a négligence grave quand un ayant droit ne se conforme

pas à ce qui peut être raisonnablement exigé d'une personne capable de

discernement dans une situation identique et dans les mêmes circonstances (TF

9C_43/2020 du 13 octobre 2020 consid. 3; CDAP PS.2022.0014 précité consid. 4e).

Les Directives de l'Office fédéral des assurances

sociales concernant les prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI (DPC,

état au 1er janvier 2023 [version 17]), auxquelles renvoient les

Directives du Département cantonal de la santé et de l'action sociale

concernant l'application de la LPCFam (DPCFam), prévoient que les prestations

complémentaires indûment touchées, notamment en raison de la violation de

l'obligation de renseigner, doivent être restituées par le bénéficiaire (DPC

ch. 4610.01). Lorsque la personne tenue à restitution était de bonne foi et que

la restitution la mettrait dans une situation difficile, la créance en

restitution doit faire l'objet d'une remise totale ou partielle. La remise

n'est accordée que sur présentation d'une demande écrite (ch. 4651.01), qui

doit être motivée, accompagnée des pièces utiles et déposée au plus tard 30

jours à compter de l'entrée en force de la décision de restitution auprès de

l'autorité d'exécution des prestations complémentaires. S'il est manifeste que

les conditions d'une remise sont réunies, on renoncera d'office à la

restitution.

S'agissant de la condition de la bonne foi, si une

PC est versée à tort et que l'assuré ne pouvait s'en rendre compte en faisant

preuve de l'attention minimale exigible au vu des circonstances et du cas

d'espèce, force est d'admettre la bonne foi (ch. 4652.01). À l'inverse, nul ne

peut invoquer sa bonne foi si elle est incompatible avec l'attention que les

circonstances permettaient d'exiger de lui. Ainsi, la condition de la bonne foi

n'est pas réalisée lorsque le versement à tort d'une PC est dû à une grave

négligence ou au dol de la personne tenue à restitution. Tel est le cas si,

lors de la demande ou de l'examen des conditions économiques, certains faits

n'ont pas été annoncés ou que des indications fausses ont été fournies

intentionnellement ou par négligence grave; il en est de même lorsqu'un

changement dans la situation personnelle ou matérielle n'a, intentionnellement

ou par grave négligence, pas été annoncé ou l'a été avec retard, ou lorsque des

PC indues ont été acceptées en connaissance de leur caractère indu (ch.

4652.02). Commet une négligence grave celui qui, lors de la demande de

prestation, de l'examen des conditions du droit, ou du paiement de la PC

indûment versée, ne fait pas preuve du minimum d'attention que l'on est en

droit d'exiger de lui en fonction de ses compétences et de son degré de

formation. Fait preuve de négligence grave la personne qui omet d'annoncer une

modification de son revenu, qu'il soit obtenu sous forme de rente ou en vertu

de l'exercice d'une activité lucrative, ou qui ne contrôlant pas – ou seulement

à la légère – la feuille de calcul PC, n'annonce pas une erreur de calcul

qu'elle aurait facilement pu reconnaître (ch. 4652.03).

b) En l'occurrence, il convient de rappeler que les

décisions de suppression du droit aux PCFam et la décision de restitution

prononcées à l'encontre de la recourante sont entrées en force. Dans le régime

applicable aux PCFam, après qu'une décision de restitution est entrée en force,

l'intéressé peut déposer une demande écrite de remise, pour que l'autorité

statue sur le caractère exigible de la créance en restitution. Autrement dit,

l'obligation de restituer est d'abord fixée par une décision formelle, avant

que l'on examine si, à cause de la bonne foi de l'intéressé ou de la situation difficile dans laquelle le mettrait une

restitution effective des montants concernés, une décision de remise peut

être prise (cf. CDAP PS.2021.0064 du 16 novembre 2021 consid. 1d).

La CDAP ayant prononcé l'irrecevabilité du recours

interjeté par A.________ à l'encontre de la décision de restitution (cf. CDAP

PS.2021.0046 du 25 juin 2021), seule est litigieuse la question de savoir si

c'est à bon droit que l'AAS a refusé de lui octroyer la remise de la somme de

12'320.- francs. L'autorité intimée n'a examiné que la première condition,

celle de la bonne foi de l'intéressée: elle a retenu que, faute d'avoir spontanément

annoncé les changements dans sa situation financière, en violation de son

obligation de renseigner, la recourante n'était pas fondée à se prévaloir de sa

bonne foi, de sorte que la remise devait être refusée. Ce raisonnement ne prête

pas le flanc à la critique. La recourante ne le conteste d'ailleurs pas

vraiment, puisqu'elle reconnaît une "erreur dans la rapidité de

transmission des documents", qu'elle justifie toutefois par sa "mauvaise

compréhension des délais", sa surcharge de travail liée à sa formation

et à ses différentes activités professionnelles, ainsi que le "nombre

de documents à transmettre". Ces éléments ne sont toutefois pas

déterminants sous l'angle de l'obligation de communiquer sans retard toute

modification de sa situation économique: les décisions de PCFam attiraient du

reste expressément l'attention de la recourante sur cette obligation. A.________

a passé trois contrats avec l'Etat de Vaud, les 9 août, 27 septembre et 11

octobre 2019, portant sur son engagement en qualité de maîtresse stagiaire de

disciplines académiques à Bussigny et à Prilly: eu égard à ses compétences et à

son degré de formation, l'on pouvait raisonnablement exiger d'elle qu'elle

transmette sans délai lesdits contrats à l'autorité intimée, ou à tout le moins

qu'elle l'informe immédiatement de cette modification de sa situation

professionnelle; or, la recourante a attendu la révision annuelle pour

remettre, en janvier 2020, plusieurs mois après leur conclusion, les documents

en question.

La recourante allègue qu'elle a communiqué les pièces

relatives à sa nouvelle situation économique en temps utile, en les amenant

personnellement au guichet de l'autorité intimée en novembre 2019. Elle admet toutefois

qu'elle n'est pas en mesure de le prouver. Pour sa part, l'autorité intimée

expose qu'elle n'a trouvé aucune trace d'une remise des documents ni d'une

quelconque mention du passage de la recourante à ses guichets. Lorsque les

preuves font défaut, ou si l'on ne peut raisonnablement exiger de l'autorité

qu'elle les recueille, la règle de l'art. 8 du Code civil suisse du 10 décembre

1907 [CC; RS 210]) est applicable par analogie; il y a partant lieu de

considérer que, faute de preuve, le fait allégué par la recourante n'est pas

établi. Quoi qu'il en soit, comme l'a souligné à juste titre l'autorité

intimée, même à supposer que A.________ eût effectivement transmis les contrats

de travail à l'AAS en novembre 2019, une telle communication, intervenant

plusieurs mois après la conclusion desdits contrats, aurait été tardive.

Au vu de ce qui précède, la bonne foi de la

recourante devant être niée, il n'y a pas lieu d'examiner la réalisation de la

seconde condition prévue par l'art. 28 al. 2 LPCFam, soit que la restitution

des sommes indûment perçues la mettrait dans une situation difficile.

3.

Le considérant qui précède conduit au rejet du recours et à la

confirmation de la décision attaquée. Le présent arrêt est rendu sans frais, la

procédure dans les affaires de prestations sociales étant gratuite (art. 4 al.

3 du tarif du 28 avril 2015 des frais judiciaires et des dépens en matière

administrative [TFJDA; BLV 173.36.5.1]). Dans la mesure où la recourante

succombe, il n'y a pas lieu de lui allouer des dépens.

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

Faits

I.

Le recours est rejeté.

Considérants

II.

La décision sur réclamation rendue le 20 juillet 2020 (recte: 11

juillet 2022) par l'Agence d'Assurances Sociales, Centre régional de décision

PC Familles Grand-Lausanne est confirmée.

III.

Le présent arrêt est rendu sans frais.

IV.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 10 février 2023

La présidente: Le

greffier:

Le présent arrêt est

communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral suisse, Schweizerhofquai 6, 6004

Lucerne. Le recours s'exerce conformément aux articles 40 ss et 95 ss de la loi

du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110). Il doit être rédigé

dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens

de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte

attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent

être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il

en va de même de la décision attaquée.