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Décision

A1 24 239

TCVS-20250903-A1-24-239-20260413-A54-RVJ-2026-48-56.pdf

3 septembre 2025Français17 min

Source vs.ch

Considérants

48.

RVJ / ZWR 2026 ProcÈdure Verfahren ATC (Cour de droit public) du 3 septembre 2025 – A1 24 239 Recours contre une dÈcision de suspension de la procÈdure et notion de prÈjudice irrÈparable - Le recours dÈposÈ contre une dÈcision mentionnÈe ‡ l’art. 42 LPJA n’est recevable qu’‡ la condition que la dÈcision entreprise soit de nature ‡ causer un prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA (consid. 3.1). - Notion de prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA (consid. 3.2). Beschwerde gegen einen Entscheid zur Sistierung des Verfahrens und Begriff des nicht wieder gutzumachenden Nachteils - Die Beschwerde gegen einen in Art. 42 VVRG erw‰hnten Entscheid ist nur zul‰ssig, wenn der angefochtene Entscheid geeignet ist, einen nicht wiedergutzumachenden Nachteil im Sinne von Art. 41 Abs. 2 VVRG zu bewirken (E. 3.1). - Begriff des nicht wiedergutzumachenden Nachteils im Sinne von Art. 41 Abs. 2 VVRG (E. 3.2). Faits (rÈsumÈ) A. X. est en litige avec la commune de A., dont il est un ancien employÈ. Cette situation donne lieu ‡ de nombreuses procÈdures administratives, contentieuses ou non, dans le cadre desquelles la commune mandate rÈguliËrement B. pour la reprÈsenter. B. AprËs avoir sollicitÈ en vain de la commune la rÈvocation du mandat confiÈ ‡ B., X. a saisi le DÈpartement de la sÈcuritÈ, des institutions et du sport (DSIS) d’une requÍte en constatation de l’incapacitÈ de postuler de B., le 23 ao˚t 2024. Trois semaines plus tard, il a demandÈ la rÈcusation de C., Chef du DSIS, et de D., SecrÈtaire gÈnÈral du DSIS, ainsi que la transmission immÈdiate de cette procÈdure au DÈpartement des finances et de l’Ènergie (DFE). Le 7 octobre 2024, X. a spontanÈment adressÈ une Ècriture au Conseil d’Etat aux termes de laquelle il rÈitÈrait sa requÍte en constatation de l’incapacitÈ de postuler du 23 ao˚t 2024.

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RVJ / ZWR 2026 49 Par courrier du 6 novembre 2024, le Conseil d’Etat a informÈ l’intÈressÈ que le traitement de cette Ècriture serait suspendu jusqu’‡ droit connu sur la requÍte de rÈcusation du 15 septembre 2024 et qu’il en irait de mÍme de toute Ècriture ‡ venir concernant le mÍme objet. C. Le 20 novembre 2024, X. a recouru contre cette dÈcision de suspension auprËs du Tribunal cantonal. ConsidÈrants (extraits)

3.

En second lieu, les autoritÈs cantonale et communale considËrent que le recourant n’aurait pas dÈmontrÈ en quoi la suspension de la procÈdure serait de nature ‡ lui causer un prÈjudice irrÈparable. A titre liminaire, le Tribunal relËve qu’eu Ègard aux incertitudes que certains arrÍts non publiÈs pourraient susciter concernant les conditions de recevabilitÈ des recours dirigÈs contre des dÈcisions mentionnÈes ‡ l’art. 42 LPJA, il s’avËre nÈcessaire de rappeler les principes qui gouvernent la matiËre (cf. infra consid. 3.1 et 3.2) avant de statuer sur ce second motif d’irrecevabilitÈ (cf. infra consid. 3.3).

3.1

En vertu de l’art. 41 al. 2 LPJA, les dÈcisions prÈjudicielles ou incidentes pouvant causer un prÈjudice irrÈparable sont susceptibles d’un recours sÈparÈ. L’art. 42 LPJA dresse quant ‡ lui une liste de dÈcisions incidentes ´ susceptibles d’un recours sÈparÈ, dans le sens de l’article 41 alinÈa 2 [LPJA] ª, dont font partie les dÈcisions de suspension de procÈdure (let. c).

3.1.1

D’emblÈe, il y a lieu de constater que l’art. 42 LPJA, dans ses versions franÁaise et allemande, n’est pas exempt d’ambiguÔtÈ, puisque la formulation utilisÈe est susceptible de deux interprÈtations radicalement diffÈrentes. La premiËre consiste ‡ retenir que les recours interjetÈs contre les dÈcisions mentionnÈes par cette disposition sont soumis, comme le prescrit l’art. 41 al. 2 LPJA, ‡ l’exigence d’un prÈjudice irrÈparable. La seconde conduit ‡ considÈrer que de tels recours, traitÈs dans une disposition distincte, Èchappent au contraire ‡ cette condition. Cela Ètant, sous rÈserve de l’Ènonciation des sources d’inspiration de la LPJA dont il sera question plus loin (cf. infra consid. 3.1.2), les -- 2 of 9 --

50.

RVJ / ZWR 2026 travaux parlementaires ne sont guËre Èclairants sur la maniËre dont le lÈgislateur entendait coordonner ces deux dispositions. NÈanmoins, rien dans la systÈmatique de la loi ou sa lettre ne permet de penser qu’il voulait soustraire la recevabilitÈ des recours contre les dÈcisions incidentes mentionnÈes ‡ l’art. 42 LPJA (disposition spÈciale) ‡ la condition du prÈjudice irrÈparable valable sans distinction, selon l’art. 41 al. 2 LPJA (disposition gÈnÈrale), pour les ´ dÈcisions prÈjudicielles ou incidentes ª. En rÈalitÈ, la rÈfÈrence de la seconde disposition ‡ la premiËre (´ dans le sens de l’article 41 al. 2 [LPJA] ª) atteste au contraire que le lÈgislateur ne souhaitait pas, en adoptant l’art. 42 LPJA, soumettre les dÈcisions qui y sont mentionnÈes ‡ un rÈgime distinct de celui prÈvu par l’art. 41 al. 2 LPJA. Si tel avait du reste ÈtÈ son intention, le lÈgislateur aurait certainement Ètabli une liste exhaustive des dÈcisions Èchappant ‡ l’exigence gÈnÈrale du prÈjudice irrÈparable de l’art. 41 al. 2 LPJA, la liste exemplative de l’art. 42 LPJA (´ notamment ª) s’accommodant en effet mal au caractËre exceptionnel qu’il aurait alors entendu confÈrer ‡ cette disposition. En d’autres termes, la liste exemplative actuelle de l’art. 42 LPJA atteste que, loin de soumettre les dÈcisions mentionnÈes ‡ un rÈgime dÈrogatoire, le lÈgislateur a simplement voulu ÈnumÈrer les dÈcisions incidentes les plus frÈquentes (LUGON, Quelques aspects de la loi valaisanne sur la procÈdure et la juridiction administrative, in RDAF 1989 I 226, 243). Ces constats militent donc clairement en faveur de l’assujettissement des recours dirigÈs contre les dÈcisions mentionnÈes ‡ l’art. 42 LPJA ‡ l’existence d’un prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA. Au demeurant, c’est bien ainsi qu’ont ÈtÈ interprÈtÈes ces deux dispositions aux prÈmices de leur application, mais Ègalement dans des arrÍts trËs rÈcents du Tribunal de cÈans (RVJ 1978 p. 203 ss et p. 379 ss concernant des arrÍts de l’ancien Tribunal administratif cantonal du 28 fÈvrier 1978, respectivement 22 septembre 1978; RVJ 1986 p. 72 ss; dans le mÍme sens, v. Èg. LUGON, op. cit., p. 243; ACDP A1 24 188 du 10 dÈcembre 2024 consid. 3 et A1 25 64, A1 25

65.

du 9 juillet 2025 consid. 1.3.2). On soulignera d’ailleurs que la mÍme solution avait ÈtÈ retenue s’agissant de l’art. 61 de la loi sur la procÈdure et la juridiction administrative bernoise, dont la teneur en vigueur jusqu’au 31 dÈcembre 2008 Ètait proche de celle des art. 41 et 42 LPJA prÈsentement en cause (MERKLI/AESCHLIMANN/HERZOG, Kommentar -- 3 of 9 -RVJ / ZWR 2026 51 zum Gesetz ¸ber die Verwaltungsrechtspflege im Kanton Bern, 1997, nos 4 et 9 ad art. 61 VRPG).

3.1.2

La solution qui prÈcËde est encore confortÈe par l’analyse des sources d’inspiration du lÈgislateur cantonal. En effet, selon le message y relatif, tant l’adoption de la LPJA en 1976 que sa modification en 1990/1991 ont ÈtÈ inspirÈes de la PA de 1968 et de ses modifications subsÈquentes (cf. Message accompagnant le projet de loi modifiant et complÈtant la loi du 6 octobre 1976 sur la procÈdure et la juridiction administratives [ci-aprËs: le message LPJA], Bulletin des sÈances du Grand Conseil [BSGC], Session ordinaire de novembre 1990, p. 105 et 116). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la systÈmatique des art. 41 et 42 LPJA est directement calquÈe sur celle des al. 1 et 2 de l’art. 45 aPA, comme on le verra ci-dessous. De mÍme cette inspiration explique-t-elle la substitution, au 1er janvier 1993, de la notion fÈdÈrale de ´ prÈjudice irrÈparable ª ‡ celle de ´ prÈjudice grave ª qui figurait dans la version originelle de l’art. 41 al. 2 LPJA. Dans ces conditions, il est pertinent de se rÈfÈrer ‡ la PA pour interprÈter les art. 41 s. LPJA. Or, jusqu’au 31 dÈcembre 2006, l’art. 45 aPA disposait que seules les dÈcisions incidentes de nature ‡ causer un prÈjudice irrÈparable Ètaient susceptibles de recours (al. 1). Il dressait ensuite une liste exemplative (´ en particulier ª) des dÈcisions considÈrÈes comme incidentes et sÈparÈment susceptibles de recours (al. 2) – dont la liste de l’art. 42 LPJA constitue en rÈalitÈ une reprise lÈgËrement adaptÈe. Cela Ètant, le Tribunal fÈdÈral a toujours interprÈtÈ l’art. 45 aPA en ce sens que la recevabilitÈ des recours dirigÈs contre des dÈcisions incidentes mentionnÈes ‡ l’al. 2 Ètait conditionnÈe ‡ l’existence d’un risque de prÈjudice irrÈparable au sens de l’al. 1 (ATF 124 V 22 consid. 2a, 120 Ib 97 consid. 1c et

99.

Ib 413 consid. 1 et les rÈfÈrences citÈes), ce qui corrobore pleinement la solution retenue au considÈrant qui prÈcËde.

3.1.3

En dÈfinitive, le recours interjetÈ contre une dÈcision mentionnÈe ‡ l’art. 42 LPJA n’est recevable qu’‡ la condition que la dÈcision entreprise soit de nature ‡ causer un prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA.

3.2

Faute de dÈfinition dans la loi cantonale, il convient encore de bien circonscrire la notion de prÈjudice irrÈparable de l’art. 41 al. 2 LPJA.

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52.

RVJ / ZWR 2026

3.2.1

Avant que ne lui soit substituÈe la notion de ´ prÈjudice irrÈparable ª au 1er janvier 1993, l’ancien Tribunal administratif cantonal dÈfinissait celle de ´ grave prÈjudice ª comme une ´ atteinte (juridique ou de fait) irrÈversible que subirait une partie si elle ne pouvait attaquer la dÈcision incidente que conjointement avec la dÈcision finale ª (LUGON, op. cit., p. 243 et la rÈf. cit.). La notion n’Ètait donc pas restreinte au seul prÈjudice d’ordre juridique, contrairement ‡ l’art. 93 al. 1 let. a LTF (BOVEY, in Commentaire de la LTF, 3e Èd. 2022, no 19 ad art. 93 LTF). La terminologie originelle ayant apparemment donnÈ lieu ‡ quelques difficultÈs d’application, le lÈgislateur a choisi de l’´ adapter […] aux termes de l’article 45 alinÈa 1 PA afin qu’on puisse se rÈfÈrer utilement ‡ la jurisprudence du Tribunal fÈdÈral ª y relative (cf. message LPJA, p. 116). Or, contrairement ‡ ce qui vaut pour l’art. 93 LTF prÈcitÈ, le ´ prÈjudice irrÈparable ª au sens de la PA n’est pas non plus limitÈ au seul prÈjudice de nature juridique, puisqu’un simple dommage de fait ouvre la voie du recours (arrÍts du Tribunal administratif fÈdÈral B-2834/2025 du 16 juin 2025 consid. 1.1.1, A-4523/2023 du 12 fÈvrier 2024 consid. 1.3.3; BELLANGER, in Commentaire romand, Loi fÈdÈrale sur la procÈdure administrative, 2024, no 9 ad art 46 PA). De ce qui prÈcËde, il rÈsulte que, comme l’a dÈj‡ jugÈ le Tribunal de cÈans a maintes reprises, le prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA peut Ítre de nature juridique, factuelle voire Èconomique et doit naturellement rÈsulter de la dÈcision incidente, envisagÈe pour elle-mÍme; il consiste gÈnÈralement dans le dÈsavantage que subirait le recourant s’il devait attendre la dÈcision finale pour recourir contre la dÈcision incidente litigieuse (RVJ 2015 p. 35 consid. 1.1; ACDP A1 23 170 du 16 novembre 2023 consid. 3, A1 22 102 du 22 juillet 2022 consid. 4 et A1 21 182 du 18 mai 2022 consid. 1.1; dans le mÍme sens, arrÍt du Tribunal administratif fÈdÈral A-4523/2023 prÈcitÈ consid. 1.3.3). Par ailleurs, ‡ moins que le risque de prÈjudice irrÈparable ne soit Èvident, il appartient au recourant de l’allÈguer (ACDP A1 25 64, A1 25

65.

prÈcitÈ consid. 1.3.2 s., A1 22 102 prÈcitÈ consid. 3 et A1 14 128 du

5.

ao˚t 2014 consid. 3; v. Èg. arrÍt du Tribunal administratif fÈdÈral A-4523/2023 prÈcitÈ consid. 1.3.3; BELLANGER, op. cit, no 10 ad art. 46 PA; dans le mÍme sens mais relativement ‡ l’art. 93 LTF, cf. arrÍt du Tribunal fÈdÈral 4A_144/2025 du 9 juillet 2025 destinÈ ‡ la

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RVJ / ZWR 2026 53 publication consid. 1.4; ATF 148 IV 155 consid. 1.1). Cela vaut en particulier en prÈsence d’une suspension dans l’attente de l’issue d’une autre procÈdure, susceptible d’avoir un impact important sur la procÈdure suspendue, puisque la jurisprudence considËre que, ‡ lui seul, le retard qui en rÈsulte ne constitue en gÈnÈral pas un prÈjudice irrÈparable (ATF 131 V 362 consid. 3.2, 127 V 231 consid. 2a; arrÍt du Tribunal administratif fÈdÈral B-2834/2025 prÈcitÈ consid. 1.1.2 ‡ cet Ègard, cf. Èg. infra consid. 3.2.2).

3.2.2

Se fondant sur la jurisprudence fÈdÈrale, le Tribunal de cÈans a cependant dÈj‡ jugÈ que lorsque le recours est dirigÈ contre une dÈcision de suspension de la procÈdure, la condition du prÈjudice irrÈparable de l’art. 41 al. 2 LPJA est exceptionnellement inapplicable, si le recourant invoque un dÈni de justice ou un retard ‡ statuer de ce chef (ACDP A1 22 178 prÈcitÈ consid. 2 et les rÈfÈrences citÈes). En effet, les tribunaux fÈdÈraux renoncent ‡ l’exigence du prÈjudice irrÈparable lorsque la suspension a ÈtÈ ordonnÈe sine die ou que la reprise de la procÈdure dÈpend d’un ÈvÈnement incertain sur lequel les parties n’ont aucune influence, mais la maintiennent en revanche si la dÈcision de suspension intervient ‡ un stade de la procÈdure o˘ le principe de cÈlÈritÈ n’est manifestement pas violÈ et que le recourant soulËve d’autres griefs (cf. arrÍt du Tribunal fÈdÈral 4A_144/2025 prÈcitÈ destinÈ ‡ la publication consid. 1 et les nombreuses rÈfÈrences citÈes; Èg. BOVEY, op. cit., no 19 ad art. 93 LTF; arrÍt du Tribunal administrative fÈdÈral A-698/2018 du 6 dÈcembre 2018 consid. 2.3; BELLANGER, op. cit., no 18 ad art. 46 PA). Ici aussi, il appartient au recourant de motiver l’existence d’un risque de violation du principe de cÈlÈritÈ, ‡ dÈfaut de quoi la jurisprudence s’en tient ‡ l’exigence d’un risque irrÈparable (ACDP A1 14 128 prÈcitÈ consid. 3; arrÍts du Tribunal fÈdÈral 5A_263/2021 du 18 mai 2021 consid. 1.1.1 et 2C_908/2020 du 23 mars 2021 consid. 1.2.2). Dans ce cadre, il faut garder ‡ l’esprit que le risque de violation du principe de cÈlÈritÈ ne peut s’apprÈhender ‡ l’aune de rËgles strictes, mais dÈpend des circonstances concrËtes du cas (arrÍt du Tribunal fÈdÈral 1C_647/2024 du 12 juin 2025 consid. 4.1). Sur la base des principes qui prÈcËdent, le Tribunal fÈdÈral a ainsi jugÈ irrecevable un recours interjetÈ contre une dÈcision de suspension de la procÈdure, faute pour l’intÈressÈ d’avoir ÈtayÈ la violation du principe de cÈlÈritÈ allÈguÈe, en se rÈfÈrant par exemple ‡ la durÈe de la procÈdure passÈe et ‡ venir (arrÍt du Tribunal fÈdÈral 2C_1063/2020 du 4 janvier 2021 consid. 2).

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54.

RVJ / ZWR 2026

3.3

En l’espËce, l’objet de la prÈsente procÈdure est strictement circonscrit au bien-fondÈ de la dÈcision prononcÈe par le Conseil d’Etat le 6 novembre 2024, qui ordonne la suspension de la procÈdure en constatation de l’incapacitÈ de postuler introduite le 23 ao˚t 2024, jusqu’‡ droit connu sur la requÍte de rÈcusation dÈposÈe ‡ l’encontre de C. et D. S’agissant d’une dÈcision incidente au sens de l’art. 42 al. 1 let. c LPJA, la recevabilitÈ du recours interjetÈ ‡ son encontre est donc subordonnÈe ‡ la dÈmonstration que cette dÈcision entraÓne un risque de violation du principe de cÈlÈritÈ (cf. supra consid. 3.2) ou, ‡ dÈfaut, un risque de prÈjudice irrÈparable (cf. supra consid. 3.1).

3.3.1

Aux termes de son mÈmoire de recours, au demeurant intitulÈ ´ Recours pour dÈni de justice ª, X. invoque la violation potentielle du principe de cÈlÈritÈ. Sous le titre ´ I. RecevabilitÈ ª, il allËgue disposer d’un ´ intÈrÍt manifeste ‡ ce que sa cause ne soit pas ralentie jusqu’au moment o˘ la question de [la] rÈcusation [sera] tranchÈe ª, prÈcisant que cela ´ pourrait prendre du temps ª, voire mÍme ´ Ítre long en fonction de la dÈcision et d’un Èventuel recours ª. Il se prÈvaut encore d’un ´ intÈrÍt manifeste ‡ ce que la question de la rÈvocation de B. soit tranchÈe au plus vite au vu des conflits d’intÈrÍts massifs qui minent cet[te] Ètude et que les procÈdures qu’il a initiÈes auprËs du Conseil d’Etat ne soient pas ralenties sans raison ª. Il ajoute qu’eu ´ Ègard ‡ la date de la dÈcision […] du 10 novembre 2014, il serait de bon ton que cette affaire suive un cours diligent […] ª. Dans ses dÈterminations complÈmentaires, le recourant a encore soulignÈ que la commune refusait systÈmatiquement de statuer sur ses demandes et qu’il Ètait inacceptable de perdre encore plus de temps. Contrairement ‡ ce que suggËre X., le risque de violation du principe de cÈlÈritÈ en lien avec le traitement de la requÍte en constatation de l’incapacitÈ de postuler du 23 ao˚t 2024 n’apparaÓt pas ´ manifeste ª, loin s’en faut. Partant, il lui appartenait de motiver l’existence de ce risque. Or, le Tribunal relËve que son argumentation sur ce point s’apparente plutÙt ‡ une pÈtition de principe qu’‡ une dÈmonstration, sur la base d’ÈlÈments tangibles, attestant un risque crÈdible de retard indu de la procÈdure. L’intÈressÈ n’indique en effet pas les circonstances concrËtes susceptibles d’Ètayer son propos, telles que la date de sa requÍte en constatation de l’incapacitÈ de postuler, respectivement de rÈcusation, la durÈe ÈcoulÈe depuis lors, la durÈe prÈvisible avant -- 7 of 9 -RVJ / ZWR 2026 55 l’obtention d’un prononcÈ ‡ leur sujet ou encore les indices dont on pourrait lÈgitimement dÈduire que les procÈdures subiront des atermoiements injustifiÈs. Au surplus, la suspension est exclusivement justifiÈe par l’attente de l’issue de la requÍte de rÈcusation. Or, rien ne laisse penser que le Conseil d’Etat ne statuera pas rapidement ‡ ce sujet, ce que le recourant n’entreprend pas non plus de dÈmontrer sur la base d’ÈlÈments concrets. Il n’y a dËs lors pas lieu de douter que sa requÍte sera traitÈe dans le respect du principe de cÈlÈritÈ. Ce d’autant plus qu’elle est dÈsormais limitÈe ‡ la seule rÈcusation du secrÈtaire gÈnÈral, le Conseiller d’Etat qu’elle visait aussi ayant quittÈ ses fonctions (sur cette question, cf. Èg. infra consid. 4). Faute d’avoir dÈmontrÈ l’existence d’un risque de violation du principe de cÈlÈritÈ, la recevabilitÈ du recours de X. est donc soumise ‡ l’exigence que la dÈcision entreprise puisse lui causer un prÈjudice irrÈparable.

3.3.2

Le recourant ayant omis de motiver ce point dans son mÈmoire de recours, il a nÈanmoins remÈdiÈ ‡ cette carence dans ses dÈterminations du 14 janvier 2025. Sur environ six pages, il a ainsi exposÈ ´ les prÈjudices irrÈparables commis ‡ [son] encontre ª. Force est toutefois de constater que les prÈjudices allÈguÈs ne rÈsultent pas de la dÈcision de suspension litigieuse, pourtant seuls pertinents pour trancher la question du risque de prÈjudice irrÈparable au sens de l’art. 41 al. 2 LPJA. Ils ont en rÈalitÈ trait ‡ des ÈvÈnements excÈdant clairement l’objet du prÈsent litige, intervenus dans le cadre des multiples procÈdures ayant, depuis 2016, opposÈ ou opposant encore les participants ‡ la prÈsente procÈdure. Il n’en va pas diffÈremment lorsque le recourant affirme qu’il ´ pourrait subir des dommages irrÈparables si B. devait, par ses conseils, faire prendre de nouvelles dÈcisions irrÈguliËres ‡ la commune ª. Outre que l’utilisation du conditionnel rÈvËle d’emblÈe qu’il s’agit l‡ de pures conjectures, le recourant impute de surcroÓt la survenance des dommages invoquÈs, au demeurant non dÈfinis, aux effets d’hypothÈtiques dÈcisions communales erronÈes ‡ venir, prises sur la base des conseils de B. Quoi qu’en dise l’intÈressÈ, cette argumentation en cascade se rÈvËle cependant impropre ‡ Ètayer, de maniËre crÈdible, l’existence d’un risque de prÈjudice irrÈparable du fait de la suspension litigieuse.

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56.

RVJ / ZWR 2026

4.

A la lumiËre des considÈrants qui prÈcËdent, le recourant Èchoue ‡ Ètablir le risque de violation du principe de cÈlÈritÈ ou de prÈjudice irrÈparable rÈsultant de la dÈcision de suspension attaquÈe, ce qui conduit ‡ l’irrecevabilitÈ de son recours.

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