00.3546 · Postulat · 2000-10-05
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de réaliser, à l'échelle de la Suisse, une étude consacrée aux inégalités de classes et aux inégalités professionnelles en matière d'invalidité et de mortalité en Suisse. L'étude de l'inspection du travail de Genève "Mortalité prématurée et invalidité selon la profession et la classe sociale à Genève" servira de cadre de référence à cette enquête. À partir d'une analyse poussée des causes des jours d'absence, l'étude portera spécifiquement sur les origines de l'invalidité et de la mortalité. Elle inclura aussi les jeunes et les femmes.
Begründung
L'étude de l'inspection du travail de Genève "Mortalité prématurée et invalidité selon la profession et la classe sociale à Genève" (Etienne Gubéran, Massimo Usel, mars 2000) s'est intéressée au lien entre mortalité/invalidité et catégories professionnelles et sociales. Les résultats sont effrayants : plus l'activité exercée est physique, plus les risques d'invalidité et de mortalité sont élevés.
Sur les 5137 Genevois nés entre 1925 et 1927 qui ont été interrogés, 15,2 % en moyenne sont devenus invalides avant d'avoir atteint 65 ans, âge légal de la retraite. Répartie par catégories professionnelles, cette moyenne donne les résultats suivants : la probabilité de devenir invalide entre 45 et 65 ans est de 40 % pour les ouvriers du bâtiment, soit sept fois plus que pour les directeurs et les techniciens.
La répartition est la même pour la mortalité en fonction des groupes professionnels. Entre 45 et 65 ans, les risques de mortalité pour les ouvriers du bâtiment, les auxiliaires, les hommes de ménage et les ouvriers chargés de l'entretien des routes sont de 28 %, soit trois fois plus que pour les enseignants et les scientifiques.
Si l'on combine les deux critères invalidité et mortalité, on constate ce qui suit : 83 % des directeurs et des cadres supérieurs prennent leur retraite sans problème d'invalidité, alors que seulement 57 % des ouvriers du bâtiment sont en relativement bonne santé lorsqu'ils atteignent l'âge de la retraite.
Ces chiffres ne sont pas seulement alarmants pour les ouvriers ; ils portent aussi gravement atteinte à l'image des professions concernées. En effet, quel jeune choisira un métier dans un secteur où les risques d'invalidité et de mortalité sont plus élevés ? On ne dispose pas de chiffres comparables pour les femmes. On peut cependant supposer que l'espérance de vie se situe bien au-dessous de la moyenne pour les auxiliaires, les femmes de ménages, les serveuses, etc. Il convient de tenir compte de ces inégalités sociales inacceptables lors du débat sur l'âge de la retraite des hommes et des femmes. Il est nécessaire de conduire une étude à l'échelle nationale qui serve de cadre de référence et qui intègre aussi les jeunes et les femmes.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral est prêt à accepter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral est prêt à accepter le postulat.