01.3627 · Interpellation · 2001-10-05
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Le trafic aérien dans son ensemble et la compagnie Swissair en particulier sont d'une grande importance pour le secteur touristique en Suisse (35 à 40 % de part du marché aérien des passagers étrangers ; importante création de valeur ajoutée par ces passagers ; importance considérable pour les marchés de l'avenir, etc.).
Le drame qui frappe Swissair aura de graves conséquences, notamment sur les plans suivants :
- dévalorisation de l'image de marque "Suisse" comme destination touristique ou de voyages d'affaires ;
- démantèlement du réseau de lignes (ce qui touchera en particulier les marchés de l'avenir de la destination "Suisse");
- perte d'un acteur important, à savoir Swissair, dans la promotion et le positionnement de la destination "Suisse".
Selon les premières estimations, les pertes accusées par le secteur du tourisme dépassent le milliard de francs et touchent non seulement les institutions de promotion du tourisme comme Suisse Tourisme et SDM, mais pratiquement tous les maillons de la chaîne de création de valeur ajoutée. Dans les secteurs de l'hébergement, de la restauration et surtout des moyens de transport pour touristes (funiculaires, chemins de fer de montagne), ces pertes colossales aggravent sérieusement les difficultés auxquelles ces secteurs de l'économie sont déjà en proie.
Je prie donc le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :
1. Quelle évaluation fait-il des répercussions du drame qui a frappé Swissair sur le secteur du tourisme, notamment de la façon dont les différentes régions seront touchées ?
2. Est-il disposé à financer rapidement (p. ex. par des financements spéciaux) des mesures qui auraient pour effet d'atténuer à court terme les problèmes que pourrait connaître l'ensemble de la branche (en augmentant, p. ex., les moyens de marketing dans les marchés voisins)?
3. Dans le cadre de son action en faveur du secteur du tourisme d'une façon générale (et en particulier dans le cadre des mesures prévues dans le prochain rapport sur le tourisme), le Conseil fédéral est-il prêt à tenir compte de cette nouvelle situation (que ce soit par un soutien financier, par de meilleurs systèmes d'incitation, en simplifiant les procédures administratives, en adaptant les conditions-cadres, etc.)?
Stellungnahme des Bundesrates
Aux questions posées par l'auteur de l'interpellation, les réponses que nous sommes en mesure de donner, à l'heure actuelle, sont les suivantes :
1. Nous faisons nôtre l'analyse des conséquences de la crise de Swissair sur l'évolution du tourisme suisse. Cette crise aura pour effet d'amplifier les pertes imputables au cours du change enregistrées l'été dernier et fera reculer encore une demande déjà régressive depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les effets de ces événements touchent particulièrement les stations et régions dont l'économie dépend des visiteurs provenant de pays d'outre-mer. Ils menacent en outre la reprise de la demande touristique, continue depuis trois ans. Cela se répercutera sur la rentabilité des entreprises touristiques et ne fera que ralentir encore une modernisation de l'offre répondant pourtant à une nécessité urgente.
C'est surtout l'immobilisation de la flotte de Swissair qui ternit dans l'immédiat l'image de la Suisse en tant que pays de tourisme, de vacances et de congrès. Il ne faut pas oublier que le tourisme suisse a toujours basé sa publicité sur la fiabilité et la qualité légendaires des infrastructures et des services qu'offre la Suisse. Quant à l'effondrement des structures de promotion dont disposait le tourisme suisse grâce à la compagnie Swissair, c'est un dommage à coup sûr encore plus grand. L'organisation Suisse Tourisme estime que notre compagnie aérienne nationale dépensait chaque année 50 à 60 millions de francs pour le marketing en faveur de la place touristique helvétique. Le retrait de Swissair du marketing touristique national touche surtout, à moyen et long termes, l'exploitation et les activités de prospection des marchés d'avenir, émergents et en pleine expansion sur lesquels le tourisme suisse est présent dans les pays d'outre-mer. Sur ces marchés, une étroite collaboration s'était instaurée entre Swissair et les partenaires touristiques nationaux, régionaux et locaux.
2. Selon les estimations de Suisse Tourisme, la diminution du nombre des touristes d'outre-mer - qui n'ont d'autre choix que de prendre l'avion - devrait entraîner l'hiver prochain des pertes de l'ordre de 35 à 50 %, soit d'environ un milliard de francs. Suisse Tourisme, qui dépend dans une large mesure de la Confédération sur le plan financier, prévoit de lancer à court terme une campagne de publicité de grande envergure, afin de compenser sur le marché domestique et les marchés voisins les pertes auxquelles il faut s'attendre sur ceux d'outre-mer pour l'hiver 2001/02. Des efforts publicitaires plus importants sur les marchés d'outre-mer n'auraient guère d'efficacité pour l'instant. Il convient de s'en tenir au principe constant selon lequel la prestation prime la publicité. Il s'agit donc de résoudre les problèmes qui se posent aujourd'hui aux transporteurs aériens suisses avant de lancer de nouvelles opérations publicitaires sur ces marchés. En outre, ce n'est pas par des campagnes publicitaires que l'on dissipera les craintes que suscite actuellement le terrorisme.
3. Beaucoup plus inquiétant encore que le coup porté dans l'immédiat à l'image de la Suisse et que le recul de la demande touristique : la perte des structures de promotion que Swissair avait développées et entretenues pour Suisse Tourisme sur les marchés d'outre-mer semble irréversible. Il est probable qu'une nouvelle compagnie aérienne helvétique - si elle voit le jour - devra effectivement réduire les coûts de distribution, ce qui inévitablement diminuera les efforts de promotion pour le tourisme suisse. Le Conseil fédéral est prêt à examiner de quelle manière il serait possible, le cas échéant, de soutenir Suisse Tourisme en lui octroyant des moyens supplémentaires destinés à la mise en place, à court et moyen termes, de nouvelles structures de promotion durables sur les marchés d'outre-mer.
Réponse du Conseil fédéral.