03.3506 · Interpellation · 2003-10-01
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Accepté en votation populaire, le projet consacré à la réalisation et au financement des projets d'infrastructures des transports publics (FTP) contient un crédit important destiné à la réduction du bruit émis par les trains. Il prévoit la construction de parois antibruit pour un montant de 900 millions de francs. 120 millions de francs doivent servir à la construction de fenêtres antibruit, et 820 millions à l'amélioration du matériel roulant. L'amélioration des wagons de marchandises - que l'on voudrait achever d'ici à la fin de la décennie - ne débutera qu'en 2004. Même dans le transport des voyageurs, les wagons bruyants circuleront jusqu'en 2008. Jusqu'à aujourd'hui, on a déjà construit plus de 70 kilomètres de parois antibruit sur les 270 kilomètres prévus.
En construisant des parois antibruit - qui sont du reste tout sauf esthétiques -, on ne combat pas le mal à la racine. L'Afrique du Sud a fait des expériences bien meilleures avec des sabots de freins en matière synthétique et des caisses de véhicule conçus de manière à éviter le frottement de l'acier contre l'acier. Ces bogies de type Scheffel pourraient aussi être utilisés sans problèmes en Suisse.
Depuis les succès enregistrés en Afrique du Sud dans la lutte contre le bruit émis par les trains, on n'a pas fait grand-chose en Suisse, à l'exception de la mise en service des voitures unifiées III et IV (nouvelles voitures de voyageurs circulant à l'échelle internationale et "locomotives 2000", très silencieuses). Les voitures à deux étages du RER zurichois satisfont aussi aux exigences actuelles en matière de bruit. En outre, les freins en matière synthétique - certes plus chers mais d'une durée de vie bien plus longue - requièrent beaucoup moins d'entretien, si bien qu'ils pourraient presque s'autofinancer à long terme. Ils rendraient dès lors superflues les parois antibruit qui sont si laides.
D'autres pays européens ne sont pas plus avancés que la Suisse en matière d'amélioration du matériel roulant. D'après le deuxième rapport trimestriel 2003 de l'Union internationale des Chemins de fer (UIC), les sabots de freins en matière synthétique permettent de diminuer de moitié le bruit émis par les wagons de marchandises. Cet état de fait ne devrait-il pas constituer un motif suffisant pour se lancer dans l'amélioration du matériel roulant afin que - à moyen terme au moins - les parois antibruit si laides puissent être démontées ?
1. Quelles sont les raisons pour lesquelles les CFF préfèrent s'attaquer aux problèmes de bruit en construisant des parois antibruit au lieu d'améliorer le matériel roulant, et pourquoi attendront-ils 2004 pour entamer les travaux d'assainissement ?
2. Combien coûterait l'amélioration de tout le matériel roulant ? Par ailleurs, l'aménagement des wagons de marchandises sera-t-il vraiment achevé d'ici à 2010, et celui des voitures de voyageurs d'ici à 2008 ?
3. Le nouveau matériel roulant satisfait-il aux exigences actuelles en matière de bruit, et pourrait-on renoncer complètement aux parois antibruit moyennant l'utilisation exclusive de nouveau matériel roulant ? Le matériel roulant amélioré satisfait-il lui aussi à ces exigences ?
4. Les CFF ont-ils prévu de démonter les parois antibruit si, un jour, elles deviennent superflues ?
5. Serait-il possible d'affecter les moyens prévus pour l'installation de parois et de fenêtres antibruit à du matériel roulant moins bruyant ?
6. Si tel est le cas, a-t-on prévu de le faire ?