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05.1009 · Question · 2005-03-14

Département de l'économie, de la formation et de la recherche

Liquidé

Wortlaut

À l'occasion d'une conférence organisée à Zurich par "Avenir Suisse", Ulrich Kohli, chef économiste de la BNS, a contesté le taux de croissance de notre pays, estimé par les services officiels à 1,5 % par an depuis 1980. D'après lui, il serait de 1 à 1,5 % supérieur à ce chiffre. La différence est de taille ! L'économiste de la BNS notamment réfute catégoriquement l'idée d'un PIB par habitant inférieur à celui de l'Irlande tel qu'il ressort des chiffres de l'OCDE depuis 2002, quand bien même le SECO continue à affirmer que "l'on peut changer les critères, mais la Suisse reste toujours dernière ou avant-dernière" dans le classement de l'OCDE.

Cette controverse est d'importance pour juger de la santé de notre économie et de la justesse des politiques monétaire et budgétaire. Rappelons que l'application de l'instrument du frein à l'endettement s'appuie sur l'indicateur de croissance du SECO.

Qui croire, l'OCDE, le SECO ou la BNS ?

Comment le Conseil fédéral évalue-t-il la portée de cette controverse et estime-t-il que les bases de calcul du frein à l'endettement sont toujours fiables ?

Stellungnahme des Bundesrates

En accord avec l'usage international, en particulier avec ce qui se fait au sein de l'OCDE, le SECO estime la croissance sur la base du produit intérieur brut. Celui-ci est relevé par l'Office fédéral de la statistique selon les normes internationales harmonisées. La plupart des comparaisons internationales du taux de croissance se basent sur ce chiffre.

D'autres concepts, comme le produit national brut ou encore le produit intérieur brut (PIB) corrigé pour les termes de l'échange peuvent être utilisés pour analyser le bien-être économique, comme l'a fait Monsieur Kohli lors du séminaire d'"Avenir Suisse". La discussion n'est pas nouvelle (cf. "Études complémentaires au rapport sur la croissance du Département fédéral de l'économie, vol. 2", SECO, Berne, 2003).

Monsieur Kohli ne conteste cependant pas que la Suisse a un problème de croissance car, quelle que soit la statistique employée, la Suisse se situe parmi les pays ayant la moins bonne performance en termes de croissance. Les affirmations du SECO ne sont donc pas contredites par Monsieur Kohli.

En outre, pour les questions conjoncturelles, comme pour le frein à l'endettement ou la politique monétaire, le PIB reste l'indicateur préféré en tant que bon précurseur de l'emploi.

Afin de bien localiser l'importance du débat sur la mesure de la croissance, il faut rappeler que pour une large partie de la base fiscale, comme les impôts directs sur le revenu et les cotisations aux assurances sociales, ainsi que pour le bien-être économique des couches défavorisées, la croissance de la masse salariale AVS est beaucoup plus déterminante. Cette source de revenu est très bien mesurée et ne fait pas l'objet de controverses scientifiques. Or, sans vouloir créer un nouvel indicateur pour la productivité, il faut bien constater qu'elle connaît une croissance réelle moyenne sur plus de dix ans par employé en équivalent plein-temps bien en dessous de 1 % annuel depuis de nombreuses années déjà. Cette valeur, qui a un lien direct avec les perspectives de financement à long terme des assurances sociales, est non seulement en accord avec les affirmations du SECO, mais est encore confirmée par la statistique sur les salaires. Cela ne laisse aucun doute sur la faiblesse de la croissance en Suisse et sur la nécessité d'agir aussi pour des raisons sociales.

Réponse du Conseil fédéral.