06.1020 · Question · 2006-03-22
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
Un groupe de travail placé sous la houlette de l'Office fédéral de topographie a présenté un projet de nouvelles directives sur la toponymie en mai 2005. Il propose que les toponymes soient désormais écrits d'après le principe "écris ce que tu entends et comme tu le parles", autrement il en préconise la transcription dialectale extrême. On devrait voir fleurir les "Totuflieji", "Höje Lass", "Düüheltor" et autres "Besch Hieti".
Or ceci est totalement contraire à la raison d'être d'une carte, laquelle doit permettre à celui qui la consulte de se repérer et de s'orienter, étant entendu qu'il n'est que très rarement quelqu'un du cru, mais presque toujours quelqu'un de l'extérieur, Suisse (parlant parfois une autre langue) ou étranger, souvent un touriste qui ne pourra pas lire le toponyme en question, ou alors au prix de grandes difficultés, et qui pourra encore moins le prononcer.
Le projet de nouvelle loi sur la géoinformation va nécessiter la refonte de l'ordonnance concernant les noms des lieux, des communes et des gares, à laquelle les directives en question sont subordonnées. Ces dernières remplaceront aussi les Instructions du DFJP (qui datent de 1948) sur le relevé et la transcription des toponymes en Suisse alémanique lors des mensurations cadastrales. Le projet actuel est certes intéressant pour les locuteurs du cru, mais il sera la cause d'incertitudes, voire de méprises, dont les conséquences pourraient êtres fatales (je pense ici aux services de sauvetage). S'y ajoute le fait que ce chambardement va causer des frais importants aux services du cadastre ou encore lorsqu'il s'agira de mettre à jour les cartes nationales et les plans des localités, sans parler des panneaux de direction.
La discussion qui s'est engagée sur le projet me semble exagérée et inutile. Elle va aussi dans le sens contraire des efforts qui sont faits (en Suisse alémanique) pour redynamiser l'allemand standard. Je ne m'oppose pas à ce qu'on recense les toponymes locaux, qui sont, on le sait, une des richesses de notre patrimoine, mais leur place est dans des registres cantonaux, où ils apparaîtront dans toute leur splendeur et dans toutes les variations possibles, mais sûrement pas dans des cartes nationales. C'est à la rédaction de tels ouvrages (y compris en Suisse romande) qu'on devrait accorder la priorité. D'où mes deux questions :
1. Le Conseil fédéral ne pense-t-il pas comme moi qu'il faut absolument maintenir le règlement adopté en 1948, qui constitue un sage compromis entre l'idiome du cru et la transcription des toponymes ?
2. Qu'entend-il faire pour que les registres cantonaux de toponymes soient rapidement établis et soigneusement mis à jour ?
Stellungnahme des Bundesrates
Les nouvelles directives sur la toponymie en Suisse (TR05, en allemand uniquement) doivent fournir, essentiellement aux cantons de Suisse alémanique, un instrument moderne, fiable et pratique de règles pour l'orthographe des noms de lieux. Les TR05, présentées par l'Office fédéral de topographie sous forme de projet, prévoient une révision des directives concernant la détermination des noms locaux lors et leur orthographe, de 1948 (W48, également en allemand seulement), qui datent maintenant de près de soixante ans : il s'agit notamment de préciser ou de compléter quelques principes ou règles d'orthographe des W48 et d'éliminer des contradictions ou des divergences. Il sera ainsi possible d'harmoniser les interprétations, en partie différentes, de ces directives par les cantons.
Les TR05 ne vont pas dans le sens contraire de la pratique de nomenclature en vigueur jusqu'à présent. Elles n'en provoqueront pas non plus de révision importante et restent étroitement liées aux W48. Elles seront en priorité appliquées dans le cadre de révisions qui doivent de toute façon être entreprises.
Par contre, avec ces directives, l'intention est bien de maintenir la "pratique de la nomenclature" suisse alémanique, dans des limites précises toutefois, de sorte à atteindre une harmonisation à long terme des décisions des commissions cantonales de nomenclature. C'est ainsi, par exemple, qu'une utilisation restrictive du nombre de voyelles permet de lutter contre une orthographe par trop phonétique des noms de lieux.
1. Le Conseil fédéral est aussi d'avis que les W48 sont un sage compromis entre l'idiome du cru et la transcription des toponymes. Le principe défini à l'article 7, c'est-à-dire d'orthographier les noms locaux de moindre importance en tenant compte de leur prononciation habituelle sur place, est toujours incontesté aujourd'hui.
2. Le Conseil fédéral n'a aucune influence sur l'établissement des registres de toponymes, entièrement sous la responsabilité des cantons. De plus, il ne voit qu'un faible rapport entre les registres de toponymes, dont l'objectif essentiel est un relevé soigneux, si possible exhaustif pour la documentation et l'interprétation de tous les toponymes, et les TR05, qui concernent l'orthographe idiomatique des noms locaux.
Réponse du Conseil fédéral.