14.5211 · Heure des questions. Question · 2014-06-04
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
La jeune chrétienne Mariam Jahia Ibrahim Ishak a été condamnée à mort au Soudan. Son crime : s'être convertie au christianisme. Fin mai, elle a mis au monde un enfant en prison, dans des conditions déplorables.
- Que pense le DFAE de cette forme "moderne" de persécution des chrétiens ?
- Que fait-il pour cette jeune femme ?
Stellungnahme des Bundesrates
La liberté de pensée, de conscience et de religion ainsi que la protection des minorités religieuses font partie intégrante de la politique suisse des droits de l'homme. Ainsi, aux yeux du Conseil fédéral, les discriminations à l'encontre des minorités religieuses et les violations de leurs droits ne sont pas tolérables. Le Conseil fédéral est par ailleurs contre la peine de mort en toute circonstance ; ceci en conformité avec son engagement en faveur de l'abolition de la peine de mort, qui constitue une priorité de la politique extérieure suisse.
Le 27 mai 2014, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a effectué une démarche auprès de l'ambassadrice du Soudan en Suisse pour faire état de sa préoccupation et de son incompréhension face à ce verdict. Lors de cet entretien, le DFAE a souligné que la reconnaissance de la diversité et la tolérance entre groupes religieux sont des éléments importants du dialogue national d'unité en cours et a répété que l'abolition universelle de la peine de mort reste un objectif central de la politique extérieure suisse. L'ambassadrice du Soudan s'est dite convaincue que le Soudan respectera ultimement ses engagements internationaux en matière de liberté religieuse, notamment le Pacte international sur les droits civils et politiques des Nations Unies et la Charte de l'Union africaine des droits de l'homme et des peuples, tout en insistant sur l'indépendance de la justice. Le DFAE suit attentivement l'évolution de cette affaire, et en particulier l'issue du recours contre ce jugement de première instance, notamment par le truchement de l'ambassade de Suisse à Khartoum, laquelle est en contact direct avec la Commission nationale soudanaise des droits de l'homme, et se coordonne avec les ambassades d'États "like-minded" sur cette question.