15.5394 · Heure des questions. Question · 2015-09-09
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Dans son rapport du 23 juillet 2015, le secrétaire général de l'ONU expose au Conseil de sécurité la situation humanitaire catastrophique dont la Syrie est le théâtre et exige d'autant plus urgemment une solution politique à ce conflit destructeur.
- Comment le Conseil fédéral soutient-il l'ONU pour atteindre cet objectif ?
- Qu'entreprend-il pour relancer le processus de paix de Genève ?
- Comment la Suisse donne-t-elle du poids au rôle joué par l'ONU pour mettre un terme à cette guerre ?
- Comment le Conseil fédéral contrecarre-t-il la militarisation croissante du conflit ?
Stellungnahme des Bundesrates
Face au conflit en Syrie qui dure depuis 2011 et qui a déjà fait environ 220 000 morts, 1 million de blessés et 10 millions de réfugiés ou déplacés internes, la Suisse s'engage sur trois axes d'intervention : premièrement, la facilitation d'une solution politique au conflit, deuxièmement, l'aide humanitaire et la capacité de résilience, troisièmement, la défense du droit international.
Concernant la facilitation d'une solution politique, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Monsieur Staffan de Mistura, a annoncé un plan de dialogue incluant un groupe de contact réunissant les grandes puissances régionales et établissant quatre groupes de travail intra-syriens, réunissant le gouvernement et l'opposition (et modéré par des experts internationaux). Selon la vision de Monsieur de Mistura, qui a entre-temps obtenu le soutien formel du Conseil de sécurité, ces quatre groupes devraient prochainement commencer leur travail et se réuniraient régulièrement à Genève. Ils s'occuperaient des questions les plus pertinentes, comme la recherche d'une solution politique, la protection de la population, la reconstruction et le développement ainsi que les questions sécuritaires. Le Conseil fédéral soutient directement ce processus multilatéral de dialogue et a mis à disposition une équipe d'experts pour contribuer au travail de ces groupes. En plus, il a mis à disposition un senior advisor auprès du bureau de l'envoyé spécial (pour la Syrie). En tant qu'État hôte la Suisse a signalé sa disponibilité à accueillir des rencontres à Genève ou ailleurs sur territoire suisse, et de les soutenir avec ses bons offices.
Afin de pallier les répercussions humanitaires de la crise syrienne, la Suisse a alloué, depuis 2011, 178 millions de francs en Syrie et dans les pays voisins. Environ la moitié est consacrée aux actioris en Syrie, l'autre moitié profite aux réfugiés principalement situés dans les pays voisins. Le Conseil fédéral examine actuellement dans quelle mesure il pourrait renforcer l'aide aux réfugiés concernés par ce conflit. La Suisse se bat aussi pour améliorer concrètement l'accès et les conditions de travail des acteurs humanitaires en Syrie. C'est pour cela qu'elle mène déjà depuis deux ans un dialogue humanitaire trilatéral avec l'Iran et la Syrie.
La Suisse contribue également à faire connaître des normes du droit international humanitaire parmi les groupes armés en Syrie. Elle contribue notamrnent à une plate-forme d'échange réunissant les dix-huit principales organisations syriennes de documentation et monitorage des violations du droit international humanitaire. La documentation de ces violations constitue une pièce essentielle en vue de tout processus futur de réconciliation.