18.3332 · Motion · 2018-03-16
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'élaborer une modification de loi pour que les paiements dus à titre de sanction lorsque les objectifs en matière de flotte ne sont pas atteints en ce qui concerne les émissions de CO2 soient en partie ou en totalité, et pour une durée déterminée, affectés à la réalisation d'infrastructures de charge pour les véhicules électriques. Un système efficace et non bureaucratique sera mis sur pied pour mettre en oeuvre cette mesure.
Begründung
Dans les garages souterrains et sur les aires de stationnement des entreprises et des bâtiments à plusieurs logements, l'installation d'une station de recharge pour les véhicules électriques demande souvent des investissements considérables. Il en va de même lorsqu'il faut recharger son véhicule en cours de route et dans l'espace public. En raison du manque d'infrastructures de charge à la maison et au travail, de nombreux automobilistes renoncent encore aujourd'hui à acheter un véhicule électrique. C'est le paradoxe classique de l'oeuf et de la poule. Pour pouvoir réduire nettement les émissions de CO2, il faut que tous les segments de la population puissent opter plus facilement pour un véhicule électrique. Si aucun véhicule électrique n'est vendu, les objectifs en matière de flotte prévus par la législation sur le CO2 ne pourront pas être atteints et des paiements à titre de sanction plus élevés viendront alimenter le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Étant donné qu'il est nécessaire d'avoir des stations de recharge à la maison, au travail et en route pour populariser la mobilité électrique pauvre en CO2, les revenus issus des sanctions doivent en totalité ou en partie être utilisés pendant une durée déterminée comme aide à l'investissement pour mettre en place ces infrastructures de charge. Entre 80 et 90 % des recharges sont effectuées à la maison ou sur le lieu de travail. Cette situation permet d'utiliser de façon optimale l'électricité renouvelable en faveur de la mobilité et de décharger le réseau électrique.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
Conformément à l'article 37 de la loi fédérale du 23 décembre 2011 sur la réduction des émissions de CO2 (loi sur le CO2 ; RS 641.71), le produit des sanctions est versé au fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Une modification de l'affectation obligatoire du produit des sanctions nécessiterait donc une adaptation de l'article 37 de la loi sur le CO2.
Le Conseil fédéral encourage déjà la mobilité électrique à travers différents programmes et mesures, notamment dans le domaine de la recherche et du développement, avec des projets pilotes et de démonstration ainsi que des informations et des conseils. Il a présenté sa stratégie à ce sujet dans le rapport en réponse à la motion 12.3652, "Élaboration d'un plan directeur pour un développement intelligent de l'électromobilité".
Dans le domaine des infrastructures de recharge, le Conseil fédéral prévoit principalement un soutien en matière de coordination et de planification. Par ailleurs, il a fait état de son orientation pour ce qui est des infrastructures routières aux mains de la Confédération dans son rapport en réponse au postulat 14.3997, "Conditions préalables à la mise en place d'un réseau de stations de recharge rapide pour véhicules électriques sur les routes nationales". Le Conseil fédéral entend aménager un cadre plus propice à la création d'un réseau performant de stations de recharge le long des routes nationales, pour que les investisseurs du secteur privé qui souhaitent construire et exploiter des stations de recharge rapide sur les routes nationales bénéficient des conditions techniques nécessaires à cette fin. Une participation financière de la Confédération à la construction et à l'exploitation de stations de recharge sur le domaine des routes nationales n'est pas possible conformément à l'art. 7a, al. 2, de la loi fédérale du 8 mars 1960 sur les routes nationales (LRN ; RS 725.11).
La mobilité électrique est aussi encouragée financièrement de manière indirecte, étant donné que les véhicules électriques sont exemptés de l'impôt sur les véhicules automobiles. Pour l'heure, les détenteurs de véhicules électriques ne paient pas non plus d'impôt sur les huiles minérales ou d'impôt équivalent. Ils ne participent donc pas, au niveau fédéral, au financement des infrastructures routières, abstraction faite de la vignette routière. Actuellement, un projet de consultation concernant l'introduction d'une redevance pour les véhicules électriques, possibilité prévue par la Constitution, est en cours de rédaction. Par ailleurs, les véhicules électriques sont aussi partiellement privilégiés avec l'impôt cantonal sur les véhicules.
Les stations de recharge continueront à être mises en place, exploitées et financées par le secteur privé. Le Conseil fédéral n'estime pas nécessaire d'intervenir sur le marché libre, étant donné qu'il y a suffisamment d'acteurs (fournisseurs d'énergie, exploitants de réseau, employeurs, sociétés immobilières, propriétaires privés) pouvant mettre en place ces infrastructures.
Le cofinancement de telles infrastructures de recharge occasionnerait une charge administrative disproportionnée vu le nombre d'emplacements potentiellement élevé. En outre, les revenus faibles et fortement variables perçus au titre de la sanction CO2 ne permettraient pas d'établir une planification financière. En cas de cofinancement, il faudrait notamment compter avec des effets d'aubaine indésirables.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.