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20.3534 · Interpellation · 2020-06-08

Département de l'intérieur

Liquidé

Wortlaut

L'OMS est critiquée pour sa gestion de la pandémie de coronavirus. Plus de 120 pays ont demandé une enquête indépendante sur l'action de cette agence de l'ONU, enquête qui sera cependant menée " au moment opportun ", autant dire que son enterrement est annoncé.

L'OMS s'est montrée à la botte de la Chine. Elle a ignoré les alertes lancées par Taïwan concernant le coronavirus puis propagé, le 14 janvier encore, l'infox chinoise selon laquelle le coronavirus ne serait pas transmissible de l'homme à l'homme.

Lorsque le 31 janvier le président américain Donald Trump a interdit les vols en provenance de Chine, l'OMS s'est jointe au choeur de ceux qui ont crié au racisme.

Les USA ont décidé de suspendre leurs contributions à l'OMS (450 millions de dollars, soit 16 fois plus que ce que verse la Chine).

L'ex-ambassadeur de Suisse David Vogelsanger a critiqué sans ambages l'OMS et son action dans un article paru dans la Handelszeitung du 20 mai et déclaré que l'heure était venue de faire le ménage dans cette organisation (" Es ist an der Zeit, in dieser Organisation gründlich aufzuräumen ").

Le 18 mai dernier, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a ouvert l'assemblée de l'OMS en se déclarant favorable à un examen critique (?) de l'organisation afin d'en améliorer l'efficacité, avant d'assurer qu'une OMS forte s'imposait, ce qui équivaut à lui donner son blanc-seing.

Par ailleurs, la Suisse ne se limite pas à verser à l'OMS ses contributions obligatoires, elle se montre également très généreuse à titre volontaire.

1. Que pense le Conseil fédéral de l'action de l'OMS dans le cadre de la pandémie de coronavirus actuelle ?

2. Comment concilie-t-il la position très critique de l'ex-ambassadeur Vogelsanger et les interventions élogieuses de la présidente de la Confédération ?

3. A-t-il l'intention de s'engager activement en faveur d'une véritable enquête indépendante sur l'action de l'OMS ? Comment réagirait-il à l'enterrement de l'enquête promise ?

4. A-t-il l'intention de suspendre les contributions de la Suisse à l'OMS jusqu'à ce que la manière dont l'OMS gère la pandémie de coronavirus ait fait l'objet d'une évaluation ?

5. Ne pense-t-il pas que la Suisse se comporte comme le béni-oui-oui des organisations internationales ?

Stellungnahme des Bundesrates

1. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est l'organisation internationale de référence dans la crise actuelle liée au COVID-19. La Suisse lui exprime son plein soutien et la remercie pour son travail important durant cette crise globale. En tant qu'organisation avec un mandat universel, l'OMS doit continuer d'assumer son rôle de coordination à l'échelle mondiale, tant sur le plan normatif que technique.

2. David Vogelsanger ne représente pas la position officielle de la Suisse, mais exprime son opinion personnelle. Le Conseil fédéral ne prend pas position concernant ses propos. Le discours du 18 mai 2020 de la présidente de la Confédération s'appuie sur la collaboration des services fédéraux compétents avec l'OMS afin de lutter contre la pandémie de COVID-19.

3. La Suisse s'engage déjà en faveur des réformes en cours au sein de l'OMS et s'engagera le moment venu afin d'examiner de manière constructive la gestion de crise dans le cadre des comités de gouvernance de l'OMS. L'objectif est de renforcer l'OMS dans son rôle d'organisation onusienne de référence pour lutter contre les risques sanitaires globaux et d'appliquer le Règlement sanitaire international (2005) pour y parvenir. Les États membres de l'OMS se sont mis d'accord sur cette procédure dans la résolution " Covid-19 Response " adoptée le 19 mai 2020 lors de la 73e Assemblée mondiale de la Santé. Cependant, actuellement, il faut se concentrer sur la lutte contre la pandémie de COVID-19 et poursuivre dans le même temps les autres activités importantes de l'OMS.

4. La crise actuelle montre clairement combien il est important que l'OMS soit forte, efficiente, universelle et durable. Afin que l'organisation puisse continuer à agir et apporter son expertise de manière indépendante, un financement adéquat et durable est essentiel.

5. La Suisse s'engage en faveur du multilatéralisme, de la solidarité et de la collaboration internationale, également dans le cadre de l'OMS. Le multilatéralisme protège contre l'abus de pouvoir et les menaces unilatérales et constitue selon nous la base pour aboutir à un consensus et trouver des solutions dans la communauté des États et se soutenir mutuellement, en particulier dans les situations de crise.

Réponse du Conseil fédéral.