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20.3622 · Postulat · 2020-06-15

Département de l'économie, de la formation et de la recherche

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé d'examiner des solutions fondées sur l'économie du marché afin de promouvoir le coworking régional. Un rapport doit identifier des mesures permettant de créer au moins 100 000 postes de travail partagés régionaux d'ici 2030 qui généreront des bénéfices économiques, écologiques et sociaux.

Begründung

Environ 50 % des employés en Suisse pourraient à ce jour travailler indépendamment du lieu (Deloitte 2016). Le Covid-19 a démontré que cela était possible. Cependant, le télétravail uniquement depuis chez soi n'est pas une solution optimale pour tous : souvent manque d'interactions sociales et d'infrastructure professionnelle, difficulté de séparer vie professionnelle et vie privée.

Une solution est le coworking régional. Il permettrait à au moins 2,5 millions de salariés de travailler proche de leur domicile (50 % de 5 Mio au total, OFS 2018). Le coworking régional stimule l'économie locale, améliore la qualité de vie et décharge les infrastructures de transport. La Suisse contribue ainsi à réaliser les objectifs en matière de CO2 et de développement durable (SDG 3, 8, 9, 11).

Pour atteindre ces objectifs, une offre à l'échelle nationale est nécessaire. Les bases ont été élaborées par des initiatives privées. Le développement d'un réseau national est exigeant et nécessite une aide au démarrage du secteur public. Les espaces de coworking ainsi soutenus doivent répondre à un besoin local et avoir un impact durable : économique, écologique et social.

Dans l'Interpellation Thomas Egger 19.3628, le Conseil fédéral s'est engagé à soutenir le travail flexible. Le rapport doit en particulier examiner les mesures suivantes :

1. Soutien au développement d'espaces de coworking régionaux.

2. Rôle exemplaire de l'administration fédérale : En rendant les lieux de travail plus flexibles, l'administration fédérale pourrait réduire de 20-40 % les postes de travail existants. L'espace ainsi libéré pourrait être exploité en tant qu'espace de coworking régional dans le cadre d'un partenariat public-privé.

3. Objectifs pour entreprises proches de la Confédération. Les CFF mettront en place, avec un partenariat, un format de coworking dans 60-80 gares régionales d'ici l'année 2025. De tels partenariats pourraient également être recherchés avec d'autres entreprises proches de la Confédération, p. ex. dans le cadre de la nouvelle stratégie de la Poste (centres de services régionaux).

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.

Stellungnahme des Bundesrates

L'utilisation de postes de travail partagés peut apporter des avantages d'ordre économique, écologique et social. L'ampleur et la nature de ces bénéfices varient d'un cas à l'autre et dépendent du contexte. C'est la raison pour laquelle, tout comme pour le télétravail, le Conseil fédéral s'abstient délibérément de créer des incitations qui privilégieraient cette forme de travail et préfère laisser la décision aux employeurs et aux employés.

Il est toutefois déjà possible, dans le cadre de la nouvelle politique régionale (NPR) de la Confédération, de promouvoir des offres de coworking dans les espaces ruraux, les régions de montagne et les régions frontalières (exemples : Mountain Hub Adelboden, Kreativfabrik Oberkirch, Mia Engiadina, LASPACE Coworking Langenthal, Plattform Haslital, Coworking im Seeland). Conformément aux objectifs de la NPR, de telles mesures de promotion permettent d'améliorer l'attrait des régions périphériques pour les entreprises et les travailleurs.

Par ailleurs, les trois services de la construction et des immeubles de la Confédération (soit l'Office fédéral des constructions et de la logistique, armasuisse Immobilier et le Conseil des EPF) soumettront au Conseil fédéral d'ici à la fin de 2020 un concept en lien avec l'introduction de postes de travail partagés (desksharing) au sein de l'administration fédérale, qui servira de base aux discussions du Conseil fédéral. L'objectif est de concentrer les unités d'organisation de l'administration fédérale dans des ouvrages polyvalents, de taille appropriée, appartenant à la Confédération lorsque cela est économique. Cette concentration sera réalisée de façon à ce que la réduction du nombre de postes de travail permette de supprimer principalement les immeubles en location non rentables. La Confédération n'aura aucune influence directe sur l'usage qui sera fait de ces objets par la suite.

Enfin, les entreprises proches de l'État sont dirigées au moyen d'objectifs stratégiques fixés par le Conseil fédéral. Ce dernier n'exerce pas d'influence sur les affaires opérationnelles de ces entreprises et respecte leur autonomie. Les objectifs stratégiques précisent déjà que les entreprises proches de l'État doivent assumer leur responsabilité vis-à-vis de la société et de l'environnement. Le Conseil fédéral ne considère pas que ces entreprises doivent être obligées, par l'intermédiaire de la stratégie du propriétaire, à conclure des partenariats favorisant les espaces de travail partagés.

Les entreprises proches de l'État sont conscientes de leur responsabilité, comme en témoigne le partenariat tout récemment conclu par les CFF avec la coopérative VillageOffice pour constituer un réseau d'espaces de coworking. Dans ce cadre, il est prévu de créer des espaces de travail partagés dans 60 à 80 petites ou moyennes gares régionales ces prochaines années. Ces nouveaux espaces de collaboration informelle permettent de rapatrier le travail près des lieux d'habitation, d'éviter de longs trajets, de désengorger le trafic aux heures de pointe et de redonner vie aux bâtiments de gares qui ne sont plus exploitées.

De l'avis du Conseil fédéral, il n'est pas judicieux de viser la création d'un nombre précis d'espaces de travail partagés. Ces dernières années ont montré que la demande croissante engendre une augmentation de l'offre.

La création, d'ici à 2030, de 100 000 postes de travail partagés à l'échelle régionale risquerait d'entraîner une mauvaise allocation des fonds. Pour cette raison et du fait des travaux en cours à l'échelon fédéral, le Conseil fédéral estime que le rapport demandé par le postulat n'est pas nécessaire.

Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.