20.3895 · Interpellation · 2020-06-19
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes :
1. Considère-t-il que la situation actuelle représente une chance pour le vélo ?
2. Serait-il prêt, dans le contexte actuel, à lancer des campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière axées sur la question du vélo et du trafic motorisé ?
3. Serait-il prêt, dans le contexte actuel, à soutenir des campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière axées sur la question du vélo et du trafic motorisé (par exemple celles des associations de tourisme) ?
4. Considère-t-il qu'il pourrait être bon de bannir temporairement, pendant les vacances d'été, les automobiles de certains tronçons routiers et routes de col ?
Begründung
Pendant la crise du virus coronaire, et notamment pendant le confinement, la population suisse a fait plus de sport que d'habitude. Non seulement les coureurs, mais aussi les cyclistes se sont multipliés, comme nous ne l'avions plus vu depuis des années : des familles entières ont fait le tour du pays à vélo, des jeunes se sont mis au vélo de course et beaucoup de personnes ont simplement sorti leur vélo de la cave pour effectuer leurs déplacements quotidiens. On se réjouit de voir le trafic cycliste augmenter encore plus pendant les vacances d'été. Plusieurs cols avaient été fermés aux voitures en septembre dernier sur l'initiative de Suisse Tourisme. Pour cet été, il serait utile de lancer une campagne de sensibilisation sur le vélo et le trafic automobile. La sécurité routière serait renforcée si les cyclistes, les automobilistes et les motards se partageaient le réseau routier de manière plus respectueuse.
Bannir temporairement les voitures de certains tronçons routiers renforcerait aussi la sécurité. L'affectation de ces tronçons serait ainsi, momentanément, réglée de manière claire.
Le Conseil fédéral est prié de mener une politique concrète dans ce domaine.
Stellungnahme des Bundesrates
1. Les déplacements à vélo ont augmenté durant la crise du coronavirus. Le Conseil fédéral salue cette évolution indépendamment de la situation épidémiologique actuelle, car ce mode de locomotion est sain et favorise un transfert du trafic motorisé au trafic non motorisé. Cependant, le potentiel du trafic cycliste n'a pas encore été totalement exploité. Le Conseil fédéral estime ainsi que d'ici à 2040, la mobilité douce augmentera de 32 % par rapport à 2010. C'est pourquoi il propose, dans la nouvelle loi sur les voies cyclables, d'obliger les cantons à planifier et à construire des réseaux de voies cyclables. Il entend néanmoins les soutenir, non seulement en leur fournissant des informations techniques, des conseils et des géodonnées, mais aussi en assurant le suivi de projets pilotes. La loi sur les voies cyclables est en consultation jusqu'au 10 septembre 2020. Par ailleurs, la Confédération donne l'exemple en tenant systématiquement compte du trafic cycliste dans la conception des routes nationales de troisième classe, comme en témoigne le guidage du trafic cycliste mis en place tout récemment le long de l'A2 dans les Schöllenen, en direction d'Andermatt (UR).
De plus, la Confédération soutient diverses mesures de promotion des déplacements à pied et à vélo dans le cadre du programme en faveur du trafic d'agglomération (pour les projets de 3e génération, la contribution fédérale à ces modes de locomotion s'est élevée à 378 millions de francs au total, sur un volume d'investissement de 1,048 milliard de francs).
2./3. Le Fonds de sécurité routière promeut et coordonne des mesures de prévention des accidents de la route, sur mandat de la Confédération. Par exemple, il soutient financièrement des campagnes menées par les associations de transport, souvent dans le domaine de la mobilité douce. Le Conseil fédéral ne prévoit pas de lancer en plus ses propres campagnes sur la sécurité à vélo.
4. Les cols alpins suisses ont une valeur touristique unique, qui devrait pouvoir être appréciée par tous les usagers de la route. C'est pourquoi ils doivent en principe rester ouverts. Toutefois, des slowUp y sont organisés lorsque cela est possible et judicieux : lors de ces événements très populaires, il est possible de se déplacer selon un horaire précis sur les routes d'un territoire clairement défini et sans trafic motorisé. Il revient aux autorités compétentes d'autoriser ces manifestations et de décider de la fermeture temporaire des routes concernées au trafic motorisé.
Réponse du Conseil fédéral.