20.4474 · Interpellation · 2020-12-14
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Notre pays ne peut pas continuer à fermer les yeux face à la dramatique situation des droits humains en Colombie. Les assassinats politiques de militants sont quotidiens, la responsabilité des forces paramilitaires et gouvernementales sont clairement engagées.
La signature des accords de paix en 2016 a rempli d'espoir la société colombienne. Enfin, après des décennies de guerre, la paix était possible. Malheureusement, le changement de gouvernement en 2018 a raviver le conflit, d'une autre manière, en réalité plus cruelle et meurtrière pour les populations civiles. Ainsi, en 2020, selon les informations fournies par de nombreuses ONG sur place, ainsi que les médias indépendants, ce sont 215 militants défenseurs des droits humains, sociaux et environnementaux qui ont été assassinés et également 44 membres des Farc, ayant déposés les armes, qui ont été tués. Il est clairement établi que le gouvernement d'Ivan Duque est responsable de cette violence.
Ainsi, les accords de paix de 2016 sont gravement menacés et les efforts remarquable de notre diplomatie risque d'être réduits à néant.
De nombreuses organisations internationales d'aide au développement ainsi que plusieurs pays européens et notre pays participent au processus de paix en cofinançant des projets qui devaient être post-conflit.
- Le Conseil fédéral est-il conscient de l'évolution dramatique des droits humains en Colombie, notamment avec l'assassinat de centaines de militants associatifs et politiques.
- Le Conseil fédéral pense-t-il intervenir auprès du gouvernement colombien pour lui demander de faire cesser les brutalités de la police et de l'armée ainsi qu'exiger le démantèlement des groupes paramilitaires qui, à ce jour, assassinent en toute impunité les opposants ?
- Le Conseil fédéral pense-t-il prendre une initiative pour relancer un véritable processus de paix en Colombie ?
Stellungnahme des Bundesrates
La Suisse suit de près la situation des droits de l'homme en Colombie et soutient en particulier le travail du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies en Colombie sur le terrain. Elle communique régulièrement ses préoccupations au sujet de la situation des droits de l'homme auprès du gouvernement colombien, autant lors de rencontres bilatérales à tous niveaux, que dans les enceintes multilatérales, comme par exemple au sein du Conseil des droits l'homme. Par le biais de visites sur le terrain et d'observation de procès, la représentation suisse à Bogota s'engage pour la protection des personnes qui défendent les droits de l'homme en Colombie et qui se voient donc menacées.
Le programme suisse de promotion de la paix soutient la mise en oeuvre de l'accord de paix entre le gouvernement colombien et les FARC en prévoyant des mesures dans trois domaines : renforcement de la protection de la population locale et de la participation active de celle-ci aux processus politiques, appui aux processus de traitement du passé et respect des droits de l'homme, notamment par les entreprises. La Suisse s'emploie en outre à ce que des négociations soient également engagées avec des groupes armés restants.
Réponse du Conseil fédéral.