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20.4609 · Motion · 2020-12-17

Département de l'intérieur

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé de faire de la protection de la santé mentale de la population une pierre angulaire de la gestion de la pandémie, et plus particulièrement :

- de créer un groupe de travail comprenant des représentants de la Confédération, des cantons et des associations professionnelles, qui serait chargé, d'une part, d'identifier en quelques semaines les pénuries passagères ou durables qui, aux niveaux cantonal, régional ou local, affectent certains groupes de personnes dans la fourniture de soins de santé mentale, d'autre part, d'assister les cantons en leur adressant des recommandations sur la manière de mieux coordonner les prestations qu'ils proposent et de remédier aux insuffisances touchant éventuellement leur offre de soins.

- de mettre au point dans les meilleurs délais une stratégie rapidement applicable de protection de la santé mentale de la population pendant la pandémie de coronavirus, qui, en plus d'assurer la maîtrise de la situation qui prévaut actuellement dans le domaine de la psychiatrie, devra notamment permettre la mise en place d'offres de soins préventifs et psychothérapeutiques pour les mois et, potentiellement, les années à venir, en se concentrant sur les catégories vulnérables telles que les enfants et les adolescents ou encore les personnes isolées. Il s'agira également de mettre en place le financement d'offres facilement et rapidement accessibles, y compris temporairement hors réglementation si c'est nécessaire, de manière à garantir que tous les patients pourront être traités.

Begründung

Si les incertitudes et les contraintes qui s'attachent au coronavirus sont déjà une source de stress pour la plupart des gens, la pandémie accable plus encore certaines personnes. Les difficultés d'adaptation à la vie avec le coronavirus, l'insécurité professionnelle, les problèmes financiers et les craintes pour l'avenir peuvent nuire en effet à la santé psychique. Les personnes isolées ou vivant seules sont certes les plus vulnérables, mais la question touche tout le monde. Les experts soulignent toutefois que les mesures visant à freiner les contaminations touchent essentiellement les moins de 30 ans, et qu'il convient donc d'accorder une attention particulière à la santé mentale des jeunes.

La situation est encore pire en hiver, en raison du froid et de l'obscurité. Les experts signalent que le risque de suicide, en particulier chez les enfants et les adolescents, a augmenté de manière spectaculaire et que dans certaines régions de Suisse, les services de traitement sont débordés. Au-delà de la réduction des facteurs de risque structurels au moyen de mesures de soutien économique, il est nécessaire d'étendre l'offre de services d'aide, sous forme par exemple de conseils aux familles en matière de télétravail ou d'un service d'assistance téléphonique pour les personnes isolées. Par ailleurs, en plus de la gestion de la crise elle-même, il convient également de s'intéresser à la prévention sanitaire à plus long terme et à la nécessité de remédier aux carences qui affectent les soins psychiatriques et psychothérapeutiques.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.

Stellungnahme des Bundesrates

Le Conseil fédéral est conscient que la pandémie de COVID-19, les mesures prises et leurs conséquences constituent un lourd fardeau pour de nombreuses personnes.

Dans le cadre de la mise en oeuvre du postulat Stähelin 10.3255 " Avenir de la psychiatrie ", des mesures visant à développer les structures de soins psychiatriques sont élaborées depuis 2017. Les pénuries ont déjà été identifiées dans le rapport rédigé en réponse à ce postulat ainsi que dans des projets approfondis y faisant suite (p. ex dans la psychiatrie pour enfants et adolescents, dans les régions rurales, pour certains tableaux cliniques). Dans certains domaines, comme la psychiatrie pour enfants et adolescents, la pandémie semble accentuer ces lacunes. C'est pourquoi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) renforcera cette thématique, ainsi que d'autres demandes de la motion, dans le cadre du groupe de travail " Impacts sociaux " de la Science Taskforce COVID-19.

S'agissant de la stratégie demandée pour protéger la santé psychique de la population pendant la pandémie de coronavirus, diverses mesures sont déjà en cours. Ainsi, la Confédération soutient depuis la première vague des offres d'aide et de conseil faciles d'accès pendant la crise (par exemple La Main tendue, Pro Juventute, Pro Mente Sana). Les possibilités de facturer les psychothérapies effectuées à distance ont également été améliorées. De plus, l'OFSP a lancé à l'été 2020 déjà une étude synoptique sur les impacts psychiques de la pandémie et la situation des soins pour les personnes concernées. Le premier rapport partiel a été publié en novembre 2020. Notamment en raison des résultats partiellement préoccupants et dans le but d'augmenter la visibilité des offres d'aide parmi la population, l'OFSP a lancé une journée d'action pour la santé psychique en décembre 2020. Le Conseil fédéral est disposé à poursuivre et à renforcer ces efforts à moyen terme en collaboration avec la fondation Promotion santé Suisse et le réseau Santé psychique Suisse, ainsi que, le cas échéant, d'autres acteurs.

Le Conseil fédéral est prêt à se pencher sur cette problématique dans le cadre des canaux existants, à recueillir les besoins des cantons et des associations professionnelles et à contribuer activement à trouver des solutions. Il estime cependant que la fondation d'un groupe de travail séparé ou l'élaboration d'une nouvelle stratégie, comme demandé, ne sont actuellement pas pertinentes.

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.