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20.4710 · Interpellation · 2020-12-18

Département de l'intérieur

Liquidé

Wortlaut

Les contacts avec les aînés montrent que nombre d'entre eux ont très peur des conséquences de la crise du coronavirus, en raison de l'énorme surmortalité en Suisse, d'une part et des innombrables informations alarmantes, d'autre part. L'isolement et le risque de mourir seul aux soins intensifs sont autant de facteurs qui accablent les personnes âgées. Les mesures cantonales et surtout les dernières mesures annoncées par la Confédération, leur font craindre un isolement total, en particulier lors de fêtes importantes. À cela s'ajoute que les services de soins infirmiers sont surchargés et contraints de se limiter à l'indispensable, ce qui ne laisse guère de place aux contacts humains. Enfin, le nombre particulièrement élevé de personnes infectées et de décès dans les établissements médico-sociaux ne laisse pas d'inquiéter.

Dans ce contexte, le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes :

1. Dispose-t-il, avec les cantons, d'un concept visant à réduire la peur des aînés face aux conséquences de la crise du coronavirus et à protéger le plus possible cette catégorie de la population de la solitude et de l'isolement ?

2. Est-il prêt à engager des moyens financiers pour développer ou créer des services de soins et d'assistance ?

3. Quelle stratégie envisage-t-il pour protéger les aînés dans des situations semblables et les préserver de l'isolement à l'avenir ?

Stellungnahme des Bundesrates

1. et 3. Le Conseil fédéral est conscient que la crise a des effets sur la santé psychique des personnes âgées et leurs possibilités d'avoir des contacts sociaux. La santé psychique et l'équilibre entre, d'une part, la protection de la vie par la réduction des contacts et, d'autre part, la qualité de vie, revêtent donc une grande importance dans la gestion de la crise. Le Conseil fédéral analysera la situation en détail dans le cadre du rapport donnant suite au postulat 20.3724 Wehrli " La situation des personnes âgées dans COVID-19 ".

Les premiers résultats des études en cours montrent que la pandémie de COVID-19 a renforcé le sentiment de solitude d'une certaine partie des personnes interrogées et eu des effets négatifs sur leur humeur. Concernant la population âgée, le risque de troubles psychiques est particulièrement élevé chez les personnes atteintes d'une maladie préexistante ou peu intégrées socialement (cf. le rapport du 20 novembre 2020 sur l'influence du COVID-19 sur la santé psychique ; www.ofsp.admin.ch > Stratégie & politique > Mandats politiques & plans d'action > Santé psychique et soins psychiatriques). Afin de sensibiliser à cette thématique et de faire connaître les offres d'aide faciles d'accès, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a lancé, en collaboration avec divers partenaires, une journée d'action sur la santé psychique qui s'est tenue le 10 décembre 2020. En outre, l'OFSP échange régulièrement avec différentes organisations d'aide aux personnes âgées et les associe à la gestion de la crise afin de tenir compte des besoins et des demandes de cette partie de la population. Dans le document intitulé " Informations et recommandations pour les institutions médico-sociales telles que les homes et les EMS " (OFSP > Maladies > Maladies infectieuses : flambées, épidémies, pandémies > Flambées et épidémies actuelles > Coronavirus > Informations pour les professionnels de la santé > Documents actualisés, version du 27.10.2020), l'office recommande de rechercher un équilibre entre la protection contre les infections et les risques liés à la carence affective et à l'isolement, en particulier pour les personnes spécialement fragiles. Par contre, la réglementation des visites relève de la compétence des cantons et dépend de la situation épidémiologique locale.

La fondation Promotion Santé Suisse s'investit également, en collaboration avec les cantons, pour améliorer la santé psychique des personnes âgées dans le cadre de programmes d'action, l'accent étant mis sur les offres destinées aux séniors vivant à domicile et sur l'intégration sociale.

2. Même pendant la pandémie de COVID-19, le traitement et la prise en charge des personnes âgées relèvent en principe des cantons et des communes, qui sont compétents pour ce qui a trait aux prestations ambulatoires extrahospitalières et aux établissements stationnaires. Il leur appartient donc aussi de décider si des moyens financiers supplémentaires doivent être consacrés à la création ou au développement de services de soins et de prise en charge.

A titre subsidiaire, la Confédération octroie des aides financières aux organisations d'aide aux personnes âgées actives à l'échelle nationale sur la base de l'art. 101bis de la loi fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants (LAVS ; RS 831.10). Ces organisations ont effectué un important travail de conseil et de soutien auprès des personnes âgées dans le contexte de la pandémie et sont les mieux placées pour évaluer les besoins. Il en est tenu compte dans le suivi des contrats de subventions.

Réponse du Conseil fédéral.