21.3453 · Motion · 2021-03-26
Département de l'intérieur
Attribué à la commission compétente
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de faire en sorte que des fonds suffisants soient disponibles pour une recherche et un suivi systématiques consacrés aux cas de " Covid long ". Il est chargé en outre de mettre sur pied des programmes adéquats.
Une minorité de la commission (de Courten, Aeschi Thomas, Glarner, Rösti) propose de rejeter la motion.
Begründung
La plupart des patients ayant contracté le Covid-19 peuvent s'attendre à un rétablissement complet. Mais ce n'est malheureusement de loin pas le cas de tous. Certains d'entre eux doivent rester à l'hôpital durant une longue période, tandis que d'autres peuvent être renvoyés chez eux car leur état général est suffisamment bon, ce qui est juste et raisonnable. Il existe toutefois un grand nombre de patients souffrant de " Covid long ", qui n'ont jamais été hospitalisés, mais sont restés chez eux durant tout le processus de rétablissement. Malheureusement, ces patients passent souvent à travers les mailles du système et " disparaissent des écrans radar ". Ils se retrouvent donc livrés à eux-mêmes. Ils peuvent à la rigueur s'adresser à leur médecin de famille, mais ce dernier se trouve la plupart du temps démuni face à ce genre de cas.
L'Hôpital de l'Île à Berne a publié, en collaboration avec les principaux instituts de recherche clinique sur les maladies pulmonaires, une étude fondée sur des examens réalisés sur des personnes hospitalisées. Cette étude parvient à la conclusion que le Covid-19 peut mener à des séquelles durables sur l'absorption d'oxygène par les poumons et que le traitement et le suivi à long terme des patients concernés sont impératifs et urgents. Par ailleurs, des études menées par l'institut Robert Koch, en Allemagne, montrent que près de 40 % des personnes traitées cliniquement se plaignent de séquelles à long terme durant des semaines, voire des mois (difficultés respiratoires, douleurs articulaires sévères, toux persistante, évanouissements, fortes nausées, fatigue chronique, ainsi que faiblesse nerveuse et musculaire). Tous les groupes d'âge sont touchés, à l'exception des moins de 20 ans.
Eu égard à ce qui précède, la commission estime qu'il est impératif que la Suisse commence à enregistrer et à suivre ces cas de manière systématique, en recourant à des méthodes scientifiques. C'est, à ses yeux, le seul moyen d'acquérir efficacement des connaissances qui permettraient de venir en aide à toutes les personnes concernées. Il serait aussi particulièrement intéressant d'enregistrer les cas de Covid long dans lesquels la situation s'est nettement améliorée, voire où un rétablissement complet est intervenu, malgré un processus long. Les expériences vécues par ces personnes et la façon dont elles ont fait face à la situation pourraient s'avérer utiles à d'autres.
Afin de faciliter l'enregistrement de ces cas, il convient de créer un point de contact auprès duquel les personnes concernées pourront s'annoncer et où elles pourront partager leur expérience et échanger. Ce point de contact sera mis place en concertation avec les cantons, les milieux de la recherche et les médecins, et aura pour objectif de favoriser l'échange de connaissances sur le Covid long entre toutes les personnes touchées et les acteurs concernés. Cet échange devrait également tenir compte d'aspects non médicaux.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral a conscience de la portée des conséquences à long terme pour les personnes atteintes du COVID-19. Il reconnaît le besoin d'analyser les effets à long terme du COVID-19 sur les malades. Il faut souligner que de nombreuses études nationales et internationales sur le COVID long sont en cours. Si nécessaire, le Conseil fédéral examinera l'intensification de la recherche par un financement adéquat.
Dans le cadre de l'élaboration du rapport en réponse au postulat 21.3014 CSSS-E " Garantir aux personnes atteintes du COVID long un traitement et une réadaptation appropriés ", le Conseil fédéral présentera en outre les mesures nécessaires afin d'assurer le traitement et la thérapie des patients atteints de COVID long ainsi que le financement des programmes de traitement et de thérapie pour les personnes concernées.
Cependant, il manque une base constitutionnelle pour le suivi des cas de COVID long par la Confédération. La création de structures de soins correspondantes relève de la compétence des cantons. Par conséquent, le suivi doit se dérouler dans le cadre des canaux existants. On peut mentionner que des structures ont déjà été mises en place dans les cantons, comme les points de contact cantonaux (p. ex. le réseau Altea dans le canton de Zurich, ou les heures de consultation spécifiques dans les hôpitaux). La Confédération soutient les cantons dans la mesure du possible.
Le Conseil fédéral propose d'accepter la motion.