22.3022 · Motion · 2022-02-22
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé d'augmenter les moyens destinés à promouvoir les vins suisses à 9 millions par année pour autant qu'ils répondent à des critères de qualité et de durabilité.
Une minorité de la commission (Bertschy, Birrer-Heimo, Grossen Jürg, Marti Samira, Schneeberger, Ryser, Wasserfallen Christian, Wermuth) propose de rejeter la motion.
Begründung
La Confédération soutient les efforts collectifs de marketing des branches agricoles par des aides financières dans le cadre de la promotion des ventes, conformément à l'article 12 de la loi sur l'agriculture. Ainsi, elle prend en charge 50 % des coûts.
À ce jour, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) alloue 2.8 millions pour la promotion du secteur vitivinicole suisse. En 2020 et en 2021, à la demande de la branche, une aide d'urgence de 1 million supplémentaire a été allouée pour des projets spécifiques dans la gastronomie et la grande distribution. Celle-ci a permis de faire progresser fortement les ventes de vins suisses dans la grande distribution. Malgré ces résultats extrêmement positifs, l'OFAG a décidé de réduire ce soutien de CHF 200'000.- en 2022 et d'y renoncer à partir de 2023.
Malgré le fort recul de la consommation en 2020, les vins suisses ont tiré leur épingle du jeu et ont gagné des parts de marché : celles-ci ont affiché une hausse de 0,7 % et se positionnent à 37,7 %.
Il est nécessaire de continuer de renforcer le positionnement des vins suisses en augmentant les moyens engagés pour la promotion à long terme. L'expérience de l'aide d'urgence 2020-2021 a confirmé la nécessité d'un financement à la fois plus substantiel et stable pour favoriser l'écoulement du vin suisse sur le marché indigène, notamment dans la grande distribution et dans la restauration.
De plus, il est nécessaire de pouvoir lutter à armes égales face à la concurrence européenne et leur dizaine de millions d'euros engagés sur le marché suisse issus des aides d'État et de l'UE.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral comprend les inquiétudes de l'économie vitivinicole suisse, qui a dû faire face à une conjoncture difficile sur le marché. La Confédération a tenu compte de cette situation particulière en consacrant des fonds supplémentaires à la promotion des ventes et d'importants moyens au déclassement de vins suisses d'appellation d'origine.
Les fonds disponibles pour la promotion des ventes sont actuellement répartis entre les différents produits agricoles sur la base d'une analyse du portefeuille, selon des critères objectifs. Il s'agit, en substance, d'avoir un effet aussi important que possible sur les recettes des secteurs agricole et agroalimentaire suisses et, sur le plan de la méthode, de traiter de la même manière les différentes catégories de produits du secteur. Sur la base de cette analyse, le secteur vitivinicole pourra bénéficier pour la promotion des ventes d'une aide annuelle allant de 2,8 millions (montant minimal) à 3,1 millions de francs (montant maximal) entre 2022 et 2025. Des fonds supplémentaires seront affectés, sur demande, à la prospection du marché pour les exportations de vin (380 000 francs en 2022).
L'adoption de la motion se traduirait par une inégalité de traitement entre l'économie vitivinicole et d'autres branches agricoles. Sur le marché intérieur, un soutien financier de 9 millions de francs par an à la promotion des ventes de vins serait supérieur à celui accordé pour tous les autres produits de l'agriculture suisse. Ce soutien serait disproportionné en regard de l'importance économique du vin par rapport à d'autres produits agricoles. Compte tenu du budget, une augmentation de l'aide financière accordée pour les vins suisses impliquerait une redistribution systématique dont pâtiraient d'autres produits agricoles.
La motion demande d'assortir la promotion des ventes de la Confédération de critères de durabilité et de qualité. Or, une telle mesure ajoutera à la complexité de la réglementation, qui sera alors difficilement applicable dans la pratique. Or, il n'existe pas aujourd'hui de norme de développement durable communément utilisée dans la viticulture ni dans l'ensemble de la chaîne alimentaire de l'économie vitivinicole. Tous les producteurs ne fournissent pas les prestations écologiques requises au stade de la viticulture, vu que les petites exploitations, en particulier, ne sont pas éligibles aux paiements directs.
Outre la promotion classique des ventes, il existe d'autres façons d'aider l'économie vitivinicole par le biais de projets. Il est, par exemple, possible de soutenir, au titre de projets de communication complémentaires, des mesures particulièrement innovantes pendant quatre ans au plus (art. 9d de l'ordonnance sur l'aide à la promotion des ventes de produits agricoles, RS 916.010). En vertu de l'art. 11 de la loi sur l'agriculture (RS 910.1) et de l'ordonnance sur la promotion de la qualité et de la durabilité dans le secteur alimentaire (RS 910.16), la Confédération peut également aider la filière à établir et à mettre en place une norme valable pour les vins suisses durables.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.