24.3564 · Interpellation · 2024-06-11
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
Situation de départ
Selon les documents relatifs à la réforme des métiers MEM, les examens professionnels à la fin de l'apprentissage CFC doivent être supprimés et partiellement remplacés par des travaux de synthèse écrits. Cette décision, prise dans le cadre des réformes en cours, suscite une vive inquiétude parmi les acteurs de la formation professionnelle, notamment les formateurs, les chefs d'entreprise et même des ministres cantonaux de la formation.
Observations
Manque de consensus et d'avis défavorables : La suppression des examens de fin d'apprentissage ne fait pas l'objet d'un consensus.
Atteinte à l'homogénéité du CFC : La suppression des examens risque de fragiliser l'homogénéité du niveau de formation CFC à travers le pays.
Impact négatif sur les métiers de l'industrie des machines : Cette mesure risque de déprécier la valeur de ces formations et de nuire à la réputation de l'apprentissage CFC dans ces domaines.
Contrôle nécessaire pour un niveau de connaissances optimal : L'évaluation des connaissances professionnelles à la fin de l'apprentissage est un élément crucial pour garantir que les apprentis aient acquis les compétences requises pour leur future carrière.
Questions
Au vu de ces préoccupations, je pose les questions suivantes au Conseil fédéral :
Sur quelles bases la décision de supprimer les examens de connaissances professionnelles CFC a-t-elle été prise ?
Le Conseil fédéral est-il conscient des inquiétudes exprimées par les acteurs de la formation professionnelle concernant cette réforme ?
A-t-on évalué scientifiquement si le travail de synthèse (comme prévu dans la réforme) présente des avantages par rapport à un examen final basé sur les compétences opérationnelles ?
Comment s'assurer que le CFC n'est pas acquis suite à un travail de synthèse produit par l'IA ?
Si l'examen final de l'enseignement de culture générale est également supprimé, les jeunes ne manquent-ils pas de compétences pour se préparer à un examen final complet de manière approfondie et ciblée?
Quelles mesures ont-elles été envisagées pour garantir le maintien d'un niveau de connaissances professionnelles optimal malgré la suppression des examens ?
Le Conseil fédéral est-il disposé à reconsidérer sa décision concernant la suppression des examens écrits de connaissances professionnelles CFC ?
Stellungnahme des Bundesrates
Conformément à l’article 1 de la loi sur la formation professionnelle (LFPr ; RS 412.10), la formation professionnelle est la tâche commune de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail (OrTra). Ainsi, ces trois partenaires assument ensemble la responsabilité du développement des professions et de la qualité des formations. Les OrTra définissent les contenus de la formation et les procédures de qualification d’une formation professionnelle initiale. Pour les professions MEM, il s’agit de Swissmem et Swissmechanic. Les cantons sont responsables de la mise en œuvre de la procédure de qualification, c'est pourquoi les OrTra travaillent en étroite collaboration avec eux pour l'organiser. Le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) est responsable de la réglementation et de la promulgation des ordonnances sur la formation et le fera à la fin du processus de développement des professions, après avoir consulté toutes les parties prenantes et les milieux intéressés.1. / 2. / 7. Avec le soutien de la Conférence suisse des offices de la formation professionnelle, Swissmem et Swissmechanic ont souhaité remplacer l’examen sur les connaissances professionnelles par un travail de synthèse. Comme pour l'examen des connaissances professionnelles, ce travail porte sur des connaissances de base théoriques à l'aide de tâches prescrites et proches de la pratique. La procédure de qualification pour les professions MEM a été développée de manière concertée et consensuelle par les partenaires. Comme dans tout processus de réforme, il y a des partisans et des détracteurs. Conformément au planning actuel, le SEFRI lancera la procédure officielle d’audition à la fin du mois d’août 2024. Toutes les parties prenantes et les milieux intéressés auront alors une nouvelle fois la possibilité de s'exprimer sur ces projets de révision. Le SEFRI prendra la décision finale en se basant sur les résultats de l'audition avec la participation des cantons ainsi que de Swissmem et Swissmechanic.3. La procédure choisie s’appuie sur le document du SEFRI « Cadre de référence pour la conception de procédures de qualification avec examen final » (disponible sous www.sbfi.admin.ch > Formation > Formation professionnelle et continue > Formation professionnelle initiale > Procédures de qualification), destiné aux organes responsables pour le développement des professions. Ce document a été élaboré conjointement par les partenaires de la formation professionnelle à partir de leurs expériences.Dans sa mise à jour de 2019, les partenaires de la formation professionnelle se sont mis d'accord sur des principes et des recommandations visant à soutenir des examens finaux simplifiés, de qualité et compréhensibles pour tous les participants. Une des recommandations prévoit que, si le domaine de qualification « travail pratique » est conçu de telle manière que les apprentis doivent utiliser les connaissances professionnelles afin de le valider, le domaine de qualification connaissances professionnelles peut être réduit en conséquence ou complètement omis. Dans ce cas, l'enseignement des connaissances professionnelles a plus de poids tout au long de la formation professionnelle initiale par le biais de la note d'expérience. Cependant, les professions MEM continuent de tester les connaissances professionnelles, mais sous la forme d'un travail d'approfondissement. Il n’y a pas eu d’évaluation scientifique concernant le travail de synthèse pour les professions MEM. Cependant, il est important de noter qu’à tous les niveaux de formation et dans tous les domaines d'apprentissage, se constate une tendance à ne plus interroger les connaissances, mais à vérifier comment les candidats peuvent mettre en réseau les connaissances acquises et les mettre en relation avec la pratique. Ce changement est soutenu par les experts en pédagogie ainsi que par les institutions de formation pédagogique.4. Le travail de synthèse est conçu en fonction des compétences et comprend une ou plusieurs tâches en relation avec la pratique. Il est réalisé dans un cadre temporel de 6 à 8 heures et sous surveillance. En outre, le travail doit être présenté et comprend un entretien professionnel avec des experts aux examens. Une telle procédure ne peut pas être réalisée par une IA.5. L’examen final de culture générale n’est pas supprimé, mais aménagé différemment. L’enseignement de la culture générale est dispensé pendant toute la durée de l'apprentissage. Et lors de la procédure de qualification, l'accent est mis sur le travail d'approfondissement. Les personnes en formation démontrent par ce biais qu'elles sont capables d'appliquer et de mettre en relation leurs connaissances de culture générale dans la pratique. C’est sur ce même principe qu’est envisagée l’introduction du travail de synthèse pour évaluer les connaissances professionnelles, à la place d’un examen final uniquement axé sur les connaissances professionnelles.6.L'un des principaux facteurs de réussite de la formation professionnelle est l'engagement responsable des organisations du monde du travail pour la formation de leur personnel qualifié. Leur intérêt est de produire des professionnels qualifiés. En conséquence, les OrTra définissent les contenus des examens finaux de manière à ce qu'ils apportent la preuve que les professionnels formés possèdent les qualifications nécessaires pour le marché du travail. Il convient de souligner que les OrTra évaluent leurs formations et leurs examens finaux au moins tous les cinq ans et prennent les mesures adéquates si nécessaire.