26.3784 · Interpellation · 2026-06-18
Département de l'intérieur
Déposé
Wortlaut
Tout agriculteur travaillant sur des pâturages pour le gros et le petit bétail connaît l’effort associé à la réparation, au déplacement et à l’entretien des clôtures sur des terrains escarpés. Cela demande du temps, de l’énergie et de l’argent, soit des ressources qui font généralement défaut dans une exploitation agricole. Une technologie qui pourrait considérablement faciliter ce quotidien est encore interdite en Suisse : la clôture virtuelle.
Agroscope a testé cette technologie au cours des étés 2021 à 2023, tant en plaine qu’en montagne, avec un résultat sans équivoque : les vaches s’adaptent rapidement au système sans présenter de réaction au stress sur le long terme. Aucune différence en matière d’hormones de stress, de production laitière et de consommation de nourriture n’a été constatée en comparaison avec des animaux élevés dans des pâturages délimités par des clôtures conventionnelles. L’impulsion électrique sur le collier est environ 25 fois plus faible que celle d’une clôture électrique classique. Ce résultat concorde avec l’état actuel de la recherche internationale. En Norvège, en Suède, au Royaume-Uni, en Irlande et aux États-Unis, cette technologie est déjà exploitée à des fins commerciales.
Il est question d’économies pouvant atteindre 20 heures de travail par semaine. Les surfaces où il n’est pas possible de poser des clôtures physiques peuvent ainsi servir de pâturages. Les animaux sauvages peuvent traverser sans encombre. En 2022, l’Animal Welfare Committee du Royaume-Uni a confirmé la conformité de la technologie aux normes de protection des animaux. La Suisse est à la traîne sans raison valable.
Compte tenu de ces éléments, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :
1. Comment évalue-t-il le potentiel des clôtures virtuelles pour l’agriculture suisse en général et pour les régions de montagne en particulier ?
2. Quelles modifications du cadre juridique en vigueur sont nécessaires pour permettre l’utilisation des clôtures virtuelles en Suisse ?
3. Le Conseil fédéral est-il prêt à y procéder ?