94.3454 · Postulat · 1994-10-07
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
La Bosnie, fortement éprouvée, se prépare à affronter son troisième hiver de guerre, hiver qui promet d'être catastrophique. En effet, plusieurs milliers de personnes risquent d'y trouver la mort. Dans le sillage de l'appel urgent lancé, le 7 septembre 1994, par Cornelio Sommaruga, président du CICR, à la communauté internationale (plus précisément aux représentants des 185 États qui sont parties aux Conventions de Genève), nous prions le Conseil fédéral de faire en sorte que la Suisse, en qualité d'État dépositaire et d'État signataire des Conventions de Genève, lance une offensive diplomatique auprès de tous les gouvernements, afin que, d'une part, le CICR puisse enfin remplir ses tâches humanitaires en Bosnie-Herzégovine et mettre un terme aux graves violations du droit international humanitaire, et que, d'autre part, les Conventions de Genève soient respectées par toutes les parties contractantes. Il est important et extrêmement urgent de mener cette offensive diplomatique pour protéger les habitants, qui, cloîtrés dans ce qu'on appelle des zones de protection, vivent dans des conditions inhumaines, et les aider à survivre durant les mois d'hiver qui approchent.
Begründung
Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait remarquer que les zones de sécurité garanties par les Nations unies en Bosnie-Herzégovine (Sarajevo, Srebrenica, Jafa, Gorazde, Zepa, Bihac) ne sont pas réellement protégées.
Environ 600.000 personnes sont parquées depuis plus de deux ans sur un espace exigu dans ces zones coupées du reste du monde par les troupes serbes.
Ces gens dépendent entièrement de l'aide humanitaire extérieure. Les assiégeants entravent régulièrement l'arrivée des secours. Les convois humanitaires sont souvent arrêtés de sorte que l'approvisionnement est entièrement dépendant de l'arbitraire des assiégeants. Les zones encerclées sont soumises à des tirs périodiques.
Les assiégés sont affamés. Les risques d'épidémies (typhus, tuberculose, jaunisse) sont considérables. Souffrant de malnutrition et de sous-alimentation et constamment sur le qui-vive depuis deux ans et demi, les assiégés n'ont plus la force physique nécessaire pour affronter un troisième hiver de guerre. On peut craindre une hécatombe. Il importe d'agir vite.
Les États signataires des conventions de Genève étant non seulement tenus d'assurer l'application de ces conventions sur leur territoire, mais aussi de veiller à ce que les autres signataires les respectent également, une offensive diplomatique de notre pays s'impose.