96.3394 · Interpellation · 1996-09-16
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Je pose au Conseil fédéral les questions suivantes :
1. À combien se monte l'aide de l'Office fédéral des assurances sociales à la publication de cet ouvrage de qualité médiocre, primaire dans son contenu comme dans sa présentation et, somme toute, très ordinaire ?
2. D'autres offices fédéraux participeront-ils au financement de ce livre ? Si oui, lesquels et quel sera le montant de cette aide ?
3. Que pense le Conseil fédéral de :
3.1 la qualité des dessins ;
3.2 la pertinence de l'histoire pour de jeunes lecteurs ;
3.3 la valeur des informations et des conseils fondés sur une approche par trop permissive ;
3.4 du contenu de l'ouvrage : estime-t-il qu'il est compatible avec les règles morales et les principes chrétiens auxquels sont attachées nombre de familles ?
Begründung
Les éditions Pro Juventute ont publié, au début de cette année, une bande dessinée pour les jeunes intitulée "Schöner lieben". L'Office fédéral des assurances sociales a soutenu la publication de cet ouvrage. En préface, Monsieur Gutzwiller, professeur à l'Université de Zurich et docteur en médecine sociale et préventive, écrit entre autres :
" ...Je suis convaincu qu'il vaut la peine d'y jeter un oeil. En effet, il s'agit d'une histoire passionnante et amusante qui, dans sa seconde partie, contient, en outre, des conseils pratiques et des informations précieuses suscitant de nombreuses réflexions sur cette importante période de la vie..."
Stellungnahme des Bundesrates
1. En 1993, la somme de 300 000 francs provenant du Fonds des casinos a été versée à Pro Juventute au titre de participation au financement d'une bande dessinée provisoirement intitulée "Drum prüfe, wer sich ewig bindet...". Le but de cet ouvrage était d'informer les jeunes gens sur une étape importante de la vie, soit le moment de fonder un foyer, d'aborder des thèmes comme la vie de couple, l'amour, l'éducation, l'attitude en cas de crise, etc.
2. Aucun autre office fédéral n'a versé de contribution.
3. L'histoire montre de manière amusante, selon le concept de la publication, de nombreux aspects de l'amitié, du couple et de l'amour tout en évoquant fort justement la prévention contre le sida. Cette bande dessinée soulève aussi des question portant sur l'éducation et la famille bien que les jeunes auxquels elle s'adresse ne se trouvent pas encore dans cette phase de la vie. Ce choix permet de montrer que le passage de l'état de couple à celui de famille est porteur d'éléments nouveaux, voire de problèmes. Si cette publication se veut distrayante pour le lecteur, elle est aussi fortement axée sur la prévention. Or, toutes les mesures de prévention doivent être conçues de manière à toucher leur public cible. Les jeunes aiment la bande dessinée. Sous cette forme, le récit les intéresse, ils y prennent plaisir. L'ouvrage est complété par une série de "trucs et d'infos" qui traitent de questions précises en de brefs chapitres ordonnés selon des mots-clés. Cette partie est essentiellement consacrée aux problèmes de relations dans un couple et à la manière d'aborder les difficultés qui peuvent en découler. Les questions sont traitées d'un double point de vue : émotionnel et juridique.
De plus, il ne faut pas oublier que ce livre s'adresse à des jeunes gens et des jeunes filles qui sont encore à la recherche d'une relation stable. Il est particulièrement important pour ces jeunes d'apprendre comment se comporter en personnes responsables.
Il est possible que, pour des motifs tenant à la diversité des attitudes face à la vie, cette bande dessinée ne fasse pas l'unanimité. Si des parents réprouvent le contenu de cette publication pour les raisons évoquées ci-dessus, libre à eux d'aborder les questions-clés dans une autre publication qui correspondra mieux à leur éthique. Mais de très nombreux parents aimeraient offrir à leurs enfants en passe de devenir de jeunes adultes un accompagnement faisant preuve d'ouverture et qui soit affranchi de tabous. À sa parution, l'ouvrage a également fait l'objet de critiques positives.
Réponse du Conseil fédéral.