99.3402 · Interpellation · 1999-08-31
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Liquidé
Wortlaut
J'invite le Conseil fédéral à répondre aux questions suivantes :
- Est-il lui aussi d'avis que l'Expo.01 doit transmettre un message positif à toute la Suisse ? Comment entend-il résoudre les problèmes financiers et organisationnels qui se posent afin de créer le climat de confiance indispensable au rayonnement de l'exposition nationale ?
- Que faut-il faire pour que l'Expo.01 séduise la population et attire suffisamment de visiteurs pour créer l'événement et ne pas se transformer en Bérézina financière ?
- L'offre actuelle est-elle susceptible de donner un signal positif et d'attirer les foules ?
- Les milieux qui souhaitent participer à l'élaboration et au financement de l'exposition doivent absolument savoir s'il vaut la peine de donner de l'argent et des hommes à ce projet. Le temps presse.
- Est-ce que le secteur agricole peut compter sur le site de Morat, parfaitement adapté en raison de la proximité de l'Expo.01 et de l'importance des activités agricoles en dehors des arteplages ? Des synergies sont donc possibles. Morat offre de grandes surfaces et même une ferme.
Begründung
Le moins que l'on puisse dire est que l'Expo.01 connaît une crise de confiance qui, à cause des tâtonnements initiaux, a jeté le trouble chez de nombreux visiteurs, mécènes et exposants potentiels. Le calendrier, les projets, l'avancement des travaux, le financement et la fréquentation sont autant de points encore nébuleux. Or, le temps presse pour réaliser l'exposition et pour ceux qui souhaiteraient y participer. Doivent-ils continuer à consacrer des hommes et de l'argent à un projet qui ne verra peut-être pas le jour ?
Le monde agricole doit absolument savoir s'il est le bienvenu. Peut-il compter sur le site de Morat, parfaitement adapté à son propos ?
Le secteur agricole est prêt à intervenir plus largement et de manière originale dans le cadre de l'Expo.01. Il dispose des capacités nécessaires et est résolu à ne pas laisser la Coop occuper seule le terrain de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement.
Le secteur agricole est également prêt à collaborer avec l'Expo.01. Il n'entend nullement faire cavalier seul. Les auspices sont bons. Ses messages sont clairs et les reproches qui lui ont été faits, notamment de ne pas être à la hauteur d'une exposition nationale et de ne montrer que des bottes de paille, des moissonneuses-batteuses et des vaches, sont aussi présomptueux qu'élitistes. Il s'agit d'atteindre un vaste public, on parle de plus de 10 millions de visiteurs, et de faire passer les idées suivantes : les produits indigènes sont frais, contrôlés et écologiques, ils génèrent beaucoup d'externalités positives contre peu d'effets négatifs. La production agricole engendre de multiples prestations annexes qui ne peuvent être importées et il convient de mettre en évidence sa multifonctionnalité. L'agriculture répond en permanence aux attentes les plus variées. Voilà les messages qu'il faut faire passer sans académisme, ni pédanterie, ni élitisme, de manière claire et distrayante, à travers une expérience multisensorielle.
Pour réaliser notre projet, chaque jour compte. Les autres exposants potentiels sont dans la même situation.
La valse-hésitation qui se prolonge fait perdre un temps précieux et compromet irrémédiablement la réalisation de l'Expo.01.
Nous croyons à l'intérêt et aux chances d'une exposition nationale en 2001. Nous sommes prêts à tout mettre en oeuvre pour assurer son succès. Toutefois, la réussite n'est envisageable que si l'on apporte immédiatement une réponse à des questions cruciales et si l'on instaure le climat de confiance indispensable.
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral entend apporter son soutien à l'exposition nationale : ses récentes décisions en sont la preuve. L'exposition doit être pour la Suisse et ses quatre régions linguistiques et culturelles un lieu de rassemblement et donner à tout le pays un signal positif. Après des années de stagnation et au seuil du troisième millénaire, elle doit mettre en évidence les défis de demain, renforcer la confiance des Suisses dans leur pays et les aider à définir de nouveaux objectifs communs.
Le Conseil fédéral a pris des mesures afin que les problèmes organisationnels et financiers de l'exposition puissent être maîtrisés. Le 8 octobre 1999, il a adressé aux Chambres fédérales un message concernant un crédit additionnel de 250 millions de francs dont l'octroi est assorti de différentes conditions relatives notamment à la participation des milieux économiques, ainsi qu'à d'autres apports financiers ou à des mesures d'économie. L'exposition nationale a en outre été repoussée à 2002 afin que la planification et les préparatifs ne pâtissent pas d'un excès de hâte et que la direction générale puisse procéder au redimensionnement et aux économies qui s'imposent.
Ces mesures doivent restaurer la confiance de l'économie dans l'exposition et l'inciter à apporter, sans réticences, sa pierre à l'édifice.
Dans l'intervalle, la direction de l'Expo travaille essentiellement à enrichir l'éventail des projets, manifestations et autres événements, afin qu'ils soient tous plus attrayants, porteurs, intéressants les uns que les autres, qu'ils s'adressent à l'ensemble de la population et attirent ainsi, comme on le souhaite, les visiteurs en masse.
En ce qui concerne le thème de l'agriculture, il existe une esquisse de projet, qui a été discutée en août 1999 à une séance du comité d'Agro-Marketing Suisse avec la direction artistique de l'exposition. La concrétisation de cette esquisse exige beaucoup de liberté quant à l'architecture et aux bâtiments, ce qui n'est pas forcément possible sur chaque arteplage. C'est pourquoi la décision concernant le lieu de l'exposition des milieux agricoles n'est pas encore tombée. Comme pour chacun des projets, elle doit être prise en accord avec la direction et les partenaires de l'Expo.
Réponse du Conseil fédéral.