Marty Dick · Ständerat · 2009-09-09
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-09-09
Wortprotokoll
J'ai moi aussi, comme Monsieur Jenny et d'autres députés, hésité au sujet de l'entrée en matière. Et je suis arrivé à une conclusion différente. Comme eux, je crois aussi au marché. Je crois aussi que l'Etat ne doit pas intervenir dans ce genre de mécanisme, avec des jeux de subventions, qui provoquent toujours des distorsions et qui créent ainsi des injustices et des dommages.
Mais en définitive, nous nous trouvons dans une situation exceptionnelle. Certes, on ne peut pas dire que le marché soit en train de jouer. Et ça, on l'a compris un peu partout. Les interventions aux Etats-Unis dans le domaine des banques, dans le secteur de l'automobile: ce n'est pas conforme au marché! Et pourtant, ce n'est pas un Etat de gauche. Dans l'Allemagne d'Angela Merkel, les primes à la casse que l'on donne pour les automobiles: ce n'est pas conforme au marché. En France, la droite favorable à Sarkozy donne aussi des primes à la casse: ce n'est pas conforme au marché; c'est aussi une intervention de l'Etat. Nous sommes aussi intervenus - et lourdement - dans le cas de l'UBS: ce n'est pas conforme au marché; ce n'est pas conforme aux règles que nous sommes censés suivre.
Pour moi, la situation est exceptionnelle, surtout à cause du chômage. Dans une société évoluée comme la nôtre, le chômage est inacceptable, mais le chômage des jeunes est un scandale. Ces derniers jours, nous disposons de plus de matériel statistique et nous voyons comment le chômage des jeunes est en train de se développer de façon plus que proportionnelle par rapport à l'augmentation totale. Cela doit non seulement nous inquiéter, mais aussi nous alarmer.
Alors, je ne sais pas si les dispositions que l'on nous soumet seront très efficaces, je crois que personne ne peut le dire, mais je sais qu'on ne peut pas se permettre de regarder et de ne rien faire, de simplement penser que le marché arrangera tout. Cela, on ne peut pas le faire! Ces milliers et milliers de jeunes qui ne trouvent pas de travail et qui n'en trouveront pas - parce que cela va encore s'aggraver! -, nous obligent à intervenir. Et si quelqu'un propose de meilleures solutions que celles présentées aujourd'hui, alors qu'il s'annonce.
On peut abaisser les impôts jusqu'à zéro si vous voulez, mais je ne crois pas que cela résoudra le problème, parce qu'une grande partie de notre économie est tributaire de la demande internationale. Donc, nous n'avons pas le moyen d'intervenir si cette demande internationale n'existe pas. Finalement, nous profitons nous aussi des mesures d'intervention de l'Etat prises à l'étranger.
Donc, je me suis finalement décidé à soutenir ce paquet. Ce sont des mesures temporaires, exceptionnelles dans une situation exceptionnelle face à une situation scandaleuse, dans le sens où le chômage des jeunes est absolument inacceptable!
En effet, nous avons décidé il n'y a pas longtemps de compenser la progression à froid chaque année. Nous l'avons fait contre l'avis du Conseil fédéral, contre l'avis des cantons; cela coûte entre 400 et 500 millions de francs. On aurait très [PAGE 841] bien pu adopter la solution du Conseil fédéral et le faire tous les trois ans. Ce serait aussi plus intelligent du point de vue coût/bénéfice de l'exercice, vu ce que cela entraîne pour l'administration.
Néanmoins, je dois vous dire honnêtement que si j'avais dû choisir entre le paquet relatif à la compensation de la progression à froid et le paquet d'aujourd'hui, j'aurais choisi sans hésiter le paquet d'aujourd'hui. En effet, la progression à froid ne va bénéficier - dans une mesure minime - qu'aux couches sociales les plus élevées. Mais elle n'aide d'aucune façon les jeunes chômeurs. Et aujourd'hui, nous devons en priorité aider ces jeunes à travailler.
J'espère qu'après ces mesures exceptionnelles, on prolongera la réflexion sur les jeunes. Je suis d'avis qu'on ne devrait jamais payer, sinon dans des conditions tout à fait exceptionnelles, des indemnités de chômage à des jeunes. On devrait toujours leur offrir une possibilité de travail. C'est ma conception d'une société évoluée, civilisée et pour laquelle je m'engage.