Savary Géraldine · Ständerat · 2009-09-09
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-09-09
Wortprotokoll
Nous parlons aujourd'hui de ce troisième plan de mesures de stabilisation conjoncturelle qui a été élaboré non pas par hasard ou dans une situation un peu fortuite, mais bien parce qu'il y avait une nécessité absolue de travailler sur ces questions. Je me souviens que, lors de la discussion sur un troisième plan de relance à la dernière session d'été, on ne savait pas comment la situation économique évoluerait. Eh bien maintenant, on le sait. On sait depuis fin juin 2009 que, effectivement, les perspectives économiques se sont assombries et que, conformément à nos craintes, la récession s'est confirmée en Suisse, sans doute moins fortement qu'ailleurs. Nous pouvons en être satisfaits et féliciter nos entreprises et leurs collaborateurs, leurs salariés. Mais cette récession est là quand même et elle frappe non seulement nos industries d'exportation, mais aussi tous les secteurs axés sur le commerce intérieur qui vivent difficilement cette crise. Ce troisième paquet de mesures, encore une fois, n'est pas un acte gratuit. C'est un acte d'absolue nécessité, qui est sorti uniquement au moment où les chiffres ont été publiés et où il s'est avéré qu'ils étaient tout à fait inquiétants, alarmants.
Bien sûr, avec la situation actuelle, le chômage en Suisse a augmenté de façon importante aussi - de l'ordre de 5,5 pour cent selon les derniers chiffres -, et la situation sur le marché du travail se dégrade plus ou moins selon les régions. Dans mon canton, par exemple, le chômage, en particulier chez les personnes les plus vulnérables, a explosé, comme dans de nombreuses régions de Suisse.
Je dirai que ce troisième paquet va dans la bonne direction. On l'a dit, cela a été répété aujourd'hui, toutes formations politiques confondues, il va dans la bonne direction parce qu'il est extrêmement ciblé, rapide et qu'il est limité dans le temps. Il est ciblé - cela a aussi été dit - sur les jeunes et sur les chômeurs de longue durée.
Les propositions qui touchent les jeunes vont dans la bonne direction. Il s'agit, en collaboration avec les cantons et les entreprises, d'offrir des formations complémentaires pour faire en sorte que les jeunes qui ne trouvent pas de travail bénéficient d'une petite période de latence pour se former puis, par la suite, puissent entrer sur le marché du travail quand celui-ci se sera détendu. Il existe aussi des possibilités, pour les employeurs, d'engager des jeunes dans des conditions tout à fait intéressantes.
Le deuxième axe de mesures, qui me paraît très intéressant, c'est bien sûr celui qui concerne les chômeurs de longue durée. Là aussi, les propositions vont dans le bon sens, puisque le paquet propose des engagements de durée déterminée, par exemple auprès d'organisations à but non lucratif.
Enfin, les éléments qui me paraissent intéressants dans les solutions offertes par ce paquet - non seulement dans le contexte actuel mais aussi pour les années à venir -, ce sont toutes les questions liées au perfectionnement des salariés dans les métiers du secteur de l'énergie. Je trouve qu'entre les trois paquets de mesures qui ont été proposés au Parlement, celui-ci dénote en quelque sorte une logique intéressante en matière de rénovation de bâtiments et d'adaptation aux normes énergétiques. Ce train de mesures, qui est transversal par rapport au programme de mesures de stabilisation conjoncturelle, nous permettra non seulement de faire face à la crise mais aussi, par la suite, de préparer en particulier le domaine du bâtiment à des perspectives d'économies d'énergie et d'amélioration énergétique. [PAGE 839]
Ce sont là des propositions qu'il faut absolument soutenir. Il faut se donner les moyens de le faire, parce qu'en investissant aujourd'hui même, non seulement on investit pour éviter la cris, mais on ouvre également des perspectives économiques pour le futur.
Vous l'aurez compris, je vous propose d'entrer en matière sur ce programme. Celui-ci est modeste - personnellement, j'aurais proposé qu'on aille un peu plus loin, vous vous en doutez -, mais malgré tout, les mesures sont tout à fait intéressantes. On a consacré des moyens qui sont modestes mais qui sont bien calculés. Ce programme est indispensable, il répond parfaitement aux besoins et, encore une fois, il est limité dans le temps.
Je vous invite donc à accepter ce projet. Je vous invite aussi à tenir compte d'un point important: on sent bien dans ce projet que la Confédération, les cantons et les entreprises doivent collaborer, que si la Confédération met un peu d'argent, cela n'aura aucun sens si les cantons ne font pas de même. En outre, la Confédération doit mettre des moyens suffisants pour que les cantons ou les entreprises soient intéressés à investir. Je vois ce projet comme une action en trois parties, mais avec un partenariat qui sera à mon avis couronné de succès.
Ainsi, je vous invite à entrer en matière sur ce projet.