Epiney Simon · Ständerat · 2001-03-08
Epiney Simon · Ständerat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-03-08
Wortprotokoll
Dans l'attente de l'initiative populaire "Avanti - pour des autoroutes sûres et performantes", l'initiative "Vivaldi" demandant un dimanche par saison sans voiture est l'exemple-type d'une fausse bonne idée. Elle part en effet d'un sentiment louable dans la mesure où elle vise à donner à la population l'occasion de vivre différemment quatre fois par an.
Mais cette initiative est injuste et égoïste. Elle émane de celles et de ceux qui, dans leur vie quotidienne, ne sont pas en mesure de régler leurs propres contradictions, de réprimer leurs excès en matière de mobilité, car en effet rien n'empêche de se faire plaisir par une initiative locale, cantonale, régionale, acceptée par la population concernée, répondant aux besoins locaux, ainsi qu'aux différentes sensibilités. Pourquoi pas, dans certaines agglomérations, tous les dimanches sans voitures? Que de cités, en effet, que de quartiers se prêteraient à ce genre d'expériences, sans porter atteinte aux droits tout aussi légitimes d'autres personnes. C'est là que le fédéralisme permet de répondre aux préoccupations légitimes des initiants qui peuvent finaliser leurs souhaits là où ils habitent, en fonction des conditions de leur environnement, en harmonie avec la population. C'est cette contradiction qui nous gêne, car cette démarche en fait ne tend qu'à exorciser les excès de ceux qui, parfois, ressentent le besoin de se donner bonne conscience.
Le peuple a donné aux rétros du trafic, aux nostalgiques des interdits, une réponse appropriée que nous sommes appelés à méditer. Dès lors, je vous invite à faire de même et à ne pas suivre l'avis des partisans de cette initiative qui l'ont d'ailleurs appuyée un peu comme la corde soutient le pendu. Je vous invite à prendre en compte les intérêts tout aussi légitimes des populations de régions qui ne sont pas irriguées de manière performante par ces transports publics et qui dépendent du tourisme, et souvent du tourisme de week-end parce que, notamment dans l'Arc alpin, la diversification économique est un leurre et un miroir aux alouettes.