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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2010-09-14

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-09-14

Wortprotokoll

Initialement, je n'avais pas prévu de prendre la parole dans ce débat, mais un certain nombre de remarques faites par mes collègues m'incitent à leur exposer mon point de vue et à expliquer ma réaction face à ce qui a été dit dans cette salle.

J'aimerais notamment répondre à Monsieur Germann qui jugeait que, finalement, il n'était pas correct de donner à ces jeunes la possibilité de se former parce que, ensuite, après une durée de séjour de dix ans ou plus dans notre pays, on ne pourrait plus leur demander de quitter la Suisse. Avec ce type d'arguments, on fait comme si ces jeunes n'étaient pas déjà en Suisse. Or ils le sont et ils resteront dans notre pays. Dans ce sens, qu'est-ce qui est plus juste? Est-ce le fait de leur donner la possibilité d'espérer au moins pouvoir construire quelque chose dans leur vie, ici ou ailleurs, ou est-ce simplement les priver de toute possibilité d'avenir? Je pense que la réponse est assez simple à donner et elle est sans doute unanime dans cette salle.

Monsieur Briner a fait tout à l'heure allusion à la motion Perrinjaquet. Cette motion ne s'applique pas aux jeunes souhaitant commencer une formation. En effet, comme son texte, que j'ai sous les yeux, l'indique très clairement, elle concerne les personnes possédant un diplôme de fin de formation, et il est dit encore plus bas dans le développement que ces jeunes diplômés doivent avoir atteint l'âge de la majorité. Ce n'est pas du tout le cas dont nous parlons aujourd'hui.

Enfin, Monsieur Büttiker évoquait tout à l'heure, en peignant sans doute un peu le diable sur la muraille, des jeunes qui viendraient en Suisse à 15 ou 16 ans sans avoir grandi ici et qui obtiendraient une place d'apprentissage. Non seulement ces jeunes n'ont aucune chance d'obtenir une place d'apprentissage, même si nous acceptons les motions et l'initiative du canton de Neuchâtel dont nous discutons maintenant, mais, de plus, il faut bien se rendre compte que ces motions ne constituent justement pas une nouvelle possibilité d'augmenter l'attractivité de la Suisse pour l'immigration illégale, mais qu'elles nous offrent bel et bien la possibilité [PAGE 790] de répondre à la question de savoir si nous voulons donner à des jeunes qui vivent ici la possibilité d'avoir un avenir.

Le problème est réel. Il concerne l'ensemble de la Suisse et pas seulement la Suisse romande. J'en veux pour preuve le fait que des motions ont été déposées, que des débats ont été menés, que la discussion en tout cas est en cours dans des cantons comme Lucerne, le Valais, Vaud, Berne, Zurich, le Jura, Soleure, Neuchâtel, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Genève, ainsi que dans des villes comme Berne et Zurich. Tous les législatifs de ces cantons et de ces villes traitent la question, l'ont traitée et la traiteront encore, ce qui montre bien qu'il y a là nécessité d'agir, encore une fois, pas pour récompenser l'illégalité, mais bel et bien pour donner un avenir à des jeunes qui en ont besoin.