Recordon Luc · Ständerat · 2010-09-29
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-09-29
Wortprotokoll
Il est assez significatif qu'avant que retentisse dans un instant la cloche de la présidente, nous soyons un peu moins d'une petite vingtaine dans cette salle à participer au débat. Je crois qu'on mésestime l'importance du sujet que représente l'écologie industrielle ou, de manière générale, la mutation rapide que doit connaître notre économie pour s'orienter vers une convergence entre les impératifs économiques - et d'ailleurs aussi sociaux - classiques et les impératifs environnementaux.
J'ai d'ailleurs été très frappé de constater que, dans la réponse du Conseil fédéral, la vision exposée était très liée, me semble-t-il, au secteur spécifique de l'énergie. Bien sûr, celui-ci est extrêmement important dans ce contexte, mais il y a toute une autre mutation à prendre en considération: on doit vraiment réfléchir en particulier à une économie qu'on appelle en français "économie circulaire" - une "Kreislaufwirtschaft", en quelque sorte, comme on dirait en allemand -, qui fasse en sorte que les produits, dans toute la mesure du possible, connaissent un cycle qui ne soit pas unique, qui n'aille pas simplement de la ressource brute au déchet perdu, avec un petit peu de recyclage, mais qui entraîne un retour le plus complet possible dans le cycle économique. C'est tout à fait fondamental pour préserver nos ressources.
On peut aussi songer à une économie qui soit une économie de fonctionnalité, c'est-à-dire qui s'oriente avant tout vers l'utilité du produit et qui mette sa fonctionnalité au centre plutôt que de s'intéresser forcément à sa propriété ultime. Pensez simplement à la voiture qui reste immobile 23 heures sur 24 et qui ne sert à rien! Alors que, dans un système comme Mobility où les gens se repassent les véhicules au fil du temps, on utilise beaucoup plus intelligemment le produit et on mobilise beaucoup moins de territoire pour stationner les véhicules. Ce ne sont que des exemples simples et bien connus aujourd'hui qui montrent dans quelle direction nous devons aller. Bien sûr, la Confédération ne va pas faire changer les mentalités, mais c'est toujours le même problème: chez nous, nous devons pouvoir donner des signes forts et des impulsions fortes.
Je suis un peu déçu, parce que je trouve que le monde politique est au fond en retard sur le monde économique. J'ai l'impression que, chez plusieurs acteurs économiques, on prend beaucoup plus conscience du fait que nous devons faire muter notre système de pensée économique, et peut-être aussi d'ailleurs - je tiens à le dire en passant, parce qu'il y a un certain lien - de pensée financière. La crise financière que nous avons connue il y a deux ans vient aussi, sans doute, du fait que nous réfléchissons dans le domaine financier comme si l'on pouvait se livrer à une fuite en avant au lieu de comprendre qu'il y a des cycles à respecter, et des cycles si possible pas complètement "violents" et erratiques, mais relativement réguliers. De ce point de vue, tout ce que nous pouvons faire dans le sens de cette motion me paraît extrêmement bienvenu.
D'ailleurs, la motion n'est pas particulièrement contraignante dans ce qu'elle exige quantitativement. Mais il me semble qu'elle indique une bonne direction, et je vous serais reconnaissant, par votre vote, de bien vouloir donner ce signe, à savoir de bien vouloir indiquer cette direction.