Berberat Didier · Ständerat · 2010-12-09
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-12-09
Wortprotokoll
La réponse du Conseil fédéral est très détaillée et elle me satisfait, dans la mesure où les explications que j'ai demandées ont été données. Mais la réponse du Conseil fédéral m'inquiète, pas tellement par rapport au rôle de la Suisse, car lorsque notre pays s'engage à faire quelque chose, il tient généralement ses engagements. L'émotion est maintenant retombée au sujet d'Haïti et j'ai la fâcheuse impression qu'un certain nombre de pays qui s'étaient engagés à payer des sommes importantes ne les ont pas versées, ou que très partiellement.
Haïti est déjà le pays le plus pauvre du monde; il a été frappé par une série de catastrophes après le tremblement de terre; il y a eu une épidémie de choléra et, pour arranger le tout, l'élection présidentielle semble avoir assez mal tourné. J'ai entendu ce matin encore à la radio qu'il y avait eu des manifestations et des décès en lien avec cette élection.
Je suis bien conscient que, vu le retard et l'état de développement de ce pays, il est difficile d'apporter de l'aide - notamment à cause de la faiblesse des structures gouvernementales - surtout en période d'élection présidentielle. De surcroît, il y a des problèmes en termes de propriété foncière; celle-ci est - c'est le moins qu'on puisse dire - assez opaque, comme c'est souvent le cas dans les pays en développement. En l'absence de registre foncier, on ignore à qui appartiennent exactement les terrains. Il est donc relativement difficile de reconstruire des bâtiments sur les terrains en question.
Je m'inquiète au sujet des explications données par le Conseil fédéral. Et je ne parle pas du volet suisse parce que, je le répète, je suis persuadé que la Suisse, qui s'est engagée à verser de l'argent, honorera ses engagements. En revanche, sur les quelque 6 milliards de francs qui ont été promis pour les années 2010 à 2012, on constate que moins de 10 pour cent ont été versés, soit 585 millions de francs. Pour 2010, alors même qu'on devait verser environ 2 milliards de francs, seuls 30 pour cent de cette somme ont été versés. [PAGE 1216]
Je me rends parfaitement compte des difficultés qu'il y a à mettre en place des projets, à les suivre et à collaborer avec les autorités haïtiennes. Cependant, je souhaite demander à Madame la conseillère fédérale Calmy-Rey si elle pense que la Suisse et les autres pays arriveront à remplir tous leurs engagements pour la période 2010 à 2012. Car si c'est une bonne chose d'engager des fonds, c'est encore mieux de les verser! Même s'il n'est pas toujours possible de le faire, par exemple lorsque certains projets n'avancent pas.
Alors, est-ce que vous pensez qu'on arrivera finalement à remplir ces promesses jusqu'en 2012? Et si ce n'est pas le cas, que compte faire la Suisse auprès des autres pays, dans la mesure où elle a une responsabilité particulière, puisqu'elle assume pendant deux ans la présidence de l'Organisation internationale de la Francophonie, dont Haïti est membre.