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Savary Géraldine · Ständerat · 2010-12-02

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-12-02

Wortprotokoll

J'aimerais réagir aux propos de Monsieur Bürgi qui comparait l'armée et la formation.

Même si l'ambition d'avoir une stratégie pour le domaine de la formation est légitime, est-ce qu'on peut vraiment comparer ces deux domaines? A mon avis, on ne le peut pas, car la formation constitue véritablement l'une des richesses de notre pays; c'est l'élément, le secteur, le pilier sur lequel repose le développement de notre pays. Pour l'armée, on doit réfléchir non pas à sa disparition, cela je vous l'accorde, [PAGE 1095] mais bien plutôt à ses nouvelles missions, cela me paraît central. On peut dire que le monde entier vient visiter le Rolex Learning Center de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, mais le monde entier ne vient pas visiter nos casernes. Pour notre pays, les capacités de développement résident dans la formation plus que dans l'armée: c'est le choix à faire.

Je dirai, pour soutenir la motion Gutzwiller, que la Suisse a des engagements en matière de formation à l'étranger qui sont de plus en plus importants. Notre place à l'étranger se joue aussi sur le partenariat que nous pouvons construire grâce à nos hautes écoles. Lorsque Monsieur le conseiller fédéral Burkhalter a fait son voyage au Brésil, il a dit que la diplomatie par la formation était extrêmement efficace. Cela nécessite des moyens financiers, des partenariats sur le plan international non seulement avec les pays qui nous entourent, mais aussi avec les autres pays étrangers, le tout grâce à une capacité de développement ambitieuse de nos hautes écoles.

On semble regretter aujourd'hui que nos hautes écoles aient du succès. On dit qu'il y a trop d'étudiants, trop d'étudiants étrangers - on en parlera tout à l'heure lors de l'examen du postulat Bischofberger -, trop d'étudiants qui font des masters, et cette notion du "trop", d'une abondance qui serait nuisible à la formation me paraît contre-productive. Au contraire, on doit se féliciter qu'il y ait un accès plus important qu'auparavant aux hautes écoles. On doit aussi se féliciter que les femmes soient beaucoup plus nombreuses à suivre une formation supérieure qu'il y a quelques années. C'est une politique, une stratégie que nous avons menées et qui portent leurs fruits, et on doit s'en féliciter plutôt que de le regretter.

Enfin, il reste la question, comme je le disais au début de mon intervention, du développement de nos régions. Dans mon canton, le campus universitaire, c'est la deuxième ville de ce canton. Si l'on réunit l'Ecole polytechnique fédérale et l'Université de Lausanne, c'est la deuxième ville du canton. Cela veut dire que, dans mon canton, la deuxième ville, c'est la ville de la connaissance! Eh bien, j'en suis extrêmement contente! Je trouve que c'est un bilan dont nous pouvons, encore une fois, être fiers, et c'est la contribution, les ambitions de la Confédération comme du canton de Vaud en particulier qui ont permis à cette ville de la connaissance d'émerger et de se déployer.

En conclusion, je dirai que la motion Gutzwiller est à soutenir, parce que l'on doit avoir une stratégie politique - c'est le postulat Fetz -, mais on doit avoir aussi une stratégie financière. J'ai l'impression que les institutions académiques, aujourd'hui, ont de la peine à comprendre notre message, car ce n'est pas si simple. Nous avons le programme de consolidation qui parle d'économies dans le secteur de la formation; nous avons le message FRI qui annonce une croissance plus ou moins modeste, ou ambitieuse, en faveur du domaine de la formation et de la recherche; puis nous aurons le budget 2012 qui sera voté par un nouveau Parlement qui, sans doute, prendra des mesures encore différentes de celles que nous avons prises aujourd'hui dans le programme de consolidation 2011-2013, différentes encore peut-être de ce qui sera inscrit dans le message. Cette stratégie financière, cette stratégie politique, me paraît indispensable. Cela doit aller de pair.

Pour ces raisons, je soutiendrai la motion Gutzwiller et le postulat Fetz.