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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2010-12-02

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-12-02

Wortprotokoll

L'objectif d'augmenter le nombre de donneuses et de donneurs d'organes en Suisse ne doit pas être mis sur liste d'attente, car urgence sanitaire et politique il y a, comme l'a rappelé Monsieur Gutzwiller. De nombreuses personnes sont sur liste d'attente. 67 d'entre elles, qui étaient en attente d'une greffe, sont mortes en Suisse en 2009, ce qui représente 76 pour cent de plus qu'en 2005. Parmi elles, trois enfants en liste d'attente sont décédés l'an dernier, faute d'avoir pu trouver, qui un coeur, qui un foie.

Malgré la hausse du nombre de donneurs et de donneuses depuis l'entrée en vigueur de la loi sur la transplantation - une hausse d'ailleurs toute relative, puisque le nombre de donneurs vivants stagne en 2009 -, la Suisse demeure avant-dernière dans le classement européen des donneurs et donneuses d'organes, avec 13,7 pour cent, toutes [PAGE 1103] catégories confondues. En outre, le nombre de receveurs potentiels augmente plus vite que celui des donneurs, vieillissement de la population oblige. Résultat: dans notre pays, les besoins en transplantations sont trois fois plus élevés que les dons.

La situation ne semble pas s'améliorer cette année. On a ainsi pu lire dans "Le Matin" du 26 novembre 2010 une déclaration du directeur de Swisstransplant, Monsieur Franz Immer, qui disait qu'il n'y aurait presque plus de donneurs depuis le mois de juillet, leur nombre ayant diminué de 40 pour cent au cours des cinq derniers mois. Il en tirait la conclusion suivante: "Actuellement, nous perdons des gens en attente sur des listes quasi toutes les semaines. La situation est inquiétante."

Dans ces conditions alarmantes, il est urgent d'examiner toutes les mesures envisageables. La question du principe du consentement présumé est effectivement très délicate puisque, c'est vrai, elle amène les gens à penser à leur mort de leur vivant, mais il en va de même dans le cas du consentement déclaré.

C'est en tout cas une question qu'il faut creuser: la mention de la qualité de donneur ou de donneuse sur un document officiel pertinent et/ou la mise en place d'un registre national des donneurs pour s'assurer que des vies ne soient pas sacrifiées simplement par ignorance.

L'amélioration de l'information et de la formation du personnel médical en contact avec les patients et leurs proches est sans doute une mesure également porteuse d'avenir, comme cela se fait au Tessin avec d'excellents résultats.

On peut mentionner, imaginer d'autres mesures encore: par exemple la question de savoir s'il faut continuer de limiter le rôle de l'Office fédéral de la santé publique à celui d'un simple organe d'information, sachant qu'a priori, les habitantes et habitants de ce pays sont de plus en plus enclins à donner de leur personne. Ne faut-il pas envisager de les encourager dans ce sens, étant bien entendu que chacune et chacun garde sa liberté de choix? Quoi qu'il en soit, le jeu en vaut la chandelle, sachant que ce geste altruiste qu'est le don a des effets démultipliés puisqu'un seul donneur, une seule donneuse peut sauver jusqu'à neuf personnes, sans parler des économies qu'une greffe permet de réaliser dans les coûts de la santé.

Pour celles et ceux qui attendent entre la vie et la mort, je remercie aussi le Conseil fédéral d'accepter ce postulat, et j'insiste ici, devant vous, sur la nécessité d'atteindre l'objectif qu'il vise, si possible rapidement, dans la mesure où ce sont des vies humaines qui sont ici en jeu.

J'aimerais profiter de cette occasion pour rappeler que j'avais déposé une motion, il y a plus de deux ans, qui consistait déjà en une petite modification de la loi sur la transplantation. Cette motion a été acceptée par les deux conseils et transmise au mois de mai de l'année dernière et je me réjouis qu'elle soit aussi suivie d'effets le plus rapidement possible.