Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2011-02-28
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2011-02-28
Wortprotokoll
De quoi s'agit-il? Monsieur Lukas Reimann nous demande de revoir les bases de la coopération suisse avec les pays émergents en fixant des critères tels que cet appui et ces partenariats seraient limités, que la Suisse mettrait progressivement un terme au soutien financier dont ils bénéficient et qu'elle n'accorderait plus de crédits à taux réduit à ces pays.
Il est non seulement important que la coopération au développement soutienne les pays les plus pauvres dans leurs efforts de développement, mais aussi qu'on continue à travailler étroitement avec les pays émergents.
Mais peut-être ne savez-vous pas, Monsieur Reimann, que la coopération au développement s'est réorientée dans ces pays émergents. La DDC a décidé de clore en 2010 le programme classique mené jusque-là pour combattre la pauvreté, en Inde par exemple. Elle entend relayer ce dernier par des projets qui s'inscrivent dans le cadre du programme global du changement climatique en collaboration avec les partenaires indiens. La coopération qui lie la DDC avec l'Inde dans le secteur du changement climatique stimule les échanges, favorise le développement d'un savoir spécialisé dont l'intérêt et l'utilité sont indéniables et pour la Suisse et pour l'Inde.
Pour donner un exemple concernant une autre région du monde, le Programme régional pour l'Afrique australe de la DDC inclut l'Afrique du Sud. Il contribue à la lutte contre la pauvreté, au développement rural, à la prévention des conflits en Afrique du Sud et dans les Etats membres de la Communauté de développement d'Afrique australe. Une telle coopération régionale permet de relever des défis en matière de bonne tenue des affaires publiques, de VIH/sida, de gestion des ressources naturelles. La coopération suisse apporte également son soutien en matière de chômage chez les jeunes et de changement climatique.
Autre exemple: avec l'Organisation internationale du travail, le SECO soutient, en Inde, en Chine, en Afrique du Sud et dans d'autres pays non émergents, des projets de renforcement de capacité qui promeuvent le respect des standards en matière de conditions de travail. Ces projets contribuent à renforcer la compétitivité des PME suisses. Donc, qui irait dire que ces projets ne sont pas dans notre intérêt?
Je vous invite à rejeter cette motion, qui part d'une vision tout à fait simpliste de la coopération au développement.