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Hêche Claude · Ständerat · 2011-03-02

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-03-02

Wortprotokoll

Promouvoir la paix et la démocratie, c'est en quelque sorte la carte de visite de notre pays, notre atout de séduction le plus connu et le plus typique. Il faut donc le cultiver et surtout ne pas le priver de substance à l'heure où notre présence internationale mérite un renforcement substantiel de notre part.

Dans le prolongement de ce qui a été dit par le président de notre commission, permettez-moi de vous faire part de quelques considérations complémentaires sur le bien-fondé de la position de notre commission.

La promotion civile de la paix est devenue un instrument central de notre politique extérieure au fur et à mesure de l'évolution des menaces et des risques globaux encore multipliés par la mondialisation. Le retour à la paix est un long fleuve pas forcément tranquille, qui nécessite plusieurs apprentissages collectifs. Pour répondre à ce défi, notre pays a développé un certain nombre d'instruments de politique de paix en se basant sur sa tradition humanitaire et en misant sur sa neutralité. Pour la mise en oeuvre, notre pays est toutefois tributaire de partenariats avec d'autres Etats partageant les mêmes valeurs, avec des organisations internationales et des organisations non gouvernementales mais aussi, pour une grande part, avec les milieux scientifiques.

A ce titre, les trois centres de Genève ainsi que le Centre de recherche sur la politique de sécurité de l'EPF de Zurich représentent la colonne vertébrale d'un engagement cohérent et efficace. En favorisant l'échange d'idées, de connaissances et surtout d'expériences dans le domaine de la politique internationale de paix et de sécurité, en s'engageant en faveur de l'élimination des mines antipersonnel ou encore en améliorant le contrôle civil et parlementaire sur le secteur de la sécurité, ces institutions servent donc largement les intérêts de notre pays. En effet, plus personne ici n'ignore que les activités de ces centres, tout en étant conçues dans l'intérêt des bénéficiaires, exercent indirectement et automatiquement des effets bénéfiques sur notre pays. Il y a là largement retour sur investissement, puisque les actions de promotion de la paix mises en oeuvre contribuent aussi à notre propre sécurité.

Par ailleurs, les compétences acquises par ces établissements et l'excellente réputation de leurs experts sont mises à profit par notre pays et une myriade d'autres acteurs qui reconnaissent en eux des vecteurs d'influence sur les discussions internationales. Cela peut donc représenter une vitrine non négligeable sur la scène internationale. Et, dans un contexte de plus en plus concurrentiel, même dans un domaine aussi pacifique que la promotion de la paix, ces institutions ont réussi à se positionner dans leur domaine comme des centres de compétence reconnus au niveau international et contribuent de fait fortement à promouvoir et à renforcer le rôle et la position de la Genève internationale. Celle-ci est - comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire - concurrencée par un nombre croissant de rivaux européens et américains, mais également asiatiques.

Si Genève et notre pays veulent continuer à servir la colombe de la paix, ils doivent s'en donner les moyens, et il est impératif de soutenir à leur juste valeur les trois centres de Genève ainsi que le centre de Zurich.

Voilà les quelques raisons complémentaires pour lesquelles le crédit-cadre doit être accepté.