Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2011-03-17
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-03-17
Wortprotokoll
Sans parler du soutien à l'initiative, j'aimerais revenir sur trois éléments.
Tout d'abord, on nous a dit durant toute la matinée qu'il fallait régler cette question par la voie du partenariat social. Eh bien, sachez qu'en tant que syndicaliste je suis attaché à ce partenariat. Le problème, c'est que la moitié des salariés de ce pays ne sont pas soumis à une convention collective de travail, et qu'il en va de même pour les entreprises. Or, pour faire du partenariat social, il faut être deux. Dans l'artisanat et le bâtiment, il n'y a pas trop de problème, car la plupart des conventions sont de force obligatoire. Mais ce n'est pas le cas dans l'industrie par exemple, où dans l'horlogerie il y a 70 pour cent des entreprises signataires de la convention, ce qui représente 85 pour cent des salariés - ce qui est bien; dans les machines, ce ne sont que 30 à 40 pour cent; et dans d'autres branches, c'est encore moins.
Ensuite, on nous dit que l'acceptation de l'initiative nuirait à la compétitivité de l'économie suisse, voire nous conduirait à la catastrophe. Mais alors, comment pouvez-vous nous expliquer qu'en 150 ans, la durée du temps de travail a été divisé par deux alors que nous produisons toujours plus de richesses? Si votre raisonnement était juste, nous devrions être retournés à l'époque des hommes des cavernes; or, ce matin, que je sache, je n'ai encore vu personne dans cette salle ronger un os.
Je n'ai jamais prétendu que la réduction de la durée du travail impliquait automatiquement la création d'emplois. C'est la croissance qui crée des emplois. Ceci dit, je pense qu'à croissance égale, on peut répartir le travail sur un plus grand nombre de personnes s'il y a diminution de la durée du travail. En France, on a beaucoup décrié les lois Aubry; c'est vrai qu'elles avaient un certain nombre de défauts, mais elles ont tout de même permis de créer quelque 300 000 emplois à l'époque du gouvernement Jospin.
Enfin, en plus du soutien à l'initiative populaire, j'aimerais aussi apporter mon appui aux trois initiatives parlementaires qui nous sont soumises, et en particulier à l'initiative Leutenegger Oberholzer. Cette initiative prévoit 5 semaines de vacances pour tous, 6 jusqu'à l'âge de 20 ans et dès l'âge de 55 ans. Je pense que cette initiative présente au moins deux avantages. Elle rapprocherait la législation des grandes conventions collectives de travail, comme celles de l'industrie des machines, de l'horlogerie et du secteur de la construction, qui prévoient des systèmes semblables. Je dois vous dire que ce n'est pas tout à fait un hasard si, dans ces conventions, on a prévu d'offrir davantage de vacances à partir d'un certain âge. En effet, plus les gens avancent en âge, plus ils sont fatigués, moins ils supportent le stress et plus le rythme de vie ralentit.
Par conséquent, je vous demande de donner suite à ces trois initiatives parlementaires. Et j'espère que le groupe PDC/PEV/PVL donnera suite au moins à l'initiative de Buman.