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John-Calame Francine · Nationalrat · 2011-03-17

John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2011-03-17

Wortprotokoll

Le groupe des Verts prendra acte du rapport sur la politique extérieure et du rapport de la Délégation parlementaire auprès du Conseil de l'Europe.

Dans le contexte géopolitique actuel, certains pays comme la Russie et la Turquie, qui ne peuvent envisager de devenir membres de l'Union européenne très prochainement, s'investissent davantage au sein du Conseil de l'Europe. Ces pays acquièrent un nouveau poids et une nouvelle reconnaissance internationale pour les compétences qu'ils ont réussi à développer en matière de démocratie, d'Etat de droit et de respect des droits de l'homme. Ainsi, ce n'est pas un hasard si c'est la Turquie qui est montrée en exemple en Afrique du Nord pour avoir su développer sur son territoire une démocratie conciliant un Etat laïc et un islam modéré. Même si des progrès restent à faire pour améliorer les droits de l'homme, notamment à l'égard de la communauté kurde, cette nouvelle place occupée par la Turquie sur la scène internationale est intéressante.

La Suisse aussi acquiert une remarquable reconnaissance quant à ses compétences et à son expertise dans les domaines du développement de la démocratie et des droits de l'homme. Le rapport sur le Kosovo de notre collègue du Conseil des Etats Dick Marty a été unanimement apprécié.

Durant son semestre de présidence du Comité des ministres au Conseil de l'Europe, la Suisse s'est engagée à réformer la Cour européenne des droits de l'homme, à la rendre plus efficace et à rendre ses décisions plus crédibles. Cette année, notre pays va devoir élire un nouveau juge, car Monsieur Giorgio Malinverni a atteint l'âge de la retraite. Je me plais à relever que la Suisse soumet à l'élection une liste sur laquelle figurent deux femmes et un homme. Une présence féminine majoritaire pour une élection à un poste aussi prestigieux est un vrai bonheur en cette année durant laquelle les femmes fêtent divers anniversaires marquant l'évolution de leurs droits.

Un défi de taille nous attend cette année, c'est celui de développer nos relations avec l'Union européenne, qui reste encore et toujours notre principal partenaire économique. Et pourtant, les pressions de l'UE ne font que croître, car tant que les problèmes institutionnels ne seront pas résolus et l'application du droit ne sera pas garantie, les blocages persisteront.

Vu le climat financier et économique actuel et l'endettement de certains pays de la zone euro, les pressions sur la Suisse auront tendance à s'accentuer. Notre pays annonce des Bilatérales III, soit; mais encore faut-il, pour négocier, avoir un interlocuteur qui veuille bien entrer en matière! Et ici force est de constater qu'il n'y a pas réellement d'équilibre entre les forces en présence: l'UE représente un marché de 480 millions de consommateurs et la Suisse de 7 millions; dès lors nous ne devons pas perdre de vue que l'UE peut fonctionner sans la Suisse alors que l'inverse n'est même pas envisageable. Si la Suisse a toujours pu compter sur la compréhension de ses voisins, comme l'Allemagne, la France ou l'Autriche, on observe aussi que ce soutien commence gentiment à s'étioler, même en Italie, car les Etats de l'Est qui ont fourni des efforts conséquents pour participer au grand marché intérieur de l'UE ne veulent pas que des cadeaux nous soient accordés. C'est bien compréhensible!

A ces problèmes s'ajoutent encore ceux liés aux enquêtes menées par le fisc américain sur les avoirs des ressortissants américains dans nos banques.

Vous l'aurez compris, la Suisse perd de l'influence sur la scène internationale et le repli sur soi que nous observons n'est pas là pour nous rassurer.

Il y a pourtant une enceinte où notre pays pourrait exploiter ses compétences. La Suisse peut en effet mettre à profit sa présidence à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie pour fédérer des forces parmi les membres de l'organisation afin de venir en soutien aux pays du Maghreb, qui vivent une transition vers la démocratie exaltante et courageuse, mais pas sans risques. De plus, l'expérience fraîchement acquise par la Tunisie et l'Egypte pourrait, pourquoi pas, être utilisée en Libye. Alors, saisissons cette occasion pour nous profiler!