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Fournier Jean-René · Ständerat · 2011-03-16

Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2011-03-16

Wortprotokoll

J'aimerais rappeler que le but de cette initiative parlementaire est de permettre l'organisation de courses sur circuit en Suisse. On peut quand même trouver paradoxale la situation actuelle qui autorise des courses automobiles qui vont d'un point A à un point B, mais qui n'autorise pas les courses automobiles sur circuit, tout simplement parce que, c'est vrai, en 1955, la Suisse a été choquée par l'accident intervenu sur le circuit du Mans en France, qui avait causé la mort de plus de 80 personnes. Mais depuis lors, les conditions de sécurité - on l'a déjà rappelé, même le président de la commission l'a fait tout à l'heure - ont très fortement et favorablement évolué, à tel point qu'on peut être convaincu que la sécurité sur un circuit est beaucoup plus grande que celle que l'on est capable de garantir lorsqu'on organise aujourd'hui déjà des courses automobiles en Suisse, qui vont d'un point A à un point B. Déjà uniquement la logique au niveau sécuritaire parle en faveur de la levée de cette interdiction.

Maintenant, comme en Suisse il est autorisé d'organiser des courses qui vont d'un point A à un point B, je relèverai à l'intention de Monsieur Graber qu'il existe déjà en Suisse des courses automobiles. Donc, s'agissant de l'image écologique d'une Suisse propre en ordre, sans voitures et avec des vaches dans les prés et des petites fleurs, il faut relever qu'il existe déjà des courses qui produisent beaucoup plus de dommages. Il y a déjà aujourd'hui en Suisse des courses de dragsters - qui sont des véhicules qui consomment un maximum d'essence en un minimum de temps et produisent un maximum de bruit - qui sont autorisées sur le territoire national tout simplement parce que ce sont des courses qui vont d'un point A à un point B et qu'elles ne sont pas organisées sur circuit. Voyez là déjà l'aberration!

Maintenant, en ce qui concerne la moralisation au niveau environnemental: est-ce qu'il est plus moral d'interdire les circuits et d'envoyer régulièrement les gens s'entraîner à [PAGE 279] l'étranger? Une seule école de conduite en Suisse a calculé l'année dernière que ses membres avaient parcouru 400 000 kilomètres et consommé 35 000 litres d'essence pour aller s'entraîner sur des circuits au sud de l'Allemagne ou en France. Est-ce que ceci est moralement plus acceptable? Ou bien, une fois pour toutes, n'est-il pas plus moral de prendre aussi nos propres responsabilités, d'assumer les pollutions que nous provoquons et de les traiter nous-mêmes chez nous, plutôt que de les exporter?

Enfin, j'ajoute à l'attention de Monsieur Hêche, qui a des informations peut-être pas très récentes, que les circuits dans les pays voisins, notamment celui de Bresse, marchent très bien. Les investissements dans la région ont été reconnus comme excellents. Les hôteliers sont très contents. La clientèle suisse représente plus de 30 pour cent du chiffre d'affaires de ce circuit. Par conséquent, économiquement aussi, certainement au niveau régional, si vous parlez avec les acteurs locaux, vous constaterez qu'ils sont aussi convaincus du bienfait de ces investissements.

Bien sûr, l'objectif n'est pas de pouvoir organiser en Suisse des courses de formule 1, c'est ce que l'on scande chaque fois lorsque l'on veut modifier l'article 52 de la loi fédérale sur la circulation routière. Vous savez très bien que ce n'est pas demain la veille qu'on verra en Suisse des voitures de formule 1 "s'ébattre" sur un circuit, compte tenu notamment - et c'est bien ainsi - de nos différentes normes à respecter, qu'elles soient contre le bruit ou autres.

C'est la raison pour laquelle je vous demande de donner suite à mon initiative parlementaire. Ainsi, on pourrait aller de l'avant et permettre à nos sportifs qui ont choisi les sports motorisés - dont nous pouvons aussi être fiers -, notamment à Thomas Lüthi et à Randy Krummenacher, de s'entraîner aussi sur des circuits en Suisse.